Jean Jallabert

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Jean Jallabert
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Jean Jallabert[1], né à Genève le et mort à Nyon le , est un mathématicien, physicien et politicien genevois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Étienne Jallabert (1658-1724), un pasteur protestant français établi en 1685 à Genève et devenu professeur de mathématiques (1704) et de philosophie (1713) à l'Académie de Genève.

Suivant les traces de son père, Jean Jallabert se consacre d'abord au service religieux (il est pasteur de 1740 à 1744), pour se tourner ensuite vers les sciences, sous l'influence des mathématiciens Gabriel Cramer (1704-1752) et Jean-Louis Calandrini (1703-1758). Il est professeur de physique expérimentale de 1737 à 1750 et conservateur de la bibliothèque publique de Genève de 1740 à 1757. Avant de commencer à enseigner, il effectue un « Grand Tour » de formation (1737-1739) qui le mène successivement à Bâle (auprès de Daniel Bernoulli), à Leyde (auprès de 's Gravesande et de Bernhard Siegfried Albinus), à Utrecht (auprès de Musschenbroek), à Londres (auprès de Desaguliers) et à Paris (auprès de Maupertuis, de l'abbé Nollet et de La Condamine). Il en ramène de bonnes connaissances en mathématiques et en physique expérimentale, ainsi que de nombreux instruments de physique et une collection de curiosités naturelles.

Page de garde du traité de Jean Jallabert : Expériences sur l'électricité, avec quelques conjectures sur la cause de ses effets (1748).

Durant sa carrière scientifique Jallabert s'intéresse particulièrement à l'électricité et à ses effets thérapeutiques, sujets sur lesquels il entretient une correspondance avec l'abbé Nollet et avec le médecin montpelliérain Sauvages de la Croix. Dans ses Expériences sur l'électricité (1748) il expose une théorie opératoire de l'électricité fondée sur l'idée d'un fluide unique, à la manière de Nollet. Jallabert est par ailleurs l'un des premiers, un siècle avant Duchenne, à étudier les contractions musculaires sous l'effet de l'électricité et à en déduire les actions physiologiques des muscles sur les segments articulés des membres. La guérison à l'aide d'un générateur d'électricité statique d'un patient de 52 ans ayant un bras paralysé lui assure une certaine célébrité ; mais les espoirs placés en l'électrothérapie sont vite déçus.

Outre ses travaux de recherche sur l'électricité, il consacre plusieurs études à divers phénomènes naturels (les trombes, les séismes, les éruptions du Vésuve, les seiches du lac Léman), ainsi qu'aux instruments de mesure scientifiques (les baromètres).

Devenu professeur de mathématiques en 1750 et de philosophie en 1752, Jallabert démissionne de ces charges d'enseignement en 1757 pour poursuivre sa carrière politique. Il vend d'ailleurs son cabinet de physique à son disciple Louis Necker, qui ambitionne de lui succéder à l'Académie. Ayant été élu au Conseil des Deux-Cents en 1746, il devient membre du Petit Conseil en 1757, puis est élu syndic de la République de Genève en 1765, charge qu'il occupera jusqu'à sa mort, due à une chute de cheval.

Publications[modifier | modifier le code]

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Isaac Benguigui, Théories électriques du XVIIIe siècle : correspondance entre l'abbé Nollet (1700-1770) et le physicien genevois Jean Jallabert (1712-1768), Genève, Georg, 1984

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Sigrist, La Nature à l'épreuve. Les débuts de l'expérimentation à Genève (1670-1790), Paris, Classiques Garnier, 2011, p. 168-177.
  • Paul-Louis Ladame, « Notice historique sur l'électrothérapie à son origine. L'électricité médicale à Genève au XVIIIe siècle », dans Rev. Med. Suisse Romande, Ve année, no 10, 15 octobre 1885, p. 553–572 ; no 11, 15 novembre 1885, p. 625–656 ; no 12, 15 décembre 1885, p. 697–717 Disponible en ligne
  • (de) Rudolf Wolf, « Jean Jallabert von Genf », dans Biographien zur Kulturgeschichte der Schweiz, t. 4, Zurich, 1862, p. 149

Annexes[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]