Jean-Louis Roullet

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Jean-Louis Roullet
Jean-Louis Roullet - François Poilly.jpg

Portrait de François Poilly.
Gravure achevée par Pierre Drevet.

Naissance
Décès

Jean-Louis Roullet, né à Arles le et mort à Paris le , est un graveur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Roullet est le fils d'un meunier Isaac Roullet et de Reynaude Chassaigne. Il a pour parrain Jean-Louis Brunet, futur médecin, qui kui sera d'une grande aide durant sa carrière. Il suit d'abord un enseignement auprès d'un sculpteur sur bois, Jean Laroche, puis auprès d'un graveur urbain Deyrolle[1]. Il quitte Arles pour se rendre à Paris où se trouve déjà son parrain. En 1663 il suit l'enseignement des graveurs du roi, Jean Lenfant puis François Poilly. Six ans après la mort de ce dernier, il grave son portrait d'après une esquisse réalisée de son vivant.

Jean-Louis Roullet part ensuite en Italie de 1673 à 1683 et s'installe d'abord à Florence puis à Rome où il rencontre un immense succès grâce aux gravures de Sainte Claire d'après Agostino Carrache, Notre-Dame des cinq douleurs et Les trois Maries au tombeau du Christ d'après Annibal Carrache. Il devient l'ami de Pierre de Cortone, Carlo Maratta et Ciro Ferri. Il produit également des œuvres d'après Giovanni Lanfranco et Andrea Locatelli.

Il retourne à Arles où il ne séjourne que peu de temps. Il y réalise cependant une gravure pour la thèse d' Arnaud Eymin. Faute de commande il s'établit à Paris où il grave des portraits et des scènes historiques d'après de grands artistes peintres : Pierre Parrocel, Nicolas de Largillière et Jean Cotelle. Il est agréé par l'Académie royale le . Sa gravure de réception est le portrait d'Édouard Colbert de Villacerf[2]..

Pierre-Jean Mariette écrit :

« Roullet portait avec lui toutes les dispositions nécessaires pour profiter de ses études, un amour extrême pour le travail et beaucoup d'assiduité, nulle attache pour le plaisir, une patience et une docilité à toute épreuve. Un si aimable caractère ne contribua pas peu à lui procurer les ouvrages considérables qu'on lui confia presque à son arrivée à Rome, et Ciro Ferri, fameux peintre italien, qui en avait fourni les dessins, fut si satisfait de la manière dont il les avait exécutés qu'il résolut de ne plus employer d'autres graveurs que lui. Il ne faisait pas même difficulté de le mettre au-dessus de Spierre, dont il s'était servi jusqu'alors avec tant de succès, et de le lui préférer en toute occasion ; mais Roullet, persuadé de l'habileté de Spierre et charmé de sa belle manière de graver, n'en faisait pas moins ses efforts pour se la rendre familière et se l'approprier, ce qui fait que ses ouvrages ont tant de conformité avec ceux de cet habile graveur ; il a comme lui un beau burin, dont la couleur douce et harmonieuse plaît infiniment ; il est léger dans son travail, il imite son original avec exactitude, et il ne laisse rien échapper où il paraisse la moindre négligence. Il était même si scrupuleux sur ce point que, pour se mieux imprimer dans l'esprit toutes les parties de son original, il en faisait souvent un dessin fort terminé avant que de se mettre à le graver. Ce double travail, et le temps qu'il mettait à finir ses ouvrages, est en partie la cause que l'on en voit un si petit nombre. Sa fortune lui tenait moins encore que sa réputation. Il avait été agréé par l'Académie royale de peinture et de sculpture ; la mort l'empêcha d'être reçu dans cet illustre corps[3]. »

Il meurt à Paris le et, selon la tradition, dans les bras de son ami le sculpteur Jean Dedieu[4].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Charron, « Les artistes arlésiens des XVIIe et XVIIIe siècles » dans Jean-Maurice Rouquette (dir.), Paul Allard, Régis Bertrand et Marc Heijmans, Arles, histoire, territoires et cultures, Arles, Actes Sud, , 1304 p. (ISBN 978-2-7427-5176-1, OCLC 259989766), p. 701
  2. Alain Charron, op. cit., p. 702
  3. Pierre-Jean Mariette, Abecedario de P.-J. Mariette, et autres notes inédites de cet amateur sur les arts et les artistes, ouvrage publié par MM. Ph. de Chennevières et A. de Montaiglon, Dumoulin, Paris, vol. V, 1858-1859, p. 41-42. Orthographe modernisée.
  4. Alain Charron, op. cit., p. 703

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Alauzen et Laurent Noet, Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille, Jeanne Laffitte, (1re éd. 1986), 473 p. (ISBN 9782862764412), p. 397.
  • Alain Charron, « Les artistes arlésiens des XVIIe et XVIIIe siècles » dans Jean-Maurice Rouquette (dir.), Paul Allard, Régis Bertrand et Marc Heijmans, Arles, histoire, territoires et cultures, Arles, Actes Sud, , 1304 p. (ISBN 978-2-7427-5176-1, OCLC 259989766), p. 701-703

Liens externes[modifier | modifier le code]

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