Jean-Louis-Auguste Clavel

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Jean-Louis-Auguste Clavel
Villemanoche-FR-89-église-12.jpg
Église Saint-Pregts de Villemanoche.
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Jean-Louis-Auguste Clavel, connu sous la dénomination de chanoine Clavel de Saint-Geniez (né le à Saint-Geniez-d'Olt (Aveyron) - mort vers ) est un prêtre catholique français qui fut par ailleurs médecin et botaniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il étudie au grand séminaire de Mende et il est reçu au baccalauréat en 1827. Il devient professeur de latin et grec au petit séminaire de Bergerac. Il est ordonné prêtre à Nontron en 1830, à vingt-deux ans et demi. Il est d'abord nommé curé desservant à Grun et Bourrou. Il arrive en 1839 à Paris et y termine ses études de médecine[1].

En 1844, il signe un droit de réponse (ou ce qui en est l'équivalent à l'époque) avec ses titres de « chanoine honoraire de la métropole de Sens, médecin de la Faculté de Paris » et indique loger au 31, rue Saint-Georges à Paris[2]. En conséquence de sa soumission, il reçoit un poste de curé desservant dans le diocèse de Sens, à Escamps, d'abord, du 14 février 1848 au 1er juillet 1850, puis à Villemanoche, dès cette date. Un chanoine de Sens, l'abbé Carlier, dans un courrier au préfet de l'Yonne, le 1er février 1852, le juge avec sévérité : « L'abbé Clavel se déshonore lui-même... Tour à tour prêtre interdit, mauvais médecin, journaliste dangereux, ardent démagogue, faux bonapartiste, il joue tous les rôles […] ». Clavel quitta alors Sens, certainement pour Paris[1].

Nous n'avons que peu d'information sur le reste de sa vie, si ce n'est la publication de ses écrits botaniques et, en particulier, annuellement, de son almanach, jusqu'en 1876. Dans son Traité de Botanique de 1855, il indique : qu'il applique « la méthode de traitement constante […] envers les malades qui ont recours à [ses] consultations médicales : soit par correspondance, soit de vive voix, et qui s'adressent à [lui], rue du Dragon, n° 37 [à Paris], pour [lui] exposer les symptômes de leurs maladies. »[3]

Le médecin et le botaniste[modifier | modifier le code]

Le chanoine Clavel de Saint-Geniez fut-il aussi « mauvais médecin » que le prétend Carlier ? Nous n'en savons rien. Mais il fut un vulgarisateur de la botanique (plutôt qu'un éminent botaniste). Toute son œuvre naturaliste est tendue vers son usage « par MM. les curés, qui, habitant la campagne, veulent employer utilement le temps de leurs distractions à l'étude des plantes ; par les médecins, qui sont obligés de connaître les propriétés médicales ou délétères d'un grand nombre de végétaux ; par les pharmaciens, obligés de les manipuler ; par les herboristes, qui les récoltent, les conservent et les vendent ; par les agriculteurs, qui les administrent chaque jour en nourriture à leurs animaux dans les fermes ; par les industriels, qui les emploient dans leurs travaux ; par les commerçants, qui en font l'objet de leurs spéculations ; enfin par toutes les personnes sachant lire, […]. »[4]

Catholique fervent, sa cosmogonie est marquée par l’existence de Dieu et le fait sortir des canons naturalistes pourtant en vigueur au XIXe siècle. Selon ses vues, il n'y a pas trois règnes dans la nature (l'animal, le végétal & le minéral) mais sept [5]:

  • Le règne divin : l'immensité du Créateur et ses attributs;
  • Le règne sous-divin : les esprits finis et les immortels;
  • Le règne astronomique : les astres, les constellations et les météores;
  • Le règne humain : l'homme et son intelligence;
  • Le règne animal : les brutes
  • Le règne minéral : les êtres inanimés ;
  • Le règne végétal : les êtres qui vivent sans se mouvoir et les éléments atomiques, qui s'agitent mystérieusement au sein de la nature quoique privés de vie et de sentiment.

Le prêtre en révolte[modifier | modifier le code]

En 1839, les frères Charles-Régis (1790-1859) & Augustin-Vital (1793-1875) Allignol, curés dans le diocèse de Viviers « s'élevent contre la toute-puissance des évêques et autres princes de l'Église [6]» et font paraître De l'état actuel du clergé en France, et en particulier des curés ruraux appelés desservans. C'est le début d'une révolte sociale de nombreux curés, et non pas d'une hérésie contrairement à ce que prétendent certains de leurs détracteurs[7]

Il soutient ce mouvement et au mois de juin 1844, il fait déposer par Lamartine, une pétition qui réclame des réformes dans L’Église de France : indépendance des officialités, élection de la hiérarchie ecclésiale, émancipation canonique des prêtres, recrutement des prêtres sur concours, etc.[8],[9]

Il eut pour cela quelques démêlés d'abord ecclésiastiques puis judiciaires avec l'archevêque de Paris Mgr Affre.

Il était le gérant de la revue « Le Bien social », journal de défense des intérêts du bas-clergé[10]. En 1845, il y défend les positions des frères Allignol. En avril 1845, les frères Allignol se soumettent; Clavel aussi. La revue disparaît. Puis il fonde et dirige le périodique « Le Rappel », tribune du droit canon et des libertés de l'Église (de mai 1846 à novembre 1847). Il est reçu en audience par le pape d’alors, Grégoire XVI, pour tenter de faire approuver ses doctrines. Sans succès. Attaqué par l'archevêque de Paris (dans le même mandement contre « La Voix de la Vérité », journal de l'abbé Migne) la revue cesse de paraître [11].

La soumission ne fut certainement que de façade car il se présenta, en 1848, aux élections pour l'Assemblée nationale dans le département de la Dordogne ; puis a celles, complémentaires, de l'Yonne, en novembre de la même année[1].

Ses publications[modifier | modifier le code]

  • Le Médecin du corps et de l'âme, A. Royer, 2 vol., 1844, 320 p. [1]
  • Almanach populaire de la santé: le médecin de soi-même, hygiène de la famille à la ville et à la campagne, Paris, A.Royer, 1844, 192 p.
Réédité en : Almanach populaire de la santé pour 1845, ou le pharmacien chez soi, et clinique du praticien en ville et à la campagne, Paris, A. Royer, 1845, 256 p.
Réédité en : Botanique des malades; histoire naturelle des plantes médicinales : Almanach populaire de la santé pour 1847, Paris, chez l'auteur, 1846, 248 p.
  • Le corps et l'âme, ou Histoire naturelle de l'espèce humaine, Paris, Garnier frères, 1851.
  • Petits Sermons populaires d'un curé de village sur les principales vérités de la religion et de la morale ; suivis d'un Traité de philosophie chrétienne, Paris, A. Royer, 1845, 320 p.
  • Traité pratique et expérimental de botanique, 2 vol.de texte & 1 vol. de gravures, L. Vivès, 1855.
  • Histoire chrétienne des diocèses de France, de Belgique, de Savoie et des bords du Rhin : Gallia Christiana, en français : annales de la monarchie, du clergé, de la noblesse, de la bourgeoisie, etc., Paris, Louis Vivès, 1855
  • Almanach manuel de la santé, médecin de soi-même, contenant des notions sur les maladies en général ; suivi d'un Traité des maladies de l'âme, Delarue, de 1853 à 1876
Ses écrits politiques
  • Au Roi des Français et à sa dynastie (Signé: Au nom de tous les rédacteurs du « Bien social »), 6 mai 1844, Paris, impr. de E. Proux.
  • Pétition à la Chambre des Pairs, 6 mai 1844, Paris, impr. de E. Proux.
  • Les sophismes d'un prélat contemporain, ou Réfutation, phrase par phrase, du mandement de Mgr l'archevêque de Paris portant condamnation du journal "le Bien Social", Paris, A. Leconte, 1845.
  • Déclaration politique de l'abbé Clavel, se présentant candidat pour l'Assemblée nationale : aux citoyens électeurs des assemblées cantonales dans. la Dordogne, Paris, Impr. E. & V. Penaud frères, 1848
Comme traducteur
  • Les beautés de la foi ou Le bonheur de croire en Jésus-Christ et d'appartenir à la véritable Église, du Père J. Ventura, Paris, L. Vivès, 1855-1856, 5 vol. in-12.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Jean-Baptiste Duroselle, L'abbé Clavel et les revendications du bas-clergé sous Louis-Philippe, cf biblio.
  2. L'Ami de la religion et du roi : journal ecclésiastique, politique et littéraire, n°3853 du 11 janvier 1844, p.80
  3. Chanoine Clavel de Saint-Geniez, Traité pratique & expérimental de Botanique, t.2, p.440, Paris, Louis Vivès, 1855
  4. Chanoine Clavel de Saint-Geniez, Traité pratique & expérimental de Botanique, t.1, préface, pp.III&IV, Paris, Louis Vivès, 1855
  5. Chanoine Clavel de Saint-Geniez, Traité pratique & expérimental de Botanique, t.1, pp.1-2, Paris, Louis Vivès, 1855
  6. Article Le Teil sur Wikipédia
  7. Pierre-Denis Boyer (1766-1842), directeur au séminaire Saint-Sulpice, Coup d’œil sur l'écrit des frères Allignol touchant l'état actuel du clergé en France : appendice à la défense de l’Église catholique contre l'hérésie constitutionnelle, Paris, Gaume Frères, 1840
  8. L'Ami de la religion et du roi : journal ecclésiastique, politique et littéraire, n°3913 du 30 mai 1844, p.439
  9. Jacqueline Lalouette, Les conceptions lamartiniennes des rapports entre l’Église et l’État, dans La laïcité en question: religion, État et société en France et en Allemagne du 18e siècle à nos jours, Presses Universitaires du Septentrion, 2008, p.67
  10. Personnages célèbres de Saint-Geniez-d’Olt, l’Écrin Vert de l'Aveyron
  11. Jacques Lafon, Les prêtres, les fidèles et l'état: le ménage à trois du XIXe siècle, Éditions Beauchesne, 1987, p.158

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Marie Mayeur, L'Histoire religieuse de la France, 19e-20e siècle: problèmes et méthodes, Éditions Beauchêne, 1975, p. 16
  • Jean-Baptiste Duroselle, L'abbé Clavel et les revendications du bas-clergé sous Louis-Philippe, Études d'Histoire moderne et contemporaine, 1947, t.1, pp. 99–126 [2]
  • Paul Droulers, Action pastorale et problèmes sociaux sous la Monarchie de Juillet chez Mgr D'Astros, Vrin, 1954, pp. 165–166

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Premier mémoire pour M. Jean-Louis-Auguste Clavel, contre un mandement de Mgr Affre, portant condamnation de deux écrits périodiques publiés sous les noms de « La Voix de la vérité » et « Le Rappel » [3]
  • Le religieux entre autorité et dissidence (XIXe-XXe siècle) : Autorité et dissidence, le champ religieux sous tension, Histoire@Politique n°18, sept.-déc. 2012 [4]
  • Gabriel Mas, Le cardinal de Bonald et la question du travail (1840-1870), Thèse de doctorat d’Histoire, présentée et soutenue publiquement le 17 décembre 2007, Université Lumière Lyon 2, Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes, chap.II, § 1 [5].

L'on peut lire aussi la doctrine développée par les frères Allignol dans :

  • De l'état actuel du clergé en France, et en particulier des curés ruraux appelés desservans, par C. et A. Allignol, frères [6].