Jean-Michel Bouhours

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Jean-Michel Bouhours
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Jean-Michel Bouhours est un conservateur, historien de l'art et cinéaste français né le 9 août 1956 à Brou[1].

Spécialiste de l'art moderne et du cinéma d'avant garde, il est notamment auteur d'une dizaine de film expérimentaux et plusieurs ouvrages sur l'art.

Ancien chef de service des collections modernes au Musée national d'Art moderne, ancien Directeur du Nouveau Musée national de Monaco de 2003 à 2008, il est actuellement Curateur free lance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il étudie les mathématiques et la physique à l'Université François Rabelais de Tours puis le cinéma à l'Université Paris VIII-Vincennes-Saint-Denis.

Dans les années 70, il rencontre le groupe "Cinéma expérimental" animé par Claudine Eizykman et Guy Fihman, ainsi que les cinéastes Pierre Rovère, Giovanni Martedi, Patrick Delabre, Alain Bonnamy . Ensemble, en 1976, ils cofondent la Paris-Films-Coop, structure de diffusion du cinéma expérimental, créé sur le modèle de la New York Filmmakers Cooperative de Jonas Mekas[2]. Au sein de ce groupe il participe à la revue Melba[3],[4] et réalise ses premiers films.

Il réalise, en 1976, le film Rythmes 76 dont le titre est un hommage au cinéaste allemand, Hans Richter[5]. Son film est récompensé la même année par un Prix spécial du jury au festival international du Jeune Cinéma de Toulon. Le jury est alors composé du philosophe Michel Deguy, le cinéaste Werner Nekes et l'écrivain et historien du cinéma Dominique Noguez.

En 1976, il commence à collaborer avec le Centre Pompidou qui doit ouvrir quelques mois plus tard pour la mise en place du projet de collection d'œuvres cinématographiques préfigurée par Peter Kubelka autour du cycle : Une Histoire du cinéma.

Chargé de la programmation expérimentale, il prend la direction du service cinéma créé en 1992 à l'initiative de Dominique Bozo, directeur du Musée national d'art moderne, dans le cadre de la réforme du Centre Pompidou et du Musée national d'art moderne, et est promu au titre de conservateur[6]. On lui doit de nombreuses programmations cinématographiques, rétrospectives et cycles thématiques, souvent liés à l'actualité des expositions temporaires.

À partir du milieu des années 1990, il met en place une production éditoriale sur le cinéma expérimental et d'avant-garde, avec une collection d'ouvrages intitulée '15x21'. Ont été publiés : Le Je filmé avec Yann Beauvais, Teo Hernandez, Hollis Frampton L'Ecliptique du savoir, Stan Brakhage. Métaphore et vision[7], Jochen Gerz In Case we Meet, Monter/Sampler L'échantillonnage généralisé[8], En marge d'Hollywood, etc.

En 1993, il publie un numéro spécial des Cahiers du Musée national d'art moderne consacré au film de Luis Bunuel, L'Âge d'or, film-mythique du surréalisme interdit depuis 1930, avec l'intégralité de la correspondance inédite du cinéaste, du co-scénariste Salvador Dali et du vicomte de Noailles, le producteur[9]. Simultanément, il dirige la restauration du négatif du film, un des premiers long métrage sonore tourné en France.

En 1994, il est co-commissaire de l'exposition Hors limites, L'art et la vie, avec Jean de Loisy, Daniel Caux et Jacques Donguy, au Centre Pompidou.

À partir de 2000, il est le commissaire d'expositions consacrées à des artistes-cinéastes, notamment la première exposition consacrée à l'artiste néo-zélandais Len Lye (Centre Pompidou/Le Fresnoy 2000), suivies des expositions sur Michael Snow en 2001 et Jochen Gerz en 2002. En 2001, il est le co-commissaire avec Catherine Grenier et Chantal Béret de l'exposition Les années Pop[10].

En 2003, il quitte le Centre Pompidou pour prendre la direction du projet muséographique du Nouveau Musée national de Monaco. Il crée la structure administrative de l'Établissement public, met en place la politique d'acquisitions, la programmation d'expositions temporaires et l'organigramme du musée. Un ensemble conséquent d'œuvres du peintre Kees van Dongen est constitué par acquisitions et dépôts pour devenir le noyau dur des collections du Musée. L'art de l'après-guerre et l'art contemporain complètent l'embryon des collections avec entre autres des œuvres de Jan Fabre, Michel Blazy, Mimmo Paladino, Enzo Cucchi, Patrick Raynaud, Jacques Villeglé, Jacques Monory... Des commandes sont passées à des artistes contemporains : Gabriele Basilico, Ange Leccia, Nancy Wilson-Pajic ou encore Philippe Cognée.

Une programmation régulière d'expositions temporaires est mise en place : Acte 1 pour un nouveau musée (exposition manifeste), Acte 2 : Lumière, transparence, opacité, Monte Carlo vu par Germaine Krull et Gabriele Basilico, Beautés insensées, Kees van Dongen pour les plus importantes ainsi que des petites expositions organisées, Villa Sauber, consacrées à Mimmo Palladino, Alexandre Ponomarev ou encore aux acquisitions réalisées pour la section consacrée aux arts du spectacle[11].

En 2008, il rejoint son institution d'origine le Centre Pompidou et intègre le service des collections modernes, qu'il dirige actuellement. Il est le curateur au Centre Pompidou des expositions Arman en 2010 puis Dali, en 2012, avec Jean-Hubert Martin, Montse Aguer et Thierry Dufrêne, exposition présentée ensuite au Museo nacional Reina Sofia de Madrid[12]. Il a également conçus plusieurs expositions "hors les murs" dont Portraits (Fondation Gianadda Martigny, Fundacio Mapfre Madrid, Palazzo Reale Milano) et Pure Colors (Dharhan, Aramco Cultural Program, Arabie saoudite).

En 2011 il est le commissaire de l'exposition José Antonio Sistiaga Lorategi irudikatu bateko islak au Koldo Mitxelena, San Sébastian, Espagne, Pays basque.

En 2012, il est co-commissaire avec Jean-Hubert Martin et Thierry Dufrêne de l'exposition Dali au Centre Pompidou, qui ensuite fut présenté au Muséo nacional Reina Sofia de Madrid.

En 2015-16, il est commissaire de l'exposition Anselm Kiefer au Centre Pompidou. En 2017 : Co-commissaire avec Corinne Barbant de l'exposition Michel Nedjar : Introspective au Lam, Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut de Villeneuve d'Ascq . Commissaire de l'exposition Dali : Eureka au Musée d'art moderne de Céret (24/06-01/10/2017)

Auteur d'une dizaine de films et de vidéos, il est depuis 2009 membre du conseil d'administration de Light Cone, structure non-institutionnelle de diffusion du cinéma expérimental et d'avant garde en France[13].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Man Ray directeur du Mauvais movies, avec Patrick de Haas, ed du Centre Pompidou, 1997. Premier ouvrage sur l'activité cinématographique de cet artiste dada et surréaliste.
  • Quel cinéma, Dijon, Presses du réel/JP Ringier 2010 : l'ensemble de ses textes sur le cinéma de 1994 à 2009
  • Dali. Monographie, Paris, ed du Centre Pompidou, 2012.
  • Paolo Gioli par JM Bouhours. Application pour tablette. 2014. Ed Light Cone

Catalogues d'expositions[modifier | modifier le code]

  • 2017 :
    • Dali : Eureka. (Ed Somogy)
    • Michel Nedjar Introspective (Lam)
  • 2015 :
    • Anselm Kiefer (Centre Pompidou)
    • José Antonio Sistiaga Museo Oteiza (Pamplona)
  • 2014 : Modigliani et ses amis. Milano, ed Skira
  • 2013 : Dali (avec Thierry Dufrêne et Jean-Hubert Martin)
  • 2011 : José Antonio Sistiaga : Lorategi irudikatu bateko islak (Koldo Mitxelena, San Sebastian)
  • 2011-2013 : Portraits. Collections du Centre Pompidou / Retratos / Il Volto del 900. Capolavori dal Centre Pompidou. Da Matisse a Bacon.
  • 2010 : Arman
  • 2009 : Kees van Dongen, Museo Picasso, Barcelona
  • 2008 : Kees van Dongen, avec Nathalie Bondil (Nouveau Musée national de Monaco/ Musée des Beaux-Arts de Montréal)
  • 2007 : Basilico Monte Carlo
  • 2006 : Lumière, transparence, opacité
  • 2005 : Acte 1 pour un nouveau Musée
  • 2001 : Les années Pop
  • 2000 : Len Lye (avec Roger Horrocks)
  • 1994 : Hors limites (avec Jean de Loisy et Marie de Brugerolles)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1974 : 98, Super 8. 17 min
  • 1976 : Rythmes 76, Super 8 gonflé en 16 mm. 18 min. Prix spécial du jury au Festival international du jeune cinéma de Toulon en 1976
  • 1976 : Chantilly, coréalisation avec Patrick Delabre, 16 mm. 15 min
  • 1977 : Chronoma. 23 min
  • 1978 : Intermittences non régulées d'Étienne-Jules Marey, 16 mm. 14 min. Réalisé pour l'exposition de Jean Clair et Michel Frizot : "EJ Marey 1830-1904" au Centre Pompidou. Collection du Centre Pompidou, MNAM/CCI.
  • 1976-79 : Sécan-ciel, 16 mm. 11 min
  • 1979-82 : Chronographies, 16 mm. 17 min
  • 1991 : Vagues à Collioure (Hommage à Matisse), 16 mm. 6 min
  • 1996 : Je ne le répèterai pas, 16 mm. 12 min
  • 2011-2014 : Jaleo, vidéo. 4 min

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Biographie de J.M. Bouhours sur FranceInter », sur franceinter.fr
  2. « Histoire de la coopérative Paris film Coop »
  3. Cf hommage fait à la revue Melba au Centre Pompidou
  4. « Revue Melba sur le site du catalogue collectif de cinéma des bibliothèques et archives française »
  5. Patrick de Haas in L'art du mouvement, Paris, Centre Pompidou, 1997
  6. Cf Yann Beauvais Avant-propos in JM Bouhours Quel cinéma, Dijon, Presses du réel et JRP/Ringier, 2010,
  7. Cf Muriel Caron "Visions d'un Brakhage" in revue Mouvement 2 janvier 1998
  8. Cf Olivier Michelon "Monter sampler" in revue Le Journal des arts no 115, 17 novembre 2000
  9. Cf L'Âge d'or, correspondance.... Cahiers du MNAM, Paris, 1993, ed du Centre Pompidou
  10. Cf Yannick Koller Cinéma d'éclaireur cinéma innovateur in revue Pratiques. Réflexions sur l'art no 14. Rennes, Presses Universitaires de Rennes, automne 2003
  11. Cf revue Connaissance des arts en date du 22 juillet 2008
  12. voir Laurence Piquet reçoit au Centre Pompidou Jean-Michel Bouhours. Exposition Dali. Emission Un soir au musée, France 5, 2 décembre 2012. videos.france5.fr
  13. « Jean Michel Bouhours sur le site de Light Cone », sur lightcone.org

Liens externes[modifier | modifier le code]