Jean-Louis Martinoty

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Jean-Louis Martinoty
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Fonction
Directeur général
Opéra de Paris
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Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités

Jean-Louis Martinoty, né le à Étampes et mort le à Neuilly-sur-Seine[1], est un écrivain, journaliste et essayiste qui, à partir des années 1980, est principalement connu pour ses mises en scène d'opéra. Il fut également administrateur général de l'Opéra de Paris de 1986 à 1989.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils aîné de Louis Martinoty et de Mme, née Geneviève Lacroix, Jean-Louis Martinoty passe son enfance et son adolescence en Algérie où son père est fonctionnaire des impôts. En 1961, ses parents quittent l'Algérie pour Nice où il fait des études de lettres classiques tout en apprenant le violoncelle[2]. Après quelques années d'enseignement, il se fait connaître comme essayiste, journaliste, homme de radio et critique musical au journal L'Humanité[3]. C'est dans ce cadre qu'il rencontre le metteur en scène lyrique Jean-Pierre Ponnelle dont il devient le collaborateur et auprès duquel il découvre l'univers de l'opéra. Il écrit pour lui la plupart des scénarios de ses films d'opéra (La Clémence de Titus, Madama Butterfly) et réalisera lui-même en 1985 un film d'opéra (Pasticcio d'après Haendel) ainsi que deux documentaires sur le maniérisme italien. En 1992, il se marie avec Melle Tamara Adloff[2].

Metteur en scène d'opéra[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Martinoty commence en 1975 une carrière de metteur en scène d'opéra avec le Songe d'une nuit d'été de Benjamin Britten à l'Opéra de Strasbourg suivi de la Périchole d'Offenbach, deux univers diamétralement opposés. Alors que cela n'est pas encore la mode, l'Opéra de Lyon lui confie plusieurs ouvrages rares du répertoire baroque (Ercole Amante de Francesco Cavalli en 1979 et David et Jonathas de Marc-Antoine Charpentier en 1981). Entretemps, il met en scène Semele dans le cadre du festival Haendel de Karlsruhe, festival auquel il participera régulièrement jusqu'en 1995 avec Rinaldo, Giulio Cesare, Tamerlano et Amadigi. En mars 1982, il se voit confier Le Couronnement de Poppée de Monteverdi à l'Atelier-Lyrique de Tourcoing sous la direction musicale de Jean-Claude Malgoire. Au Festival d'Aix-en-Provence de juillet 1982, c'est la consécration avec les Boréades de Jean-Philippe Rameau et John Eliot Gardiner à la baguette (création mondiale posthume après presque deux siècles d'oubli[4]). Quelques années plus tard, son Alceste en ouverture du cycle Lully montée par le Théâtre des Champs-Élysées en 1991 est aussi restée dans les mémoires comme l'ont également été Tarare de Salieri au Festival de Schwetzingen avec Jean-Claude Malgoire, les rares Argia de Cesti et Opéra Seria de Gassmann avec le chef d'orchestre belge René Jacobs à Innsbruck ou encore Thésée de Lully avec Emmanuelle Haïm, à nouveau au Théâtre des Champs-Élysées [5].

Jean-Louis Martinoty aura été assurément l'un des principaux metteurs en scène lyriques qui a fait redécouvrir l'opéra baroque[5].

Mais ses nombreuses mises en scène (près d'une centaine) ne se limitent pas au baroque et abordent l'ensemble du répertoire sur les grandes scènes françaises et internationales : Ariane à Naxos de Richard Strauss à Covent Garden, le Ring de Wagner à Karlsruhe dont il a également conçu les décors, le Vaisseau Fantôme et Orphée aux Enfers à l'Opéra de Paris, Carmen à Bonn et à Tokyo, Pelléas et Mélisande au Théâtre des Champs-Élysées. Il y aura aussi La Clémence de Titus au Deutsche Oper Berlin, Faust au Theatro San Carlo de Naples, Don Giovanni au Staatsoper de Vienne, etc. Il fait même une incursion dans le domaine de la comédie musicale avec "le Petit Prince" tiré du roman de Saint-Exupéry sur une musique de Richard Cocciante au Casino de Paris en 2002 et aussi dans l'opérette viennoise (La Veuve Joyeuse de Franz Lehár ou Le Baron Tzigane de Johann Strauss à l'Opéra de Zurich sous la direction musicale de Nikolaus Harnoncourt).

Ses mises en scène raffinées et érudites, en collaboration régulière avec le décorateur autrichien Hans Schavernoch et le costumier Daniel Ogier, sa solide direction d'acteur sont en général saluées à l'exception de son Faust de Gounod en 2011 à l'Opéra-Bastille avec Roberto Alagna dans le rôle-titre. Le décor chargé, la mise en scène jugée trop "kitsch" font l'objet d'une véritable salve de critiques[6]. A l'inverse, sa brillante mise en scène des Noces de Figaro de Mozart, peut-être son plus grand succès, est plébiscitée par la critique et le public. Créée au Théâtre des Champs-Élysées en 2001, elle sera reprise trois fois au cours des sept saisons suivantes, puis reprise trois fois également au Staatsoper de Vienne[5](plusieurs représentations des Noces de Figaro y sont prévues en juin 2016 et Don Giovanni est reprogrammé en en avril 2016 et au premier trimestre 2017). Macbeth de Giuseppe Verdi, créé à l'Opéra national de Bordeaux en 2012 , repris à l'Opéra de Nancy en 2013 puis à l'Opéra de Toulon en 2014 sera sa dernière mise en scène.

Administrateur Général de l'Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Martinoty a également été Administrateur Général de l'Opéra de Paris (poste devenu depuis Directeur) de 1986 à 1989. Nommé à la surprise générale le 12 février 1986 après la démission de son prédécesseur, l'italien Massimo Bogianckino élu maire de Florence en septembre 1985, il doit diriger la maison dans le contexte très tendu de l'époque "pré-Bastille", caractérisée par des querelles internes et d'importants problèmes de budget[7].

Passionné d'art contemporain, il innovera néanmoins à plusieurs reprises pendant son mandat[8] :

Jean-Louis Martinoty est mort le 27 janvier 2016 dans une clinique de Neuilly-Sur-Seine après une opération du cœur à l'âge de 70 ans [1]. Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement de Manuel Valls de mai 2014 à janvier 2016 lui a rendu hommage le lendemain de son décès dans un communiqué de presse [9], disant notamment : " Le monde de l'Opéra pleure la disparition de celui qui s'est révélé très tôt comme l'un des meilleurs metteurs en scène d'Opéra de sa génération ... Il aura été aussi un des grands directeurs de l'Opéra de Paris, tout à la fois gardien de la tradition lyrique et visionnaire ouvert à la modernité ... Il était de ces metteurs en scène dont l'art consiste à rester totalement au service des grandes partitions, donnant totalement à voir pour nous permettre de mieux entendre ...".

Jean-Louis Martinoty est inhumé dans la cimetière de Joiselle, village de la Marne où il vivait depuis 45 ans[10].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix Claude Rostand (meilleur spectacle lyrique en province) pour David et Jonathas de Marc-Antoine Charpentier - Opéra de Lyon - (saison 1980/1981)[11]
  • Prix Claude Rostand (meilleur spectacle lyrique en province) pour Le Couronnement de Poppée de Monteverdi - Atelier lyrique de l'Opéra du Nord - Tourcoing (saison 1981/1982)[11]
  • Grand Prix de la meilleure production lyrique pour Les Boréades de Rameau - Festival d'Aix-en-Provence (saison 1982/1983)[11]
  • Grand Prix de la meilleure production lyrique pour Les Noces de Figaro de Mozart - Théâtre des Champs-Élysées - (saison 2001/2002)[11]

Principales mises en scènes[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Mort de Jean-Louis Martinoty, grande figure du monde de l’opéra », sur France Musique,‎ .
  2. a et b « Biographie Jean-Louis Martinoty Metteur en scène », sur www.whoswho.fr
  3. « Martinoty, toute une vie d'opéra », sur humanite.fr,‎
  4. « La création des Boréades à Aix-En-Provence », sur INA,‎
  5. a, b et c « Jean-Louis Martinoty, une légende au Théâtre des Champs-Elysées »,‎
  6. « Le metteur en scène Jean-Louis Martinoty est mort », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. Maryvonne de Saint Pulgent, Le syndrome de L'Opéra, Robert Laffont,‎ , p. Chapitre 12 - Le temps des remises en cause 1984-1988
  8. « Classique Club du 28 janvier 2016 », sur France Musique
  9. « Hommage de Fleur Pellerin, Ministre de la Culture et la Communication, à Jean-Louis Martinoty », sur culturecommunication.gouv.fr,‎
  10. « Ancien Directeur de l'Opéra de Paris et grand metteur en scène, Jean-Louis Martinoty nous a quittés », sur lepaysbriard.fr,‎
  11. a, b, c et d « Palmarès du prix de la critique »

Liens externes[modifier | modifier le code]