Jean-René Huguenin

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Jean-René Huguenin
Naissance
Paris
Décès (à 26 ans)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Roman, journal

Œuvres principales

Jean-René Huguenin, né le à Paris et mort accidentellement le , est un écrivain français.

Vie[modifier | modifier le code]

Il débute en littérature, dès l'âge de vingt ans, par des articles aux revues La Table ronde et Arts. Parallèlement, il prépare une licence de philosophie et le diplôme de Sciences Po, qu’il obtient en 1957. Il se destinait à l’ENA mais dès 1958 se consacre essentiellement à son œuvre littéraire. Dès l'hiver 1958, et jusqu'à la signature du contrat en janvier 1960, il participe à la création de la revue trimestrielle Tel Quel avec deux amis, Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier, trio auquel se joindra entre autres Renaud Matignon, mais la quitta quelques mois plus tard, en désaccord sur la question du nouveau roman, qu'il n'affectionnait pas.

Il multiplie les collaborations avec divers organes de presse après le succès critique de son unique roman La Côte sauvage, paru en 1960, salué notamment par François Mauriac, Julien Gracq et Louis Aragon. Il fut traduit l'année suivante aux États-Unis et en 1963 à Londres, en deux versions différentes[1].

Il fut une comète, fulgurante et étrange, dans le paysage littéraire de l’époque. Indépendant, prompt à juger, il eut ses entrées dans tous les cercles sans être d’aucune chapelle. Passionné, il s’éleva contre la médiocrité de son époque. Il se voulait généreux, se défendait de craindre la mort tout en entretenant avec elle et la souffrance des rapports complaisants. Il disait sa foi en la jeunesse et apparaissait alors comme le chantre d’un nouveau romantisme.

Il mesurait chaque chose à l’aune de ses ordres et désordres intimes. Ses grands contemporains en littérature, Sartre, Robbe-Grillet, Bataille, Mauriac, et même Roger Nimier avec qui il partageait sans doute beaucoup, jusqu’à une mort semblable à quelques jours d'intervalle, n’avaient d’autre importance pour lui que celle qu’il voulait bien leur accorder. Il prit néanmoins sa part dans la vie sociale de son temps à travers ses collaborations à des revues et ses sympathies gaullistes, son double tempérament chrétien et nietzschéen s'étant peut-être retrouvé dans la figure de Charles de Gaulle.

Le langage même ne semble pas avoir pris pour lui valeur d’absolu. Son journal, sa correspondance, ses articles en témoignent. À cet égard, on retiendra l'avis de Mauriac : « Les thèmes que Jean-René orchestre avec parfois trop de complaisance et qui reviennent sans fin, nous les accueillons, maintenant qu’il n’est plus là. [...] Dans la lumière de sa mort, ces pages ont pris un aspect différent. » C’est l’œuvre d’un jeune homme « qui avait pris d’avance la mesure de sa dépouille ».

Il trouva la mort au volant de sa voiture entre Paris et Chartres, le 22 septembre 1962. Il avait 26 ans.

Citation[modifier | modifier le code]

« Il était venu me voir, peu de temps avant sa mort. J'avais projeté de l'entraîner dans mes promenades à Bagatelle. Ce jeune vivant faisait déjà pour moi figure de revenant : il était le frère de ceux que j'avais aimés à vingt ans, pareil à eux, pareil à moi. Il les a rejoints. » (François Mauriac)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Côte sauvage, 1960.
  • La Dernière Innocence, pièce radiophonique en trois actes, 1961 (inédit).
  • Jean Witold (sous la direction), Richard Wagner, contribution, Hachette, 1962.
  • Journal (1955-1962), préfacé par François Mauriac, 1964.
  • Une autre jeunesse, recueil de ses articles parus dans les journaux, 1965.
  • Le Feu à sa vie, textes et correspondance inédits réunis par Michka Assayas, 1987.
  • Jean-René Huguenin, Au Signe de la Licorne, 1999, textes de Jean-René Huguenin, Dominique Pradelle, Didier Da Silva.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Other Side of the Summer (1961), traduit par Richard Howard, New York, George Braziller et A Place of Shipwreck (1963), traduit par Sylvia Townsend Warner, Londres, Chatto & Windus.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Edern Hallier, Je Rends Heureux, Albin Michel, 1992.
  • Jérôme Michel, Un jeune mort d'autrefois, Éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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