Jean-Pierre Fabre

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Jean-Pierre Fabre
Illustration.
Jean-Pierre Fabre
Fonctions
Président de l'ANC
Biographie
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Lomé (Togo)
Nationalité Togolaise
Parti politique Alliance nationale pour le changement
Diplômé de Université des Sciences et Technologies de Lille (France)
Profession Économiste
Résidence Lomé

Jean-Pierre Fabre (né le à Lomé) est un homme politique togolais. Économiste de formation, il est président de l'Alliance nationale pour le changement (ANC), principal parti d'opposition du Togo.

Militant de première heure de la Ligue togolaise des droits de l'homme, il fait partie des hommes qui ont résisté sur place et ont été pourchassés par le régime dictatorial de Gnassingbé Eyadema, essuyant toutes sortes d'humiliations et même de tirs de canon jusque dans leur foyer.

Aux commandes de l'Union des forces de changement en tant que Secrétaire Général depuis la création de ce parti en 1992, homme de foule mais aussi de méthodes, Jean-Pierre Fabre a organisé le parti et assuré son ancrage comme premier parti de l'opposition. Il est candidat pour l'élection présidentielle de au Togo, remplaçant au pied levé le président du parti, Gilchrist Olympio, qui n'a pu déposer à temps sa candidature en raison de problèmes de santé. À la suite de divergences de vue avec son mentor Gilchrist Olympio, qui décida de se rallier au pouvoir après l'élection présidentielle, il crée l'Alliance nationale pour le changement (ANC) dont il est l'actuel président.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et origine[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Fabre, issu d'une fratrie de neuf enfants, est le fils de Louis Henri Fabre, d'origine française, et de Dovi Franklin, d'origine togolaise[1]. Il est le descendant d'un des premiers commerçants français ayant installé les comptoirs commerciaux sur la côte du Togo dans les années 1870.

Jean-Pierre Fabre est marié et père de trois enfants.

Éducation[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Fabre effectue ses études primaires à Lomé, les études secondaires au collège Saint-Augustin de Togoville, puis au collège Saint-Joseph de Lomé où il obtint le baccalauréat avant de partir poursuivre ses études universitaires en France. Après une maîtrise en sciences économiques, il se spécialise en administration des entreprises (DESS) à l'Université des Sciences et Technologies de Lille.

Carrière[modifier | modifier le code]

De retour au Togo 1979, Jean-Pierre Fabre a été enseignant à l'Université de Lomé, donnant des cours de statistiques, de finance et de sciences économiques. Il rejoint ensuite un important groupe d’études en architecture et urbanisme dont il occupe le poste de secrétaire général de 1981 à 1991.

Militant de première heure des droits de l’Homme et de liberté d'expression, il devint directeur des publications d'un des premiers journaux libres du Togo à l'aube des années 1990 qui furent marquées par différents mouvements de lutte pour la démocratie au Togo. En qualité de rédacteur en chef de deux revues hebdomadaires, La Tribune des démocrates et Le Temps des démocrates, il s'investit dans la presse d'opinion.

Fabre a été candidat à 3 reprises à l'élection présidentielle togolaise, successivement en 2010, 2015 et en 2020[2].

Droits de l'homme et démocratie[modifier | modifier le code]

Sous le régime dictatorial de Gnassingbé Eyadema, Jean-Pierre Fabre s'est investi dans la lutte pour la liberté, la justice et la démocratie en participant à la création de la Ligue togolaise des droits de l'homme (LTDH) en 1980. Première organisation non gouvernementale (ONG) des droits de l'homme créée au Togo, la LTDH avait deux objectifs : tout d'abord la promotion la protection et la défense des droits de l'homme, et en deuxième lieu, la formation de ses membres et de la population pour leur permettre de participer à l'élaboration d'un État gouverné par la loi.

En 1991, Jean-Pierre Fabre est le porte-parole de la Conférence nationale souveraine (CNS) organisée au Togo pour lancer le processus de transition démocratique à la suite d'une série de mouvements de contestation de la jeunesse togolaise éprise de liberté et dopée par tous les changements en Europe de l'Est et le fameux Discours de La Baule de François Mitterrand.

En , quelques mois après le rétablissement du multipartisme au Togo, Jean-Pierre Fabre participe à la création du l'Union des forces de changement (UFC) en tant que fédération de huit partis politiques (UTR, PFC, MTD, FCDDT, SDT, ATD, PDU, UDS) se réclamant de l’héritage de l'ex-Comité de l'Unité togolaise (CUT). Il est désigné secrétaire général de ce parti en étroite collaboration avec le président national du parti Gilchrist Olympio. Dès lors il mettra en œuvre l'organisation et l'implantation du parti dans toutes les couches sociales du pays de manière à en faire la première force d'opposition à l'ancien parti unique, le Rassemblement du peuple togolais (RPT) de feu Gnassingbé Eyadema et de son successeur Faure Gnassingbé.

Malgré différents rendez-vous électoraux manqués et marqués par les fraudes et l'usurpation organisées par le RPT, Jean-Pierre Fabre est élu député en 2007, et devient président du groupe UFC à l'Assemblée nationale.

Élection présidentielle de 2010[modifier | modifier le code]

Le , deux jours avant la clôture du dépôt des candidatures à l'élection présidentielle de 2010, Gilchrist Olympio candidat de l'UFC est victime à Washington, D.C. d'un accident qui lui a occasionné un mal de dos l’empêchant de revenir dans le délai imparti à Lomé pour accomplir les formalités de dépôt de signature à la Cour constitutionnelle et de visite médicale auprès des médecins assermentés.

Le bureau national du parti prit alors à l’unanimité des membres présents la résolution de tout mettre en œuvre pour que le parti soit représenté à l'élection présidentielle. Ont été proposés pour être candidat Patrick Lawson, premier vice-président, maître Isabelle Manavi Ameganvi, troisième vice-présidente, Jean-Pierre Fabre, secrétaire général, maître Georges Latévi Lawson, conseiller spécial du président national, maître Ruben Adama Doe-Bruce, conseiller du bureau national et maître Jean-Claude Homawoo, conseiller du bureau national. Les personnes ainsi proposées se sont individuellement désistées au profit de Jean-Pierre Fabre.

Le , à la suite d'une rencontre à Paris entre différentes personnalités des plusieurs partis de l'opposition (l'ADDI, l’Alliance, le PSR, Sursaut-Togo et l'UFC), à l'initiative de François Boko, un Front républicain pour l'alternance et le changement (FRAC) a été créé avec comme objectif principal l'avènement du changement et de l'alternance au Togo en soutenant un candidat unique pour l'élection présidentielle 2010. Jean-Pierre Fabre est désigné candidat du FRAC, Kofi Yamgnane le porte-parole général chargé de l'élaboration du programme commun de gouvernement, et Patrick Lawson le directeur de campagne.

Les élections du se déroulèrent dans un calme relatif, et alors que les estimations préliminaires révélaient une avance de Jean-Pierre Fabre, la Commission Électorale Indépendante (CENI) déclara Faure Gnassingbé vainqueur avec 60,92 % des voix. Les observateurs internationaux ont jugé le processus électoral équilibré mais ont émis des réserves par rapport à la fiabilité des résultats annoncées par la commission électorale après la mise en panne du système de transmission des résultats par satellite. Le camp de Jean Pierre Fabre contesta les résultats annoncé et organisa des manifestations hebdomadaires chaque samedi pour réclamer sa "victoire volée". Par-dessus tout, lors d'une intervention policière dans le centre de données traitement de l'information de l'UFC, les forces de l'ordre procédèrent à la saisie des copies de procès-verbaux et du matériel informatique utilisé pour le recomptage des votes, et à la destruction de toutes preuves matérielles. Il était donc impossible pour le camp de Jean-Pierre Fabre de vérifier les résultats et de fournir les preuves de sa victoire.

Élection présidentielle de 2015[modifier | modifier le code]

Fin 2014, un regroupement des principaux partis d'opposition (le Combat pour l'Alternance Politique, qui inclut l'ANC) dénonce par avance des fraudes massives[3].

Le 3 février, la cour constitutionnelle déclare que l'élection doit avoir lieu entre le 17 février et le 5 mars. Jean-Pierre Fabre, candidat du principal mouvement d'opposition Alliance nationale pour le changement (ANC) et soutenu par CAP 2015 (Combat pour l'alternance politique), conteste ce calendrier[4]. Finalement, le 25 février, l'élection est reportée au 15 avril. Des partis, dont le Comité d'action pour le renouveau (CAR), annoncent leur boycott durant tout l'hiver, mais les principaux partis (dont l'UNIR du président sortant Faure Gnassingbé, qui brigue un troisième mandat) y participent.

D'après la Concertation nationale de la société civile une ONG, la mobilisation pour l'élection est « très faible ».

Élection présidentielle de 2020[modifier | modifier le code]

Jean Pierre Fabre, se présente pour les élections présidentielles pour la troisième fois[5]. Participant aux deux élections présidentielles précédentes (2010 et 2015), Fabre a toujours échoué à la deuxième place en récoltant 33,93 % des votes en 2010 et 35,19 % en 2015. Espérant remportant la présidentielle, le maire de la commune Golf 4, a annoncé sa candidature depuis octobre 2019, à la tête de son parti l'Alliance nationale pour le changement (ANC)[6]. Toutefois, enregistrant 4,35 % des suffrages au cours des présidentielles de 2020, il a connu une grosse déroute[7]. Ce résultat s'explique par le boycott du recensement électoral de 2019 par les partis d'opposition alors regroupés au sein de la C14. L'électorat de l'opposition ayant été déroutée par des mots d'ordres contradictoires.

Crise à l'UFC et création de l'ANC[modifier | modifier le code]

Le la décision unilatérale de Gilchrist Olympio de rejoindre le gouvernement de Faure Gnassingbé, sans le consentement des membres exécutifs de l'UFC, a créé une division au sein du principal parti d'opposition ancienne. À l'Assemblée nationale où l'UFC avait 27 députés, 20 membres ont soutenu la position de Jean-Pierre Fabre et les membres du bureau nationale du parti pour exclure temporairement Gilchrist Olympio et les députés l’ayant suivi dans cette aventure. Le , il est élu Président national de l'UFC lors d'un congrès organisé par le parti dans un climat de résistance, alors que la gendarmerie nationale aux ordres du President Faure Gnassingbé cherchait par la violence à empêcher la tenue du congrès. De l'autre côté, le un autre congrès fut organisé par le camp de Gilchrist Olympio sous bonne escorte policière et avec la présence des nouveaux alliés du RPT, décidant l'exclusion de Jean-Pierre Fabre et ses collègues.

La lutte de leadership engagée au sein de l’Union des forces du changement (UFC) à la suite de cette décision unilatérale de Gilchrist Olympio, exacerbée par l'ingérence du pouvoir togolais et les forces de l'ordre dans ce conflit interne, aboutit à la création de l'Alliance nationale pour le changement le .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Edmond d'Almeida, « Présidentielle togolaise : autour de Fabre, l'opposition dans les startings-blocks », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  2. « Togo : dix choses à savoir sur l’opposant Jean-Pierre Fabre – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  3. « Présidentielle 2015: Des fraudes massives en préparation selon CAP 2015 », sur togobreakingnews.com, (consulté le ).
  4. « Le délai constitutionnel est 'matériellement impossible à respecter', Jean Pierre Fabre », sur icilome.com, (consulté le ).
  5. « Togo : l’opposant Jean-Pierre Fabre candidat à la présidentielle de 2020 – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  6. « Les principaux adversaires de Faure Gnassingbé à la présidentielle au Togo – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  7. Isabelle Maya, « Résultats de la présidentielle au Togo : Faure Gnassingbé, le coup KO », sur La Revue de l’Afrique, (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]