Jean-Louis Roy (historien)

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Jean-Louis Roy
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Naissance (76 ans)
Normandin, Québec
Nationalité Québécois
Pays de résidence Drapeau du Canada Canada
Profession
Autres activités
Directeur du Devoir (1980-1986)
Délégué Général du Québec à Paris (1986-1990)
Secrétaire général de l'Agence intergouvernementale de la francophonie (1990-1998)
Président de Partenariat International (1998-2002)
Président de Droits et Démocratie (2002-2007)
Président de Partenariat International (2007- à aujourd'hui)
Directeur de l'Observatoire mondial des droits de l'homme (UPR Watch) (2008- à aujourd'hui)
Formation

Jean-Louis Roy, né le à Normandin, est un historien, journaliste et diplomate québécois.

Il a été directeur du quotidien montréalais Le Devoir de 1981 à 1986, puis secrétaire général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie de 1990 à 1998. Il préside actuellement Partenariat International et dirige l'Observatoire mondial des droits de l'homme (UPR Watch) qui a son siège à Montréal.

Le fonds d'archives de Jean-Louis Roy est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Normandin au Lac-Saint-Jean, Jean-Louis Roy a passé la majeure partie de sa jeunesse en Beauce. Il obtient un baccalauréat en histoire de l'Université Laval en 1967, une licence en philosophie et une maîtrise ès arts de l'Université de Montréal et un doctorat en histoire de l'Université McGill en 1971.

Il entreprend une carrière d'enseignant et de chercheur et devient directeur du centre d'études canadiennes-françaises à McGill, tout en acceptant des postes de professeur invité aux universités du Québec à Trois-Rivières et d'Ottawa.

Au cours de cette période, il publie plusieurs ouvrages sur le nationalisme québécois, dont une biographie d'Édouard-Raymond Fabre et deux livres sur la question constitutionnelle : La marche des Québécois (1976) et Le Choix d'un pays (1978).

Directeur du Devoir[modifier | modifier le code]

La nomination de M. Roy à titre de 5e directeur du Devoir, le intervient presque 3 ans après le départ de son prédécesseur, Claude Ryan, dans une atmosphère de crise. La situation financière du journal est mauvaise et les relations de travail sont tendues. La nomination de M. Roy à la direction du journal a nécessité la médiation de Mgr Jean-Marie Lafontaine, évêque auxiliaire de Montréal, qui négocie un compromis entre l'assemblée des journalistes et les administrateurs de la fiducie qui gère le journal[2].

Aussitôt arrivé en poste, Roy doit faire face à la fronde des journalistes, qui réclament des changements à leurs conditions d'exercice du métier en plus d'un rattrapage salarial. Ils déclenchent une grève de deux mois, le , une semaine avant l'élection générale qui reportera au pouvoir le gouvernement du Parti québécois de René Lévesque.

Dans la dernière édition publiée avant le conflit de travail, le 4 avril, Roy fait le bilan des réalisations du gouvernement sortant, mais le critique pour ne pas avoir résolu certains problèmes socio-économiques cruciaux. Quant au Parti libéral, dirigé par l'ancien directeur du journal, Claude Ryan, il « apparaît, pour plusieurs, comme la victime de ses alliés référendaires fédéraux ». Roy reproche au PLQ son manque de fermeté à défendre fermement sa position historique de défense des droits du Québec au sein du Canada. « Dans ce contexte, le gouvernement Lévesque mérite l'avance que lui concèdent les sondages récents », conclut-il[3].

Au lendemain de la Nuit des Longs Couteaux, Jean-Louis Roy signe un éditorial au ton virulent où il parle de la fin de la vision d'un Canada bilingue et biculturel, « une fiction, une vision poétique et minoritaire », et stigmatise l'entente intervenue en pleine nuit et à l'exclusion du Québec.

« Il aura suffi de dix signatures sous un texte de moins de cinquante lignes pour dissoudre les contraintes qui bloquait à ce jours la complète indépendance du Canada. Ce texte met fin à plus d'un demi-siècle d'une recherche toujours infructueuse et à une succession ininterrompue d'échecs. Il met aussi fin à une conception du pays qui faisait du consentement du Québec une condition indispensable juridiquement et politiquement à tout réaménagement, même limité, du régime fédéral. Bref, ce texte n'exprime pas le pays tel qu'il est. »

— Jean-Louis Roy, Le Devoir, [4].

Pendant ce temps, le directeur du journal doit mettre en place une réorganisation administrative attendue et remplacer le vétéran journaliste Michel Roy, qui annonce son départ du Devoir en , après 23 ans de service ; y compris les 7 dernières à titre de rédacteur en chef[5]. Michel Roy, qui avait assumé l'intérim dans les quelques mois qui ont suivi le départ de Claude Ryan, avait été écarté du poste de directeur par les actionnaires du journal, dès [2]. Le rédacteur en chef est remplacé par une jeune journaliste qui fait l'unanimité. Lise Bissonnette succède à Michel Roy en 1982, renouant la tradition des tandems à la direction du journal[2]. établie par Georges Pelletier et Omer Héroux.

Le directeur doit cependant naviguer en eau trouble sur le plan administratif, la récession du début des années 1980 affectant la santé financière déjà chancelante du quotidien. En 1983, il remplace certains cadres et renégocie ses contrats avec l'ensemble de ses fournisseurs, dont Quebecor, qui imprime et distribue le journal[6].

Parallèlement à ces actions, la maquette du journal est rajeunie et Le Devoir accroît la place qu'il fait à l'actualité économique et aux loisirs[7].

En , Roy, au nom du Devoir appuie les conservateurs de Brian Mulroney. À l'image du Beau Risque, de René Lévesque, le directeur du quotidien affirme que le « Parti conservateur offre en ce moment les meilleures graranties que le point de vue du Québec sera entendu, respecté et pris en considération dans les affaires de la fédération »[8].

Jean-Louis Roy sera remplacé par Benoît Lauzière en 1986.

Diplomate[modifier | modifier le code]

Le nouveau gouvernement de Robert Bourassa nomme Jean-Louis Roy à titre de délégué général du Québec à Paris et Délégué aux Affaires multilatérales francophones pour le gouvernement du Québec, le [9]. Ce poste lui permettra de se familiariser avec les rouages de la coopération francophone internationale.

Secrétaire général de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie[modifier | modifier le code]

En 1989, il est élu secrétaire général de l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), un poste qu'il occupera jusqu'en 1998[10]. Au cours de son mandat de 8 ans à la tête de l'organisation internationale, devenue l'Organisation internationale de la francophonie en 1995, il met en œuvre les décisions arrêtées par les sommets des chefs d'États et de gouvernements des pays francophones dont notamment: la coopération en matière de démocratie et de droits de l'homme; la mise en place de TV5; la coopération en matière d'énergie, d'environnement, et des technologies de l'information et des communications. De plus, durant son mandat la Francophonie se dote de bureaux auprès des Nations unies à New York et à Genève, auprès de l'Union Européenne à Bruxelles, à Hanoï pour l'Asie du Sud Est et à Libreville pour l'Afrique centrale et australe. Durant son mandat, M. Roy publiera trois ouvrages consacrés à la Francophonie. De plus, il assumera la préparation de six sommets de chefs d'état et de gouvernements et d'une quinzaine de conférence ministérielle spécialisées. Enfin, il veille à la concertation des pays francophones à l'occasion des sommets mondiaux de la planète Terra à Rio, du développement social à Copenhague, des droits de l'homme à Vienne, de la démographie au Caire, des droits des femmes à Beijing et du développement urbain à Istanbul[11]. Il cède sa place à l'ancien secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali au terme du VIIe Sommet de la Francophonie, tenu à Hanoï en .

Au terme de son mandat M. Roy rejoint les universités de Moncton et de York et écrit plusieurs ouvrages consacrés à la géopolitique. En 2002 M. Roy est nommé président du Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, par le Parlement canadien en pour un mandat de cinq ans[10],[12]. Depuis 2008, M. Roy est Président du Centre de la Francophonie des Amériques[13], membre des conseils d'administration du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal[14], et chercheur invité au Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal (CRDP).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Roy, Ma rencontre avec un continent : écrits sur l'Afrique, 1971-2011, Dakar, Les éditions Feu de brousse, , 632 p. (ISBN 2-911673-75-1).
  • lieu=Liban, Presses de l'Université Saint-Joseph, , 268 p. (ISBN 9782896471522).
  • Jean-Louis Roy, Qual O futurl da lingua francesa, Porte Alegre, Editora Sulina, , 223 p. (ISBN 978-85-205-0559-5).
  • Jean-Louis Roy, The Future of French: Cultural Competition in the 21st Century, Oakville, Mosaic Press, , 157 p. (ISBN 978-0-88962-914-1).
  • Jean-Louis Roy, Quel avenir pour la langue française ? : francophonie et concurrence culturelle au XXIe siècle, Montréal, Hurtubise HMH, , 268 p. (ISBN 9782896471522).
  • Jean-Louis Roy, Montréal : ville nouvelle, ville plurielle, Montréal, Hurtubise HMH, , 232 p. (ISBN 2894288190)
  • Jean-Louis Roy, Technologies et géopolitique à l'aube du XXIe siècle : l'impasse, Montréal, Hurtubise HMH, , 269 p. (ISBN 2894286341)
  • Jean-Louis Roy, L'enchaînement des millénaires : journal de l'an 2000, Montréal, Hurtubise HMH, , 265 p. (ISBN 289428523X).
  • Jean-Louis Roy, Une nouvelle Afrique : à l'aube du XXIe siècle, Montréal, Hurtubise HMH, , 162 p. (ISBN 289428392X).
  • Jean-Louis Roy, Le monde en 2020 : pour une culture de la délibération, Montréal, Fides, coll. « Grandes conférences », , 55 p. (ISBN 2762121884).
  • Jean-Louis Roy, Le pèlerin noir : récit, Montréal, Hurtubise HMH, coll. « Collection L'Arbre », , 178 p. (ISBN 2894282540).
  • Jean-Louis Roy, Mondialisation, développement et culture : la médiation francophone, LaSalle, Québec, Hurtubise HMH, 1995, 155 p. (ISBN 2894280831).
  • Jean-Louis Roy, Des vies et des fleuves : nouvelles, LaSalle, Québec, Hurtubise HMH, coll. « Collection L'Arbre », , 104 p. (ISBN 289428084X).
  • Jean-Louis Roy, La francophonie : le projet communautaire, LaSalle, Québec, Hurtubise HMH, , 200 p. (ISBN 2890459780).
  • Jean-Louis Roy, La francophonie : l'émergence d'une alliance?, LaSalle, Québec, Hurtubise HMH, , 131 p. (ISBN 2890458652).
  • Jean-Louis Roy, 1992, l'Europe du 21e siècle, LaSalle, Québec, Hurtubise HMH, , 157 p. (ISBN 2890458342).
  • Jean-Louis Roy ; illustré par Louis Hébert, Terre féconde, Montréal, Leméac, coll. « Poésie Leméac », , 183 p. (ISBN 2760910105).
  • Jean-Louis Roy, Le choix d'un pays : le débat constitutionnel Québec-Canada, 1960-1976, Montréal, Leméac, , 366 p. (ISBN 077615026X).
  • Jean-Louis Roy, La Beauceronne, Marie à Georges à Joseph : roman, Québec, Éditions Garneau, 1977, coll. « Garneau roman », 159 p. (ISBN 0775711527).
  • Jean-Louis Roy, La marche des Québécois : le temps des ruptures, 1945-1960, Montréal, Leméac, , 383 p. (ISBN 0776150510, lire en ligne [PDF]).
  • Jean-Louis Roy, L'arche dans le regard, Québec, Éditions Garneau, coll. « Garneau poésie », , 159 p. (ISBN 0775705594).
  • Jean-Louis Roy, Edouard-Raymond Fabre, libraire et patriote canadien 1799-1854 : contre l'isolement et la sujétion, Montréal, Hurtubise HMH, coll. « Histoire et documents d'histoire », , 220 p..
  • Jean-Louis Roy, Rameaux du vieil arbre, Sherbrooke, Éditions Cosmos, coll. « Relances 9 », , 59 p..
  • Jean-Louis Roy, Les frontières défuntes, Montréal, Librairie Déom, coll. « Poésie canadienne ; 28 », , 137 p..
  • Jean-Louis Roy, Les programmes électoraux du Québec : un siècle de programmes politiques québécois (2 volumes), Montréal, Leméac, 1970-1971, 458 p..
  • Jean-Louis Roy, Maîtres chez nous : dix années d'Action française, 1917-1927, Montréal, Éditions Leméac, , 75 p..

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fonds Jean-Louis Roy (P666) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  2. a, b et c Pierre-Philippe Gingras, Le Devoir, Montréal, Libre-Expression, , 295 p. (ISBN 2-89111-204-0), p. 261-264 Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « Gingras261 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  3. Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 271-272
  4. Jean-Louis Roy, « Rapatriement de la Constitution canadienne: le Québec exclu et isolé », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  5. Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 275-276
  6. Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 281-282
  7. Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 284
  8. Pierre-Philippe Gingras, op. cit., p. 285
  9. Gilles Paré, « Le Devoir et ses directeurs », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  10. a et b Droits et Démocratie, « Notes biographiques de Jean-Louis Roy » (consulté le 30 avril 2009)
  11. Marie-Aimée Randot-Schell, « L'ACCT devient l'Agence de la Francophonie », L'Année francophone internationale 1997,‎ , p. 16-19
  12. Gouvernement du Québec, « ROY, Jean-Louis », sur 19, Bureau du premier ministre du Québec, (consulté le 30 avril 2009)
  13. Gouvernement du Québec, « Le ministre Pelletier M. Jean-Louis Roy donnent le coup d'envoi au Centre de la francophonie des Amériques », sur Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes, (consulté le 30 avril 2009)
  14. CERIUM, « Jean-Louis Roy » (consulté le 30 avril 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]