Jean Ier de Liechtenstein

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Jean Ier
Portrait par Johann Baptist Lampi (1816).
Portrait par Johann Baptist Lampi (1816).
Titre
10e prince de Liechtenstein

(31 ans et 27 jours)
Prédécesseur Aloïs Ier de Liechtenstein
Successeur Aloïs II de Liechtenstein
Biographie
Dynastie Maison de Liechtenstein
Nom de naissance Johann Baptist Josef Adam Johann Nepomuk Aloys Franz de Paula
Date de naissance
Lieu de naissance Vienne (Saint-Empire romain germanique)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Vienne (Empire d’Autriche)
Père François-Joseph Ier de Liechtenstein
Mère Léopoldine de Sternberg
Conjoint Josèphe de Fürstenberg-Weira
Enfant(s) Aloïs II Souverain
Charles de Liechtenstein
Frédéric de Liechtenstein
Édouard de Liechtenstein
Auguste de Liechtenstein

Jean Ier, prince de Liechtenstein (-) était le fils du prince François-Joseph Ier de Liechtenstein et de la princesse Léopoldine de Sternberg (1733-1809). Il officia en tant que général de l’armée autrichienne, et participa notamment à la bataille d’Austerlitz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premières armes[modifier | modifier le code]

Dès sa jeunesse, il est attiré par l'armée et c'est un ami de la famille, le maréchal Lach, qui s'occupe et surveille personnellement sa formation militaire. À 22 ans, il entre comme lieutenant dans le régiment de cuirassiers Anspach. Après avoir obtenu les grades de Rittmeister, en 1783, de Major, en 1787, dans le régiment de dragons Harrach, il lui est donné d'affronter l'ennemi pour la première fois en 1788, durant la guerre contre les Turcs.

La guerre austro-turque (1788-1791)[modifier | modifier le code]

À peine arrivé entre Temlin et Belgrade, il démontre, dans de nombreux combats avec les avant-postes turcs, une telle assurance qu'il est bientôt promu lieutenant-colonel au régiment de chevau-légers Kinsky. Mais c'est à Czettin, dont les Turcs tentent en vain de s'emparer, qu'il gagne la croix de Chevalier de l'Ordre de Marie-Thérèse. Le , il est, avec Gyulay, le premier à franchir les murs de la place. Peu après, il prend le commandement de son régiment.

Les guerres révolutionnaires (1789-1797)[modifier | modifier le code]

Durant les guerres de la Révolution, en 1789-1790, et 1792-1797, il continue de se faire remarquer par sa bravoure et semer la déroute parmi les cavaliers adverses.

Le , à Avesnes-le-Sec, près de Cambrai, il résiste, malgré une infériorité numérique flagrante et force même l'infanterie adverse à former le carré, que la fougue des cavaliers de Liechtenstein (le général Bellegarde est également présent ainsi que deux escadrons du Royal-Allemand) brise pourtant. La journée rapporte 5 drapeaux, 70 chevaux, 20 canons, 3 000 fusils, tout le train, 2 000 prisonniers en plus des 2 000 tués chez l'ennemi. Le , il est à Saint-Rémy Malbatie sur la Sambre, près de Maubeuge : il emporte les défenses à la tête d'un division de son régiment. Le , à Erquelinnes, il poursuit victorieusement les Français échappés des fortifications (les Français essayent à cette époque de s'avancer au nord de la Sambre). Le 12 juin, Liechtenstein est nommé Général-Major.

En 1796, il peut de nouveau donner des preuves de ses talents. Le 24 août, il est à Amberg, les 1eret 3 septembre à Wurtzbourg, où il met les fantassins français en déroute, malgré les efforts de Jourdan. L'archiduc Charles le serre dans ses bras sur le champ de bataille. Sa conduite durant la campagne de 1796 lui vaut, le 26 septembre, la croix de Commandant dans l'Ordre de Marie-Thérèse.

Campagne d'Italie[modifier | modifier le code]

En 1799, il est en Italie, et participe victorieusement[1] à la bataille de la Trebbia, les 17-19 juin. Il s'y distingue en repoussant l'attaque désespérée de Macdonald, à la tête des chevau-légers Lobkowitz, de quelques hussards Blankenstein et du bataillon de grenadiers Wouvermans, infligeant aux Français de très grosses pertes. Durant la bataille, Liechtenstein a cinq chevaux blessés sous lui. Une nouvelle fois, mais c'est ici Souvorov, le général en chef le serre dans ses bras sur le champ de bataille.

Il est promu Feldmarschall Leutnant et combat, le 15 août à Novi. Du 20 novembre au 4 décembre, il dirige le siège de Cuneo.

Si la campagne de 1800 n'est pas glorieuse pour les armées autrichiennes, Liechtenstein y récolte cependant des lauriers, comme à Hohenlinden, le 3 décembre, où il résiste 6 heures aux Français, près de l'auberge de Straßmayer, puis à Anthering, le 14 décembre et dans les combats qui suivent pour couvrir, avec le corps de réserve, la retraite autrichienne. Le 14 décembre, il bat Lecourbe à Salzbourg, lequel n'est sauvé de la destruction totale que par l'arrivée propice de Moreau. Liechtenstein oppose alors une résistance farouche aux Français.

Liechtenstein reçoit, le , lors la Grande-Croix de l'Ordre de Marie-Thérèse.

Le , Jean de Liechtenstein entre au gouvernement de l'empire, à la place de son frère Alois Joseph, décédé. Il est alors, après l'archiduc Charles, l'un des personnages les plus aimé de son pays.

Bien que sa santé ne soit pas alors parfaite[2], il prend, à la mi-novembre 1805, le commandement d'un corps d'armée. Il va, avec celui-ci, combattre avec sa fougue habituelle à Austerlitz, le 2 décembre. La nuit qui suit la défaite austro-russe, il rencontre Napoléon, avec des propositions de paix. Le 4 décembre, il est aux côtés de François II lors de son entrevue avec Napoléon. Le 6 décembre, il signe, à Austerlitz, l'armistice. Enfin, avec Gyulai, il négocie les termes de la paix de Presbourg, dont il signe les termes, avec Talleyrand, le .

Pour tous ces glorieux services, François II le décore, le , du collier de la Toison d'or, puis, en 1808, il est nommé général de cavalerie[3]. Bien que les conquêtes de Napoléon Ier aient provoqué la disparition du Saint-Empire romain germanique l'empereur des Français ne réduit pas la principauté au rang d'État médiatisé comme il le fait pour beaucoup d'autres fiefs allemands mais le fait entrer dans la Confédération du Rhin.

En 1809, malgré une santé toujours chancelante, il sert son pays. Il prépare cette campagne sans prendre de repos. Le 20 avril, il entre dans Ratisbonne, que les Autrichiens doivent évacuer le 23. À Essling et à Wagram, il démontre encore ses qualités. Le 31 juillet, après le départ de l'archiduc Charles, Liechtenstein prend le commandement général de l'armée autrichienne. Il signe la paix de Schönbrunn, le , jour anniversaire de la paix de Westphalie, aux côtés de Champagny.

Retraite et mort[modifier | modifier le code]

Mais tous ces efforts altèrent fortement la santé de Liechtenstein et il doit quitter le service actif. Ce Feldmarshall qui, de façon presque incroyable, malgré vingt-quatre chevaux tués sous lui, dans 13 campagnes, ne fut jamais blessé (mis à part quelques contusions à Wagram), se consacre désormais à sa famille, à ses proches et aux gens qui le servent. Il soutient les arts et la culture, l'agriculture, l'industrie, l'architecture,…

Jean de Liechtenstein meurt à Vienne, le , à l'âge de 75 ans.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Jean Ier se marie le 12 avril 1792 à Vienne avec la landgravine Josepha de Fürstenberg-Weitra (21 juin 1776 – 23 février 1848). Ils ont treize enfants :

  • Léopoldine (11 septembre 1793 – 28 juillet 1808) ;
  • Aloïs II (26 mai 1796 – 12 novembre 1858), prince de Liechtenstein ;
  • Sophie (5 septembre 1798 – 17 juin 1869), épouse en 1817 Vinzenz Graf Esterházy von Galántha ;
  • Marie-Joséphine (11 janvier 1800 – 14 juin 1884) ;
  • François-Joachim (25 février 1802 – 31 mars 1887), major-général dans l'armée autrichienne, ancêtre du prince François-Joseph II ;
  • Charles-Jean de Liechtenstein (en) (14 juin 1803 – 12 octobre 1871) ;
  • Clotilde (19 avril 1804 – 27 janvier 1807) ;
  • Henriette (1er avril 1806 – 15 juin 1886), épouse en 1825 Joseph Graf Hunyady von Kethély
  • Frédéric (22 septembre 1807 – 1er mai 1885) ;
  • Édouard de Liechtenstein (en) (22 février 1809 – 27 juin 1864) ;
  • Auguste (22 avril 1810 – 27 mai 1824) ;
  • Ida (12 septembre 1811 – 27 juin 1884), épouse en 1832 Karl Fürst Paar ;
  • Rodolphe (5 octobre 1816 – 19 juin 1848).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. il n'a pas reçu officiellement de commandement, et combat comme « volontaire »
  2. il est malade au moment d'Ulm
  3. l'équivalent de maréchal

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Volkmann, Généalogie des rois et des princes, éd. Jean-Paul Gisserot, 1998 (ISBN 2877473740)

Articles connexes[modifier | modifier le code]