Jean Émile Laboureur

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Jean-Émile Laboureur
J E Laboureur et ses eleves.jpg

Jean-Émile Laboureur avec ses élèves en 1932,
Agence de presse Mondial Photo-Presse.

Naissance
Décès
(à 65 ans)
Pénestin
Nom de naissance
Émile Laboureur
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Élève
Influencé par
A influencé

Jean-Émile Laboureur, né à Nantes le et mort à Kerfalher près de Pénestin, dans le Morbihan, le , est un peintre, dessinateur, graveur, aquafortiste, lithographe et illustrateur français.

Auteur de nombreuses gravures au burin, en planches individuelles ou pour des livres, il a illustré près de quatre-vingts livres, souvent d'auteurs contemporains comme André Maurois, Jean Giraudoux, Colette, André Gide, Paul-Jean Toulet, Maurice Maeterlinck ou François Mauriac.

Peintre de tableaux de genre, de paysages animés ou non, de natures mortes, il a réalisé aussi quelques fresques et des sculptures. Ses œuvres sont conservées dans plusieurs musées nationaux et provinciaux.

Il a fondé ou présidé des associations d'artistes indépendants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Émile Laboureur est issu d'une famille de la bourgeoisie locale de Nantes[1]. Il est cousin du peintre Jules Grandjouan[2]. Il part étudier à Paris en 1895. Il s'inscrit en faculté de droit, selon la volonté de son père, mais ne s'y plait pas et s'inscrit en lettres[3].

Laboureur fréquente plutôt l'Académie Julian. Il est initié à la gravure par Auguste Lepère, et débute au Salon de 1896[4]. Ses premières œuvres sont des gravures sur bois d'un type primitif, à la manière de Paul Gauguin[5]. Il rencontre des artistes comme Guillaume Apollinaire, Marie Laurencin ou Henri de Toulouse-Lautrec, lequel influence son art[2].

Laboureur part voyager en Europe et en Amérique du Nord. Il va d'abord en Allemagne où il visite les musées, puis aux États-Unis en 1904, où il adopte le prénom de « Jean-Émile », puis de nouveau en Amérique du Nord où il séjourne et expose à plusieurs reprises de 1905 à 1909, aux États-Unis et au Canada. Il va aussi en Grande-Bretagne, en Italie, en Grèce et en Turquie en 1911[6].

Il expose à Paris à partir de 1911 et s'y fixe en 1912. Il utilise alors moins le bois gravé et préfère l'eau-forte. Son dessin se rapproche du cubisme vers 1912-1913. Son rôle est jugé « considérable dans le grand mouvement de l'art moderne »[5]. Mobilisé en 1914, il continue cependant à créer, il compose trois suites de gravures sur le thème de la guerre, et s'inspire de son vécu pour d'autres œuvres ultérieures[7],[2].

Laboureur expérimente la technique du burin pour l'illustration de L'Appartement des jeunes filles de Roger Allard en 1919. C'est le premier d'une longue série de soixante-six livres illustrés[2]. Il collabore aussi à des revues comme la Gazette du Bon Ton, La Revue musicale. Dans son atelier parisien, Laboureur enseigne l'art de la gravure à des élèves comme Marie Laurencin et André Dunoyer de Segonzac.

Il illustre Suzanne et le Pacifique, de Jean Giraudoux[8], et des livres de Valery Larbaud, Colette, André Gide, Maeterlinck, Mauriac[7],[9]. En 1930, il compose de nombreuses gravures pour Les Contrerimes de Paul-Jean Toulet.

Selon Anne Lombardini, il atteint alors « le sommet de son art »[10]. Pendant l'entre-deux-guerres, en moins de vingt ans, il aura illustré près de soixante-dix livres, sans compter les frontispices. Il continue par ailleurs de créer des planches individuelles et organise plusieurs expositions[2].

Il travaille essentiellement à Paris, mais passe chaque année plusieurs mois en Bretagne où il a acheté une maison[11]. Il y dessine un paysage breton pour un timbre gravé par Jean Antonin Delzers et émis en 1935 pour une valeur faciale de 2 francs.

Jean-Émile Laboureur fonde en 1923 le groupe des Peintres-graveurs indépendants, et préside en 1929 le Comité de l'art français indépendant, créé par le peintre Victor Dupont[12]. Membre de plusieurs sections de l'Exposition universelle de 1937, il contribue en 1938 à créer le Comité national de la gravure française[2].

En plus des livres illustrés et des gravures, il élabore plusieurs fresques, notamment à la Maison du travail en 1937 et travaille pour l'École nationale de la marine marchande de Paimpol avec Jean Frélaut et Pierre Dubreuil[2].

De 1928 à 1937, Laboureur écrit plusieurs ouvrages et articles sur la gravure et l'approche qu'il en a. Il établit aussi le catalogue de l'œuvre gravée de Marie Laurencin[7].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se retire, malade, dans sa maison de Pénestin où il meurt en 1943[2]. Une rue de Nantes porte son nom.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1 728 gravures, dont 74 séries de gravures ou dessins pour livres illustrés[13].

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

  • Jean Giraudoux, Promenade avec Gabrielle, NRF, 1919
  • Évariste Parny, Chansons madécasses, trente bois, NRF, 1920
  • Jacques Cazotte, Le Diable amoureux, Bloch, 1921
  • André Maurois, Les Silences du colonel Bramble[2], 1926-1929
  • Remy de Gourmont, Un cœur virginal, gravures en couleur, Pour les Cent bibliophiles, 1937
  • Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleur, volume 1, NRF, 1946
  • Colette, L'envers du Music Hall, trente gravures sur cuivre en taille-douce, Au sans pareil, 1926
  • Les Avantures satyriques de Florinde, habitant de la Basse Région de la Lune, publiées d'après l'exemplaire de 1625 et décorées d'eaux-fortes par J.-E. Laboureur, Paris, impr. Jacoub et Cie, 1928

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Principales expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lombardini 1987, p. 3.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Nantes, site officiel, page sur Laboureur.
  3. Lombardini 1987, p. 5.
  4. Karel 1992, p. 437.
  5. a et b Bénézit 1999, p. 119.
  6. Karel 1992, p. 437-438.
  7. a, b, c et d Karel 1992.
  8. Site de L'Express, page sur l'exposition à Nantes en 1996.
  9. Jean-Loup Avril, 1000 Bretons, dictionnaire biographique, 2002, p. 228.
  10. Lombardini 1987, p. 49.
  11. Lombardini 1987, p. 58.
  12. Yann Gobert-Sergent, « Le peintre Victor Dupont (1873-1941) - Un Boulonnais parmi les Fauves », in Bulletin de la Commission départementale d'histoire et d'archéologie du Pas-de-Calais, Arras, tome 19, octobre 2012, p. 55 à 77.
  13. Sylvain Laboureur, Catalogue complet de l'œuvre de Jean-Émile Laboureur, Neuchâtel, 1989-1991.
  14. « Jean-Émile Laboureur, Images de la Grande Guerre », sur nantes-tourisme.com (consulté le 30 janvier 2015).
  15. « Jean-Émile Laboureur, Images de la Grande Guerre », sur chateaunantes.fr (consulté le 30 janvier 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Émile Laboureur, illustrateur, coédition Ville de Nantes et Éditions MeMo, 1996.
  • Sylvain Laboureur, Catalogue complet de l'œuvre de Jean-Émile Laboureur, Neuchâtel, Ides et calendes, 1989-1991. (Tome 1, Gravures et lithographies individuelles ; Tome 2, Livres illustrés ; Tome 3, Peintures, aquarelles et gouaches ; Tome 4, Documentation).
  • « Laboureur, Jean Émile », dans Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. 9, Paris, Gründ, , p. 119.
  • Anne Lombardini, J.E. Laboureur, vie et œuvre gravé, L'Équerre, .
  • « Laboureur, Jean-Émile  », dans David Karel, Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, Presses Université Laval, (ISBN 9782763772356 et 2763772358, lire en ligne), p. 437-438.
  • « Jean Émile Laboureur », dans Jean-Loup Avril, 1000 Bretons, dictionnaire biographique, Les Portes du large, 2002, p. 228.
  • Louis Godefroy, L'œuvre gravé de Jean-Émile Laboureur, 1929.
  • (en) A Salute to Marcel Boulestin and Jean-Emile Laboureur, Londres, Michael Parkin, 1981 (ISBN 0330269496 et 9780330269490).

Liens externes[modifier | modifier le code]