Jean Goudezki

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Jean Goudezki
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Jean Goudezki (de son vrai nom Édouard Goudez), est un poète et chansonnier français né à Louvignies-Bavay le , où il est mort le [1].

Henri de Toulouse-Lautrec, Les Vieilles Histoires.
Le compositeur et bassoniste Désiré Dihau conduisant l'ours Goudezki à l'Institut par le pont des Arts.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Goudezki est connu pour avoir composé le premier sonnet holorime : Invitation (1892). Il fréquentait Le Chat noir, cabaret parisien où se réunissaient entre autres Alphonse Allais, Jean Richepin, Raoul Ponchon, Charles Cros, Jehan-Rictus, Maurice Rollinat et Aristide Bruant. Il est l'auteur de Hercule ou La Vertu récompensée, d'un recueil de poèmes intitulé Les vieilles histoires qui parut en 1893 aux éditions Ondet sous une couverture d'Henri de Toulouse-Lautrec et de Les Montmartroises : poésies et chansons édité en 1899.

Jean Goudezki est aussi connu pour être le seul auteur de chansons des années 1890 à être ouvertement critique de la colonisation[2]. Cela est frappant notamment dans son recueil Chansons de lisières (1895), où la chanson "La Soumission de Béhanzin"[3] dénonce ironiquement la défaite du roi du Dahomey en 1894 face aux troupes françaises de colonisation, ce qui est une manière pour Goudezki de réécrire le fameux discours d'adieu[4] que ce roi fit lors de sa reddition, en janvier 1894.

Son poème holorime[modifier | modifier le code]

Invitation

Je t'attends samedi, car Alphonse Allais, car
A l'ombre, à Vaux, l'on gèle. Arrive. Oh ! la campagne !
Allons - bravo ! - longer la rive au lac, en pagne ;
Jette à temps, ça me dit, carafons à l'écart.
Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche !
L'attrait (puis, sens !) : une omelette au lard nous rit,
Lait, saucisse, ombre, thé des poires et des pêches,
Là, très puissant, un homme l'est tôt. L'art nourrit.
Et, le verre à la main, - t'es-tu décidé ? Roule -
Elle verra, là mainte étude s'y déroule,
Ta muse étudiera les bêtes ou les gens !
Comme aux dieux devisant, Hébé (c'est ma compagne)...
Commode, yeux de vice hantés, baissés, m'accompagne...
Amusé tu diras : « L'Hébé te soûle, hé ! Jean ! »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Humour et Humoristes, p. 194, Paul Acker, ed.H. Simonis Empis, 1899
  • Les Montmartois, ed. André Roussard, 1993.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Relevé généalogique sur Geneanet
  2. Claude & Josette Liauzu, Quand on chantait les colonies. Colonisation et culture populaire de 1830 à nos jours, Syllepses,
  3. « "La Soumission de Béhanzin" », sur gallica.bnf.fr (consulté le 15 mars 2021)
  4. « Discours d'adieu de Béhanzin » (consulté le 15 mars 2021)

Liens externes[modifier | modifier le code]