Jean Hatzfeld (journaliste)

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Jean Hatzfeld, né en 1949 à Madagascar, est un journaliste et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Hatzfeld en 2011.

Il est le petit-fils de l'helléniste Jean Hatzfeld et le fils de l'historien Olivier Hatzfeld et de Maud Hatzfeld, dont il hérite le goût du voyage. Il est né à Madagascar, quatrième enfant d'une très nombreuse famille, et a vécu son enfance au Chambon-sur-Lignon. Au lendemain de Mai 68, il fait la route vers Katmandou et, au retour, travaille en usine et exerce différents métiers de façon militante ou dilettante avant de monter à Paris.

En 1975, il publie son premier reportage dans le quotidien Libération dont il rejoint la rédaction peu après. Dans un premier temps au service des sports qu'il contribue à créer en compagnie de Jean-François Fogel, Serge Daney, ou Jean-Pierre Delacroix, où il découvre le plaisir de raconter de belles histoires. Puis il devient grand reporter en France et à l'étranger d'abord en Israël et en Palestine, puis en Pologne, en Roumanie et dans toute l'Europe orientale, avant et après le socialisme, et surtout correspondant de guerre. Pendant vingt-cinq ans, il traverse ainsi de nombreuses guerres, dont celles du Moyen-Orient, d'Afrique et de l'ancienne Yougoslavie, dont il tire un récit L'air de la guerre, rédigé en grande partie après avoir été immobilisé à Sarajevo en juin 1992, puis trois romans La guerre au bord du fleuve, La ligne de flottaison et Robert Mitchum ne revient pas, inspirés d'un imaginaire de guerre, dans lesquels il revient sur des personnages laissés en cours de route pendant ces années de reportage, revient sur des lieux et remet en scène plusieurs thèmes de la guerre et de l'écriture de la guerre. Dans son dernier roman, ainsi que dans Où en est la Nuit, il revisite aussi le monde du sport.

Reporter au Rwanda à l'époque du génocide, saisi par l'échec collectif des journalistes face à l'événement et leur incapacité à affronter l'effacement des rescapés, il suspend son activité dans sa rédaction quatre années plus tard pour séjourner près des marais et travailler avec des rescapés tutsis originaires de Nyamata, un village de la région du Bugesera. Il tente de créer un univers du génocide par une autre littérature où emmener le lecteur. Le premier livre issu de ces récits, Dans le nu de la vie, obtient le prix France Culture en 2001. Il poursuit son travail avec un groupe de Hutus ayant participé au génocide sur les mêmes collines, dans le pénitencier de Rilima. De ces entretiens naîtra en 2003 Une Saison de machettes, qui recevra le prix Fémina essai la même année. Puis il publie un roman dont l'un des personnages principaux est un correspondant de guerre, de retour à Paris. Un troisième ouvrage consacré au génocide rwandais, La Stratégie des antilopes paraît en août 2007 (prix Médicis). Un quatrième suit les traces d’Englebert des Collines, un vieil ami, rescapé de ces marais, vagabond et alcoolique, qu'il connaît depuis son premier jour à Nyamata. Jean Hatzfeld y raconte les traces du temps, la vie « après » le génocide des protagonistes de ses premiers livres, l'impossible dialogue entre les rescapés et les tueurs, lorsque ceux-ci sont sortis de prison, leurs peurs, doutes et incompréhensions et surtout leurs fantômes. Vingt après les tueries il revient au bord des marais pour travailler cette fois avec les enfants des tueurs et des rescapés qui peuplaient ses précédents livres, qui n'ont pas connu les machettes et ont partagé leur souvenir en héritage, ainsi que la langue au phrasé et au vocabulaire métaphorique souvent poétique.

Plusieurs de ces livres ont été traduits dans diverses langues.

Il a collaboré à L'Autre Journal, GEO, L'Équipe magazine, Autrement, Rolling Stones, Cahiers du cinéma et participé à plusieurs ouvrages collectifs, à des adaptations pour le théâtre de ses livres, et a coécrit des films documentaires ou de fiction.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]