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Jean-Miguel Garrigues

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Jean-Miguel Garrigues
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Distinction

Jean-Miguel Garrigues est un prêtre et théologien dominicain franco-espagnol né le . Prédicateur, il a notamment donné les Conférences de Carême à Notre-Dame de Paris de 1992 à 1994. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de spiritualité et de théologie, en particulier sur les racines juives du christianisme.

Issu d'une famille de diplomates espagnols[1], il naît le 12 juin 1944 à Istanbul en Turquie. Il entre dans l'ordre dominicain en 1963 à Lille. Il fait profession solennelle au Saulchoir d'Étiolles en 1967 et est ordonné prêtre en 1969[2].

Responsable au début des années 1970 de la revue Résurrection, il se lie d'amitié avec des philosophes comme Jean-Luc Marion et Rémi Brague qui étaient alors normaliens[3].

Il soutient sa thèse de théologie sur Maxime le Confesseur en 1972 sous la direction du père Marie-Joseph Le Guillou[4].

Il est proche d'intellectuels libéraux comme Raymond Aron, qu'il rencontre en 1975[1], Alain Besançon, Annie Kriegel, Jean-Claude Casanova et Pierre Manent. qui l'initient à la philosophie politique au début des années 1970[3],[1].

Parcours religieux

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Jusqu'à la fin des années 1970, il accompagne les débuts du renouveau charismatique[1], notamment la communauté de l'Emmanuel et la communauté des Béatitudes. Entre 1975 et 1977, il donne des enseignements lors de rassemblements charismatiques, en particulier à Paray-le-Monial[4].

Fondation de fraternités paroissiales de moines apostoliques

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Avec d'autres religieux dominicains issus du couvent de Rangueil à Toulouse, il participe en 1977 à la fondation d'une fraternité monastique à Aix-en-Provence, qui dessert l'église Saint-Jean-de-Malte[4], puis d'une autre à Avignon[1]. Il quitte l'ordre dominicain en 1979[2]. Une autre fraternité voit le jour en 1983 à l'église Saint-Nizier à Lyon où il s'installe avec Jean Legrez[4]. Il s'investit notamment dans la pastorale à destination de personnes homosexuelles[1],[5].

Communauté Saint-Jean

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L'expérience de la fraternité de Saint-Nizier prend fin en 1996[4]. Il entre en 1997 dans la Congrégation Saint-Jean où il enseigne la théologie au studium de Rimont. En 2000, il dénonce auprès de Raymond Séguy, évêque d'Autun dont dépend la communauté, le culte de la personnalité qui règne autour du fondateur, le père Marie-Dominique Philippe. Sur son conseil, l'évêque adresse une sévère monition canonique à la congrégation Saint-Jean en exigeant d'elle une élection pour démettre le fondateur[6]. Pressenti pour succéder à Marie-Dominique Philippe comme prieur général[7], il « mène la fronde » lors du chapitre général d'avril 2001 avec d'autres frères, conscients des dérives de la communauté[6]. Il quitte avec eux la congrégation en 2002, faute d'avoir réussi à la rallier à sa cause, et réintègre au couvent de Bordeaux la Province dominicaine de Toulouse[1],[6]. Il continue néanmoins d'alerter sur les dérives de la communauté, grâce à ses réseaux qui comprennent notamment le cardinal Georges Cottier, alors théologien de la Maison pontificale. Bien qu'il ne soit pas le seul lanceur d'alerte, il est perçu par Marie-Dominique Philippe comme le fer de lance de la contestation[6].

Retour dans son ordre d'origine

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En 2006, il refait profession pour la Province de Toulouse[2] et est assigné au couvent de Bordeaux[8]. Il est envoyé ensuite au couvent de Rangueil où il enseigne la patristique. Il est également professeur à l'Institut Saint-Thomas d'Aquin (ISTA), au sein de la faculté de théologie de l'Institut catholique de Toulouse, et au séminaire d'Ars[9]. Il est assistant de la fraternité sacerdotale Sainte-Marie-Madeleine qui accueille au couvent des prêtres diocésains[10].

De ce parcours complexe, il rend compte dans son livre de mémoires, Par des chemins resserrés - Itinéraire d'un religieux en des temps incertains publié en 2007[11],[3].

Il est envoyé en 2019 au couvent des dominicains de Montpellier[12].

Travaux théologiques

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Il a notamment travaillé sur le problème du Filioque à travers deux ouvrages sur la question publiés en 1982 et 2011. Il intervient comme expert dans l'élaboration du document romain de clarification, Les traditions grecque et latine concernant la procession de l'Esprit-Saint[13], présenté par le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens en [14],[15].

Ses travaux portent également sur la question des relations judéo-chrétiennes et du supersessionisme dont rend compte un ouvrage collectif dont il assure en 1986 la direction : L'Unique Israël de Dieu. Approches chrétiennes du mystère d'Israël. Le livre retient l'attention du cardinal Jean-Marie Lustiger qui lui propose de prêcher pendant trois ans (1992-1994) les conférences de Carême à la cathédrale Notre-Dame de Paris[1].

Dans les années 1990, il collabore à la rédaction du Catéchisme de l'Église catholique avec Christoph Schönborn, un ami proche rencontré en 1968 au Saulchoir[3],[1].

Il participe comme conférencier en 1997 et 1998 aux deux colloques qui se tiennent au Vatican, l'un sur l'antijudaïsme en milieu catholique et l'autre sur l'Inquisition, destinés à préparer les actes de repentance que le pape Jean-Paul II prononce au nom de l’Église catholique à l'occasion du Jubilé de l'an 2000[1],[16].

En novembre 2005, il devient membre correspondant de l'Académie pontificale de théologie à Rome[8],[9],[17].

En juin 2015, il s'exprime sur la situation des couples divorcés-remariés dans un entretien avec le cardinal Georges Cottier et Antonio Spadaro publié par la revue La Civiltà Cattolica, en vue du second synode sur la famille convoqué par le pape François[9]. Il débat de la question avec le philosophe Thibaud Collin[18],[19],[20],[21]. Avec le père Alain Thomasset s.j, il publie en 2016 une réponse aux dubia (demandes de clarification) adressés par quatre cardinaux au pape François à propos de l'encyclique Amoris lætitia[22],[23].

En novembre 2023 paraît son livre, L'impossible substitution. Juifs et chrétiens (Ier – IIIe siècles), dans lequel il analyse la séparation progressive entre l’Église primitive et le judaïsme[16],[24].

Le 20 juin 2024, l'Académie française lui décerne le prix du cardinal Lustiger pour l'ensemble de son œuvre[25].

En collaboration

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Notes et références

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  1. a b c d e f g h i et j Martine de Sauto, « Le P. Jean-Miguel Garrigues, intellectuel atypique. », La Croix,‎ (lire en ligne).
  2. a b et c « GARRIGUES Jean-Miguel », sur Dictionnaire biographique des frères prêcheurs, (consulté le ).
  3. a b c et d Astrid de Larminat, « Un intellectuel à contretemps », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  4. a b c d et e Olivier Landron, Les communautés nouvelles : nouveaux visages du catholicisme français, Paris, Éditions du Cerf, , 478 p. (ISBN 2-204-07305-9, lire en ligne), p. 26-28, 125, 131.
  5. Élise Corsini, « Père Jean-Miguel Garrigues : « Le couple homosexuel est un leurre » », Famille chrétienne,‎ (lire en ligne).
  6. a b c et d Tangi Cavalin, L'affaire : les dominicains face au scandale des frères Philippe, Paris, Éditions du Cerf, , 766 p. (ISBN 9782204153539), p. 128-131, 160-164.
  7. Yves Chiron, « Les "Petits Gris" : vingt-cinq après », Aletheia, no 9,‎ (lire en ligne).
  8. a et b Maryvonne Gasse, « Jean-Miguel Garrigues, maître penseur », Famille chrétienne,‎ (lire en ligne)
  9. a b et c Christophe Chaland, « Synode : le théologien Jean-Miguel Garrigues livre une analyse « autorisée » des orientations du pape François », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. « Les frères du couvent de Saint-Thomas-d’Aquin », sur Couvent des dominicains de Toulouse.
  11. Gérard Leclerc, « Jean-Miguel Garrigues », France catholique,‎ (lire en ligne).
  12. Lilian Estradé, « Le monde, « chrysalide de la liberté » ? Eschatologie et écologie intégrale », Cahiers d’études du religieux,‎ (DOI 10.4000/15dgh)
  13. « Les traditions grecque et latine concernant la procession de l'Esprit-Saint » [PDF], sur Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, L'Osservatore Romano, (consulté le ).
  14. Jean-Miguel Garrigues, « À la suite de la Clarification romaine sur le Filioque. Réciprocité et complémentarité du Christ et de l'Esprit dans l'économie du salut », Nouvelle Revue théologique, no 119,‎ , p. 321-334 (lire en ligne).
  15. « Dr Jean Miguel Garrigues », sur Domuni Universitas (consulté le ).
  16. a et b Cyprien Mycinski, « Jean-Miguel Garrigues, théologien : « Une doctrine de l’Eglise primitive a généré des siècles de souffrances pour les juifs dans le monde chrétien » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  17. (it) « Membri della Pontificia Accademia Teologica », sur vatican.va, (consulté le ).
  18. Jean-Marie Heidinger, « Divorcés-remariés : « Cœur tendre et esprit mou » », Famille chrétienne,‎ (lire en ligne).
  19. Christophe Chaland, « Divorcés-remariés : le P. Jean-Miguel Garrigues répond à ses détracteurs », La Croix,‎ (lire en ligne).
  20. Christophe Chaland, « Synode : suite du débat entre Thibaud Collin et le P. Garrigues », La Croix,‎ (lire en ligne).
  21. Fr. Jean-Miguel Garrigues o.p., « Vœux du père Jean-Miguel Garrigues », France catholique,‎ (lire en ligne).
  22. Christian Gouyaud, « Amoris laetitia : une réponse aux dubia », La Nef,‎ (lire en ligne).
  23. Céline Hoyeau, « Une réponse française aux « doutes » des cardinaux sur « Amoris laetitia » », La Croix,‎ (lire en ligne).
  24. Sébastien Lapaque, « L’impossible substitution, de Jean-Michel Garrigues: juifs et chrétiens dans le plan de Dieu », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  25. Christophe Henning, « Les prix de l’Académie française mettent la francophonie à l’honneur », La Croix,‎ (lire en ligne).