Jean-Marie Fage

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Jean-Marie Fage
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Jean-Marie Fage dans son atelier en 2019.
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités

Jean-Marie Fage né le (95 ans) à L'Isle-sur-la-Sorgue[1] est un peintre, illustrateur, lithographe, sculpteur et architecte français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Marie Léon Fage est né en 1925 à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) d’un père maçon et d’une mère femme de ménage. Une erreur médicale le prive de son œil gauche avant l’âge de 2 ans, le forçant à vivre une enfance à part, où le rêve, la poésie et le dessin prennent le dessus. En 1940, il réalise ses premières peintures à l’huile en copiant des tableaux de Corot et de Jules Dupré d'après des reproductions. Il apprend sur le motif, la nature est son atelier. Il développe des amitiés avec le groupe du Candélié à Avignon, jusqu’en 1949.

Il approche Auguste Chabaud et son œuvre dès 1946, à qui il rend des visites hebdomadaires dans son mas de Graveson. Ses rencontres fréquentes avec René Char, originaire comme lui de L’Isle-sur-la-Sorgue, lui permettent d'entrer de plain-pied dans son œuvre poétique. C'est grâce à celui-ci qu'il fera la connaissance de Georges Braque dont l'œuvre comptait déjà tellement pour lui.

En 1950, il s'installe à Paris où il s'inscrit à l'atelier d'André Lhote, rencontré à Gordes l’été précédent, où il se lie d'amitié avec Antonio Carelli et Jacques Place. Le poète et critique d’art Fritz Vanderpyl lui fait rencontrer le peintre Ferdinand Desnos dont l'amitié lui restera fidèle sa vie durant.

Il participe au Salon des indépendants et au Salon d'automne. Sa première exposition personnelle, en 1961, à Fontaine-de-Vaucluse, est préfacée par René Char : « Jean-Marie Fage n’est pas un inconnu. C’est un peintre au début de son chemin ; mais ce chemin a les talus et la bonne étoile qui mènent aux larges dimensions. »

1963, après une exposition personnelle remarquée par la critique[réf. nécessaire] à la galerie Arlette Chabaud à Paris, il décide de rentrer vivre en Provence avec sa femme, Marie-Josèphe Gérardin, épousée en 1955, et leurs quatre enfants. Il mène une activité d'architecte en agence à partir des années 1960.

Ils s'installent à L’Isle-sur-la-Sorgue puis à Avignon, où il rencontre le peintre Louis Latapie en 1969. Une rencontre stimulante qui l’oriente vers des recherches picturales nouvelles, plus abstraites. « En [sic] Avignon, j’ai fait la rencontre de Louis Latapie. Les échanges que nous avons eus ont été déterminants dans l’orientation de mon travail pictural. Latapie a créé une déclinaison personnelle du langage cubiste où le jeu des plans se module dans une palette très richement colorée. Cette période créative me comblait de joie[2]. »

En 1975, il abandonne définitivement son métier d’architecte pour se consacrer pleinement à la peinture en s’installant dans la maison de La Chapelle, à Goult, près du village de Lacoste peuplé d’artistes venus du monde entier. Il y vit et y travaille depuis cette date.

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Fage est le père d'Olivier Fage, architecte, Luc-Henri Fage, explorateur et réalisateur, Anne Fage, lissière et Gilles Fage, éditeur d'art.[réf. nécessaire]

Fage et les poètes[modifier | modifier le code]

Ses relations avec les poètes ont été prédominantes dans son travail de peintre.

Après René Char, il fait la connaissance et illustre des recueils de poésie, notamment de Jean-Pierre Geay, Jacques Kober, Eugène Guillevic, Guy Mathieu et Charles Walker.

Il réalise des livres d'artiste enluminés sur des poèmes manuscrits, avec les poésies de Jacques Kober, Philippe Jaccottet, Jean-Pierre Geay, pour le poète Daniel Leuwers.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Illustration[modifier | modifier le code]

  • 1978 : illustration au pochoir des 120 exemplaires de Abergements de Jean-Pierre Geay.
  • 1980 : illustration à la gouache de Difficiles Désert, de Charles Walker.
  • 1981 : illustration à la gouache de Les leçons de lumière, de Charles Walker.
  • 1982 : illustration à la gouache de Espaces, de Charles Walker.

Sculpture[modifier | modifier le code]

  • 1977 : sur commande publique, il réalise à Vitrolles une fontaine en béton, lave émaillée et pierre de Rognes.
  • 1991 : Les Oiseaux, sculpture murale pour les bâtiments de la Direction de la Vie sociale, Avignon. Architectes : Olivier Fage, Martin Dekester et Jean-Christophe Olivier.
  • 1993 : sculpture murale En hommage à René Char, pour l'école primaire René Char, L'Isle-sur-la-Sorgue. Architectes : Olivier Fage, Martin Dekester et Jean-Christophe Olivier.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1946 : exposition de groupe, Peintres du Comtat, Carpentras, musée Comtadin-Duplessis.
  • 1947 : exposition Salon de peinture, hôtel de ville de L'Isle-sur-la-Sorgue.
  • 1949 : exposition Groupe des Treize, Avignon.
  • 1950 : exposition de la Société Vauclusienne des Amis des Arts, Avignon, avec le groupe Lou Candelié.
  • 1953 : membre de la Société des artistes indépendants de Paris, 64e exposition au Grand Palais, Paris.
  • 1961 : exposition personnelle, catalogue préfacé par René Char à Fontaine-de-Vaucluse.
  • 1963 : exposition personnelle, catalogue préfacé par René Char à la galerie Arlette Chabaud, Paris.
  • 1965 : exposition collective Maîtres contemporains, Beaux livres illustrés, la collection René Char, Carpentras, hôtel de ville, grande salle du Conseil.
  • 1968 : exposition collective Le Point et le trait, galerie Les Contards, Lacoste.
  • 1972 : exposition collective Latapie et ses amis d’Avignon, Fage, Chantal, Abbé Roy, Max Laurent, galerie Latapie, Avignon.
  • 1973 : galerie Latapie, Avignon.
  • 1977 : exposition J.-M. Fage, musée municipal, Aumônerie du chemin de Saint-Jacques, Gordes.
  • 1979 : Présence des Formes, Les Angles.
  • 1980 : gouaches et peintures, office du Tourisme de L'Isle-sur-la-Sorgue.
  • 1980 : exposition personnelle, Maison d’Art Alsacienne galerie Gangloff et Fédération des Associations culturelles, Mulhouse.
  • 2015 : à l’occasion de son 90e anniversaire, exposition Jean-Marie Fage, exposition du jubilé, galerie l’R du Cormoran, Pernes-les-Fontaines.
  • 2017 : cinq peintures à l’exposition Promenades dans la lumière du Vaucluse, musée Louis Vouland, Avignon.
  • 2020 : exposition rétrospective Jean-Marie Fage, tracer la lumière, Campredon centre d'Art, L'Isle-sur-la-Sorgue, du - au [3].
  • 2020 : exposition rétrospective Jean-Marie Fage, “Je peins ce que je vois”, du au , musée Louis Vouland, Avignon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « tables décennales 1923-1932 », sur Le site des archives du Vaucluse (consulté le 14 juillet 2021), p. 7.
  2. Kober Jacques, Un pigment d'horizon, Lyon, Fage Editions, , 93 p. (ISBN 978-2-84975-089-6), p. 93.
  3. « Jean-Marie Fage, Tracer la lumière ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Char, Jean-Marie Fage, [cat. exp.], préface, Paris, galerie Arlette Chabaud, 1963.
  • Jacques Kober, Un pigment d'horizon, Galerie Annie Lagier, L'Isle-sur-la-Sorgue, 1990.
  • Jacques Kober, Un pigment d'horizon, avec des textes complémentaires de Marie Lionnard et de l'artiste, Lyon, Fage édition, 2009.
  • Odile Guichard et Gilles Fage, Jean-Marie Fage. Tracer la lumière, Lyon, Fage édition, 2020.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Luc-Henri Fage, Tracer la lumière, 2020, film documentaire de 26 minutes, Félis Production ([vidéo] en ligne sur vimeo.com).

Liens externes[modifier | modifier le code]