Jean-Pierre Maransin

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Jean-Pierre Maransin
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.

Naissance
Lourdes (Hautes-Pyrénées)
Décès (à 58 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17921832
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Son nom figure sur la 35e colonne de l'arc de triomphe de l'Étoile (pilier Ouest)

Jean-Pierre Maransin, né le à Lourdes (Hautes-Pyrénées) et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous officier et officier subalterne[modifier | modifier le code]

Volontaire le 13 février 1792 dans le 1er bataillon de volontaire des Hautes-Pyrénées, élu capitaine le même jour, il fait les campagnes de 1792 à l'an II à l'armée des Pyrénées occidentales.

Le 3 septembre 1793, à la tête de cinq compagnies qu'il commande, il repousse l'attaque du régiment d'Africa, dirigée contre le camp d'Ainhoa. Il s'empare des hauteurs de Laudibart, du village d'Urdach, des magasins et de la fonderie de canons que l'ennemi a établis.

Le 22 messidor an II, à la tête du 1er bataillon des Hautes-Pyrénées, il attaque le camp des émigrés dits de la légion de Saint-Simon, près de Berdaritz, prend après le combat le plus opiniâtre, la caisse militaire de la légion, et en fait la remise au général Digonnet. Assailli pendant l'action, par un nombre considérable d'émigrés, il en tue deux de sa main et disperse les autres à coups de sabre.

Le 26 vendémiaire an III, lors de l'invasion de la vallée de Roncevaux par le général Moncey, il attaque avec 1 200 hommes, et prend de vive force le château d'Irati, enlève le chantier de cette ville, brûle les magasins de la mâture royale, et cause à l'ennemi une perte de 4 millions.

Passé avec son bataillon dans la demi-brigade des Landes le 1er germinal suivant, il se rend à l'armée de l'Ouest où il fait la campagne de la fin de cette année à l'an IV. Au mois de vendémiaire an IV, avec cinq compagnies de grenadiers, il défend un convoi de grains attaqué par 4 000 Vendéens commandés par Charette. Il parvient à les disperser et amène le convoi à Legé, au moment où le général Raoul le croyait tombé entre les mains de l'ennemi.

Employé en l'an VI, à l'armée d'Angleterre, et en l'an VII à celle du Danube, il soutient le 4 floréal de cette dernière année, avec sa compagnie et quelques fuyards qu'il a ralliés, les charges d'une nombreuse cavalerie autrichienne, sauve les débris de la division Ferino, qui a été mise en désordre, et reprend six pièces de canon. Cette action lui vaut le grade de chef de bataillon le 26 prairial suivant.

Il fait les campagnes des ans VIII et IX à l'armée du Rhin. Le 11 floréal an VIII, à la tête de son bataillon, il passe le premier le Rhin et s'empare de la ville de Schaffhouse, malgré la supériorité numérique de l'ennemi. Le 20 du même mois, attaqué à Memmingen, et enveloppé par une division ennemie sous les ordres du général Kray, Maransin soutient un combat de deux heures contre des forces dix fois plus nombreuses. Il se fait jour à la baïonnette, et ramène son bataillon en renversant tout ce qui s'opposait à son passage. Quoique blessé d'un coup de feu qui lui traverse la cuisse, il continue de combattre et contribue puissamment au succès de la journée.

Rentré en France après la cessation des hostilités, il est employé sur les côtes de l'océan pendant les ans XI et XII.

Officier supérieur[modifier | modifier le code]

Major du 31e léger le 30 frimaire an XII, membre de la Légion d'honneur le 4 germinal, et promu colonel de la légion du Midi le 27 janvier 1807, il fait partie du corps d'observation de la Gironde, devenu armée de Portugal, sous les ordres de Junot. À la bataille de Vimeiro, au moment où l'armée est obligée d'opérer un mouvement rétrograde, il se porte en avant, à la tête de ses troupes, et protége la retraite de l'armée.

Officier général[modifier | modifier le code]

Général de brigade le 8 novembre 1808, il fait partie du 8e corps de l'armée d'Espagne. Baron de l'Empire le 15 août [1809, il ajoute encore à sa réputation les combats livrés le 20 juillet 1810 au col de Muladar, dans la Sierra Morena. Mis à la disposition du maréchal duc d'Elchingen le 1er mars, pour être employé au 6e corps, il passe au 5e sous les ordres du duc de Trévise le 10 avril suivant.

Le 1er janvier 1811, la division dont il fait partie se met en mouvement pour se porter sur Badajoz, dont le siège a été résolu. Parti de Fuente de Cantos le 8, à la poursuite de Ballesteros, qui s'est établi à Frégenal, il se trouve le 25, au combat de Los Castillejos en Andalousie, où l'ennemi après un combat de deux heures, se voit obligé de battre en retraite. Le régiment de Léon tient encore lorsque le général Maransin ordonne une charge à la baïonnette, qu'il conduit lui-même. Le régiment espagnol, enfoncé et mis en déroule complète, entraîne avec lui le corps entier de Ballesteros, qui éprouve dans cette action des pertes immenses.

Celui-ci, poursuivi toute la nuit par le général Maransin, à la tête des 28e léger et 103e de ligne, se rejete sur la rive gauche de la Guadiana, et ne peut rallier ses troupes que derrière ce fleuve. Maransin arrive le 2 février, au camp sous Badajoz. Le 16 mai de la même année, il commande une brigade de la division Girard, et se distingue à la bataille d'Albuera, où il est grièvement blessé. Officier de la Légion d'honneur le 20 mai, il reste à Séville pour y soigner sa blessure.

Appelé le 10 septembre suivant, au commandement de la 2e division de réserve de l'armée du Midi, il fait partie de la colonne envoyée dans les Alpujarras contre la division insurgée du comte de Montejo, qui est battue et dispersée. Il pousse ensuite jusqu'à Almeiria, reconnait la côte jusqu'à Malaga, et devient gouverneur de cette province. Ballesteros s'étant avancé sur Malaga avec 5 800 hommes d'infanterie, et 1 000 cavaliers, Maransin sort de cette place à la tête de 1 800 hommes. Il parvient après un combat de quatre heures, à forcer les Espagnols à battre en retraite, laissant le champ de bataille couvert de morts et de blessés. Il reçoit dans cette journée un coup de feu à travers le corps.

Maransin est attaché le 6 avril 1813, à la division de cavalerie légère du corps d'armée du maréchal Soult, et va occuper Tolède et Illescas. Général de division le 30 mai, il demeure à la suite du quartier général et se trouve le 21 juin, à la bataille de Vitoria. De cinq heures du matin à trois heures de l'après-midi, il lutte avec la plus grande énergie, mais accablé par le nombre toujours croissant des ennemis, il se retire et rejoint le gros de l'armée avec son artillerie.

Le 6 juillet suivant, les armées du Nord, du Centre et du Midi, forment l'armée dite d'Espagne, sous les ordres du maréchal duc de Dalmatie, et le 16 du même mois, Maransin prend le commandement de la 6e division d'infanterie, faisant partie du centre de cette armée. Le 25, au col de Maïa, il culbute le corps du général Hill, lui enlève cinq pièces de canon, et lui prend 700 hommes. Il occupe avec ses troupes les camps d'Ainhoa et de Vérfi jusqu'au 5 septembre, époque à laquelle le général en chef le place à la tête de la 5e division d'infanterie, qui se trouve à l'aile gauche.

Il combat vaillamment aux affaires des 9, 10, 11, 12 et 13 décembre sur la Nive, et reçoit un coup de feu à l'aine gauche, à la dernière de ces cinq journées. Le 27 février 1814, il se trouve à la bataille d'Orthez, où il repousse l'attaque du général britannique Alten.

Le 10 avril, à la bataille de Toulouse, il forme l'aile gauche de l'armée, avec sa division et celle du général Darricau. Attaqué à sept heures du matin, près de l'embranchement du canal, il fait bonne contenance, et ne peut être débusqué de ses positions malgré les efforts réitérés de l'ennemi.

Fin de carrière et fin de vie[modifier | modifier le code]

Chevalier de Saint-Louis le 24 août 1814, mis en non-activité en septembre, et créé commandeur de la Légion d'Honneur le 15 décembre de la même année, le roi l'emploie dans la 2e subdivision de la 10e division militaire le 15 janvier 1815.

Le 10 mai suivant, l'empereur lui confie le commandement de la 7e division de réserve des gardes nationales de l'armée des Alpes. C'est à la tête de ces troupes qu'il seconde les opérations militaires du général duc d'Albufera. Commandant provisoire de la division militaire de (Lyon) le 2 août, mis en non-activité le 26 octobre, et dénoncé au ministre de la Police, il subit à Tarbes un emprisonnement préventif de quatre mois.

Compris comme disponible dans le cadre de l'état-major général de l'armée le 30 décembre 1818, et mis à la retraite en décembre 1825, il meurt à Paris le 15 mai 1828.

Hommages[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

« Jean-Pierre Maransin », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Docteur Labougle, Le général baron Maransin (1770-1828), p. 12-16, Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, année 1952 (lire en ligne)