Jean-René Huguenin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Huguenin.
Jean-René Huguenin
Naissance
Paris
Décès (à 26 ans)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Roman, journal

Œuvres principales

Jean-René Huguenin, né le à Paris et mort accidentellement le , est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père est professeur à la Faculté de médecine de Paris. Jean-René Huguenin débute en littérature, dès l'âge de vingt ans, par des articles aux revues La Table ronde et Arts. Parallèlement, il prépare une licence de philosophie et le diplôme de Sciences Po, qu’il obtient en 1957. Il se destinait à l’ENA mais dès 1958 se consacre essentiellement à son œuvre littéraire. Dès l'hiver 1958, et jusqu'à la signature du contrat en janvier 1960, il participe à la création de la revue trimestrielle Tel Quel avec deux amis, Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier, trio auquel se joindra entre autres Renaud Matignon, mais la quitta quelques mois plus tard, en désaccord sur la question du nouveau roman qu'il n'affectionnait pas.

Il multiplie les collaborations avec divers organes de presse après le succès critique de son unique roman La Côte sauvage, paru en 1960, salué notamment par François Mauriac, Julien Gracq et Louis Aragon. Il fut traduit l'année suivante aux États-Unis et, en 1963, en Angleterre, en deux versions différentes[1].

Il fut une comète, fulgurante et étrange, dans le paysage littéraire de l’époque. Indépendant, prompt à juger, il eut ses entrées dans tous les cercles sans être d’aucune chapelle. Passionné, il s’éleva contre la médiocrité de son époque. Il se voulait généreux, se défendait de craindre la mort tout en entretenant avec elle et la souffrance des rapports complaisants. Il disait sa foi en la jeunesse et apparaissait alors comme le chantre d’un nouveau romantisme.

Il mesurait chaque chose à l’aune de ses ordres et désordres intimes. Ses grands contemporains en littérature, Sartre, Robbe-Grillet, Bataille, Mauriac, et même Roger Nimier avec qui il partageait sans doute beaucoup, jusqu'à une mort semblable à quelques jours d'intervalle, n’avaient d’autre importance pour lui que celle qu’il voulait bien leur accorder. Il prit néanmoins sa part dans la vie sociale de son temps à travers ses collaborations à des revues et ses sympathies gaullistes, son double tempérament chrétien et nietzschéen s'étant peut-être retrouvé dans la figure de Charles de Gaulle.

Le langage même ne semble pas avoir pris pour lui valeur d’absolu. Son journal, sa correspondance, ses articles en témoignent. À cet égard, on retiendra l'avis de Mauriac : « Les thèmes que Jean-René orchestre avec parfois trop de complaisance et qui reviennent sans fin, nous les accueillons, maintenant qu’il n’est plus là. [...] Dans la lumière de sa mort, ces pages ont pris un aspect différent. » C’est l’œuvre d’un jeune homme « qui avait pris d’avance la mesure de sa dépouille ».

Alors qu'il effectue son service militaire au service cinématographique de l'armée, il se tue au volant de la Mercedes que lui avait prêtée Yves Merlin, sur la route nationale 10, à la sortie d'une déviation entre Rambouillet et Ablis, son véhicule se déportant sur la gauche et allant heurter violemment celui se trouvant sur la voie de gauche, le [2]. Il avait 26 ans.

Citation[modifier | modifier le code]

« Il était venu me voir, peu de temps avant sa mort. J'avais projeté de l'entraîner dans mes promenades à Bagatelle. Ce jeune vivant faisait déjà pour moi figure de revenant : il était le frère de ceux que j'avais aimés à vingt ans, pareil à eux, pareil à moi. Il les a rejoints. » (François Mauriac)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Côte sauvage, 1960.
  • La Dernière Innocence, pièce radiophonique en trois actes, 1961 (inédit).
  • Jean Witold (sous la direction), Richard Wagner, contribution, Hachette, 1962.
  • Journal (1955-1962), préfacé par François Mauriac, 1964.
  • Une autre jeunesse, recueil de ses articles parus dans les journaux, 1965.
  • Le Feu à sa vie, textes et correspondance inédits réunis par Michka Assayas, 1987.
  • Jean-René Huguenin, Au Signe de la Licorne, 1999, textes de Jean-René Huguenin, Dominique Pradelle, Didier Da Silva.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Other Side of the Summer (1961), traduit par Richard Howard, New York, George Braziller et A Place of Shipwreck (1963), traduit par Sylvia Townsend Warner, Londres, Chatto & Windus.
  2. L'Echo républicain de la Beauce et du Perche, 25 septembre 1962 : "Alors qu'il circulait vers Chartres, le romancier Jean-René Huguenin s'est tué dans un accident de voiture qui a fait deux morts et sept blessés". L'article précise que le conducteur qui se trouvait sur la voie de gauche, Albert Beccas, 32 ans, grainetier à Cuillé (Mayenne) est tué, sa femme, sa belle-mère et son frère sont grièvement blessés. A bord de la Mercedes se trouvaient : Jacqueline Charleux, 30 ans, épouse d'un médecin parisien et ses deux enfants Olivier, 6 ans, et Sylvain, 4 ans, et Marie-Anne Amel, 20 ans, étudiante.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Edern Hallier, Je Rends Heureux, Albin Michel, 1992.
  • Jérôme Michel, Un jeune mort d'autrefois, Éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :