Jean Jacquart

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Jean Jacquart
Portrait de Jean Jacquart
Biographie
Naissance
à Paris
Décès
à Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Thématique
Formation École normale supérieure de Saint-Cloud
Titres

Agrégé d'histoire

Docteur d'État ès Lettres
Profession Professeur des universités
Travaux
  • Le XVIe siècle en collaboration avec Bartolomé Bennassar (1972)
  • Thèse de doctorat, La crise rurale en Île-de-France 1550-1670 (1974)
Approche Histoire rurale moderne

Jean Jacquart, né à Paris le 16 octobre 1928 et mort dans cette même ville le , est un historien français, spécialiste de l'histoire rurale moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Morangis dans le Hurepoix (Essonne), la Ferme.

Issu d'un milieu modeste, Jean Jacquart est né rue Ferdinand-Duval[N 1] (ancienne rue aux Juifs) dans le IVe arrondissement et a grandi dans ce quartier de Paris où, à l'époque, artisans et ouvriers étaient encore nombreux. Il fait de solides études. Après la Communale, il mène des études classiques aux lycées Charlemagne, Chaptal et Turgot[1].

Jean Jacquart est resté discret sur ses sentiments religieux. Converti à l'adolescence, il devient enfant de chœur du chanoine Louis Brochard[N 2], curé de l'église Saint-Gervais[2].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il passe des vacances au sud de Paris, à Morangis, dans les campagnes du Hurepoix. De là naquit sa passion pour la campagne au point d'en faire ultérieurement son objet d'étude[1].

En 1947, il entra à l'École normale supérieure de Saint-Cloud et en sort, agrégé d'histoire, en 1951[1].

Jean Jacquart meurt à l'Hôtel-Dieu à Paris, après une courte maladie et "une opération qui l'avait laissé sans illusions"[1].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Il fut assistant à l'université de Besançon puis à celle de Clermont-Ferrand et devint maître de conférences à l'université de Picardie à Amiens[3].

Il a soutenu sa thèse en 1971, sous la direction de Roland Mousnier, sur l'histoire des campagnes du Hurepoix à l'époque moderne[4]. Il fut ensuite professeur d'histoire moderne à l'université Paris I - Panthéon-Sorbonne (1976-1989), où il a notamment dirigé les thèses de Dominique Dinet, Nicole Lemaître, Jean-Marc Moriceau, Philippe Hamon et Christian Renoux[5].

Membre de sociétés savantes[modifier | modifier le code]

Il était président de la section moderne et contemporaine du Comité des travaux historiques et scientifiques (1981-1996), président de la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et d'Île-de-France (1972-1998), président d'honneur de la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Provins[1] et membre de la Société historique et archéologique de l'Essonne et du Hurepoix.

Il a présidé l'Association des Anciens élèves de l'École normale supérieure de Saint-Cloud (1976-1993)[1].

La salle de lecture des Archives départementales de l'Essonne porte son nom[6].

Apport à l'histoire moderne[modifier | modifier le code]

La crise rurale en Île-de-France (1550-1670)[modifier | modifier le code]

Le Hurepoix sur une carte du début du XVIIIe siècle, avec ses quatre limites (ajoutées) : Paris, Étampes, Dourdan et Melun.

Le Hurepoix de Jean Jacquart désigne les campagnes situées au sud de la capitale, de Paris à Étampes et de Dourdan à Melun. Condamnée en 1908 par le géographe Lucien Gallois - suivi par Marc Bloch -, l'existence de cette région est rétablie[7] par les investigations de l'historien qui en montre l'unité géographie, la réalité historique et l'évident usage du nom[8].

Jean Jacquart a choisi la séquence chronologique de son étude en fonction de l'historiographie existante à la fin des années 1950[9] : "Entre la reconstruction agraire des lendemains de la guerre de Cent Ans, favorable dans l'ensemble à la paysannerie, et la grande misère paysanne des dernières années du XVIIe siècle, attestée partout et par tous, il y avait un moment moins étudié et moins connu, mais que bien des auteurs considéraient comme crucial"[10]. Il en tire la problématique suivante :

« Comment la paysannerie diversifiée, relativement heureuse, encore propriétaire d'une part importante du sol mis en valeur, que nous montrent les travaux d'Yvonne Bezard[11] et de Guy Fourquin[12], est-elle devenue cette masse paupérisée, expropriée, endettée, aliénée, du temps de Colbert, d'où seules émergent quelques grandes familles de fermiers, intermédiaires habituels et privilégiés entre les villageois et les grands de ce monde ? Telle a été l'interrogation constamment présente à notre esprit[13]. »

L'historien ruraliste Marcel Lachiver a résumé la thèse de Jean Jacquart dans laquelle il voit la description d'un capitalisme agricole naissant : "Jean Jacquart montre avec précision (on lui a reproché, parfois, la solidité massive de ses preuves) que le monde paysan est victime d'une lente dépossession, d'une éviction des meilleures terres, au profit de la bourgeoisie parisienne qui vient se constituer, sur ces terres si proches de la capitale, un capital foncier qui lui assure la rente stable des fermages. Les laboureurs, entendez les petits laboureurs, plutôt des haricotiers[N 3] et des sossons[N 4], si nombreux au XVIe siècle à tenir un ou deux hectares de terre et un cheval, disparaissent au XVIIe siècle pour laisser la place à une masse de manouvriers et de journaliers appauvris qui se retrouvent au services des gros, ceux que La Fontaine appelle les «riches laboureurs». Chassant à peu près sur les mêmes terres et sur les régions voisines de la vieille France et de la Brie, Jean-Marc Moriceau a, depuis, donné une vision plus large, mais concordante, du même phénomène, la naissance d'un capitalisme agricole."[14].

Saint-Cyr-sous-Dourdan ferme fortifiée, XVIe siècle (cf., La crise rurale..., p. 343).

L'une des figures les plus renommées de l'école des Annales et de la Nouvelle Histoire, Emmanuel Le Roy Ladurie, a longuement analysé le travail de Jean Jacquart, en 1975[15]. Il en tire l'idée qu'existe désormais le "modèle Jacquart" du "remodelage des terroirs" :

« En réalité, dans la longue histoire qui mène, en France, et surtout dans le nord de ce pays, à la création d'un capitalisme agricole, la concentration des terres (jamais achevée du reste par les horsains et par les citations) représente une étape décisive, indispensable pour que soient créées ou étoffées les grandes unités foncières sur lesquelles s'implanteront à leur tour les entreprises fermières viables et vastes, utiles au ravitaillement des foules urbaines. Le remodelage des terroirs du nord (XVIe-XVIIe siècles) précède assez largement la croissance irréversibles du XVIIIe siècle agricole. A fortiori précède-t-il la révolution agricole ; celle-ci moins tardive que Morineau ne l'a écrit, mais moins précoce aussi qu'on ne le croyait avant cet auteur. Disons pourtant que si ce remodelage n'était pas intervenu au préalable, la croissance aurait été moins vive et la révolution moins concevable, en agriculture. (...) En France, le progrès agricole qui attendra bien souvent le XVIIIe siècle ou le début du XIXe pour se manifester, passe par les grands et moyens domaines ; il transite par les bâtiments des grosses fermes, où s'injectent les liquidités des propriétaires ; il est véhiculé par la couche supérieure du groupe des fermiers, qu'ont encouragé les rassembleurs. Somme toute, le modèle Jacquart (transformation des terroirs) précède logiquement et chronologiquement le modèle Quesnay (croissance du XVIIIe siècle), qui lui-même préexistera au modèle Morineau (révolution agricole plus ou moins tardive)[16]. »

François Ier[modifier | modifier le code]

François 1er, 1515.

Sollicité par Georgette Elgey d'écrire une biographie de François 1er, Jean Jacquart est d'abord réticent. Plusieurs biographies de qualité existent déjà dont celles de :

  • duc de Lévis-Mirepoix (1884-1981) : François 1er, 1931.
  • Gaston Dodu (1863-1939), Les Valois. Histoire d'une maison royale, 1934.
  • Charles Terrasse (1893-1982), François 1er : le roi et le règne, 3 volumes, parue de 1943 à 1970.

C'est le progrès des connaissances sur la France du XVIe siècle, accumulées en quelques décennies, qui décide l'historien : "Une relecture générale du règne naît ainsi du travail historique. Le moment est sans doute venu de rendre accessible au plus large public ces résultats accumulés"[17].

Jean Jacquart suit, naturellement, un plan chronologique : "Le temps des succès (1515-1522)", "La grande crise (1522-1530)" ; "Le temps des constructions (1530-1540" ; et "Le crépuscule (1540-1547)". Mais il accorde une large place aux structures économiques, aux rapports des groupes sociaux, aux recherches d'histoire religieuse et des mentalités, aux avancées dans le domaine des arts et de la littérature, savante ou populaire.

À la même époque, l'historien britannique Robert Knecht, né en 1926 de parents français vivant à Londres, prépare, lui aussi, une biographie de François 1er. Elle paraît en 1982[18], puis une seconde édition, en 1994 pour la version anglaise, et en 1998 pour la traduction française[19]. En 2011, l'historien de Birmingham témoigne :

« j’avais appris que Jean Jacquart écrivait son François Ier. Cela m’a beaucoup inquiété. J’avais peur que son livre ne paraisse avant le mien. J’ai pensé que mes lecteurs s’imagineraient que j’avais tout simplement pillé Jacquart ! Pourtant nous ne nous connaissions pas ; nos travaux étaient totalement indépendants. Un ami, qui connaissait Jacquart, a essayé de me rassurer en me disant qu’il avait dit de François Ier «le bonhomme ne m’intéresse pas». En fait, son livre a paru un an avant le mien, et, comme vous pouvez vous imaginer, je me suis précipité dessus. J’ai été assez ému de voir que nous étions plus ou moins d’accord sur tout. Sa biographie était organisée à peu près comme la mienne. Cependant, il y avait des différences : Jacquart parlait peu de la France d’outre-mer ou du mécénat artistique du roi. Peu de temps après, j’ai eu le bonheur de rencontrer Jacquart, qui m’a montré une générosité peu commune. Nous sommes devenus de très bons amis. Il a même eu la gentillesse de m’inviter quand on lui a donné la légion d’honneur, et ensuite à une petite réunion de sa famille pour célébrer l’événement. (...) Le pauvre Jacquart a eu une fin terrible. Je lui ai téléphoné trois jours avant sa mort. Il m’a dit : «Je lis votre livre ; il y a une horreur à la page 67 qui doit être corrigée» (rit). J’ai trouvé ça si émouvant. J’ai tout de suite demandé à mon éditeur de corriger l’erreur. Il m’a assuré qu’il le ferait, mais je dois dire avec regret qu’elle est toujours là… Cet entretien me permet de la corriger : la tour Saint-Jacques n’a jamais fait partie du Châtelet. Mon erreur provenait d’une mauvaise lecture de la belle histoire de Paris de Jean-Pierre Babelon[20]. »

Bayard[modifier | modifier le code]

Bayard sur le pont du Garigliano, par Philippoteaux (1840).

Noble et homme de guerre, Bayard (1473-1524) est d'abord connu par un récit hagiographique dû à l'anonyme Loyal serviteur et paru en 1527. S'y ajoutent quelques faits minutieusement recueillis par de patients érudits dans les fonds d'archives les plus divers.

Jean Jacquart tente de soumettre le corpus d'héroïsation, à une "lecture renouvelée", "en le confrontant aux quelques données sûres des archives et des chroniques, en le replaçant d'autre part dans les habitudes et les mentalités de l'époque"[21].

De tous ces épisodes de valorisation sort "un modèle idéal d'homme de guerre" qui a connu une prospérité immédiate[22]. Selon Jean Jacquart, "ce succès s'explique par la rencontre d'un auteur et d'un milieu réceptif" :

« La gentilhommerie menacée par l'évolution de la société du temps a trouvé dans le Bayard portraituré par l'anonyme serviteur le modèle nostalgique dont elle avait besoin. Au moment où se renforce le pouvoir royal et la progressive domestication de la noblesse, au moment où l'art de la guerre renouvelé sape les fondements de la supériorité chevaleresque, au moment où les serviteurs robins du souverain affirment leurs ambitions à pénétrer le second ordre, au moment où la promotion de la marchandise fait de l'argent une valeur plus cotée que l'honneur, la noblesse traditionnelle cherche à sauvegarder ses valeurs anciennes. L'exaltation du chevalier sans peur et sans reproche lui tend un miroir complaisant où elle veut se reconnaître. Et Brantôme se fera le chantre de ces «grands capitaines», dignes de demeurer dans la mémoire des hommes[23] »

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Chevalier Bayard (1473-1524).
  • en collaboration avec Bartolomé Bennassar, Le XVIe siècle, Paris, Colin, 1972.
  • La crise rurale en Île-de-France 1550-1670, Paris, Armand Colin, 1974.
  • A collaboré à L'Histoire de la France rurale, t. II, Paris, Seuil, 1975.
  • A collaboré à L'Histoire économique et sociale du monde, t. II, Paris, 1978.
  • François Ier, Paris, Fayard, 1981.
  • Bayard, Paris, Fayard, 1987.
  • Paris et l'Île-de-France au temps des paysans (XVIe-XVIIe siècles), Paris, Publications de la Sorbonne, 1990.
  • Michel Balard, Jean-Claude Hervé, Nicole Lemaître [édit.], Paris et ses campagnes sous l'Ancien Régime. Mélanges offerts à Jean Jacquart, Paris, Publications de la Sorbonne, 1994.
  • en collaboration La terre et les paysans en France et en Grande-Bretagne du début du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, Paris, A. Colin, 1999.

Prix[modifier | modifier le code]

  • 1975 : prix Toutain, de l'Académie française, pour La vie rurale en Île-de-France, 1550-1670.
  • 1981 : prix Monseigneur Marcel, de l'Académie française, pour François 1er.

En ligne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il était revenu y habiter, au no 13.
  2. Le chanoine Louis Brochard était un érudit, membre de la Société d'histoire ecclésiastique de la France, auteur de plusieurs travaux savants, notamment sur l'église et la paroisse de Saint-Gervais.
  3. Haricotier : "paysan de statut intermédiaire entre le manouvrier et le laboureur", Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural (1997), seconde édition, 2006, p. 724.
  4. Sosson, pour associé : "homme qui s'associe avec un autre, qui partage son matériel agricole, pour effectuer les gros travaux agricoles que chacun ne pourrait faire seul", Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural (1997), seconde édition, 2006, p. 1203.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Marcel Lachiver, "Jean Jacquart (1928-1998)" nécrologie, Ruralia, 1998, no 3, en ligne.
  2. Nicole Lemaître, "Jean Jacquart (1928)1998), La terre et les paysans, Association des historiens modernistes des universités, Presses de l'université Paris-Sorbonne, 1999, p. 3-4.
  3. Annuaire du Comité des Travaux historiques et scientifiques, notice du 6 février 2007.
  4. Notice Roland Mousnier (1907-1993), IdRef, Abes : agence biographique de l'enseignement supérieur.
  5. Notice documentaire IdRef, ABes : agence biographique de l'enseignement supérieur.
  6. Le Papyvore, bulletin d'information des Archives départementales de l'Essonne, no 23, deuxième trimestre 2007.
  7. "Notre recherche nous a amené à contester cette condamnation", La crise rurale en Île-de-France (1550-1670), 1974, p. 10.
  8. "En vérité, et l'on s'en avisera au nombre et à la variété des citations figurant ce travail, les contemporains ont une nette conscience de l'originalité du Hurepoix et cette appellation était largement connue et utilisée", La crise rurale en Île-de-France (1550-1670), 1974, p. 10.
  9. L'avant-propos de La crise rurale... est daté 1955-1970, années de ses recherches pour la thèse de doctorat d'État.
  10. La crise rurale en Île-de-France (1550-1670), 1974, p. 11.
  11. André Lesort, "Yvonne Bezard. La vie rurale dans le Sud de la région parisienne de 1450 à 1560", Revue d'histoire de l'Église de France, 1929, vol. 15, n° 69, p. 493-494.
  12. Georges Duby, "Guy Fourquin, Les campagnes de la région parisienne à la fin du Moyen Age (du milieu du XIIIe siècle au début du XVIe siècle)", Études rurales, 1964, vol. 15, n° 1, p. 92-94.
  13. La crise rurale en Île-de-France (1550-1670), 1974, p. 13.
  14. "Jean Jacquart (1928)1998)", Marcel Lachiver, Ruralia, 1998, 3, en ligne.
  15. Emmanuel Le Roy Ladurie, "Un «modèle septentrional» : les campagnes parisiennes (XVIe-XVIIe siècles)", Annales, 1975, vol. 30, no 6, p. 1397-1413.
  16. Emmanuel Le Roy Ladurie, "Un «modèle septentrional» : les campagnes parisiennes (XVIe-XVIIe siècles)", Annales, 1975, vol. 30, n° 6, p. 1412-1413.
  17. Jean Jacquart, François 1er, 1981, avant-propos, éd. 1984, p. 5.
  18. ""Francis I, Cambridge, 1982.
  19. Robert Knecht, Un prince de la Renaissance. François 1er et son royaume, 1998. Compte rendu par Dominique Lepage, Revue Historique, tome 301, fasc. 3, juillet-septembre 1999, p. 618-620.
  20. Entretien avec Robert Knecht par Monique Chatenet, Cédric Michon, Caroline zum Kolk, Cour de France.fr, mis en ligne le 1er mai 2011.
  21. Jean Jacquart, "Le chevalier Bayard", in L'homme de guerre au XVIe siècle, publications de l'université de Saint-Étienne, 1992, p. 24.
  22. Jean Jacquart, "Le chevalier Bayard", in L'homme de guerre au XVIe siècle, publications de l'université de Saint-Étienne, 1992, p. 26.
  23. Jean Jacquart, "Le chevalier Bayard", in L'homme de guerre au XVIe siècle, publications de l'université de Saint-Étienne, 1992, p. 29.

Liens externes[modifier | modifier le code]