Jean Fleury (prêtre)

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Le père Jean Fleury (21 février 1905 - 4 décembre 1982) est un religieux français, résistant, qui fut le premier en France à être nommé Juste parmi les Nations pour son action auprès des Tziganes et des Juifs au camp de la route de Limoges durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Fleury naît en 1905 à La Selle-en-Luitré (Ille-et-Vilaine) dans une famille modeste. Il entre au noviciat des Pères Jésuites en 1925 et est ordonné prêtre en 1938[1]. Il est affecté à Poitiers où il reste 41 ans[2]. En 1941, il est nommé professeur de latin pour l’école apostolique (noviciat pour les jésuites, rue des Carmes à Poitiers)[3]. En mai 1942, il est aussi nommé aumônier du camp de gitans de la route de Limoges où il se rend trois fois par semaine. Il assure le catéchisme des enfants et des jeunes gens, prépare une cinquantaine de confirmands, régularise les mariages[3].

Bien que n'ayant pas l'autorisation d'accéder aux baraques des Juifs, il aide le rabbin Élie Bloch, lui aussi interdit d'accès et bientôt déporté, dans son soutien aux Juifs détenus : deux-cents fois, il pénêtre dans la partie du camp juive[1] et parvient à en sortir de nombreux Juifs dont des enfants[3] auxquels il fournit des certificats de baptême[2]. Il trouve des familles d'accueil pour des enfants juifs et fait passer au moins une famille en zone non occupée[4].

En septembre 1943, le père Jean Fleury rejoint le mouvement de résistance Témoignage chrétien et diffuse dans les camps et prisons les Cahiers du Témoignage Chrétien[5];

Lorsque des femmes essentiellement communistes sont internées et malgré leur réticence, il leur fournit des tickets de rationnement en sucre puis peu avant la Libération permet leur transfert vers un hôpital et son propre collège, ce qui leur sauve peut-être la vie[1]. Il obtient la reddition sans combat des Allemands lors de la libération de Poitiers.

Le 11 mai 1945, à l'initiative du Commissaire de la République, il affrète trois cars de la société des Rapides du Poitou pour aller chercher des déportés à Dachau et ramène ainsi le 31 mai à Poitiers cent-deux « revenants »[1].

En 1948, il devient aumônier national des gitans, crée leur pélérinage annuel à Lourdes et participe chaque année au rassemblement de mai des Saintes-Maries-de-la-Mer où il administre les sacrements de baptême et de mariage en grand nombre.

Il meurt à Pau en 1982[2] à 77 ans.

Décorations et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Jean Serrand, « Jean Fleury »,
  2. a b et c « Deux autres Justes d'Ille-et-Vilaine », sur Ouest-France,
  3. a b c et d « Jean Fleury, Jésuite, aumônier des camps de la route de Limoges », sur Reflets d'Eglise
  4. a b et c « Fleury Jean », sur Yad Vashem - France,
  5. Paul Lévy, Élie Bloch : être juif sous l'Occupation (lire en ligne)
  6. >Jean Bouchet, « Les Justes d’Auvergne. Introduction générale », sur Archives de l'université de Clermont,