Jean Balde

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Balde.
Jean Balde
Description de cette image, également commentée ci-après
Dédicace autographe de Jean Balde
Nom de naissance Jeanne Marie Bernarde Alleman
Naissance
Bordeaux (France)
Décès
Latresne (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Écrivaine
Distinctions
Famille
Jean-François Bladé (grand-oncle), Jacques Alleman (frère)
Monument à Jean Balde à Latresne.

Jeanne Marie Bernarde Alleman ( à Bordeaux - à Latresne), est une écrivaine française, qui a écrit l'ensemble de son œuvre sous le pseudonyme de « Jean Balde », en hommage à son grand-oncle, Jean-François Bladé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la petite-nièce du folkloriste de la Gascogne, Jean-François Bladé (qui est le frère de sa grand-mère maternelle). Elle grandit entre la maison place de la Bourse à Bordeaux (qu'elle évoque dans La Maison au bord du fleuve), de ses grands-parents maternels Holagray, et la maison du Casin, à Latresne, dont les Alleman sont originaires. Elle passe de nombreuses vacances à Saint-Côme, aux environs de Bazas, dans la maison de campagne de ses parents, la maison noble « La Vialle » qu'elle met en scène dans Reine d'Arbieux sous le nom du « Castel de la Renardière ». On retrouve également cette maison dans La Maison au bord du fleuve.

Les Holagray sont établis depuis longtemps comme négociants à Bordeaux : ils ont un commerce de bouchons pour les Chartrons, ensuite repris par François Alleman, le père de Jeanne.

En 1903, Jeanne Alleman débute comme assistante, puis professeur de lettres, dans l'institution où elle a fait ses études, le cours Ruello. Elle y a comme élève Jeanne Lafon, qui deviendra quelques années plus tard madame François Mauriac après leur rencontre chez elle, dans la maison familiale du Casin. Elle sera d’ailleurs la marraine de Luce, le troisième enfant des Mauriac. Elle entretient donc des liens avec le milieu littéraire de Bordeaux, autour de Mauriac : Jean de La Ville de Mirmont, Martial Piéchaud, André Lafon, Georges Pancol… une génération prometteuse fauchée par la guerre. C’est aussi une amie proche de Francis Jammes (dédicataire de l’Arène brûlante) avec qui elle entretiendra toute sa vie une correspondance.

C'est en hommage à son grand-oncle qu'elle choisit le pseudonyme de Jean Balde. Elle écrit des poésies et des romans empreints d'une grande sensibilité, d'une belle écriture.

En juillet 1912 elle se fiance au poète André Lafon (aucun lien de parenté avec Jeanne Lafon), un ami très proche de Mauriac (qui écrira plus tard sa biographie, Un adolescent d'autrefois, 1969). Mais Lafon, dans une crise mystique – il est profondément religieux – rompt subitement en octobre. En 1914, réformé pour sa santé fragile, il s’engage comme infirmier. En 1917 il contracte la scarlatine et il meurt à l'hôpital militaire de Bordeaux. Jeanne se réfugie dans l'écriture, publie de nombreux romans nostalgiques d'un monde rural et bourgeois qui disparaît inexorablement (Reine d'Arbieux, en 1928, est couronné par l'Académie française), une pieuse biographie de son grand-oncle : Un d'Artagnan de plume, Jean-François Bladé (Plon, 1930). Elle excelle dans les descriptions des paysages des bords de Garonne, du bassin d’Arcachon, dans les variations des saisons.

Elle s'éteint d'un cancer dans sa maison de Latresne, après un ultime combat contre l'implantation d'un pylône dans son jardin, qui fait l'objet du roman Le Pylône et la Maison. François Mauriac est venu, peu de temps avant, lui remettre la Légion d'honneur.

Plusieurs de ses livres ont été réédités dans les années 1990.

Son frère aîné, Jacques Alleman (1882-1945), architecte, s'est fixé après la guerre de 1914-1918 dans le Nord de la France, où il a contribué à la reconstruction des villes de Lille et de Béthune. Il a épousé Germaine Lafon, qui ne semble avoir de lien de parenté ni avec Jeanne Lafon, ni avec André Lafon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Âmes d'Artistes, Paris, E. Sansot, 1908 (Prix Archon-Despérouses de l'Académie française).
  • Les Ébauches, Paris, Plon, 1911.
  • Mausolées, heures de guerre, Paris, Plon, 1916 (Prix Archon-Despérouses de l'Académie française).
  • Les Liens, Paris, Plon, 1920.
  • La Vigne et la Maison, Paris, Plon, 1922. Prix Northcliffe 1923. Rééd. Bordeaux, l'Horizon Chimérique, 1993 (Présentation par François Mauriac).
  • La Survivante, Paris, Plon, 1923.
  • Préface de Le Bonheur des autres de Marie Lenéru, Paris, Bloud et Gay, 1925 (les Cahiers féminins).
  • Le Goéland, Paris, Plon, 1926, rééd. Bordeaux, l'Horizon Chimérique, 1992 ; Bordeaux, Le Festin (avec une préface de Jean-Marie Planes), 2015.
  • La Comédie de Watteau, pièce en 1 acte en vers, Plon, 1927.
  • Reine d'Arbieux, Paris, Plon, 1928 (Grand prix du roman de l'Académie française).
  • Aiguillages, Paris, Bloud et Gay, 1928 (les Cahiers féminins), nouvelles.
  • L'Arène brûlante, Paris, Plon, 1929.
  • Un d'Artagnan de plume, Jean-François Bladé, Paris, Plon, 1930.
  • Les Rogations, Paris, Flammarion, 1931 (coll. Les Belles Fêtes).
  • Les Dames de la Miséricorde, Paris, Grasset, 1932 (Coll. les Grands Ordres monastiques et instituts religieux).
  • La Touffe de Gui ou Mademoiselle de Saint-Ciers, Paris, Plon, 1933.
  • La Maison Marbuzet, Paris, Plon, 1934.
  • Madame Elisabeth, Paris, SPES, 1935.
  • Le Pylône et la Maison, Paris, Plon, 1936.
  • La Brochure rouge, Paris, Plon, 1936.
  • La Porte dérobée, Paris, Plon, 1936.
  • Jeunes Filles de France, Paris, SPES, 1937.
  • La Maison au Bord du Fleuve, souvenirs bordelais, Bordeaux, Delmas, 1937 ; rééd. Bordeaux, l'Horizon Chimérique, 1990 ; Bordeaux, Le Festin (avec une préface de Jean-Marie Planes), 2014.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luce Laurand, Jean Balde et la Gascogne, Bulletin de la société archéologique du Gers, 1er trimestre 1960 Gallica
  • Denise Gellini, Visages du Sud-Ouest dans l’œuvre de Jean Balde, Paris, Le Jardin d’Essai, 2011. (ISBN 978-2-911822-65-0)
  • Renée Jardin, « Le Grand Prix du roman : Mme Jean Balde », Optima, 1er décembre 1928, p. 3 disponible sur Gallica
  • Jacques Monférier, Jean Balde, Bordeaux, Mollat, 1997. (ISBN 978-2-9093-5140-7)
  • Michel Suffran, Sur une génération perdue. Les écrivains de Bordeaux et de la Gironde au début du XXe siècle, Bordeaux, Le Festin, 2005 (ISBN 978-2-9152-6218-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]