Jean Dorville

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Jean Dorville
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Naissance

Paris
Décès
(à 84 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jean Noël Louis Dorville
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Mécènes
Jacques Hinstin (de), Marquis de Dampierre
Père

Jean Dorville est un artiste peintre, dessinateur, lithographe, décorateur de théâtre et poète né le 30 mars 1901 à Paris. Il vécut rue Milton et est mort le 21 février 1986 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Noël Louis Dorville est le fils de l'illustrateur et graveur Noël Dorville (1874-1938) et de Valentine Aragon. Des carnets de résultats scolaires du jeune garçon, qui ont été conservés[1], le situent en 1914 « déjà excellent en arts plastiques ». Il entre après ses études secondaires à l'École nationale supérieure des arts décoratifs où il a pour maître Paul Renouard et où il se lie d'amitié avec son condisciple Claude Autant-Lara. Il en vient ainsi à fréquenter le Théâtre Art et Action, dirigé par les parents du futur cinéaste. Si, pour la pièce lyrique Jeanne d'Arc de Charles Péguy qui y est donnée, il est l'un des musiciens[2], il y est en 1919 décorateur[3].

En décembre 1920, par le bateau Leopoldina à destination de New York, Jean Dorville part aux États-Unis où, résidant essentiellement à Philadelphie, il dessine pour la presse et réalise des croquis de mode pour les grands magasins. De retour en France par le Mauretania en 1922, l'année 1923 le voit à Gargilesse où il peint en compagnie de Léon Detroy[1].

Jean Dorville épouse en 1924 Suzanne Cambier dont les attaches familiales, se situant à Cry-sur-Arrmançon (Yonne), expliquent la part bourguignonne de la peinture de notre artiste, avec des paysages allant de Cry-sur-Armançon à Semur-en-Auxois. Mais, rencontrant en 1927 la danseuse étoile du Théâtre du Châtelet Irène Tilly-Jacquin (tante de Michel Aumont, elle sera elle-même plus tard comédienne), Jean Dorville choisit de divorcer pour un second mariage[1].

Le soutien, à partir de 1927, de deux mécènes - Jacques Hinstin (de), proche collaborateur d'André Citroën, et le Marquis de Dampierre - ouvre à notre artiste le monde des galeries parisiennes (première exposition personnelle en 1928) et lui offre l'aisance d'aller peindre à Aix-en-Provence, à Cassis (Bouches-du-Rhône) et à Cosne-sur-Loire où sont ses racines parentales. Si là se situe sa brève période cubiste avec la composition et l'illustration par la gouache des Poèmes mécaniques, l'intérêt initié à Philadelphie pour le dessin de mode (dont la participation au Salon de la mode par les artistes en 1926[4] énonçait la persistance) ne se dément pas puisqu'en 1933 Jean Dorville se lie par contrat professionnel à la Maison Siegel et Stockman et qu'en 1945 encore, il participe avec Christian Bérard à l'élaboration du Théâtre de la Mode[1].

L'année 1945 marque le début de la relation de Jean Dorville à l'impression. En même temps qu'il expose chez Lucy Krohg, il fait l'apprentissage de la lithographie où son œuvre maîtresse sera en 1947 le grand in-folio des Ponts de Paris, puis vient le temps de l'adaptation pour la presse de romans en feuilletons illustrés. Il travaille ainsi sur le livre La dextre du grand maître et c'est sur l'invitation de l'auteur, Konstantine Gamsakhurdia, que notre artiste se rend en U.R.S.S. en 1964[1].

La consultation du fonds Dorville conservé aux archives municipales de Beaune révèle l'ampleur de l'œuvre poétique, mêlée de récits autobiographiques (comme celui de son voyage aux États-Unis qu'il titra en une sorte de verlan: Naej Ellivrod au pays de l'Euqiréma), que notre artiste rédigea et cependant ne publia jamais. Aussi la part littéraire de son éclectique personnalité reste-t-elle à explorer.

Jean Dorville est le père de Gérard Dorville, auteur de bandes dessinées pour les magazines Vaillant, Record et Pilote[5], et il est le grand-père du journaliste Jérôme Dorville.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poèmes[modifier | modifier le code]

  • Poèmes mécaniques, quinze textes de Jean Dorville (1927-1928) illustrés par les gouaches cubistes de l'artiste et préfacés par Max Jacob. La composition par Jean Wiéner d'une musique pour la présentation scénique des Poèmes mécaniques[2] aboutira à la création par Jean Dorville en 1970, à l'auditorium de Levallois-Perret, d'un spectacle avec Jean-Jacques Aslanian et Jean Wiéner[1].

Éditions d'art[modifier | modifier le code]

  • Les douze ponts de Paris, suite de douze lithographies originales de Jean Dorville (1947). Cet ensemble en grand in-folio a inspiré à Jacques Prévert son poème qui est joint, « Encore une fois sur le fleuve le remorqueur de l'aube a poussé son cri... », Éditions R. Guillard, Paris, 1947[2],[6].

Décors de théâtre[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées (feuilletons de presse)[modifier | modifier le code]

Dessins engagés[modifier | modifier le code]

Dessins, aquarelles, peintures[modifier | modifier le code]

  • Portraits: Noël Dorville[7], Irène Tilly-Dorville, Hélène Gerber-Aumont...
  • Paysages: Gargilesse (1923), Bourgogne (1924-1926), Aix-en-Provence et Cassis (1927-1928), Cosne-sur-Loire (1934), Megève (1938-1939)[8],[9], Corse (1952-1956), U.R.S.S., (1964), Quiberon (1977).
  • Vues de Paris, vues de l'intérieur de l'appartement de la rue Milton.

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie Carmine, Paris, avril-mai 1928[10].
  • Galerie Blanche Guillot, 1929.
  • Expositions en l'atelier de Jean Dorville, Paris, décembre 1931, janvier 1944.
  • Galerie Speranza, Cosne-sur-Loire, novembre 1934.
  • Galerie Lucy Krohg, Paris, janvier-février 1945, février 1946.
  • Galerie Stop War, Bruxelles, 1949.
  • Foyer Danielle-Casanova, Paris, octobre-novembre 1953.
  • Jean Dorville - Retour de Corse, Galerie Puget, Paris, septembre-octobre 1954.
  • La Maison de la Corse, Paris, février 1957.
  • La Maison du Limousin, Paris, janvier 1971.
  • Galerie Guillet, Paris, juin 1961, janvier 1979 (Jean Dorville - soixante ans de peinture)[11], janvier-février 1981, décembre 1982 (Jean Dorville - Poèmes mécaniques)[12].
  • Amérique 1920, Galerie Mady Bonnard, Paris, 1962.
  • Galerie du Rond-Point des Champs-Élysées, Paris, juin-juillet 1963.
  • Paysages de Géorgie, galerie Françoise Besnard, Paris, juin-juillet 1965.
  • Mairie de Juillac (Corrèze), août 1971.
  • Venise intemporelle, Galerie Katia Granoff, Paris, février 1975.
  • Vente de l'atelier Jean Dorville, Claude Robert commissaire-priseur, Hôtel Drouot, Paris, 20 octobre 1986[13].
  • Rétrospective Jean Dorville, mairie du 9e arrondissement de Paris, 1994.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception historique et critique[modifier | modifier le code]

  • « Il devient en 1921 le familier et l'ami des grands artistes qui marquèrent cette époque: Jean Cocteau, Jean Wiéner, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Georges Auric, Francis Poulenc, Henri Sauguet, Jean Oberlé, Francis Carco, Colette, Marcel L'Herbier: c'est la grande époque du Bœuf sur le toit. Tous ces gens, illustres aujourd'hui, formaient une sorte de camarilla créative, disparate et unie. La spontanéité, la camaraderie, l'amitié et la liberté d'expression marquent leurs œuvres. Tout ceci, lié à la fréquentation de Picasso, explique l'esprit dans lequel furent créés les Poèmes mécaniques. Puis Jean Dorville est retourné aux paysages et à la fréquentation des ponts de Paris. Piéton de Paris, Jean Dorville reste un témoin marquant de cette époque déjà lointaine où le cœur des artistes battait au rythme de la grande ville. » - Claude Robert[2]
  • « Jean Dorville a abordé tous les genres, toutes les techniques, sans jamais, sauf une brève période cubiste, se laisser entraîner par une école, une tendance quelconque. C'est toujours avec sa propre sensibilité qu'il s'est exprimé en toute liberté. » - Irène Tilly-Dorville[1]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'art plastique: notice sur Jean Dorville, in revue mensuelle Mediterranea, n°26, février 1929.
  • André Warnod, Jean Dorville, éditions Galerie Blanche Guillot, 1929.
  • Charles Fegdal, Jean Dorville, éditions Galerie Speranza, Cosne-sur-Loire, 1934.
  • Jean Oberlé, Jean Dorville, éditions Galerie Lucy Krohg, 1946.
  • Claude Robert, commissaire-priseur, 5, avenue d'Eylau, Catalogue de la vente de l'atelier Jean Dorville, hôtel Drouot, Paris, 20 octobre 1986.
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, éditions André Roussard, 1999.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001[15].

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]