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Jean 3:16

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Tyson Fury et sa tenue Jean 3:16.

Jean 3:16 (chapitre 3, verset 16 de l'Évangile selon Jean) est l'un des versets les plus cités de la Bible, car il est considéré comme un résumé du thème central du christianisme.

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle[1]. »

Ce verset résume l'amabilité (l'amour ardent) de Dieu pour le monde qui va à la perdition, c'est-à-dire les pécheurs, au point d'offrir son *Fils unique* comme voie de restauration, non pas en guise de désespoir mais en vertu d'un désir efficace, et notamment d'une forte conscience de la valeur de ces êtres.

Traductions[modifier | modifier le code]

Mentionnent ci-dessous des traductions de Jean 3,16. Il s'agit du verset le plus connu du public, de nombreuses traductions veulent que la traduction soit aussi proche que possible de l'original.

Langues Traductions Jean 3:16
Grec koinè Οὕτως γὰρ ἠγάπησεν ὁ θεὸς τὸν κόσμον, ὥστε τὸν υἱὸν τὸν μονογενῆ ἔδωκεν, ἵνα πᾶς ὁ πιστεύων εἰς αὐτὸν μὴ ἀπόληται ἀλλ᾽ ἔχῃ ζωὴν αἰώνιον.
Hoútōs gàr ēgápēsen ho theòs ton kósmon, hṓste tòn huiòn tòn monogenê édōken, hína pâs ho pisteúōn eis autòn mḕ apólētai all᾽ ékhēi zōḕn aiṓnion.
Syriaque Peshitta ܗܟܢܐ ܓܝܪ ܐܝܝܩ ܐܠܗܐ ܠܥܠܡܐ ܐܝܟܢܐ ܕܠܒܪܗ ܝܚܝܕܝܐ ܢܬܠ ܕܟܠ ܡܢ ܕܡܗܝܡܢ ܟܗ ܠܐ ܢܐܟܙ ܐܠܐ ܢܗܘܘܢ ܠܗ ܝܚܐ ܕܠܥܠܡ܀
Hāḵanā gér ʼaḥeḇ ʼalāhā lʻālmā ʼaykanā dlaḇreh yḥyḏāyā yetel dkul man damhaymen beh lā naḇaḏ élā nehwuwn leh ḥayé dalʻālam.
Arabe Bible de Corneille Van Alen Van Dyck (en) لانه هكذا احب الله العالم حتى بذل ابنه الوحيد لكي لا يهلك كل من يؤمن به بل تكون له الحياة الابدية
lanah hakadha ahab allah alealam hataa badhal aibnah alwahid likay la yuhlik kulu man yumin bih bal takun lah alhayaat alabidia.
Russe Bible de Mikhail P. Kulakov (en) Бог ведь так полюбил этот мир, что пожертвовал Сыном Своим единственным,7 чтобы всякий, кто верит в Него, не погиб, но обрел жизнь вечную.
Bog ved' tak polyubil etot mir, chto pozhertvoval Synom Svoim yedinstvennym,7 chtoby vsyakiy, kto verit v Nego, ne pogib, no obrel zhizn' vechnuyu.
Mandarin Version de l'Union chinoise 神愛世人,甚至將他的獨生子賜給他們,叫一切信他的,不至滅亡,反得永生。
Shén ài shìrén, shènzhì jiāng tā de dúshēngzǐ cì gěi tāmen, jiào yīqiè xìn tā de, bù zhì mièwáng, fǎn dé yǒngshēng.
Latin Vulgate Sic enim Deus dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum (in some versions, unicum) daret: ut omnis qui credit in eum, non pereat, sed habeat vitam æternam.
Anglais Bible du roi Jacques For God so loved the world, that he gave his only begotten Son, that whosoever believeth in him should not perish, but have everlasting life.

Contexte biblique[modifier | modifier le code]

Jésus et Nicodème, peintes par William Hole.

Jean 3:16 commence par la conversation entre Nicodème, « Pharisien et chef des Juifs », et Jésus. La rencontre, probablement à Jérusalem, fait partie de la passion de Jésus. Les pharisiens sont connus pour leur respect rigide de la halakha (loi juive) et pour leurs attitudes très opposées au ministère de Jésus. Pour éviter des ennuis avec d'autres pharisiens, il est venu le voir seul ; c'est la seule fois qu'un pharisien est présenté positivement en présence de Jésus.

Pour interpréter l’entrevue entre Jésus et Nicodème, il convient de tenir compte de la chronologie indiquée par l'apôtre Jean, de la symbolique de la nuit et des thèmes abordés au cours de l’entretien. La nuit du chapitre 3 se rattache au contexte pascal dont il est question depuis le chapitre 2, 13 : il s’agit des fêtes de la première Pâque de Jésus, la Pâque juive. Nicodème dit à Jésus : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu, car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui ». Cependant, cet acte de foi de la part de Nicodème se révèle imparfait et inadéquat : il caractérise ces hommes impressionnés par les miracles, mais dont Jésus se méfie, car ils ne reconnaissent en lui qu’un maître parmi d’autres, envoyé par Dieu, accrédité par les signes[2], un roi-messie terrestre.

Jésus transmet son enseignement à Nicodème (Jn 3. 1-21). L’enseignement sur la nouvelle naissance « d’eau et d’Esprit » est explicitement une allusion au sacrement du baptême, le Christ développant à cet instant une théologie de la transcendance d’après laquelle il est « celui qui est descendu du ciel » (verset 13) ; mais les questions naïves de Nicodème montrent qu’il n’en comprend pas le sens [3].

Nicodème a dit qu'il savait que Jésus était "un enseignant venu de Dieu". Il ajouta alors : « car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. »[4] Ils discutèrent alors de la nécessité de naître de nouveau avant de pouvoir voir le Royaume de Dieu et où l'esprit va après la mort du corps[5]. Jésus a ensuite parlé du salut et de la damnation que subiront ceux qui ne croient pas en lui[6]. Il a également reproché à Nicodème pour son manque de compréhension de la théologie[7]. Plus tard, Nicodème est devenu un disciple de Jésus.

Jean 3:16 a été nommé « le verset central de la Bible »[8], ou « Le résumé de l'évangile »[9], ou « le verset de l'amour de Dieu à l'humanité tout entière » [10]. C'est aussi l'un des versets essentiels à la théologie johannique concernant le motif de Dieu pourquoi il a envoyé Jésus. Croire en Jésus accorde la vie éternelle aux croyants[11]. La vie éternelle est un thème dominant dans tout l'Evangile de Jean[12], et sa première apparition dans l'Evangile se trouve dans ce verset. Le théologien Larry Hurtado[13] voit le verset comme reflétant l'importance de Jésus dans le christianisme.

Commentaires chrétiens[modifier | modifier le code]

« La récompense de la foi est au-delà de notre compréhension. car si le Père a donné au Fils tout ce qu'il a, et que le Père a la vie éternelle, alors il a aussi donné la vie éternelle au Fils. Quiconque croit en Lui cherche ce qu'il a, le Fils de la foi, mais le Fils est la vie éternelle, ainsi quiconque croit en lui a la vie éternelle. »

— Thomas d'Aquin, philosophe catholique[14].

Jean 3:16 a fait couler l’encre tant chez les chrétiens que non chrétiens, à tel point que beaucoup de personnalités s'y intéressent. Certains l'utilisent pour soutenir l'universalisme chrétien, selon lequel tous les humains seront finalement sauvés par Dieu, et que la souffrance éternelle en enfer n'existe pas[15], cependant Jean-Paul II exprime que le fait de refuser la grâce de Dieu a des conséquences désastreuses : « Les images de l'enfer que la Sainte Écriture nous présente doivent être correctement interprétées. L'enfer indique l'état de ceux qui se séparent librement et définitivement de Dieu. « Mourir dans le péché sans se repentir » signifie : être séparé de lui pour toujours par notre choix libre. Cet état d'auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et les élus, est appelé enfer. […] La damnation éternelle, donc, n'est pas attribuée à l'initiative de Dieu parce que dans son amour miséricordieux, il ne peut que désirer le salut des êtres qu'il a créés. En réalité, c'est la créature qui se ferme à son amour. La « damnation » consiste précisément dans l'éloignement définitif de Dieu librement choisi par l'homme et confirmé par la mort qui scelle à jamais son choix. La sentence de Dieu ratifie cet état[16]. »

L'évangéliste Andreas J. Köstenberger (en)[17],[18], et le philosophe chrétien William Lane Craig sont complètement d'accord avec l'explication de ce dernier[19].

Le Catéchisme de l'Église catholique en est également persuadé [20] : « Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit Saint. Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle. »

Le théologien calviniste D. A. Carson a déclaré que le verset « indique clairement que, appliqué aux êtres humains, l'amour de Dieu n'est pas la conséquence de leur beauté mais de la sublime vérité que Dieu est amour » [21].

Le théologien Robert E. Webber (en) l'a décrit comme « une invitation à embrasser une histoire radicale qui englobait toute l'histoire »[22]. Le commentateur biblique J. Ramsey Michaels (en) a écrit : « L'intention de Dieu est une intention salvatrice, et la portée de son salut est mondiale. Son amour pour toute la race humaine s'est exprimé dans le don de son Fils unique [qui mourrait] sur la croix. »[23].

Influences aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Mention « John 3:16 » (Jean 3:16) sur une boisson d'In-N-Out Burger.

Jean 3:16 est très utilisé chez les protestants (évangéliques). Aux États-Unis notamment où le christianisme joue un rôle prépondérant, le verset est très souvent utilisé par les prédicateurs lors des sermons et largement mémorisé parmi les membres des églises évangéliques.

Le théologien protestant allemand du XVIe siècle Martin Luther a déclaré que le verset est « l'évangile en miniature »[24].

Le pasteur Max Lucado (en), qui a décrit le verset comme « un défilé d'espoir de vingt-[cinq] mots », a écrit en 2007 que la concision du verset le rendait facile à retenir[25].

En 2014, Jean 3:16 fait partie des dix versets les plus recherchés sur BibleGateway.com, un site Web biblique populaire. Dans un rapport de 2017 de Christianity Today, le verset est un choix populaire pour les mots de passe[26].

Le verset a été imprimé sur les sacs à provisions par le détaillant de mode Forever 21[27], et sur le fond des gobelets en papier par la chaîne de restauration rapide In-N-Out Burger[28].

De nombreux livres ont été écrits basés sur Jean 3:16[29].

Influences dans le monde du sport[modifier | modifier le code]

Le footballeur américain Tim Tebow a peint Jean 3:16 sous ses yeux lors de BCS National Championship Game, ce qui en fait le sujet de recherche le plus populaire pendant plus de 24 heures[30].

Le slogan du lutteur professionnel Stone Cold Steve Austin ("Austin 3:16") est né d'une référence à Jean 3:16[31].

Le boxeur anglais Tyson Fury a arboré le 28 octobre 2023 une tenue siglée dans le dos 3:16 lors de son combat l'opposant à Francis Ngannou. Le combat se déroulant à Riyad en Arabie Saoudite, Tyson Fury aurait pu contrevenir à la loi, car seul le prosélytisme musulman est autorisé dans le monde islamique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Bible Segond, Jean 3:16.
  2. Jean-Marie Auwers 1990, p. 490-491.
  3. Jean-Marie Auwers 1990, p. 486 et 501.
  4. Jean 3:2
  5. Jean 3:3-13
  6. Jean 3:17-21
  7. Jean 3:10-13
  8. « The Golden Text of the Bible »
  9. « The Gospel in a Nutshell – John 3:16 »
  10. « Everyman and the Bible: Exploring Good Deeds, Faith, and Salvation »
  11. « « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… » (Jean 3:16) »
  12. « Comprendre Jean 3:16 »
  13. « Seigneur Jésus Christ (Le) »
  14. « Commentary on the Gospel of John 1: 1-5 ».
  15. Voir aussi Universalisme unitarien.
  16. « JOHN PAUL II GENERAL AUDIENCE Wednesday 28 July 1999 » (consulté le ).
  17. Köstenberger 2020, p. 383.
  18. Köstenberger 2004, p. 129–130.
  19. « Five Steps to Atheism ».
  20. http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P66.HTM CEC 1864.
  21. « The Gospel According To John ».
  22. « Dynamique du péché et logique de l’amour dans la lettre de saint Paul aux Romains ».
  23. « A Letter From God ».
  24. « L’ÉVANGILE EN MINIATURE »
  25. « 3.16 [Broché]Les chiffres de l’espoir »
  26. « Beware of Making Jesus Your Password »
  27. « What faith is your fashion? Looking into Forever 21’s hidden religious undertones »
  28. « Why does In-N-Out print Bible verses on its cups and wrappers? »
  29. « JOHN 3:16 »
  30. « Tim Tebow ou l'homme qui a conduit 92 millions de personnes à chercher Jean 3:16 »
  31. « Célébrons la journée 3:16 en l'honneur de Stone Cold Steve Austin »

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