Jean François Gauthier

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Jean François Gauthier
Biographie
Naissance
Décès
(à 47 ans)
QuébecVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Jean François Gauthier (Gautier, Gauthier ou Gaulthier, mais il signait Gaultier), né à La Croix-Avranchin, aujourd'hui dans le département français de la Manche en Normandie, le et mort à Québec le , est un médecin et naturaliste de Nouvelle-France du XVIIIe siècle. Il est élu correspondant de l’Académie royale des sciences en .

Biographie[modifier | modifier le code]

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Sa production scientifique totale semble avoir été de l’ordre de 1 500 pages manuscrites, dont environ la moitié daterait du gouvernorat de La Galissonière ; on en a publié environ un dixième. Sa contribution scientifique est surtout indirecte, via Duhamel du Monceau, Pehr Kalm et Jean-Étienne Guettard. Gauthier succède à Michel Sarrazin.

À la demande de Duhamel du Monceau, Gaultier établit en novembre 1742 à Québec la première station météorologique canadienne et il tient un journal météorologique quotidien. Ses rapports s’accompagnent de commentaires précieux sur la vie de la colonie, en particulier sur l’état de l’agriculture.

Par goût, et peut-être surtout à cause de l'appui de La Galissonière[1], c’est la botanique qui, après la météorologie, absorbe le gros de son effort intellectuel. Médecine populaire, pharmacopée botanique et usage des bois retiennent son attention. Il contribue à populariser plusieurs productions végétales, pharmaceutiques ou autres, dont la capillaire[Laquelle ?] et le thé des bois. Il compile le vocabulaire botanique canadien et prépare plusieurs mémoires ; ceux sur le sucre d’érable et sur la manufacture du brai et de la résine seront publiés. Duhamel du Monceau fera publier environ 115 pages des travaux de Gaultier.

En 1752, Gauthier envoie des échantillons de minéraux à Guettard, ce qui lui permet de développer une théorie d’ensemble sur la distribution des minéraux et la structure des continents, théorie qu'il avait déjà appliquée dans des études sur l’Égypte, la France, la Suisse. Grâce à Gaultier, il étendra sa théorie à l’Amérique du Nord. La même année, il épouse, le , à Sainte-Anne-de-la-Pérade, Madeleine-Marie-Anne Tarieu de La Pérade[2].

Animant un réseau de correspondants locaux, Gaultier fait plusieurs envois d’animaux préservés à Réaumur : oiseaux, poissons et mammifères surtout, dont certains sont accompagnés de mémoires sur les mœurs de ces animaux. Il est crédité d’un « excellent travail en entomologie » sans que l'on connaisse la justification de ce compliment. Par ailleurs, le développement par Réaumur d’un thermomètre à plus longue échelle est sans doute motivé par les besoins d’un instrument mieux adapté au Canada.

Le genre Gaultheria porte son nom.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire du sucre d’érable (v. 1750)
  • Manière de retirer le suc résineux du pin, et d’en faire le brai-sec et la résine jaune suivant les pratiques qu’on suit au Canada (1755)
  • Observations botanico-météorologiques faites à Québec

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'importance accordée par la France au travail scientifique peut être illustrée par un passage d'un écrit rédigé par Gauthier, mais signé par La Galissonière, qui « se termine par une injonction aux officiers de transmettre au gouverneur-général les noms des simples soldats qui auront apporté le plus de diligence dans la découverte et la collection des plantes et autres curiosités naturelles, attendu que son Excellence se propose, lorsque l'occasion s'en présentera, de leur donner de l'avancement, suivant leurs capacités respectives, ou de les récompenser d'une manière quelconque. » « Voyage de Kalm en Amérique », analysé et traduit par L. W. Marchand, Mémoires de la Société historique de Montréal, Montréal, Berthiaume, 1880, p. 6.
  2. Archives Canada.

Liens externes[modifier | modifier le code]