Jean-Joseph Bottemanne

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Jean-Joseph Bottemanne
Lens Cal1cJPG.jpg
Calvaire de Lens
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Famille

Jean-Joseph Bottemanne, né en 1723 à Soignies et mort en 1794, est un maître de carrière et sculpteur sonégien du XVIIIe siècle réputé pour ses calvaires en pierre bleue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille de maîtres de carrière implantée dans le Hainaut. Son aïeul et son bisaïeul étaient échevins d'Écaussinnes-Lalaing et de nombreux membres de sa famille servent le clergé séculier comme trésorier au XVIIe siècle. Son père est le maître de carrière Jean-Joseph Bottemanne (1690-1754), inhumé dans la chapelle familiale du vieux cimetière de Soignies.

Il renoue avec la tradition médiévale en combinant son activité de tailleur de pierre à celle de sculpteur[3]. On lui doit les calvaires de Mainvault, de Lens et de Vlamertinge[4]. Certaines de ses créations sont marquées de son signe lapidaire IIB.

Selon Jean-Pierre Ducastelle, conservateur du Musée de la Pierre de Maffle, il a pu puiser son inspiration des œuvres anversoises du statuaire Michel Van der Voort (1667-1737) datées du début du XVIIIe siècle ou de certains modèles baroques[5].

Le Calvaire de Lens, exécuté en 1749, comprend les sculptures de La Vierge, Moïse, Marie-Madeleine, Saint-Jean, du roi David et d'un Christ plus tardif du XIXe siècle au cœur d'une enceinte en pierre restaurée en 1894. Le calvaire de Vlamertinge est une réalisation du milieu du XVIIIe siècle, autrefois érigée à Thieusies. Les sculptures de La Vierge et de Saint-Jean sont actuellement conservées à Vlamertinge.

Le calvaire de Mainvault, sculpté en 1775, est constitué d'un ensemble en pierre bleue sonégienne représentant le Christ en croix, le serpent Nahash, La Vierge, Moïse, Saint-Jean et David. Il abritait jusqu'en 1963 une mise au tombeau du début du XVe siècle, actuellement conservée au musée d'histoire d'Ath.

Les sculptures sont associées à diverses traditions populaires, et à partir du XVIIIe siècle les pèlerins viennent y prier dans l'espérance d'intervention miraculeuse. Après de nombreuses dégradations au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le site a bénéficié d'une première restauration en 1970 à l'initiative de la municipalité d'Ath, puis d'une seconde au cours de l'été 1994.

Sculpté par l'artiste en 1772, le tombeau du vieux cimetière de Soignies[6] est une création composite avec pour modèle un homme à moulons en pierre bleue du XVe siècle actuellement conservé dans l'ancienne chapelle du XIIe siècle.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et références[modifier | modifier le code]

  1. À l'origine d'un presbytère du XVIIIe siècle à Thieusies, d'éléments du château de Salmonsart ou encore de la cense de Planques.
  2. Jean-Louis Van Belle, Une dynastie de bâtisseurs, les Wincqz, éditions CIACO, 1990.
  3. Revue belge d'archéologie et d'histoire de l'art.
  4. Gérard Bavay, Le toucher de Jean-Joseph Bottemanne, quelques observations nouvelles à propos d'un sculpteur sonégien du XVIIIes.
  5. Ignace Vandevivere, Art et technique de la pierre : le cas de Jean-Joseph Bottemanne "Maître de carrière" et "sculpteur" à Soignies (1723-1794).
  6. Jean-Pierre Ducastelle, La pierre, la mémoire et les idées (Les Cahiers de l'Urbanisme no 35-no 36, septembre 2001).