Jean-Joseph Surin

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Jean-Joseph Surin
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Jean-Joseph Surin, né le à Bordeaux et mort le dans cette même ville est un prêtre jésuite français. Il appartient au courant des spirituels et mystiques et a eu un rôle de premier plan dans l'affaire des démons de Loudun (1632-1636).

Biographie[modifier | modifier le code]

Alors qu'il n'est âgé que de huit ans, Jean-Joseph Surin fait vœu de chasteté. À dix ans un frère carme lui apprend à méditer. Il entre au noviciat jésuite de Bordeaux en 1616. De 1623 à 1625, puis de 1627 à 1629 il étudie la philosophie au collège de Clermont à Paris. Après quelques missions en Guyenne et en Saintonge, il est envoyé en 1634 à Loudun où s'est déclarée en 1632 la plus célèbre affaire de possession diabolique du XVIIe siècle ; tout un couvent d'Ursulines y est « victime de divers démons ». Un prêtre, Urbain Grandier, est brûlé avant que n'arrive Surin. Celui-ci change radicalement les méthodes d'exorcisme, privilégiant l'écoute (« quasi lacanienne » selon Michel de Certeau) de la parole des possédées, notamment sœur Jeanne des Anges, la supérieure du couvent, dont il est le directeur spirituel.

C’est de cette époque que date le début de désordres mentaux chez le père Surin, interprétés comme manifestations de possession résultant d’une « imprudence » qu'il aurait commise :

« ayant été tellement horrifié devant les terribles sacrilèges perpétrées sur trois hosties, il fait immédiatement l’offrande de son propre esprit acceptant d’être possédé par des démons en expiation de ce crime épouvantable. Sa prière est exaucée, et pendant plus de vingt ans, il se voit harcelé par des esprits maléfiques, plongé dans les profondeurs du désespoir concernant sa damnation éternelle. Par moments, il est incapable de se servir de ses mains, de ses pieds, de ses yeux, de sa langue, ou est poussé à commettre mille extravagances, au point que les esprits les plus charitables envers lui en viennent à le juger fou. Les impressions douloureuses dans lesquelles il travaille pendant ces moments lui causent la plus grande joie. A aucun moment, cependant, cet état qui l’obsède ne l’empêche de se consacrer à la prédication. Il est vrai qu'il lui est impossible de s’y préparer par la lecture ou l'étude, mais dès qu’il monte en chaire de vérité et fait le signe de croix, on voit en lui une extraordinaire transformation. Son esprit vigoureux prend immédiatement le dessus, sa voix puissante et sa facilité oratoire gagnent l'attention et l'admiration de tous. Son médecin a déclaré le fait 'miraculeux'. Même en écrivant ses œuvres ou en les dictant, il semble doué d'une inspiration divine »[1].

De 1637 à 1654, il reste dans un état de dépression profonde avec idées suicidaires dont il ne sort que huit ans avant sa mort. Dès lors, « inondé de communications divines », il compose la majeure partie de son œuvre, considérée comme particulièrement représentative du courant mystique de la première moitié du siècle[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Triomphe de l'amour divin sur les puissances de l'enfer en la possession de la Mère supérieure des Ursulines de Loudun, 1636
  • Catéchisme spirituel, 1654
  • Dialogues spirituels, 1655
  • Cantiques spirituels de l'amour divin, pour l'instruction et la consolation des ames dévotes, Bordeaux, 1655 (nombreuses rééditions)
  • Science expérimentale des choses de l'autre vie acquise en la possession des Ursulines de Loudun, 1663
  • Fondements de la vie spirituelle, 1643 pour une nouvelle édition chez la veuve Desaint libraire, rue du Foin-Saint-Jacques
  • Lettres spirituelles, 1695
  • Les voies de l'amour divin. Textes choisis et présentés par Madeleine Daniélou. Editions de l'Orante, 1954
  • Correspondance, publiée en 1966 par Michel de Certeau
  • Guide spirituel pour la perfection. Texte établi et présenté par Michel de Certeau. Collection Christus n° 12, 334 pages, 2008
  • Questions sur I'amour de Dieu. Collection Christus n° 95, 198 pages. Desclée de Brouwer, 2008

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Kanters, Vie du Père Surin, avant-propos de Jean-Daniel Maublanc, illustrations de Raymond Feuillatte, Éditions La Pipe en écume, Paris, 1942.
  • Michel de Certeau : Correspondance de Jean-Joseph Surin, Paris, Desclée de Brouwer, 1966
  • Michel de Certeau : La Possession de Loudun, Paris, Julliard, 1970 (collection Archives)
  • Michel de Certeau : La Fable mystique, Paris, Gallimard, 1982 (collection Bibliothèque des Idées)
  • Guy Barral : La nomination de Dieu dans la correspondance de Jean-Joseph Surin, Montpellier, UPV, 1972

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Augustin Poulain, « Jean-Joseph Surin », Catholic Encyclopedia, vol. 14,‎ (lire en ligne)