Jean Chappe

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Jean Chappe d’Auteroche
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Jean Chappe d’Auteroche, appelé aussi abbé Chappe ou abbé Chappe d’Auteroche, né le [1] à Mauriac en Auvergne et mort le à San José del Cabo au Mexique, est un astronome français.

En 1994, l'union astronomique internationale a attribué le nom de Chappe à un cratère lunaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paysanne russe avec une palanche.
Gravure de Jean-Baptiste Le Prince.

Oncle de l'inventeur Claude Chappe, il est né dans une vieille famille de notables auvergnats[2],[3],[4], il embrasse l’état ecclésiastique, et se livra à l’étude de l’astronomie, après des études au Collège de Jésuites de Mauriac en Haute Auvergne (Cantal). En 1760, il est choisi par l’Académie des sciences, dont il est membre, pour aller à Tobolsk observer le fameux transit de Vénus sous le disque du soleil, fixé au de l’année Il se rend par terre à Saint-Pétersbourg, et part pour la Sibérie, où il n’arrive qu’après avoir éprouvé tous les maux inséparables d’un voyage fait dans un tel climat, au milieu de la plus rigoureuse saison. Arrivé dans les derniers jours d’, il observe, le 5, une éclipse de soleil qui lui donne la différence du méridien de Tobolsk à celui de Paris ; cette différence se trouve de 4 h 25, l’abbé Chappe fait construire un petit observatoire, et fait tous les préparatifs nécessaires. On approchait du , jour si désiré, et tout semblait présager le temps le plus favorable. L’astronome raconte lui-même les inquiétudes, les alarmes qu’il éprouva alors à l’aspect du moindre nuage qui paraissait dans le ciel ; cependant on arrive au . Le ciel est pur et serein ; l’abbé Chappe peut voir Vénus entrant sous le soleil, et faire les observations qui étaient le but et le prix de ce long et pénible voyage. Elles furent consignées dans un Mémoire du passage de Vénus sur le soleil, avec des observations sur l’astronomie et la déclinaison de la boussole faites à Tobolsk, en Sibérie, en 1761, Saint-Pétersbourg, in-4°.

Il revient en France deux ans après en être parti, et publie : Voyage en Sibérie fait en 1761 (avec la description du Kamtschatka, trad. du russe de Stepan Kracheninnikov), Paris, 1768, 2 tomes en 5 vol. grand in-4° et atlas in folio ; où, selon Hoefer, « Il se borne souvent à copier ses devanciers : il parle de choses qu’il n’a point vues et celles qu’il a observées l’ont été avec beaucoup de légèreté. », l’édition d’Amsterdam, 1769-1770, 4 vol. in-12, fig., n’est qu’un abrégé de celle de Paris. Pour illustrer son ouvrage, il s’entoure de Jean-Michel Moreau, Caresme de Fécamp et surtout de Jean-Baptiste Le Prince qui, lui aussi, était allé en Russie et en Sibérie[5].

Cette relation est pleine de faits et de détails curieux dans laquelle l’auteur fait des observations peu favorables à la Russie, notamment en décrivant la vie sociale russe et l'état d'abaissement considérable du peuple, soumis encore au servage, est très bien accueillie en France, et obtient l’honneur d’être réfutée ou critiquée par l’impératrice Catherine II de Russie elle-même, furieuse de la description de son pays, dans une brochure intitulée Antidote ou Réfutation du mauvais livre superbement imprimé intitulé : Voyage en Sibérie, etc., fait en 1761, par l’abbé Chappe, Amsterdam, Rey, in-12, et à la suite de l’édition de l’ouvrage de l’abbé Chappe donnée par le même libraire, ibid., et même année, vol. in-12. Cet ouvrage est rédigé et publié anonymement par Catherine II de Russie et le comte Chouvaloff, la jeune impératrice répondant à ce qu’elle considéra comme une attaque de son pays en reprenant chapitre par chapitre le livre de l’abbé pour le réfuter. Cette attribution fut combattue par Pierre René Auguis qui « donne pour collaborateur à la comtesse Dachkov le sculpteur Falconet ».

Une autre critique parait sous le titre Lettre d’un style franc et loyal, à l’auteur du Journal encyclopédique, in-12. La relation de l’abbé Chappe renferme beaucoup de faits minutieux qui sont étrangers au but de son voyage, beaucoup de détails qu’il a empruntés disent ses détracteurs, à d’autres voyageurs, et beaucoup de choses observées, qui donneront à ses ennemis le prétexte de mettre en doute l’authenticité de ses observations astronomiques ; on ne peut cependant douter de son zèle pour les progrès de l’astronomie.

On peut s'interroger toutefois sur les raisons qui amènent certaines personnes à tant contester la relation de la vie en Russie de l'abbé Chappe d'Auteroche, alors que l'historienne Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie Française, originaire de Russie et grand connaisseur de l'histoire de ce pays, ne met pas en cause la véracité du récit descriptif de l'abbé. Elle présente les deux versions qu'elle place à égalité sur le plan de la connaissance.[6]

En 1764, sur ordre de Louis XV, l’Académie des sciences charge deux de ses membres, Duhamel du Monceau et l’abbé Chappe, de faire la preuve en mer de la montre marine no 3 de Ferdinand Berthoud. Ils embarquent, en compagnie de ce dernier, à Brest, le sur la corvette L’Hirondelle pour revenir le . Le , l’abbé Chappe lit à l’Académie le rapport de mission, qui ne sera jamais publié, fait exceptionnel attribué par Berthoud à l’intervention de Duhamel du Monceau, qui sera très affecté par la mort de son neveu, Fougeroux de Grandlieu qui était enseigne de vaisseau sur L’Hirondelle, quelques jours après le retour[7].

Le même phénomène qui lui avait fait braver les neiges et les glaces du Nord engage l’abbé Chappe, six ans après, dans un autre voyage où il aura à supporter les ardeurs d’un climat brûlant. La Californie, presqu’île inculte et peu habitée, ayant été jugée l’un des lieux de la terre les plus propres à l’observation du transit de Vénus de l’an 1769, l’académie des sciences obtient du roi la permission d’y envoyer un de ses membres. L’abbé Chappe est choisi pour cette mission, et il se rend en Californie, accompagné de MM. Vicente Doz et Salvador Médina, officiers de marine et astronomes du roi d’Espagne et du dessinateur Alexandre Jean Noël. Quelque temps après son arrivée en Californie, il est pris de dysenterie, et meurt le , satisfait, en expirant, d’avoir rempli la mission pour laquelle il avait quitté sa patrie. Son zèle pour la science était si grand, qu’il lui coûta la vie. Lorsqu’on espérait sa guérison, les efforts qu’il fit pour observer une éclipse de lune augmentèrent son mal et le conduisirent au tombeau. Tous les membres de l’expédition périrent de la même maladie à l’exception d’un seul qui rapporta les résultats et les instruments[7]. Ses observations furent publiées à Paris en 1772, par C.-F. Cassini, sous le titre de Voyage en Californie, pour l’observation du passage de Vénus sur le disque du soleil, le , contenant les observations de ce phénomène, et la description historique de la route de l’auteur à travers le Mexique, Paris, 1772, in-4°. On a encore de l’abbé Chappe plusieurs Observations astronomiques dans le recueil de l’académie des sciences, de 1760 à 1770. Son éloge a été prononcé dans cette même Académie, par Grandjean de Fouchy, le .

Références[modifier | modifier le code]

  1. De nombreuses sources le disent né en 1722 mais c'est bien en 1728 qu'il a vu le jour, comme en témoigne son acte de baptême (vue n°268), consultable en ligne sur le site des Archives départementales du Cantal.
  2. Dictionnaire des Familles Françaises anciennes ou notables, à la fin du XIXe siècle, par C. d'Est-Ange, Imprimerie Charles Hérissey, Évreux, 1921.
  3. Originaire d'Auvergne, il était par sa mère un petit-fils du major Pierre de La Farge.
  4. Il est l'oncle de l'inventeur Claude Chappe, inventeur du Télégraphe Chappe.
  5. Voir Jean-Baptiste Le Prince, Le Voyage en Russie, catalogue d’une exposition tenue à Rouen, musée des Beaux-arts, cabinet des dessins, du 24 septembre 2004 au 10 janvier 2005, notices de Michel Mervaud, Laurent Salomé, Didier Bakhuÿs, Madeleine Pinault-Sorensen, (ISBN 2-901431-34-8) (notice BnF no FRBNF39988130).
  6. Hélène Carrère d'Encausse a publié en 2003 "L'Impératrice et l'abbé : un duel littéraire inédit entre Catherine II et l'abbé Chappe d'Auteroche", chez Fayard. Paris, 2003, 640 p.
  7. a et b Duhamel du Monceau, p. 136-137. Bruno Dupont de Dinechin

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