Jean II de Montferrat

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Giovanni II de Montferrat
Biographie
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Père
Fratrie
Conjoint
Enfants


Jean II de Montferrat (italien Giovanni II del Monferrato (né le 5 février 1321 – mort le 19 mars 1372) fut marquis de Montferrat de 1338 à sa mort.

Règne[modifier | modifier le code]

Fils du marquis Théodore Ier, Jean règne conjointement avec son père à partir de 1336. À la mort de ce dernier il commence à gouverner seul et tente avec des fortunes diverses d'étendre les domaines des marquis de Montferrat aux dépens des seigneuries frontalières.

Jean II entreprend, de lutter contre l'influence au Piémont de la Maison capétienne d'Anjou-Sicile et de la maison de Savoie. Il bénéficie à partir de 1339 de l'appui de Othon IV de Brunswick-Grubenhagen un cadet de la maison de Brunswick sans domaine en Allemagne et qui à son service commence une longue carrière de condottiere.

Dès le 9 octobre 1339 Jean II est nommé gouverneur d'Asti où il rappelle les gibelins. En 1344 Ivrée qu'il partage avec le duc de Savoie. Le 22 avril 1345, lors de la Bataille de Gamenario, Jean II et Othon de Brunswick défont définitivement Reforce d'Angoult le sénéchal de la reine Jeanne Ire, envoyé comme vicaire défendre les possessions des angevines au Piémont et qui y perd la vie. Le 19 juin 1347 il prend Valenza qu'il garde jusqu'à sa mort.

En juillet de la même année il passe un accord tacite avec Luchino Visconti seigneur de Milan, Jean II réussit à s'emparer de Bra, et en 1348 de Cuneo. Repoussé par une coalition des princes de Savoie et de Piémont de Genevois appuyés par le duché de Bourgogne, il se brouille avec son allié milanais.

Sa puissance s'accroit encore en 1355, quand il accompagne lors de sa descente en Italie l'empereur Charles de Luxembourg pour son couronnement et reçoit le titre de Vicaire impérial. Il contrôle de Cherasco, Novare( 1355-1358), de nouveau Asti (1356-1378), Alba (1356-1364) et Pavie 1357-1359). L'empereur rétabli la paix en Lombardie le 8 juin 1358 et laisse Novare aux Visconti et Asti au Montferrat[1]. Jean II atteint l'apogée de sa puissance lorsqu'il épouse avec l'accord de l'empereur à Montpellier le 4 septembre 1358 la reine titulaire de Majorque Isabelle Ire.

Après la victoire remportée par les grandes compagnies dites des Tard-Venus à Brignais le 6 avril 1362 sur l'armée commandée par le comte Jacques Ier de Bourbon-La Marche, et la prise de Pont-Saint-Esprit par les mercenaires qui avaient dévasté la Bourgogne et le Languedoc et menaçaient désormais Avignon, le pape Urbain V donne à Jean II 60.000 florins d'or afin qu'il solde la plus grande partie de ces bandes et leur inculque quelque discipline[2].

Amédée VI de Savoie ménage son oncle dont il espère l'héritage jusqu'à la naissance de son premier fils vers 1360 puis il s'allie contre lui aux Visconti. Sur l'initiative du pape la paix est conclue entre Jean II et les Visconti le 27 janvier 1364 à Turin. Les Visconti lui abandonne Asti et sa région Jean II renonce à la région de Pavie. Afin de soustraire à la maison de Savoie les cités prises aux angevins Bra, Alba, Cherasco, Mondovi, Centallo, Demonte, et Cuneo. Galéas Visconti les donne en dot à sa fille Violante avec 100.000 florins lorsqu'elle épouse Lionel d'Anvers un fils cadet du roi Édouard III d'Angleterre. À la mort de ce prince le 17 octobre 1368, ses chevaliers conduit par Édouard Spencer qui soupçonnent un empoisonnement par son beau père les vendent à Jean II pour 26.000 florins le 27 octobre 1369 et se mettent à son service ce qui ranime la guerre avec les Visconti. Jean II fait son testament en 1372: dans ce document il confère à Othon de Brunswick et à Amédée VI de Savoie le soin d'éduquer ses enfants. Jean II meurt la même année et il est inhumé à Chivasso.

Postérité[modifier | modifier le code]

De son union avec Isabelle de Majorque et d'Aragon (1337-1406) naissent:

Note[modifier | modifier le code]

  1. (it) Giuseppe Meloni, Giovanni II di Monferrato e le Baleari, in "Nuova Rivista storica", anno LX, fasc. I-II, Milano, 1975 = "Anuario de Estudios Medievales", 10, Barcelona, 1980, p. 841 sgg. = "Medioevo Catalano. Studi (1966-1985)", Sassari, 2012, p. 105 sgg.
  2. Marie-Nicolas Bouillet e Alexis Chassang (dir.), Tard-Venus, in: Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878

Sources[modifier | modifier le code]

  • (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Giovanni II del Monferrato » (voir la liste des auteurs).
  • Anthony Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les États du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, préf. H. F. Wijnman, éditions Brill , Leyde 1890-1893, réédition 1966. Volume III, chapitre XII, §.10 « Montferrat » et tableau généalogique no 15 p. 730-731.
  • Marie-José de Belgique La Maison de Savoie. Les origines: Le Comte Vert ~ Le Comte Rouge éditions Albin Michel, Paris 1956, chapitre II, « Le Comte Vert » p. 77-277.