Jean-Pierre Pedrazzini

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Jean-Pierre Pedrazzini
Image dans Infobox.
Buste de Jean-Pierre Pedrazzini à Budapest.
Biographie
Naissance
Décès
Pseudonyme
PedraVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Distinction

Jean-Pierre Pedrazzini est un journaliste et reporter photographe franco-suisse, né le à Paris et mort le à Neuilly-sur-Seine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Pedrazzini naît en 1927 à Paris dans une famille aisée[1]. Son père, Guglielmo est le fils d'un émigré qui avait quitté Campo Vallemaggia et la misère des montagnes tessinoises pour le Mexique vers la fin du 19e siècle et qui a fait fortune dans les mines d’or. Sa mère, Francine Crovetto est monégasque[2]. Ils s'installent en Suisse en 1943 pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jean-Pierre Pedrazzini fait ses études à Neuchâtel, Lausanne, Davos puis Genève. Adolescent, il photographie les soldats américains internés dans les hôtels de la station grisonne de Davos et leur donne les clichés, en souvenir[2].

Après le divorce de ses parents, sa mère regagne Monte-Carlo tandis qu’avec sa sœur Marie-Charlotte[3], il revient à Paris[2].

Il effectue son service militaire dans les parachutistes en devançant l’appel puis entre à Paris Match en 1948 et où il devient l’assistant du photographe Walter Carone[4].

ll photographie les personnalités importantes de l’époque comme Charlie Chaplin, Maurice Chevalier, Sofia Loren, Brigitte Bardot, Edith Piaf, Marlène Dietrich, Vittorio de Sica, Grace Kelly et le prince Rainier de Monaco[2].

Le 11 juin 1955, alors qu’il est en reportage pour Match[5], il échappe de peu à la mort lors de l’accident des 24 Heures du Mans[6].

Le 10 novembre 1955, il épouse Annie Falk à Paris[2]. Il voyage en Europe de l'Est, notamment au cœur de l'Union soviétique de Khroutchev qu'il traverse en juillet 1956 avec son ami le journaliste Dominique Lapierre et en compagnie de leurs femmes[7]. Le récit et les photographies de ce voyage seront publiés à Lausanne en 1957, après la mort de « Pédra » sous le titre « En liberté sur les routes d'URSS »[2].

Mort[modifier | modifier le code]

En octobre 1956, Jean-Pierre Pedrazzini est envoyé par Paris Match avec le journaliste Paul Mathias pour couvrir l’insurrection de Budapest en Hongrie.

Alors qu'il photographie l'assaut lancé par les insurgés contre le Q.G. du parti communiste[6], place de la République, le 1956, il est atteint de trois rafales de mitraillette au ventre, à la colonne vertébrale et aux jambes[7]. C'est Jacques Médecin qui le sort du champ de tir. Le tireur avait pris son téléobjectif de Jean Pierre pour un lance rocket .

Rapatrié en France avec l’aide de Thomas Schreiber envoyé spécial du Monde et de la R.T.F.[8], dans la nuit du jeudi au vendredi 2 novembre, à bord d'un avion spécial, Jean-Pierre Pedrazzini meurt à 29 ans le dans une clinique de Neuilly-sur-Seine[6].

Ses obsèques ont lieu le 9 novembre en l’église Saint-Philippe-du-Roule[9], en présence du secrétaire d'État à l’Information Gérard Jacquet[10]. En 1957 sa sœur, Marie-Charlotte Vidal-Quadras Pedrazzini, fait transférer sa dépouille dans le caveau familial au cimetière de Locarno[1].

« C’était un magnifique garçon aux yeux clairs, beau sportif, ancien « para», plein d’allant et de droiture. »

— Le Monde, 8 novembre 1956.

Distinction[modifier | modifier le code]

Citation à l'Ordre de la nation le 7 novembre 1956[10],[9].

« M. Jean-Pierre Pedrazzini, reporter photographe aux qualités professionnelles unanimement reconnues et appréciées, entièrement dévoué à son métier, toujours volontaire pour les reportages les plus difficiles et les plus dangereux, a été mortellement blessé à Budapest pendant les journées de l'insurrection nationale dans l’accomplissement de son devoir de journaliste ; est tombé le 30 octobre 1956 en prenant sa dernière image. »

— Journal officiel de la République Française, 7 novembre 1956.

Livres de photographies[modifier | modifier le code]

  • Dominique Lapierre et Jean-Pierre Pedrazzini, So lebt man heute in Russland, Hamburg 1957.
  • Dominique Lapierre et Jean-Pierre Pedrazzini, Russie portes ouvertes, itinéraires du voyage en U.R.S.S, préface de Gaston Bonheur éditions Vie, Lausanne 1957
  • Jean-Pierre Pedrazzini, URSS-Budapest 1956, catalogue d’exposition, ChiassoCultura edizioni, 2006, 96 pages.
  • Images de guerre, Les trésors des archives de Paris Match, sous la direction de Roger Thérond, photos de Daniel Camus, Jean-Pierre Pedrazzini, Michel Descamps, François Pagès, Claude Azoulay, Jean-Claude Sauer, Bernard Wis et Benoit Gysembergh, Éditions Filipacchi, 2002.

Film[modifier | modifier le code]

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Dominique Lapierre, Il était une fois l'URSS : Le fantastique raid automobile de deux jeunes couples français sur les routes interdites du pays des Soviets, Éditions Robert Laffont, 2005
  • Annie et Jean-Pierre Pedrazzini, Une passion foudroyée, Lettres d’amour Paris 1955 - Budapest 1956, Éditions Michalon, 2006.
  • Danièle Georget, Une passion hongroise, Plon, 2008[12],[13].

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Pédra. Un reporter sans frontières, documentaire de Villy Hermann, Lugano, Imagofilm, 2006, 60 min[14],[1].

Expositions[modifier | modifier le code]

Individuelles[modifier | modifier le code]

  • 2001 : Jean-Pierre Pedrazzini, Centre culturel français, Budapest
  • 2003 : Jean-Pierre Pedrazzini, Musée national, Budapest.
  • 2006 : Jean-Pierre Pedrazzini. URSS-Budapest, 1956, Comune di Chiasso.

Collectives[modifier | modifier le code]

  • 1987 : Le Tessin et ses photographes, Lugano, Zürich, Museo Cantonale d'Arte, Kunsthaus, Stiftung für Photographie.
  • 2006 : Invasion, 5a Biennale dell'immagine Bi05, Chiasso, Balerna, Ligornetto, Mendrisio, Como.

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

Plaque apposée au 25, place Köztársaság à Budapest.
  • Une plaque mémorielle est apposée sur l’immeuble no 25 de la Köztársaság tér (place de la République) dans le 8e arrondissement de Budapest, lieu où il reçut ses blessures mortelles.
  • Un buste a été installé sur la place de la République en 2006, à l’occasion de la commémoration du 50e anniversaire des évènements de 1956[15].
  • Une salle de l’Institut français de Budapest porte son nom.
  • À l’occasion du 60e anniversaire de l’insurrection de Budapest, une plaque mémorielle a été inaugurée au lycée français Gustave-Eiffel de Budapest le [16].
  • Une voie de la ville de Perpignan, qui accueille chaque année le festival international de photojournalisme Visa pour l’Image, porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Champagne pour Pedra ! Deux jours à Paris avec Villi Hermann », sur 56es Journées de Soleure (consulté le )
  2. a b c d e et f « Pedrazzini, un grand reporter devenu un mythe », sur SWI swissinfo,
  3. « Dolce vita - Jean-Pierre Pedrazzini : la passion jusqu'au bout.. (reporter-photographe) - Play RTS » (consulté le )
  4. Bettina Wohlfender, « Notice biographique », sur www.foto-ch.ch (consulté le )
  5. Philibert Humm, « Pierre Levegh. 80 morts - La tragédie du Mans », sur Paris Match, (consulté le )
  6. a b et c « Blessé au cours des combats Jean-Pierre Pedrazzini reporter à " Paris-Match " est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. a et b Paris Match, « Les grands photographes de Match : 3. Jean-Pierre Pedrazzini » (consulté le )
  8. « Décès de Thomas Schreiber, ancien de RFI, du Monde et de L’Express », sur pressediplo.com,
  9. a et b Jean-Pierre A. Bernard, « Novembre 1956 à Paris », Vingtième Siècle. Revue d'histoire Année 1991-30 pp. 68-81.
  10. a et b Henri-Christian Giraud, Une histoire de la révolution hongroise, Éditions du Rocher, 2016.
  11. « En liberté sur les routes d'URSS (1957) », sur www.unifrance.org (consulté le )
  12. Aurore Lesage, « Danièle Georget : Une passion hongroise », sur mardishongrois.blogspot.hu (consulté le ).
  13. « Interview : Danièle Georget - Une passion hongroise - Interviews et vidéos Confidentielles », sur www.confidentielles.com (consulté le ).
  14. « film-documentaire.fr - Portail du film documentaire », sur www.film-documentaire.fr (consulté le )
  15. Paris Match, « Harlem Désir rend hommage à Jean-Pierre Pedrazzini », sur parismatch.com (consulté le )
  16. (hu) « Emlékfát ültettek a forradalom hős fotósának tiszteletére | Lokál », sur www.lokal.hu (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]