Jean-Noël Pancrazi

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Jean-Noël Pancrazi
Jean-Noël Pancrazi, Maghreb-Orient des Livres 2018.jpg
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Jean-Noël Pancrazi, né à Sétif (Algérie) le , est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Jean-Noël Pancrazi passe les dix premières années de sa vie en Algérie, avec ses parents et sa sœur ; ses années d'enfance pendant la guerre d'Algérie auront une grande répercussion sur son œuvre future[1],[2].

Il arrive en France en 1962 et fait ses études secondaires à Perpignan, d'où sa mère est originaire. Venu à Paris, tout d'abord au lycée Louis-le-Grand, il suit plus tard des cours de littérature à la Sorbonne. En 1972, il est agrégé de lettres modernes. Sa première œuvre, publiée l'année d'après, est un essai sur Mallarmé. Il est dans les années 1970 professeur de Français dans un collège à Massy.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Le Vagabond, bar gay de la rue Thérèse à Paris.

Son premier roman, La  Mémoire brûlée paraît en 1979 aux Éditions du Seuil[3]. Suivront Lalibela ou la mort nomade  (1981), L'Heure des adieux (1985) et Le Passage des princes  (1988). L’œuvre suivante, Les Quartiers d'hiver est publiée en 1990 par Gallimard[4] : le décor en est « le Vagabond », un bar gay de Paris, au début des années sida[5]. Le roman obtient le prix Médicis[6]. Pancrazi poursuit son exploration du monde de la nuit avec Le Silence des passions (1994) couronné par le prix Valery-Larbaud. Il revient sur son enfance en Algérie, à Batna, au moment où le pays bascule dans la guerre, dans Madame Arnoul (1995), qui retrace l'amitié entre un petit garçon et une voisine alsacienne, - que le narrateur considère comme une autre mère - décrétée « du côté des Arabes » parce qu'elle a protégé une petite Algérienne contre les assauts d'un militaire français et qui sera « punie »[7]. Le livre est distingué par trois prix : le prix du Livre Inter, le prix Maurice-Genevoix, et le prix Albert-Camus. Il rend hommage à son père, qui a fini ses jours en Corse, dans Long séjour (1998, prix Jean Freustié), puis à sa mère, dans Renée Camps (2001). Ces trois livres composent « une trilogie de mémoire familiale »[8].

Dans Tout est passé si vite (2003, grand prix du roman de l'Académie française), il fait le portrait d'une femme éditrice et écrivain, dont il est l'ami et qui est atteinte d'un cancer.

Ses séjours en Haiti et en République Dominicaine lui inspirent deux romans : Les Dollars des sables (2006)[9] et Montecristi (2009), où il dénonce un scandale écologique. 

Dans La Montagne (2012), Jean-Noël Pancrazi affronte un souvenir qu'il a longtemps gardé secret : la mort de six petits camarades assassinés dans la montagne pendant la guerre d'Algérie[10]. Le texte est récompensé par le prix Méditerranée, le prix Marcel-Pagnol et le prix François-Mauriac de la région Aquitaine.

Dans Indétectable, roman paru en 2014 (Gallimard), il raconte la vie de Mady, d'origine malienne, sans papiers à Paris depuis dix ans[11]

Jean-Noël Pancrazi est également l'auteur de Corse (2000)[12], avec Raymond Depardon.

Il a reçu le grand prix de la Société des gens de lettres (SGDL) pour l'ensemble de son œuvre. 

Depuis 1999, il est membre du jury du prix Renaudot[13].

En 2013, un documentaire est réalisé sur Jean-Noël Pancrazi, Territoires Intimes (film réalisé par Renaud Donche, France 3 - Corse, septembre 2013)[14].

Jean-Noël Pancrazi est chevalier dans l'Ordre du Mérite et chevalier de la Légion d'Honneur.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Madame Arnoul (1995) a pour toile de fond Batna basculant dans la guerre, et La Montagne (2012) retrace l'assassinat de six de ses camarades durant la guerre d'Algérie. Christian Authier, Le Figaro, 22/03/2012 « Les lecteurs de Jean-Noël Pancrazi savent à quel point ses jeunes années algériennes et l'exil l'ont façonné, comme en témoignait notamment l'émouvant Madame Arnoul. Avec La Montagne, il dévoile un peu plus encore les blessures subies voici un demi-siècle. »
  2. Émission Bibliothèque Médicis sur Public Sénat du 22/06/2012, présentée par Jean-Pierre Elkabbach : « L'Algérie : l'Algérie et nous ! », avec Jean-Noël  Pancrazi.
  3. C'est François-Régis Bastide qui décide d'éditer le premier roman de Jean-Noël Pancrazi.
  4. http://www.gallimard.fr/Contributeurs/Jean-Noel-Pancrazi
  5. « Le prix Médicis consacre le sida comme thème littéraire », Paris Match, 13 décembre 1990, interview par Colette Porlier
  6. Jean Chalon, « Médicis : Jean-Noël Pancrazi », Le Figaro, 27 novembre 1990, p. 36
  7. Jean-Pierre Tison, « La nostalgie d'une autre Algérie », L’Express, 01/03/1995.
  8. Interview de J-N Pancrazi dans Territoires intimes (film de Renaud Donche, diffusé sur France 3 Corse - 19 septembre 2013).
  9. Les Dollars des sables vient de faire l’objet d’une adaptation cinématographique en République dominicaine, par les réalisateurs Laura Amelia Guzmán et Israel Cárdenas, avec l’actrice américaine Géraldine Chaplin.
  10. France-Info, interview de Philippe Vallet - Le livre du jour 13 août 2012 La Montagne de Jean-Noël Pancrazi ; L'Humanité 7 juin 2012 chronique littéraire de Jean-Claude Lebrun « De sang et de laine trouée La Montagne, de Jean-Noël Pancrazi ».
  11. Le Point(28/02/14) « Errances africaines » ; La Provence (02/03/2014) -  Jérôme Garcin  « Jean-Noël Pancrazi ne veut pas oublier Mady ».
  12. Libération 24/04/2000 : « La Corse, paysages intérieurs », Annick Peigne-Giuly - (2) Corse. Texte de Jean-Noël Pancrazi. Photographies de Raymond Depardon. Ed du Seuil (2000) - France-culture (16/04/04) : Corse, de Jean-Noël Pancrazi et Raymond Depardon 
  13. page Jean-Noël Pancrazi, sur le site du prix Renaudot.
  14. Le film « Jean-Noël Pancrazi, territoires intimes »( 2013) est accessible sur youtube (https://www.youtube.com/watch?v=mTUmq3Fe7jQ).
  15. Article de Libération du 5 mars 1998
  16. L’Express / AFP - Pierre Andrieu, le 20/06/2012 :  « Le prix Méditerranée 2012 à Jean-Noël Pancrazi et Antonio Muñoz Molina »,