Jean Guiraud (1901-1928)

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Jean Guiraud
Jean Guiraud.png
Biographie
Naissance
Décès
(à 27 ans)
Pons (Charente-Maritime)
Nom de naissance
Jean Ernest André Guiraud
Époque
Nationalité
Activité
Autres informations
Mouvement

Jean Guiraud, né le 14 mai 1901 à Rochefort[1] et mort le 28 octobre 1928 à Pons[2], est un comptable et militant d'Action française durant l'Entre-deux-guerres tué par la police.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marié et père de deux enfants, Jean Guiraud était le président de la section d'Action française de Rochefort[3].

La mort[modifier | modifier le code]

Les faits[modifier | modifier le code]

Le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts Édouard Herriot présidait l'inauguration d'un monument à la mémoire d'Émile Combes à Pons avec Henri Queuille, ministre de l'agriculture, et un représentant du président de la République le 28 octobre 1928. Lorsque l'inauguration fut terminée, un groupe fourni de Camelots du Roi s'approcha des gardes républicains qui surveillaient la statue, en prétextant vouloir déposer une gerbe de fleurs[4]. Jean Guiraud armé d'un marteau dissimulé dans la gerbe de fleurs porta plusieurs coups au buste d'Émile Combes jusqu'à écraser le nez et le menton rendant toute réparation impossible[3],[5]. Au milieu de la bagarre, les gardes républicains tirèrent des coups de feu en l'air mais le garde républicain nommé Cazel[3], du peloton de La Rochelle, décharge son arme sur les manifestants et atteint Jean Guiraud[6]. L'autopsie précise que la balle a sectionné l'aorte, ce qui provoqua une hémorragie abondante qui entraîna une mort instantanée[3]. Jean Guiraud avait 27 ans[3]. Une autre balle blesse au bras le militant d'Action française Jean Rouzet[7]. Quarante-deux manifestants sont arrêtés provenant pour la plupart de Poitiers, Angoulême, La Roche-sur-Yon, Bordeaux et de La Rochelle[3].


Son corps est transporté de Pons à Rochefort, et ses obsèques eurent lieu le mercredi 31 octobre 1928[8].

Perturbation du conseil municipal de Lyon[modifier | modifier le code]

Le 29 octobre 1928, les Camelots du Roi menés par le commissaire d'Action française Émile Brun se dispersèrent dans la salle de la mairie pour interpeler Édouard Herriot sur les événements et la mort de Jean Guiraud[7]. Les Camelots du Roi furent évacués après une violente bagarre.

Le procès des manifestants[modifier | modifier le code]

6 Camelots du Roi sont poursuivis et présentés au tribunal correctionnel de Saintes pour avoir participé à la manifestation à Pons[9]. Quatre sont inculpés pour outrages aux gendarmes : Alexis Guillon, 22 ans, comptable à La Roche-sur-Yon ; Albert Roger, 37 ans, ouvrier papetier à Neursac (Charente) ; Rémi de Maillard, 28 ans, d'Angoulême, et Jean Vignolle, 29 ans, représentant de banque à Bordeaux. Deux autres sont inculpés de violences envers les gendarmes : Jacques Doreau, 22 ans, étudiant à Poitiers, et Roland Ballon, 32 ans, commerçant à Angoulême. Adrien Brunet, 28 ans, de Poitiers est également accusé de mutilation du monument[8]. Ils sont jugés par le juge d'instruction Talbot. Ils sont défendus par les avocats Marie de Roux, Me Drouineau, de Poitiers, Me Dufourg et Georges Calzant. Les Camelots du Roi sont condamnés à des petites peines de prison allant jusqu'à 1 mois et à verser entre 50 et 100 francs d'amende. Le garde Cazel bénéficia d'un non-lieu le 18 décembre 1928[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Acte de naissance no 328 (vue 88/210) de Jean Ernest André Guiraud du registre des naissances de l'année 1901 de la commune de Rochefort », sur Archives départementales de la Charente-Maritime, (consulté le )
  2. « Jean Ernest André Guiraud (vue 339/344) dans les tables décennales (1853-1932) de la commune de Pons », sur Archives départementales de la Charente-Maritime, (consulté le )
  3. a b c d e et f Le Courrier de la Rochelle, (lire en ligne)
  4. Thierry Collard, « Faits divers en Charente-Inférieure : en 1928 à Pons, culs-bénis contre laïcards », Sud-Ouest,‎ (ISSN 1760-6454, lire en ligne, consulté le )
  5. Marc Agostino, « L’Action française dans le Sud-Ouest : un terreau royaliste, un lien ambigu avec le catholicisme », dans L’Action française : culture, société, politique, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », (ISBN 978-2-7574-2123-9, lire en ligne), p. 279–290
  6. Albert Marty, L'Action française racontée par elle-même, Nouvelles Editions Latines, (ISBN 978-2-7233-0325-5, lire en ligne)
  7. a b et c « Almanach de l'Action française », sur Gallica, (consulté le )
  8. a et b « L'Action française », sur Gallica, (consulté le )
  9. L’Ouest-Éclair, (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Agostino, L’Action française : culture, société, politique, Presses universitaires du Septentrion, (ISBN 9782757421239, lire en ligne), « L’Action française dans le Sud-Ouest : un terreau royaliste, un lien ambigu avec le catholicisme »