Jean Fourquet

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Jean Fourquet
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LuvignyVoir et modifier les données sur Wikidata
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Prix Frères Grimm de l'université de Marbourg (en) ()
Prix Konrad-Duden (d) ()
Prix Friedrich-Gundolf ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean Philippe Fourquet (né le à Dole - mort le à Luvigny[1] était un germaniste et un linguiste français. On lui doit un apport capital dans l'étude de la linguistique allemande en France[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un professeur de philosophie, Jean Fourquet suit une scolarité exemplaire. Après avoir obtenu le baccalauréat en 1916, il entre en khâgne puis à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Agrégé en 1924, il enseigne alors dans différents lycées, celui de Saint-Omer de 1924 à 1925, puis de Belfort et enfin de Nancy de 1927 à 1934[3]. Il occupe son premier poste de maître de conférences en 1934 à l'université de Strasbourg. Il y fait la rencontre de Lucien Tesnière, avec qui il sympathise et dont il éditera en 1959 le texte posthume, les Éléments de syntaxe structurale[4]. Il soutient son doctorat d'État en 1938, avec une première thèse sur Wolfram von Eschenbach et une deuxième sur L'ordre des éléments de la phrase en germanique ancien[5].

Il développe un cadre théorique très influencé par Tesnière, qu'il applique notamment à la syntaxe de l'allemand contemporain[6]. Il apparaît ainsi comme un des pionniers de l'analyse de la phrase en groupes syntaxiques dans l'espace francophone, et joue un rôle important dans l'abandon de la notion d'inversion dans l'analyse syntaxique de l'allemand[5].

Après la Seconde Guerre mondiale, période où il échappe de peu à la déportation, il revient à Strasbourg jusqu'en 1955, année où il est élu à la Sorbonne[7]. Il y enseigne jusqu'en 1970 et exerce une influence déterminante sur la structuration de la linguistique germanique moderne en France[6],[5]. Il encadre par exemple la thèse de Jean-Marie Zemb, futur professeur au Collège de France, et a notamment comme étudiants les anglicistes Antoine Culioli[8] et André Crépin[9]. Dans le monde germanophone, Fourquet influence aussi l'école syntaxique est-allemande autour de Manfred Bierwisch à Berlin[10]. En RFA, il a accompagné l'émergence d'une école de grammaire de dépendance animée par Ulrich Engel[11].

En-dehors de la linguistique, il a également beaucoup publié sur la littérature allemande du Moyen Âge.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Jean Fourquet est membre de l'Académie des sciences de la RDA. Il préside la Société de linguistique de Paris en 1960[12]. En 1969, Fourquet reçoit le prix frères Grimm de l'université de Marbourg et, en 1973, le prix Konrad Duden de la ville de Mannheim pour ses travaux sur la langue allemande en France[13]. En 1983, il reçoit le prix Friedrich-Gundolf pour la diffusion de la culture allemande à l'étranger.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Fourquet faisait partie des signataires de la « déclaration commune des linguistes et des savants de littérature sur la réforme de l'orthographe » de 1998, dans laquelle environ 550 professeurs d'Allemagne et de l'étranger exigeaient l'abandon de la réforme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Wolfram D'Eschenbach et le conte del Graal. Les divergences de la tradition du conte de Chretien et leur importance pour l'explication du texte de Parzival - Puf Sorbonne, 1966
  • Grammaire de l'allemand, Paris, Librairie Hachette, 1952.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colette Cortès/André Rousseau, Catégories et connexions: en hommage à Jean Fourquet pour son centième anniversaire le , Presses Univ. Septentrion, 1999

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. INSEE, « Fichier des décès de l'INSEE depuis 1870 / Sous le nom de Jean Philippe FOURQUET », sur Insee.fr (consulté le )
  2. Jacques Bourquin, Galerie des linguistes franc-comtois, Presses Univ. Franche-Comté, 2003, p.270.
  3. Colette Cortès/André Rousseau, Catégories et connexions: en hommage à Jean Fourquet pour son centième anniversaire le 23 juin 1999, Presses Univ. Septentrion, 1999, p.11.
  4. Michel Arrivé, « Les Éléments de syntaxe structurale, de L. Tesnière », Langue française, vol. 1, no 1,‎ , p. 36–40 (DOI 10.3406/lfr.1969.5395, lire en ligne, consulté le )
  5. a b et c Jack Feuillet, « In Memoriam », La linguistique, vol. 40, no 2,‎ , p. 143 (ISSN 0075-966X et 2101-0234, DOI 10.3917/ling.402.0143, lire en ligne, consulté le )
  6. a et b Jean-Jacques Briu, « Les groupes syntaxiques en Allemand. Un cours polycopié inédit de Jean Fourquet (1966, Paris, Sorbonne) », Histoire Épistémologie Langage, vol. 22, no 2,‎ , p. 133–164 (DOI 10.3406/hel.2000.2806, lire en ligne, consulté le )
  7. Colette Cortès/André Rousseau, op. cit., p.12.
  8. Almuth Grésillon et Jean-Louis Lebrave, « Antoine Culioli – « Toute théorie doit être modeste et inquiète ». Entretien avec Almuth Grésillon et Jean-Louis Lebrave », Genesis. Manuscrits – Recherche – Invention, no 35,‎ , p. 147–155 (ISSN 1167-5101, DOI 10.4000/genesis.1071, lire en ligne, consulté le )
  9. ROUSSEAU, André, « Nécrologie », Bulletin de la Société de Linguistique de Paris, no 1,‎ (ISSN 0037-9069 et 0037-9069, DOI 10.2143/BSL.108.1.3019210, lire en ligne, consulté le )
  10. DRLAV, « L'ASG : Bilan de dix années de recherche », Langages, vol. 7, no 26,‎ , p. 7–26 (DOI 10.3406/lgge.1972.2082, lire en ligne, consulté le )
  11. (de) Ulrich Engel, « Jean Fourquet: 100 Jahre Alt », Deutsche Sprache : Zeitschrift für Theorie, Praxis, Dokumentation,‎ , p. 287-291 (lire en ligne)
  12. « Société de Linguistique de Paris - Présidents et secrétaires », sur www.slp-paris.com (consulté le )
  13. Colette Cortès/André Rousseau, op. cit., p.13.

Liens externes[modifier | modifier le code]