Jean Donneau de Visé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Jean Donneau de Visé, né en décembre 1638 à Paris où il est mort le , est un littérateur, publiciste et dramaturge du Siècle de Louis XIV, connu pour avoir créé la première revue hebdomadaire de langue française, Le Mercure galant, dont l'existence s'est poursuivie jusqu'aujourd'hui sous le titre du Mercure de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Donneau de Visé se fit connaître à partir de 1660 en publiant une édition pirate de Cocu imaginaire de Molière ainsi qu'une version féminisée de la pièce, La Cocue imaginaire, qui ne fut jamais représentée. Sa véritable entrée dans le monde des lettres se fait toutefois avec les Nouvelles Nouvelles en 1663, ouvrage en trois volumes qui rassemble des nouvelles, des critiques de Corneille et de Molière, des pièces galantes, et bien d'autres contenus encore. Il prend part à ce qu'il est convenu d'appeler « la querelle de l'École des femmes » et écrit à cette occasion deux pièces en un acte intitulées Zélinde, comédie, ou la Véritable critique de l'Escole des femmes et la Critique de la Critique (1663) et Response à l'Impromptu de Versailles ou La Vengeance des marquis (1664), qui n'ont pas été représentées.

En 1665, il se réconcilie avec Molière, dont la troupe créera plusieurs de ses pièces jusqu'en 1670. Il devient également un admirateur et un défenseur zélé de Pierre Corneille, mais ne ménage pas ses critiques contre Racine et Boileau. Voltaire critique notamment ses attaques contre Racine, ainsi que son journal dans l'Ingénu (1767). Ce dernier, lorsqu'il est emprisonné à la Bastille, se retrouve dans une cellule avec M. Gordon, qui le forme à la littérature et autres écrits. Et lors de leurs lectures, ils tombent sur des écrits de Visé :

« Le bonhomme avait quelques-uns de ces petits livres de critique, de ces brochures périodiques, où des hommes incapables de rien produire dénigrent les productions des autres, où les Visé insultent aux Racine, et les Faydit aux Fénelon. L'ingénu en parcourut quelques-uns. “Je les compare, disait-il, à certains moucherons qui vont déposer leurs œufs dans le derrière des plus beaux chevaux : Cela ne les empêche pas de courir.” À peine les deux philosophes daignèrent-ils de jeter les yeux sur ces excréments de la littérature. »

En 1672, il fonde le Mercure Galant, périodique consacré d'une part aux gloires militaires du royaume, à leur pérennisation et à leur diffusion auprès d'un public large et, d'autre part, aux nouvelles du théâtre, des arts, de l’édition, aux histoires mondaines et aux chansons galantes. L'importance capitale de ce périodique pour la culture française lui a attiré les foudres de La Bruyère, Le Noble, ou de Boursault. Malgré ces critiques, le Mercure galant a perduré jusqu'à la mort de Donneau de Visé. Il est ensuite devenu Le Mercure de France.

En même temps, Donneau de Visé avait abordé le théâtre, où il connait un certain succès avec des comédies et des tragédies jouées à la Comédie-Française.

Auteur de Mémoires pour servir à l’histoire de Louis le Grand en 10 volumes, Donneau de Visé reçoit, avec le titre d’historiographe du roi, une pension de 500 écus et un logement aux galeries du Louvre.

On a de lui : Nouvelles nouvelles (Paris, 1663, 3 vol. in-12) ; Nouvelles galantes et comiques (1669) ; Zélinde, ou la Véritable Critique de l’École des femmes, et la critique de la Critique (1663, in-12), comédie en un acte qui ne fut pas représentée ; la Mère coquette, comédie en trois actes, en vers (1665) ; la Veuve à la mode, comédie en un acte, en vers (1667) ; l’Embarras de Godard, ou l’Accouchée, comédie en un acte (1667) ; les Amours de Vénus et d’Adonis, tragédie à machines (1670) ; les Intrigues de la loterie, comédie en trois actes (1670) ; le Gentilhomme Guespin, ou le Campagnard, comédie en un acte (1670) ; les Amours du Soleil, tragédie à machines (1671); Les Dames vengées, ou La Dupe de soi-même, comédie en cinq actes qui eut un grand succès (1675) ; Mémoires pour servir à l’histoire de Louis le Grand (Paris, 1697-1705, 10 vol. gr. in-fol.), simple réimpression très luxueuse de quelques extraits du Mercure, etc.

La Mère coquette, les Intrigues de la loterie et les Dames vengées ont été imprimées dans le Théâtre-français (1737, 12 vol. in-12).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Cocuë imaginaire, Paris, Jean Ribou, 1660, consultable sur Gallica.
  • La Politique des coquettes, Histoire véritable dédiée à Mlle de Scudéry, 1660. [?]
  • La Pompe funebre de Mr. Scaron[1], Paris, Jean Ribou, 1660, consultable sur Google Livres.
  • Deffence (sic) de la Sophonisbe de Monsieur de Corneille, Paris, Claude Barbin, 1663, consultable sur Gallica.
  • Defence du Sertorius de Monsieur de Corneille, dediée à Monseigneur de Guise, Paris, Claude Barbin, 1663, consultable sur Gallica.
  • Défence d'Œdipe, tragédie de Monsieur de Corneille, 1663.
  • La Pompe funebre de l'auteur de Faramond, 1663.
  • Zélinde, comédie, ou la véritable Critique de l'Escole des femmes et la Critique de la Critique, 1663.
  • Nouvelles nouvelles, divisées en trois parties, par Monsieur de ..., 1663.
  • Les Diversitez galantes, contenant: Les Soirées des Auberges, Nouvelle Comique; Responce à l'Impromptu de Versailles ou la Vengeance des Marquis; l'Apothicaire de Qualité, nouvelle galante et véritable; Lettre sur les affaires du Theatre, Paris, Jean Ribou, 1664, consultable sur Google Livres.
  • Les Entretiens galans d'Aristipe et d'Axiane: contenant le Langage des Tetons & leur Panegyrique; le Dialogue du Fard & des Mouches; d'un grand Miroir & d'un miroir de Poche; du Mesque & des Gands, avec plusieurs autres galanteries, 1664, consultable sur Gallica.
  • Lettre sur les Observations d'une comédie de Moliere intitulée Le Festin de Pierre, 1665.
  • La Mere coquette ou les Amans brouillez, comédie représentée par la Troupe du Roy, 1666.
  • Lettre escrite sur la Comédie du Misanthrope, en tête de l'édition du Misanthrope, 1667.
  • Délie, pastorale représentée sur le théâtre du Palais-Royal, 1668.
  • L'Embarras de Godard, ou l'Accouchée, comédie représentée sur le théâtre du Palais-Royal, 1668.
  • L'Amour échapé (sic), ou les diverses manieres d'aymer, contenues en quarante histoires, avec le Parlement d'Amour, divisé en trois tomes, 1669.
  • Les Nouvelles galantes, comiques et tragiques, 3 volumes, 1669. Reprint Slatkine, 1979).
  • Le Gentilhomme Guespin, comédie, 1670.
  • Les Amours du Soleil, tragédie à machines représentée sur le théâtre du Marais, 1671.
  • Les Maris infidèles (1673).
  • La Pierre philosophale, comédie mêlée de spectacles, 1681.
  • Les Amours de Vénus et d’Adonis (1685, avec des musiques de Charpentier)
  • Les Dames vengées, ou La Dupe de soi-même, 1695).
  • L'Aventurier (1696).
  • Le Vieillard couru (1696).
  • La Devineresse (1679, comédie à machines, l’un des plus grands succès du siècle)
  • La Pierre philosophale (1680, avec des musiques de Charpentier)
  • L'Usurier (1685).
Avec Thomas Corneille
  • Circé
  • L’Inconnu (1673, tragédie et comédie, avec des musiques de Charpentier)

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Pierre Mélèse, Un Homme de lettres au temps du Grand Roi, Donneau de Visé, fondateur du Mercure galant, Paris, E. Droz, 1936. In-16, VI-261 p., planche, errata.
  • Georges Mongrédien, « Le Fondateur du Mercure de France. Jean Donneau de Visé », Mercure de France, , p. 89-116.
  • Pierre-François Burger, « Autour de Deux Propagandistes mémorialistes de Louis XIV : Vuorden et Donneau de Visé », XVIIe siècle, n° 137, 1982.
  • Monique Vincent, Donneau de Visé et le Mercure de France. Lille, ANRT, Aux Amateurs de Livres, 1988. 2 vol. 24 cm, IV-675 et 174 p. (Thèse, Paris IV, 1987.)
  • Claude Bourqui, Christophe Schuwey, « Donneau de Visé », Les Nouvelles Nouvelles, édition critique en ligne, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Attribuée à tort à Antoine Baudeau de Somaize.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]