Jean-Luc Béghin

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Jean-Luc Béghin
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Jean-Luc Béghin est un dessinateur et illustrateur belge né à Bruxelles en 1939. Collaborateur du Journal de Tintin dans les années 1960 et surtout de Spirou des années 1960 aux années 1980. Il est spécialiste des rubriques aviations. Il a émigré aux États-Unis en 1976.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En 1944, âgé de cinq ans, le jeune Jean-Luc vécut plusieurs expériences qui le marquèrent à vie, lors de la libération de Bruxelles par les troupes américaines, britanniques et canadiennes. Son univers se remplit soudain de drapeaux étoilés et colorés, d'étoiles blanches, de nouveau mots et du parfum unique des "Lucky Strikes". Chez lui, c'est un défilé constant de G.I. et de Tommies pour lesquels sa mère jouait au piano des airs de boogie-woogie et de swing. Très impressionné, Jean-Luc mâche sa première tablette de chewing-gum et goûte à d'autres plaisirs importés d'Amérique que sont les barres "Milky-Way" et les tablettes de chocolat "Hershey's". Quelquefois, on le dépose à l'école en Jeep ou en G.M.C. Il découvre son premier film en 1945 : Pinocchio. Il peut même approcher de près une forteresse volante ainsi qu'un P-51 Mustang lors d'une exposition publique dans le parc de Bruxelles.

Pour Béghin, tout cela équivaut à un voyage à Disneyland avant même que celui-ci ne fût créé ! Depuis cette époque, une bonne étoile est entrée dans la vie de Béghin. En fait de bonne étoile, il s'agirait même plutôt de cinquante bonnes étoiles ainsi que les bandes rouges et blanches qui les accompagnent. En effet, près de trente ans plus tard, son rêve d'enfant s'est réalisé : il est devenu citoyen américain.

L'amour et la passion de Béghin pour l'aviation ne sont pas le fruit du hasard. Ils trouvent leurs sources dans la fascination qu'éprouvait le jeune garçon pour les machines volantes qui se croisaient dans les cieux durant la Deuxième Guerre mondiale. C'est à cette époque, dès l'école maternelle, qu'il dessine ses premiers croquis d'avions. Il continuera tout au long de sa scolarité.

Débuts dans la BD[modifier | modifier le code]

À l'Atelier Franquin[modifier | modifier le code]

Au cours des années cinquante, il fait la rencontre de Jidéhem par l'intermédiaire de son frère avec qui il était en classe. Jidéhem lui corrige ses premiers dessins et lui ouvre même un jour la porte du mythique atelier de l'avenue du Brésil occupé alors par Franquin, Jean Roba, Jidéhem, Marcel Denis et le coloriste Verbruggen (Phumiphon). Dès lors, deux passions vont cohabiter, fusionner et ne le quitteront plus : l'aviation et le dessin.

Au studio Dupuis[modifier | modifier le code]

Peu de temps après, grâce à la réussite d'un concours, Béghin entre au studio des éditions Dupuis. Il y apprend les bribes du métier d'illustrateur. Du "taillage de crayon" à l'encrage. Il y croise entre autres Yvan Delporte et Charles Jadoul. Sur un scénario de ce dernier, il commet son premier "mini-récit": Bertrand l'écraseur. Il y signe également quelques illustrations publicitaires (Citroën) nous sommes au début des années soixante.

Le Journal Tintin[modifier | modifier le code]

Il effectue alors son service militaire à Malines, durant lequel il illustre une "histoire de la Jeep" pour le magazine de l'armée "Nos troupes/Onze macht". Ce magazine étant imprimé au même endroit que le journal de Tintin, cela lui permet de "mettre un pied" dans la grande maison. Il intégrera le studio du journal Tintin à la fin de son temps sous les drapeaux.

Chez Tintin, sous la direction d'Evany (Eugène Van Nijverseel) il croise nombre de vedettes du journal : Greg, Tibet, Macherot, Weinberg, Attanasio ou Jean Graton, pour lequel il collaborera à l'album Suspens à Indianapolis (1966) de Michel Vaillant (non crédité).

Hergé lui-même lui proposa de rejoindre son studio mais Béghin n'en a cure. L'ambiance "Tintin" ne lui convient pas. Ce qu'il souhaite, c'est rejoindre "les crazy peoples" de chez Dupuis ! (sic)

Le journal Spirou[modifier | modifier le code]

Il rejoint donc l'équipe Spirou pour la deuxième fois en 1963 (tout en poursuivant une collaboration épisodique avec Tintin jusqu'en 1968 : quelques rédactionnels "technologiques", illustrations de jeux, etc.) Les premières années seront essentiellement consacrées aux illustrations du "coin des dégourdis" (jeux) et du "fureteur", places laissée vacantes par Eddy Paape parti chez... Tintin ! Il signe également plusieurs "Oncle Paul" (en 65, 67, 68, 69 et 70) ainsi que des "carte blanche". Également à cette époque (début des années 70), il retrouve Jidéhem avec lequel il collabore sur de nombreuses rubriques "Starter".

Mais là où il va véritablement se démarquer, c'est dans le rédactionnel consacré à l'aviation. Notamment par ses articles - véritables reportages au cœur des missions aériennes- ses nombreuses illustrations et photographies mais surtout par ses célèbres posters et reproductions "vous êtes dans le cockpit". Grâce à une perspective unique et un souci du détail poussé à l'extrême, on aura réellement l'impression d'être aux commandes des engins représentés (Bell-XS1, Douglas C-47, F-16 ou B-747 pour n'en citer que quelques-uns). Toujours pour le journal, Béghin effectuera plusieurs reportages aux États-Unis, entre autres pour assister au décollage de la mission lunaire Apollo 16. À la suite du succès des articles, sa notoriété sans cesse grandissante dans le milieu de l'aviation lui permet de voler sur de nombreux types d'avions : Fouga Magister, T33, CF-104 Starfighter. Il devient membre d'honneur du 350 Fighter Squadron de la force aérienne belge ainsi que du 439 fighter Squadron de la Royal Canadian Air force. De nombreuses rencontres viennent émailler son parcours : Jacques Tiziou, Pierre Clostermann ou encore son ami Pierre Dague, un commandant de 747 qui un jour lui fit partager 20 minutes inoubliables de manœuvres de combat à bord d'un P-51D Mustang.

Émigration aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Côté dessin, après son déménagement aux États-Unis (1976), les rencontres se succèdent également : Milton Caniff, Charles Shultz, Robert "Bob" Mc Call, etc.

Désormais installé au nouveau monde, Béghin poursuit sa collaboration au journal de Spirou mais les rubriques adoptent un ton plus "U.S.". Ses "bons baisers de Californie" font découvrir le "Golden state" à des milliers de petits lecteurs européens. Toujours abondamment illustrées (photos et dessins), ses chroniques décrivent à merveille le "californian way of life" sous tous ses aspects : culinaire, sportif, culturel, automobile, etc.

En 1982/83, il entame "Si l'Amérique m'était contée" : un descriptif hebdomadaire des 50 États d'Amérique. Puis en 1984, ce sont les aventures de "Hubert H Rainbow", une série de gags en une planche qui se poursuivra pendant deux ans (fin en 1986) toujours prétexte à faire découvrir la Californie aux lecteurs. Avec la fin d'Hubert, s'achève la collaboration à Spirou.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Sans abandonner le dessin, Béghin rejoint alors le bureau américain de la compagnie "Air France", pour laquelle il devient pendant près de vingt ans "chef des opérations au sol" à Los Angeles airport.

Retraité depuis 2005, Béghin se consacre à présent pleinement à ses deux passions en reprenant l'illustration de cockpits et la mise en valeur de son impressionnante collection d'objets "aviations" accumulés durant de nombreuses années. Béghin se consacre aussi pleinement à sa famille. Par ailleurs, il vient d'entamer une collaboration avec le magazine français Aviasport lequel publie une nouvelle série de chroniques axées sur l'aviation en Californie.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Charles Lindbergh, Jean-Luc Beghin - Pierre Sparaco, Ed. Dupuis 1977
  • Le F16 vedette de l'aviation américaine, Jean-Luc Beghin - Pierre Sparaco, Ed. Dupuis 1978
  • Cockpits, Jean-Luc Beghin Ed. Paquet, 2017

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]