Jean Després

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Jean Després
Naissance
Souvigny
Décès (à 91 ans)
Avallon
Nationalité française Drapeau de la France France
Profession
Autres activités

Jean Després, né le à Souvigny (Allier), et mort en 1980 à Avallon (Yonne), est un orfèvre français, créateur de bijoux, d'objets et de meubles de style Art déco, spécialisé dans le travail de l'argent.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Després est né dans une famille descendant de maître verriers, les Després de Loisy, et de vitriers (Turlin). La famille s'installe en 1890 à Avallon pour ouvrir une boutique d'objets d'art et quincaillerie au no 27 rue de Paris, puis au no 20 place Vauban.

Il fréquente école et collège à Avallon sans être un élève très brillant. Sa passion c'est le vélo et de compétitions. Il obtient son brevet en 1905. Son père le place en apprentissage chez un ami, orfèvre à Paris dans le quartier du Marais.

Dans le même temps, il complète sa formation en suivant les cours de dessin dans les écoles de la ville de Paris et fréquente le Bateau-Lavoir, où il fait la connaissance d'Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Paul Signac, Giorgio De Chirico, Marie Laurencin, Chaïm Soutine, Maurice Utrillo et Georges Braque, lequel sera son meilleur ami. Il est passionné par le cubisme.

Pendant Première Guerre mondiale, Jean Després est affecté comme mécanicien dessinateur dans les ateliers de l'aviation militaire. Cette double expérience va durablement le marquer et nourrir toute son œuvre. Il participe au mouvement de l'Art déco. Il compte de nombreuses amitiés dans les avant-gardes de l'époque, comme Paul Jouve ou Maurice de Vlaminck[1].

Dans les années 1920-1930, il reprend le magasin de ses parents à Avallon et monte son atelier où il crée des bijoux moteurs, dont les formes pures inspirées des pièces de la mécanique aéronautique s'inscrivent dans le courant de l'avant-garde. Artisan du métal, or, argent, étain, Després façonne la matière, invente des formes nouvelles. Comme ses contemporains Marcel Sandoz ou Raymond Templier, il fait partie de ces pionniers qui renoncent aux codes de la haute joaillerie et a l'emploi de pierres précieuses. Il participe, avec l'aide de Paul Signac, à son premier Salon des indépendants en 1926.

Orfèvre de formation, il participe également au renouveau des formes de l'orfèvrerie en la débarrassant de ses les ornements classiques, pour créer des pièces aux formes massives, en argent, en étain, le plus souvent en métal argenté, reconnaissables entre toutes par leur aspect martelé.

En 1935, il s'occupe de la galerie l'Art et la Mode, au no 39 rue du Colisée à Paris. En 1936, il épouse Simone Delattre, artiste-peintre et décoratrice sur tissus brodés. Il est récompensé par l'Aéroclub qui lui attribue une médaille d'or en 1937. Ces œuvres commencent à être connues à l'étranger. L'année suivante, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il dirige sa galerie et garde son atelier à Avallon. En 1940, il est président du Syndicat des orfèvres, délégué professionnel à la protection artistique au bureau international de la bijouterie-orfèvrerie. Il est rapporteur pour l'orfèvrerie à la commission des récompenses de la Société d'encouragement à l'art et à l'industrie[2].

En 1943, il vient habiter rue de La Trémoille à Paris, où il a un magasin à la même adresse. Parmi ses amis, il compte Pierre Vigoureux et fréquente Cavaillès, Worms, Peltier, Lalique, les Delaunay, Fernand Léger et bien d'autres. Il compte Joséphine Baker parmi ses clientes célèbres.

Après la guerre, Jean Després exposera plusieurs fois, avec le soutien de l'État, dans différents pays étrangers. En 1972, il offre à la ville d'Avallon soixante-huit de ses œuvres.

Il était membre de l'Académie du Morvan en 1968.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Récompenses et décorations[modifier | modifier le code]

  • 1937 : médaille d'or de l'Aéroclub pour des coupes et des bijoux ayant trait à l'aviation ;
  • 1937 : prix des Arts décoratifs ;
  • 1937 : diplôme d'honneur à l'Exposition universelle ;
  • hors-concours aux expositions de l'artisanat à titre de créateur-exécutant ;
  • 1938 : chevalier de la Légion d'honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Waldemar et Jean Fougère: Jean Després, Éd. Riegel, 1952.
  • Article dans Mobilier et Décoration, no 5, juin 1954.
  • Philippe Guegan, Jean Després (1889-1980), Paris, Éd. Flore, 2007.
  • Melissa Gabardi, Jean Després, Bijoutier orfèvre, Paris, Éd. Norma/musée des Arts Décoratifs, 2009 (ISBN 978-2-9155-4219-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]