Jean Galmot

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Jean Galmot
Galmot, Jean (phot. Meurisse, 1921).jpg
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Député
Guyane
Biographie
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Jean Galmot (né le [1] à Monpazier en Dordogne - mort le 6 août 1928 à Cayenne en Guyane) est un homme d'affaires, aventurier et écrivain français. Il était un entrepreneur qui travaillait avec des idées sociales et progressistes dont ses ouvriers et employés ont fait l'expérience, bien avant les réformes sociales d'avant le gouvernement de Front Populaire de 1936. De plus, il ne se voyait pas comme un colon désireux de faire fortune en Guyane, mais plutôt comme un homme d'affaires et un aventurier qui respectait profondément les pauvres ou le petit peuple local constitué de Noirs (souvent issus de Marronnages), de Créoles, ou d'Amérindiens.

Élu député de la Guyane en 1919, il est impliqué et emprisonné injustement pour escroquerie dans « l'Affaire des rhums ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien journaliste dreyfusard, il débarque en Guyane française en 1906 avec le titre de propriété d'une mine d'or, le Placer Élysée, non loin de Mana. Il y fait fortune grâce à l'aide des Guyanais. Il se fait mal voir des notables, car il associe davantage le petit peuple guyanais et lui garantit des prix d'achat (or et bois de rose en particulier, mais aussi bois de balata) proches des cours mondiaux. Il achète une plantation afin de produire du rhum et organise la collecte de la production des petits producteurs, encourant ainsi l'hostilité des autres exploitants, prêts à tout pour préserver leurs intérêts.

Élu député de la Guyane en 1919, il voit ses affaires péricliter brusquement. En avril 1921, il est impliqué injustement pour escroquerie dans « l'Affaire des rhums » après que son immunité parlementaire a été levée quatre jours après le déclenchement de l'affaire[2], avec son accord[3]. Arrêté, il est emprisonné à la Santé pendant neuf mois. Au terme d'un procès à rebondissements où les plaignants retirent leurs plaintes en 1923, il est condamné à un an de prison avec sursis en l'absence de preuves sur des bénéfices illégaux. Alors qu'il se représente aux élections en Guyane, gagnées par la fraude électorale, et que son élection ne fait pas de doute, la proclamation des résultats donne la victoire au candidat du gouvernement venu de la métropole, Eugène Lautier. Il meurt brusquement le 6 août 1928. Le bruit court qu'il a été empoisonné, et des émeutes éclatent à Cayenne, donnant lieu en 1931 au procès des émeutiers de la Guyane[4],[3].

Homme d'affaires populaire investi dans la vie politique, il a quelque peu terni son image en s'associant avec des personnages sulfureux tels l'escroc Alexandre Stavisky (qu'il dénoncera à la police dans des circonstances curieuses) et le journaliste et romancier à la réputation de maître-chanteur Georges Anquetil[réf. nécessaire]. Jean Galmot est une personnalité au charme ambigu. Son caractère romanesque a fasciné des écrivains : Blaise Cendrars le compare à Don Quichotte et a séjourné à Monpazier, le village natal de Galmot, pour écrire sa biographie dans Rhum - L'aventure de Jean Galmot (1930). Louis Chadourne (1890-1925), qui fut son secrétaire, l'avait déjà évoqué dans Le Pot au noir (1922) et il s'était inspiré de lui pour écrire son roman Terre de Chanaan (1921).

Circonstances de sa mort[modifier | modifier le code]

Sur ce sujet, les archives départementales de Guyane possèdent deux documents accessibles au public et particulièrement précis, les rapports des Dr Caro et Rivierez appelés au chevet de Jean Galmot le 5 août. Ils observent un tableau clinique très évocateur d'intoxication aiguë par l'arsenic, confirmé par l'analyse des vomissements, et en conséquence refusent de délivrer le permis d'inhumer et demandent une autopsie au procureur de la République. Celle-ci est pratiquée le 6 août par le médecin lieutenant-colonel Alfred Carmouze qui conclut à l'empoisonnement par un toxique. Aujourd'hui, après une nouvelle analyse des documents, ce diagnostic n'est pas reconnu dans le dernier ouvrage, biographie détaillée de Jean Galmot. Il faut aussi observer que ces documents portent sur des analyses pratiquées tardivement (1930) et sur des pièces dont l'origine peut être considérée comme douteuse à l'exemple du cœur disparu on ne sait où ni quand[réf. nécessaire]. Le procès des émeutiers de Cayenne tenu à Nantes en 1931 posait un réel problème à la justice. Accepter les preuves de l'assassinat c'était reconnaître une justification de l'émeute par la fraude et juger les émeutiers alors que l'assassin et ses commanditaires toujours libres et non recherchés échappaient à la justice, tandis que la mort naturelle ou le suicide permettaient de juger les seuls coupables réunis sur le banc des accusés.[réf. nécessaire]

Les archives départementales de la Loire-Atlantique ont proposé, du 9 février au 26 juin 2011, une exposition consacrée à la mort de Jean Galmot et aux émeutes qui l'ont suivie. Une large partie de l'exposition était également consacrée au procès des émeutiers tenu à Nantes en mars 1931[5].

Sa mémoire[modifier | modifier le code]

Les efforts de la municipalité de Cayenne, qui lui a dédié une avenue et une statue dans un quartier populaire, entretiennent son souvenir toujours très présent de nos jours.

Réalisée par l'association des amis de Jean Galmot, une exposition permanente dans les anciennes écoles de sa ville natale, Monpazier, à l'Atelier des Bastides, relate sa vie.

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Quelle étrange histoire, Éditions et Librairie, Paris, 1918 ; Editions Caribéennes, Paris, 1990 ; Le Serpent à plumes, 1995. (Texte intégral. Consulté le 14 février 2012.)
  • Un mort vivait parmi nous, Éditions de la Sirène, Paris, 1922 ; Editions Caribéennes, Paris, 1990 ; Le Serpent à plumes, 1995. (Texte intégral. Consulté le 14 février 2012.)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Bendjebbar, Jean Galmot, le prophète de Guyane, éd. le Cherche Midi, 2010.
  • Louis Chadourne, Terre de Chanaan. Albin Michel, 1921.
  • Louis Chadourne, Le Pot au noir. Albin Michel, 1922.
  • Blaise Cendrars, Rhum : L'Aventure de Jean Galmot, Grasset, 1930 ; précédé de L'Or, Claude Leroy (éd.), Denoël, coll. « Tout autour d'aujourd'hui », Paris, 2001.
  • Brigitte et Gilles Delluc, Jean Galmot, sycophante, Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 134, 2007, p. 597-608, ill.
  • Pierre Pomarède, « Jean Galmot », dans le Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. 114, 1987, pp. 229–247.
  • Jacques Magne, Jean Galmot, l'homme des tropiques, Éditions caribéennes, Paris, 1990.
  • Michèle Touret (dir.), Cendrars au pays de Jean Galmot, Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », 1998.
  • Affaire Galmot : souvenirs des élections guyanaises, , 23 p. (lire en ligne)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Contrairement à ce que Blaise Cendras a écrit dans "RHUM",Jean Galmot est né le 2 juin 1879 à 20 h 00 et non le 1er à 15 h 00. Source: archives de la Dordogne.
  2. Gaston Monnerville, Plaidoirie lors du procès des émeutiers de la Guyane, 20 mars 1931 Lire en ligne [PDF]
  3. a et b Gaston Monnerville et le procès des insurgés de Cayenne, présentation de l'exposition de juin 2006, sur le site uja.fr
  4. « Le procès des insurgés de Cayenne renaît aux Archives départementales », sur le site du conseil général de la Loire-Atlantique (consulté le 1er novembre 2011).
  5. Le procès des Insurgés de Cayenne, Archives départementales de la Loire-Atlantique.