Jean Barbet

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Jean Barbet
Présentation
Naissance
Saint-Valéry-sur-Somme
Décès
Nationalité Drapeau du royaume de France Royaume de France
Œuvre
Réalisations Hôtels particuliers de la ville de Richelieu

Jean Barbet, né en 1591 à Saint-Valéry-sur-Somme et mort en 1654[1], est un architecte et maître-maçon français. Il est également l'auteur du Livre d'architecture, d'autels et de cheminées.

Biographie[modifier | modifier le code]

La vie de Jean Barbet est peu documentée, il est issu de la famille des Barbet de Normandie[2], probablement une famille de maître-maçons travaillant à Paris[1]. Il quitta le pays de Caux pour se rendre à Rouen où on le trouve en 1616 puis part pour Paris et y habite rue Vieille-du-Temple[2].

La première réalisation connue de Jean Barbet est située à Richelieu : il s’agit de trente-deux maisons semblables dont quatre grandes et vingt-huit petites qu’il s’engage à construire le 2 mars 1633[3]. Il dessine les plans de ces maisons, qui définissent un module de 10 toises servant de base pour déterminer les proportions de la ville[4]. La Fontaine les décrit ainsi :

Hôtels particuliers construits par Jean Barbet pour la ville de Richelieu.

Ce sont des bâtiments fort hauts ;
Leur aspect vous plaira sans faute ;
Les dedans ont quelques défauts,
Le plus grand, c’est qu’ils manquent d’hôtes[Notes 1].

Au cours de ces années, sous la direction de Pierre Lemercier, il exécute les plans de son frère Jacques pour la chapelle de Notre-Dame-des-Ardilliers[5]à Saumur, dédiée au cardinal de Richelieu[6]. Un des autels de son Livre d’architecture porte la description « Hostel des Ardilliers » sans que l’on puisse savoir si cet autel est l’une de ses réalisations ou s’il représentait ici un autel préexistant[1].

En 1635 il signe un contrat avec Léonard d’Étampes pour réaliser des travaux à l’abbaye de Bourgueil puis, de 1635 à 1638, il travaille pour Gaston d’Orléans sur le chantier de Blois auprès de François Mansart[1]

De 1638 à 1645, Jean Barbet travaille avec son beau-frère Damien Payen sur le chantier de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans (tour nord), où il est chargé de « la charpente et l’augmentation dudit clocher en obélisque »[1],[6]. Jacques Lemercier, qui avait conçu les plans, ne faisant pas confiance à Barbet, fit surveiller le chantier par Pierre Lemercier avec ces instructions : « Là où l’entrepreneur pansera faire autrement, le faut arrester à l’instant »[6]. En plus du travail de charpente, il se chargea de la fourniture et de la pose des plombs[2] ainsi que d’élever une partie de la nef de l’église[7]. Le chantier prend du retard et n’est achevé qu’en 1662[1]. Le clocher, fait d’une structure de bois bardée de fer, subit un « torciment » en 1657, puis, menaçant de s’effondrer, il est abattu en 1691[6].

Jean Barbet retourne probablement en Normandie en 1652 et meurt en 1654[2].

Le Livre d'architecture[modifier | modifier le code]

Gravure de l'autel des Ardillers, tirée du Livre d'architecture d'autels et de cheminées.

Le Livre d’architecture d’autels, et de cheminées est publié en 1633 par Melchior II Tavernier et gravé par Abraham Bosse[1]. L’ouvrage se compose d’une page de titre, d’une dédicace au cardinal de Richelieu et d’un avertissement au lecteur dans lequel Jean Barbet indique que : « Ayant passé quelque temps à desseigner ce qu'il y a de beau dans Paris, je me suis exercé depuis a faire ce petit Ouvrage, que je vous donne., » ce qui peut laisser supposer qu’on puisse y trouver des exemples issus de bâtiments parisiens[8] et que par conséquent toutes ces planches ne sont pas forcément toutes issues de la seule imagination de Jean Barbet. Il reproduit peut-être des autels et des cheminées qu’il a vus, ce qui tend à se confirmer par cette phrase : « il me suffit de les imiter, sans me picquer de leur gloire[1] » sans que les sources ne définissent clairement la part de création dans les planches présentées dans cet ouvrage. Suivent ensuite cinq planches d’autels et douze planches de cheminées réunies ici par leur seule commune abondance d’ornements[8].

C’est la seule publication portant le nom de Jean Barbet, probablement parce que le contrat avec Tavernier n’a pas été renouvelé[1].

Entre 1638 et 1644, Tavernier propose une réédition de l’ouvrage ajoutant les numéros de planches absents dans la première édition, et Pierre II Mariette, après avoir racheté le fonds Tavernier en 1644, publie à nouveau l’ouvrage[5]. On compte également deux éditions hollandaises datant de 1641, une édition allemande en 1645 et deux éditions anglaises au XVIIe siècle ainsi qu’une autre en 1706, ce qui indique une certaine diffusion du travail de Barbet[5].

Réalisations[modifier | modifier le code]

  • 1633-1634 : Construction de 32 hôtels particuliers dans la ville de Richelieu[Notes 2].
  • 1634 : Chapelle Notre-Dame-des-Ardilliers
  • 1635 : Abbaye de Bourgueil (travaux)
  • 1635-1638 : Château de Blois
  • 1638-1645 : Cathédrale de Sainte-Croix d’Orléans (travail de charpente)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces vers sont extraits d’une lettre de La Fontaine à sa femme datée du 1er septembre 1663.
  2. La fin des travaux était prévue pour Pâques 1634.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i (en) Peter Fuhring, « Jean Barbet's "Livre d'Architecture, d'Autels et de Cheminées": drawing and design in seventeenth-century France », Burlington Magazine, no 1203,‎ , p. 421-430
  2. a b c et d M. Prévost, et Roman d'Amat, Dictionnaire de biographie française, tome 5 (notices de BALTAZAR à BERGERET), Paris, Letouzey et Ané, , 764 p., p. 278
  3. Pierre Lavedan, Jeanne Hugueney, Philippe Henra, L'urbanisme à l'époque moderne: XVIe-XVIIIe siècles, Genève, Librairie Droz, , 310 p. (ISBN 2600046143, lire en ligne), p. 88
  4. Marie-Pierre Terrien, Richelieu : Histoire d'une cité idéale, 1631-2011, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 254 p. (ISBN 978-2-7535-1321-1)
  5. a b et c « Architectura - Les livres d'Architecture », sur architectura.cesr.univ-tours.fr (consulté le 5 mars 2016)
  6. a b c et d Alexandre Gady, Jacques Lemercier : architecte et ingénieur du roi, Paris, Maison des Sciences de l'Homme, (ISBN 2-7351-1042-7)
  7. Charles Beauchal, Nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français, Paris, A. Daly fils et Cie, , 842 p. (lire en ligne), p. 50
  8. a et b « Abraham Bosse », sur expositions.bnf.fr (consulté le 5 mars 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de biographie française, vol. 5, Paris, [détail des éditions] , col. 278
  • Pierre Lavedan, Jeanne Hugueney, Philippe Henra, L'urbanisme à l'époque moderne: XVIe-XVIIIe siècles, Genève, Librairie Droz, , 310 p. (ISBN 2600046143, lire en ligne), p.88
  • Marie-Pierre Terrien, Richelieu : Histoire d'une cité idéale, 1631-2011, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 254 p. (ISBN 978-2-7535-1321-1)
  • Alexandre Gady, Jacques Lemercier : architecte et ingénieur du roi, Paris, Maison des Sciences de l'Homme, (ISBN 2-7351-1042-7)
  • Charles Beauchal, Nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français, Paris, A. Daly fils et Cie, , 842 p. (lire en ligne), p.50

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Peter Fuhring, « Jean Barbet's "Livre d'Architecture, d'Autels et de Cheminées": drawing and design in seventeenth-century France », Burlington Magazine, no1203, 2003, p. 421-430.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]