Jean-Joseph Languet de Gergy

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Jean-Joseph Languet de Gergy
Image illustrative de l’article Jean-Joseph Languet de Gergy
Jean-Joseph Languet de Gergy
Portrait attribué à Charles-Joseph Natoire.
Biographie
Naissance
Dijon
Décès
Sens
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par François de Mailly-Nesle, archevêque-duc de Reims
Dernier titre ou fonction Archevêque de Sens
Fonctions épiscopales Évêque de Soisson
Archevêque de Sens
Archevêque de Sens

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean-Joseph Languet de Gergy, né à Dijon le et mort à Sens le , est un homme d'Église et théologien français, évêque de Soissons puis archevêque de Sens. C'est aussi un anti-janséniste notoire.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Sa famille[modifier | modifier le code]

D'une famille de la plus ancienne noblesse de Bourgogne, anoblie par Jean de Montaigu-Sombernon le 8 mars 1373. Son père Denis Languet de Gergy, procureur général au parlement de Bourgogne, sa mère, Marie Robelin de Saffres. Il est aussi arrière-petit-neveu de Pétronille Languet de Gergy épouse du célèbre Barthélémy de Chasseneux, seigneur de Prélay et premier président du parlement de Provence (en 1532). Il est le frère de Jean-Baptiste Languet de Gergy, abbé de l'abbaye de Bernay (Eure), et curé de l'église St Sulpice à Paris (voir son tombeau dans cette église) connu pour avoir refusé d'administrer les saints sacrements à Marie Louise Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry. Veuve depuis 1714, la jeune femme accumule les amants et cache mal des grossesses. Fin mars 1719, "la féconde Berry" semble près de mourir alors qu'elle dissimule un accouchement très laborieux au palais du Luxembourg. Sourd aux pressions de Philippe d'Orléans (1674-1723) en personne, Languet exige que la princesse chasse du palais le comte de Riom, lieutenant de sa garde, et sa dame d'atour, la marquise de Mouchy, avec lesquels elle fait ménage à trois. La parturiente finit par accoucher sans céder aux exigences de l'inflexible curé.

Son parcours[modifier | modifier le code]

Ambitieux, Jean-Joseph Languet de Gergy est compatriote et protégé du cardinal de Bissy et de Bossuet. Ce dernier l'introduit auprès de Louis XIV et le fait nommer aumônier de la dauphine. Il est à la même époque vicaire général d'Autun, diocèse dans lequel se trouve la paroisse de Paray-le-Monial où est inhumée Marguerite-Marie Alacoque. Chargé d'enquêter sur les miracles que l'on dit s'être produits autour de sa tombe, il écrira une biographie de la sainte en 1729. Informateur puis conseiller du cardinal de Fleury après s'être émancipé de l'archevêque de Paris Louis de Noailles, il est nommé évêque de Soissons en 1715 et il est élu membre de l'Académie française en 1721. Il est nommé archevêque de Sens en 1730 mais conserve une attention particulière sur la vie parisienne grâce surtout à l'anti-janséniste Mme Luilier et à Mlle Desbordes qui sont ses principales informatrices. Il devient conseiller d'État en 1747. Il unit en 1751, l'abbaye de la Joie-lès-Nemours à celle de Mont-Notre-Dame-lès-Provins[1].

Sa « vie de Marguerite-Marie Alacoque » est violemment attaquée par les jansénistes opposés au culte du Sacré-Cœur[2]. Défenseur en outre de la bulle Unigenitus, il est mêlé à de nombreuses controverses politico-religieuses et se fait connaître autant par le nombre que par le mordant de ses pamphlets. Il appartient au « parti des dévots » opposé aux philosophes des Lumières et combat farouchement les candidatures de Montesquieu et de Voltaire à l'Académie.

Languet de Gergy, outre ses traités et pamphlets religieux, est l'auteur de livres d'offices, de catéchismes[3] et de lettres pastorales.

Écrits[modifier | modifier le code]

Languet de Gergy, représente la résistance catholique au jansénisme[4], ainsi qu'au rationalisme de Montesquieu et de Voltaire.

La bienveillance de Dieu[5]

« Vous hésitez de croire que Dieu veuille vous sauver ; vous craignez qu'il ne vous pardonne point ; vous pensez qu'il ne vous aime pas tant que d'autres qu'il a sauvés ; vous vous imaginez que sa miséricorde, épuisée en votre faveur, a cédé la place à la justice et à la vengeance.
Comme ces doutes et ces idées s'opposent à l'amour qui doit être dans votre cœur, dont le motif le plus pressant devrait être que ce Dieu de bonté vous aime tout pécheur et tout misérable que vous êtes, qu'il vous aime assez pour vous appeler, pour vous recevoir et pour vous pardonner ! Pour moi, ô mon Dieu, c'est là ce qui m'attendrit le plus, et ce qui me touche le plus vivement.
Si j'étais saint, si j'étais parfait, si j'étais juste, il me semble que j'aurais moins de sujets d'admirer votre bonté. Mais ce qui m'étonne, et ce qui augmente mon amour pour vous, avec ma reconnaissance, c'est que, malgré mes misères, vous m'aimiez encore, c'est que tout pécheur, tout ingrat, tout infidèle que je suis, je sois encore, dans cet état, l'objet de vos empressements et de vos bienfait. C'est là ce qui amollit la dureté de mon cœur : il ne peut plus y résister. »

— Traité de la confiance en la miséricorde de Dieu, Avignon, 1828, p. 28s[6].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Du Véritable esprit de l'Église dans l'usage de ses cérémonies, ou Réfutation du traité de D. Cl. de Vert intitulé : « Explication simple et historique des cérémonies de l'Église » (1715)
  • Traité de la confiance en la miséricorde de Dieu, augmenté d'un Traité du faux bonheur des gens du monde et du vrai bonheur de la vie chrétienne (1718). Texte en ligne
  • Office de la semaine sainte en latin et en français à l'usage de Rome et de Paris avec des réflexions et méditations, prières et instructions pour la confession et la communion, dédié à la Reine pour l'usage de sa maison, frontispice et planches hors-texte de Jean-Baptiste Scotin, Veuve Mazières et Garnier, 1728.
  • La Vie de la vénérable Mère Marguerite-Marie, religieuse de la Visitation Sainte Marie du monastère de Paray-le-Monial en Charolais, morte en odeur de sainteté en 1690 (1729)
  • Traité sur les moyens de connaître la vérité dans l'Église (1749)
  • Recueil d’écrits polémiques (1752)
  • Catéchisme du diocèse de Sens (1765)
  • Mémoires inédits de Languet de Gergy, archevêque de Sens (1863). In La Famille d'Aubigné et l'enfance de Mme de Maintenon par Théophile-Sébastien Lavallée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Répertoire des cartulaires médiévaux et modernes, abbaye du Mont-Notre-Dame [1].
  2. Olivier Andurand, La Grande affaire. Les évêques de France face à l'Unigenitus, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-5390-3), p. 178-190
  3. Olivier Andurand, La Grande affaire ..., p. 255-288
  4. Persée (portail), Les luttes du jansénisme. Sujet d'histoire diocésaine. Cette collection a été recueillie par Languet de Gergy, évêque de Soissons (1714-1730), archevêque de Sens (1730- 1753) [2].
  5. Traité de La Confiance en la Miséricorde de Dieu. Augmenté d'un Traité du Faux Bonheur des gens du Monde, & Du Vrai Bonheur de la Vie Chrétienne, Par M. L’Évêque de Soissons. Nabu Press, 2014, (ISBN 978-1293597378).
  6. Traité de La Confiance en La Miséricorde de Dieu (1767), édit. Kessinger Publishing, 2010, (ISBN 978-1166192013).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. Aubert, art. « Languet de Gergy (Jean-Joseph) » dans le Dictionnaire d'Histoire et de Géographie Ecclésiastique, fasc. 175b-176, col. 442-443, 2008. (ISBN 978-2-7063-0254-1) (fasc.) (ISBN 978-2-7063-0157-5) (collection)
  • Nelson-Martin Dawson, Fidélités ecclésiastiques et crise janséniste : Mgr Jean Joseph Languet de Gergy et la bulle Unigenitus, Éditions Les fous du roi, Sherbrooke, Québec, 2001
  • M.C. Floquet, La lutte anti-janséniste dans le diocèse de Soissons sous l'épiscopat de Languet de Gergy, thèse de l'École des Chartes, 1956.
  • Languet de Gergy et Léon Gauthey, La Vie de la vénérable mère Marguerite-Marie,... par Mgr Jean-Joseph Languet. Nouvelle édition avec préface et continuation jusqu'au second centenaire de la mort de Marguerite-Marie Alacoque, par M. l'abbé Léon Gauthey, C. Poussielgue, (ASIN B001D87ILW)

Liens externes[modifier | modifier le code]