Jean Fanchette

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Jean Fanchette
Portrait de Jean Fanchette
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à Beau-Bassin Rose-HillVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 59 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité MauriceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession PoèteVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Prix FénéonVoir et modifier les données sur Wikidata

Jean Fanchette né à Rose-Hill, île Maurice, le 6 mai 1932 et mort à Paris le 29 mars 1992, est un poète, psychanalyste et éditeur d'origine mauricienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

À dix-neuf ans, doté de la bourse d’Angleterre, il obtient une dérogation exceptionnelle pour suivre des études de médecine à Paris (où il vécut jusqu’à la fin de sa vie). Parallèlement, il publie des poèmes qui lui vaudront les prix Paul Valéry en 1956 et Fénéon en 1958.

Il fonde, au cours de cette période, une revue bilingue, Two Cities[1], avec Anaïs Nin qui le décrira dans son journal comme « un jeune Mauricien beau et sombre (…) en équilibre entre la terre et la poésie ». La revue publie d’avril 1959 à juillet 1964 les textes d’écrivains majeurs de langues française et anglaise, dont Henry Miller, Yves Bonnefoy, William Burroughs, André Pieyre de Mandiargues, Loys Masson, William Golding, Lawrence Durrell, etc.

Devenu neuro-psychiatre et psychanalyste, Jean Fanchette, marié et père de trois filles, publie en 1971 un essai, Psychodrame et théâtre moderne, qui obtient en 1972 le prix des Mascareignes. En 1976, son roman Alpha du Centaure se voit attribuer par l’Académie française le prix de la Langue française.

Maintenant jusqu’à la fin son lien avec la poésie, il relance en 1977 les éditions Two Cities pour publier ses recueils Je m’appelle sommeil, puis La visitation de l’oiseau pluvier. Il accueille d’autres poètes, telles Fanny Ventadour ou Claude Kosman, avant de s’ouvrir dès 1984 à d’autres genres littéraires. Parmi ces ouvrages : Frère (Danièle Saint-Bois), Letters to Jean Fanchette (Lawrence Durrell) ou L’Humour dans l’œuvre de Freud (collectif de la Société psychanalytique de Paris dont il est membre).

Jean Fanchette préparait un livre sur le fétichisme ainsi qu’un roman, L’Effacement. Sa mort, le 29 mars 1992, laisse inachevés ces deux ouvrages.

« Les deux courants essentiels de ma vie, écrivait-il peu de temps auparavant, sont la pratique psychanalytique et la création littéraire, éclairés par cet obscur scintillement que dispense la poésie. »

Réédition de l'Île Équinoxe[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre 2009, les Editions Philippe Rey ont lancé une nouvelle édition de l’Île Équinoxe, anthologie poétique de Jean Fanchette. Cette réédition bénéficie d’une préface de J.M.G. Le Clézio, prix Nobel de littérature. Dans sa préface ce dernier écrit : « La poésie de Jean Fanchette est exigeante, elle est authentique dans chacune de ses paroles, dans la richesse de son rythme, la valeur de ses mots. Il n’est pas indifférent que dans le monde moderne, imbu de théorie et assourdi de certitudes, ce soit cette voix très ancienne, qui charrie toute la complexité et l’originalité de la culture mauricienne, il n’est pas indifférent que ce soit cette voix-là qui nous donne foi dans la poésie. »

Comme le précise l'éditeur, L’Île Équinoxe rassemble, selon le plan prévu par Jean Fanchette, les différents recueils composant son œuvre poétique : Osmoses (1954), Les Midis du sang (1955), Archipels (1958), Identité provisoire (1965), Je m’appelle sommeil (1977), La Visitation de l’oiseau pluvier (1980), Mémoire de la saxifrage (1956-1991). Empreints de rigueur formelle, ses écrits disent la nostalgie de l’île d’origine, abandonnée très tôt pour s’installer dans la patrie d’exil. Cet arrachement désormais ne laisse plus au poète qu’une « identité provisoire », état d’équilibre instable : « Je ne suis pas d’ici. Je ne suis plus d’ailleurs ». L’Île Équinoxe est traversé par la voix vibrante d’un homme qui, grâce à l’aventure du poème, peut se réapproprier un monde perdu.

Fonds, site et association[modifier | modifier le code]

En hommage au poète et médecin, un fonds documentaire, un site, et une association voient le jour. Parallèlement au prix Jean Fanchette[2], présidé en 2008 par le prix Nobel de littérature Jean Marie Le Clézio, ce dispositif mis en place depuis Paris a deux objectifs : entretenir la mémoire de l’homme et promouvoir l’œuvre du poète.

Le 28 janvier 2009, la donation d’un fonds documentaire a été effectuée auprès de la Bibliothèque nationale de l’île Maurice. Ce fonds est constitué des originaux des recueils, essais et roman de Jean Fanchette, d’une collection complète de la revue Two Cities, d’ouvrages publiés aux éditions Two Cities, et de photographies. Consultables sur place, ces documents conservés par la Bibliothèque nationale bénéficieront d’un microfilmage. Ils seront plus tard complétés d’éléments numériques (sons, vidéos, lettres et manuscrits scannés).

Un site internet[3] a été créé en novembre 2008 (à l’occasion du 8e prix Jean Fanchette). Outre des éléments biographiques et bibliographiques, il présente l’ensemble des textes de l’anthologie poétique l’Ile Equinoxe (éditée chez Stock en 1993 par Philippe Rey), ainsi qu’un album photo. Ce site vivant s’enrichira au fil des mois d’éléments multimédias et d’informations sur les actions menées en faveur du poète. Fin 2009, un dossier spécial célébrera le 50e anniversaire de la création de la revue Two Cities, fondée par Jean Fanchette avec Anaïs Nin.

L’Association Jean Fanchette (AJF) est en cours de constitution en France sous les statuts prévus par la loi 1901. Cette structure pourra accueillir parmi ses membres famille, amis et tous ceux qui aiment la poésie de Jean Fanchette, en France comme à l’île Maurice. Le premier projet de l’association sera la rééditition de l’Île Équinoxe, aujourd’hui épuisé, en s’appuyant sur des partenariats.

Lors de l’hommage rendu à l’occasion du 8e prix Jean Fanchette en novembre 2008, Jean-Marie Le Clézio déclarait : « La poésie de Jean Fanchette me fait penser impérieusement à celle d’un autre poète, Rimbaud. Il existe des éléments communs entre eux. Tout d’abord le voyage et la poésie. (…) Mais ils se rencontrent surtout dans l’or des mots, dans la valeur des mots. Ces poètes ont une exigence extrême vis–à-vis du vocabulaire, vis-à-vis de la langue. Ils ne manient pas la décoration, ils ne manient pas l’ornement. Ils sont dans l’exactitude. La poésie est pour eux un absolu de la quête humaine. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.entrevues.org/revue_sommaire.php?n=46 Rachel Stella : Two Cities : Jean Fanchette et la revue bilingue de Paris, Paris : Ent'revues, "La Revue des revues" no 46, p. 46-61
  2. Le prix Jean Fanchette a été créé en 1992 à l’île Maurice par la municipalité de Beau-Bassin Rose-Hill. Il vise à honorer la mémoire du poète et psychanalyste, à encourager la création littéraire dans les îles de l’océan Indien et à donner à lire grâce à la publication des textes primés ou remarqués.
  3. www.jeanfanchette.com