Jean Flavigny

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Officier général francais 5 etoiles.svg Jean Flavigny
Naissance
Elbeuf
Décès (à 68 ans)
Mesnil-Panneville
Origine Drapeau de France Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général d'armée
Années de service 1900-1945
Commandement 1re division légère mécanique
XIIe région militaire
21e corps d'armée
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de France
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur Grand officier de la Légion d'honneur

Jean Alphonse Louis Robert Flavigny (ElbeufMesnil-Panneville)[1], est un officier général français. Partisan des blindés et de la mécanisation de l'armée[2], il est le créateur en France des « divisions mécaniques de cavalerie », les premières divisions blindées[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Elbeuf en Normandie, il est le fils d'un industriel rentier, Louis Robert Flavigny et de Berthe Louise Le Bourgeois. Il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1900 (promotion du Tchad)[4]. À la sortie d'école, en 1902, il intègre la cavalerie.

Capitaine depuis 1913, il exerce ses fonctions durant la Première Guerre mondiale au 17e régiment de dragons et au 146e régiment d'infanterie. Chef d'escadron depuis le , il rejoint le 17e régiment de chasseurs à cheval. Il est grièvement blessé à la tête le 13 juin 1918.

Colonel depuis le 25 décembre 1928, il est adjoint entre 1930 et 1932 au général directeur de la cavalerie au ministère de la Guerre. Promu général de brigade du 17 août 1932, il est directeur de la cavalerie et du train au ministère de la Guerre entre 1932 et 1936. Général de division le 28 mai 1936, il commande, jusqu'en 1939, la 1re division légère mécanique qu'il a créée avec le soutien du général Weygand[5]. Cette division, la première de ce type dans l'armée française, avait alors pour but d'être capable de pénétrer profondément les positions ennemies, en rompant éventuellement des lignes fortifiées, et de tenir ensuite la position avec un régiment de dragons et un régiment d'artillerie[5]. La même année, il est nommé commandant de la XIIe région militaire à Reims.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le , il est promu général commandant le 21e corps d'armée. Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1917, il est nommé grand-officier de l’ordre le 31 décembre 1939[6].

Le 14 mai 1940, à la tête du 21e corps, au poste de commandement de la 3e division cuirassée (DCR) à environ 15 heures 30, alors que même réduite à cause de l'heure tardive, mais possible à cause de la longueur du jour en mai, il annule l'attaque de la DCR et il la disperse en bouchons de chars sur les carrefours des itinéraires de pénétration de l'ensemble du front dévolu à son groupement. Ses expériences antérieures faisaient qu'il avait de fortes préventions contre les DCR. Il s'en expliquera par la suite abondamment. Il n'en reste pas moins que l'homme à l'origine du meilleur char français de 1940 fut le 14 mai 1940 « le mauvais homme au mauvais endroit au mauvais moment et qui a pris la mauvaise décision »[réf. nécessaire]. Ignorant totalement les servitudes techniques du char B1 bis, il n'en a retenu que les défauts. Déclenchée à 17 heures et sans doute réduite en profondeur à cette heure tardive, l'action de la 3e DCR offrait encore la possibilité de conséquences heureuses tant du point de vue tactique que du point de vue moral, comme l'a rapporté le lieutenant-colonel Devaux, chef d'état-major de la 3e DCR qui écrira encore : « les explications fournies par la suite apparaissent comme des explications de "circonstances" »[réf. à confirmer]. Vers 17 heures, le PC de la 3e DCR quitta les Alleux par des routes encombrées et bombardées et alla s'installer aux Petites-Armoises à proximité du PC de la 3e division d'infanterie motorisée. Les commandants de ces deux divisions étaient unanimement non satisfaits de la disposition en bouchons.

Au moment où la division allait se regrouper à l'est du canal des Ardennes, il fallut la disperser en faisant repasser à l'ouest du canal des Ardennes et du Chesne, un groupement de combat qui y était  quelques heures auparavant, Le dispositif défensif sur un front très étendu allait d'autre part disloquer et rendre difficile et long un regroupement éventuel de la division. En bref, après avoir imposé des mouvements de rocade préjudiciables à l'entretien du matériel et de nature à amenuiser les effectifs chars, Flavigny compromettait inévitablement toute action rapide et massive dans une direction quelconque et, en particulier, vers le nord qui était, sans conteste, la direction dangereuse. Ainsi furent constitués des groupes mixtes de B1-bis et de H-39. Bulson, où les chars allemands avaient fait le jour même un hachis des FCM 36 envoyés là, bien qu'ils n'étaient pas conçus et pas de taille pour lutter contre les chars, n'est qu'à 10 kilomètres à vol d'oiseau du bois du Mont-Dieu, celui-ci est à 8 kilomètres de Chémery où les Allemands approchaient. La distance entre Sedan et Stonne à vol d'oiseau est moindre de 30 kilomètres. Le fait que les FCM aient été utilisés le matin démontre en fait que Flavigny et Huntziger savaient déjà que la 3e DCR ne serait pas là à 11 heures. Flavigny venait d'échouer à mettre un doute dans la tête des Allemands sur la solidité de leur tête de pont et la sécurité de leur pivotement à l'ouest et pour le moins il détériorait les conditions initiales de la bataille de Stonne. Il est difficile de croire qu'avec la protection de la nuit arrivant, dans une courte bataille les B1 bis auraient pu être aussi laminés que les FCM 36 et il est plus facile d'envisager qu'ils auraient gagné en expérience de combat et en cohésion.

Au cours de la bataille de France, il est encerclé sur la colline de Sion en Lorraine avec le 21e corps d'armée et le corps d'armée colonial. Il est fait prisonnier le , après avoir été trompé par les généraux des 16. Infanterie-Division et 212. Infanterie-Division. Interné à la forteresse de Königstein puis transféré avec cinq autres généraux français, le , au château de Colditz, il y reste jusqu'à la fin de la guerre en mai 1945.

Il prend sa retraite après sa libération. Décédé à Mesnil-Panneville le , il y est inhumé à Rouen le 13 octobre.

Décorations[modifier | modifier le code]

Chevalier du mérite agricole (décret du 31 août 1909) Grand officier de la Légion d'honneur Grand officier de la Légion d'honneur (arrêté du 31 décembre 1939). Croix de guerre 1914-1918, palme de bronze Croix de guerre 1914-1918, palme de bronze (deux citations à l'ordre de l’armée, trois citations à l'ordre du corps d'armée et une citation à l'ordre de la division). Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre 1939-1945 (deux citations à l'ordre de l’armée). Médaille interalliée de la Victoire Médaille interalliée de la Victoire. Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 Médaille commémorative de la guerre 1914-1918.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « La division légère mécanique, surmonter toutes les difficultés », Histoire de guerre, blindés & matériel, no HS 1,‎ , p. 26-42 (ISSN 1956-2497).
  • Roger Bruge, Les combattants du 18 juin, t. 4 : le cessez-le-feu, Paris, Fayard, , 381 p. (ISBN 2-213-02238-0, notice BnF no FRBNF34961090).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives en ligne de l’état civil de la Seine-Maritime, commune d'Elbeuf, acte de naissance no 321, année 1880 (page 82/172) (avec mention marginale de décès).
  2. Anthony Clayton (trad. Paul Caujac), Histoire de l'armée française en Afrique, 1830-1962 [« France, soldiers and Africa »], Paris, Albin Michel, , 550 p. (ISBN 2-226-06790-6, notice BnF no FRBNF35686910).
  3. Guide de la Seine-Maritime, Rouen, PTC, , 3e éd., 448 p. (ISBN 2-906258-96-2, notice BnF no FRBNF40775773), p. 285.
  4. Jean Boÿ, « Historique de la 85e promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1900-1902), promotion du Tchad » [PDF], sur www.saint-cyr.org, Association des élèves et anciens élèves de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (Saint-Cyrienne), (consulté le 23 octobre 2014), p. 3.
  5. a et b Olivier d'Ormesson, L'escadron de Segonzac, Paris, Nouvelles éditions latines, , 92 p. (ISBN 2-7233-2029-4, notice BnF no FRBNF37639883), p. 20.
  6. « Jean Alphonse Louis Robert Flavigny », base Léonore, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]