Jean-Jacques Reboux

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Jean-Jacques Reboux
Naissance (58 ans)
Madré, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Trophée 813 (1996)
Prix du salon du polar de Montigny-lès-Cormeilles (1998)
Grand prix de la Mayenne (2000)
Prix Delta Noir (2016)
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Jean-Jacques Reboux, né le à Madré (Mayenne), est un écrivain et éditeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Né en 1958 à Madré (Mayenne), Jean-Jacques Reboux a effectué plusieurs métiers[1],[2]. : instituteur, ouvreur de cinéma, employé des Chèques Postaux, animateur d'ateliers d'écriture, éditeur.

Avant de se consacrer au polar, il a publié plusieurs recueils de poésie. Il a dirigé à Caen la revue de poésie La Foire à bras (1980-1984).

Éditeur et écrivain[modifier | modifier le code]

En 1992, il fonde les éditions Canaille afin de publier ses livres refusés par les éditeurs : Pain perdu chez les vilains ou Fondu au noir[3]. Avec l'appui de Jean-Bernard Pouy, Reboux devient éditeur de polars d'autres auteurs[4]. En 1995, les éditions Canaille sont rachetées par les éditions Baleine où il dirige la collection Canaille/Revolver. Il publie les trois premiers romans de Yasmina Khadra et Haka, de Caryl Férey.

Avec Le massacre des innocents (1995)[5] , il connaît en tant qu'écrivain un succès d'estime. Ce roman est couronné en 1996 du trophée 813 du meilleur roman francophone.

Il signe trois aventures du Poulpe, La cerise sur le gâteux (1996), Parkinson le glas (2002) et Castro c'est trop ! (2004)[6].

Reprenant le principe de la série un titre, un auteur différent, il crée en 2000 le premier feuilleton du 3e millénaire[7] (Les aventures extraordinaires de Moulard). Il l'inaugure avec Pour l'amour de Pénélope (2000)[8],[9]. Les autres épisodes de ce feuilleton rocambolesque sont les suivants : Le pied dans la citrouille d'Yves Bulteau, 2000 ; Pas de caviar pour Moulard de Catherine Fradier ; Salade de rotules de Laurent Fétis ; L'art du mou d'Élise Fugler, les six volumes (sur 22 prévus) ayant été édités aux éditions de l'Aube en 2000.

Éditeur engagé[modifier | modifier le code]

En 2006, il se relance dans l'édition en fondant les éditions Après la Lune, dont il assure la direction littéraire, en collaboration avec Christine Beigel, responsable des publications pour la jeunesse, et Yasmina Khadra, qui y dirige la collection de littérature algérienne « Bel horizon ».

En tant qu'éditeur des éditions Après la Lune, il est attaqué en justice par l'Opus Dei pour le roman Camino 999 de Catherine Fradier en mai 2007[10] : l'Opus Dei réclame 30 000 € de dommages et intérêts, 5 000 € au titre de l'article 700 du nouveau code pénal, ainsi que la publication d'un communiqué, dans un journal choisi par le plaignant, dans la limite de 15 000 €[11]. L'Opus Dei est finalement débouté.

Poursuivi en justice en 2011 par la même Catherine Fradier, pour un différend financier mineur[12], il fut à l'époque soutenu par plusieurs dizaines de confrères écrivains, éditeurs.

Après avoir publié 65 ouvrages (polars, littérature générale, beaux-livres, livres pour la jeunesse, pamphlets), la maison d'édition cessa ses activités en 2013.

L'épisode Fernand Buron[modifier | modifier le code]

En 2008, Jean-Jacques Reboux s'est illustré en se faisant passer pour le citoyen du salon de l'agriculture à qui Nicolas Sarkozy a dit « Casse-toi pov' con! » en créant le personnage de Fernand Buron[13],[14]. Ce canular lui valut d'être mis en garde à vue[15] pour offense au président de la République, après avoir brandi une pancarte « Casse-toi pov'con ! »[16] devant le palais de l'Élysée, le 28 janvier 2010, jour de l'anniversaire du président de la République française. L'affaire fut classée sans suite par le Procureur de la République.

Engagement à gauche[modifier | modifier le code]

S'il affirme ne pas être un militant politique, Jean-Jacques Reboux est marqué par un engagement à gauche et des sympathies avec la mouvance altermondialiste et anarchiste. Il dit à ce sujet : « Je n'ai jamais milité dans aucun parti, aucune association… J'ai juste participé à de nombreuses manifestations, comme tout le monde ! Mon seul vrai acte de "militance" : le parrainage d'un sans-papiers marocain au moment des lois Debré »[17].

En 1996, il dédiait La cerise sur le gâteux à Ibrahim Ali, Brahim Bouarram et Imad Bouhoud, victimes de skinheads d'extrême droite en marge de l'activité du Front national.

En juillet 2006, Jean-Jacques Reboux est arrêté par la police à la suite de la contestation d'un PV. Il est poursuivi par l'un d'eux pour « outrage », condamné à 150 euros avec sursis par la justice en juin 2008. Il écrit une Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières (2006). À la suite de sa rencontre avec Romain Dunand, militant de Réseau éducation sans frontière et de la CNT, ils écrivent une Lettre au garde des sceaux pour la dépénalisation du délit d'outrage (2008)[18]. Il est à l'origine de la fondation du Collectif pour une dépénalisation du délit d'outrage (Codedo) en juillet 2008[19],[20].

Entre 2008 et 2010, il a publié plusieurs articles sur le site Internet Rue89 sous le pseudonyme « outrageur de poulets », sur le thème du délit d'outrage[21].

En 2013, il publie sur son blog un article sur ses démêlés avec l'écrivain algérien Yasmina Khadra, de plus en plus controversé dans la communauté algérienne, intitulé Comment je me suis fait entuber par Yasmina Khadra[22].

Il couvre pour L'Humanité[23] le procès de Henri Guaino, poursuivi le 22 octobre 2014 pour outrage par le juge Jean-Michel Gentil.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières, Après la lune, 2006 (collection Tous les possibles)
  • (dir.) Chômeurs, qu'attendez-vous pour disparaître ?[24], Après la lune, 2007 (coll. « Tous les possibles »)
  • Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d'outrage (avec Romain Dunand), Après la lune, 2008 (coll. « Tous les possibles »)
  • Casse-toi pov'con ! (avec Fernand Buron)[25], Après la lune, 2010

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Dissous, ris et dégomme, in L'évènement du Jeudi, 28 mai 1998. « Dissous, ris et dégomme » est une aventure de Gabriel Lecouvreur mêlé aux affres de la cohabitation entre Jacques Chirac et Lionel Jospin. Cette nouvelle est disponible sur [26]
  • Ben Laden a tué Mamie Dupré, in 36 nouvelles noires pour l'Humanité, Hors Commerce, 2004[27].
  • T'as de la chance qu'il soit pas président !, in Collectif La France d'après, éditions Privé, 2007[28].
  • Donnez-moi un mouchoir, je vais me reposer[29], novembre 2013.
  • C'est sans danger, Festival Mauves-en-Noir, mai 2014, sur le blog de l'auteur[30]. Cette nouvelle est disponible en version numérique[31], aux éditions SKA sous le titre "Il était moins une".

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Le Matin majuscule, Éditions Jean-Grassin, 1978
  • Fleuve rouge, Éditions Pergame, 1983
  • Le bout du gras, Éditions Verso, 1984

Romans[modifier | modifier le code]

  • Pain perdu chez les vilains, éd.Canaille, 1992, éd.Après la Lune, 2012 (Prix Delta Noir, 2016)
  • Mr. Smith n'aime pas les asperges, éd.Canaille, 1993
  • Le massacre des innocents, éd.Baleine, 1995, Folio policier, Gallimard, 1999 (Trophée 813 du meilleur roman francophone, 1996)
  • La cerise sur le gâteux, éd.Baleine, coll. « Le Poulpe » no 12, 1996, éd.Librio no 237, 1998
  • Poste mortem, éd.Baleine, 1998, éd.Gallimard, coll. « Folio policier », 2000
  • Pour l'amour de Pénélope, éd.L'Aube, coll. Les aventures extraordinaires de Moulard, 2000
  • Le paradis des pickpockets, éd.La Bartavelle, 2000
  • C'est à cause des poules, éd.Flammarion, 2000 (Grand prix de la Mayenne 2000)
  • Le voyage de monsieur Victor, éd.Baleine, coll. « Velours », 2001
  • Méfiez-vous des asperges !, éd.Points-Virgule, Le Seuil, 2001
  • Pourquoi j' ai tué Laetitia Remington, éd.Le Masque, 2001
  • Parkinson le glas (sous le pseudonyme de Gabriel Lecouvreur), éd.Baleine, coll. « Le Poulpe » no 234, 2002.

(Reboux raconte lors d'une interview avec Julien Védrenne sur le site littérature.com[32] l'histoire de ce volume du Poulpe sous pseudonyme : « J'ai envoyé Parkinson le glas sous pseudo, et Pouy n'a appris qu'au bout d'un an et demi qui se cachait derrière ce pseudo improbable, à la suite d'un jeu de piste rocambolesque. Je m'étais débrouillé avec une copine postière à Paris Goncourt (le bureau de Lecouvreur dans la bible) qui relevait en douce le courrier envoyé à Lecouvreur en Poste restante (sans bien évidemment produire la pièce d'identité obligatoire). »)

  • Castro c'est trop ! éd.Baleine, coll. « Le Poulpe » no 249, 2004
  • Au bonheur des poules !, éd.Après la lune, coll. « La Maîtresse en maillot de bain », 2006
  • De Gaulle, Van Gogh, ma femme et moi, éd.Après la lune, 2006
  • Vladimir Moldevoï est toujours vivant, éd.Baleine , 2008
  • Je suis partout (les derniers jours de Nicolas Sarkozy)[33], éd.Après la Lune, 2010
  • L'esprit Bénuchot, Lemieux Éditeur, 2016
  • Le diable dans le rétroviseur, Éditions Oskar, 2016

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Linda Maziz, « Portrait - Jean-Jacques Reboux / Fondu du noir », sur lejsd.com (Le Journal de Saint-Denis), (consulté le 30 novembre 2016)
  2. Christian Losson,« Comment l'ANPE entretient la pression sur les chômeurs », sur liberation.fr, (consulté le 1er décembre 2016).
  3. Alex Besnainou,, « L'avancée pragmatique de Jean-Jacques Reboux », sur Le Matricule des anges no 15, p. 57, février - avril 1996 (consulté le 30 novembre 2016)
  4. Jean-Bernard Pouy publiera aux éditions Canaille : La chasse au tatou dans la pampa argentine (1993) et Spinoza encule Hegel (1994). Au total, les éditions Canaille publieront 22 romans noirs.
  5. Alex Besnainou, Le Massacre des innocents, dans Le Matricule des Anges, no 15, février - avril 1996 (consulté le 30 novembre 2016.
  6. Julien Vedrenne, « Jean-Jacques Reboux, Castro, c’est trop ! », sur lelitteraire.com, (consulté le 21 juillet 2016)
  7. Christophe Dabitch, « Pour l'amour de Pénélope, Moulard premier épisode », sur Le Matricule des anges, (consulté le 25 avril 2016)
  8. Édouard Waintrop, « Qui est Moulard?Jean-Jacques Reboux, Pour l'amour de Pénélope L'Aube, 328 pp., 49 F Le Massacre des innocents Folio policier, 494 pp, 45 F. », sur next.liberation.fr, (consulté le 1er décembre 2016)
  9. Christophe Dabitch, « Moulard superstar ? », sur Le Matricule des anges, (consulté le 25 avril 2016)
  10. C. Ce., « L'Opus Dei joue les vierges effarouchées », sur l'humanite.fr, 21 juin, 2007
  11. Hubert Artus, « L'Opus Dei s'en prend à un éditeur indépendant », sur rue89.nouvelobs.com, 13 octobre 2007
  12. Jean-Jacques Reboux, Catherine Fradier intente..., site personnel jeanjacquesreboux.blogspot.fr.
  13. Il se prend pour le « pauvre con » du Salon de l'agriculture, sur leparisien.fr, 28 janvier 2010.
  14. Camille Polloni, Sarkozy et le Salon de l’Agriculture: Fernand Buron nous prend pour des pov’cons, sur lesinrocks.com, 15 février 2011.
  15. Jean-Jacques Reboux, Comment j'ai fêté l'anniversaire de Sarkozy en garde à vue, sur rue89.nouvelobs.com, 30 janvier 2010.
  16. Maud Descamps, Nouvel outrage de "Casse-toi pauv con", sur europe1.fr, 28 janvier 2010.
  17. Chloé Leprince, « Les visages de l'outrage : enquête sur un délit en vogue », sur rue89.nouvelobs.com, 23 octobre 2008
  18. Romain Dunand et Jean-Jacques Reboux, « Peut-on encore parler aux policiers ? Peut-on encore comparer Sarkozy à Pétain ? Sans risquer l'outrage... », sur le site internet des éditions Après la Lune
  19. Le Collectif pour une dépénalisation du délit d'outrage (Codedo) possède un site Internet.
  20. « En bref », sur liberation.fr, (consulté le 1er décembre 2016).
  21. Chloé Leprince, Les outrageurs cherchent le « pov » con » de Sarkozy, sur rue89.nouvelobs.com, 13 février 2009.
  22. Jean-Jacques Reboux, Comment je..., site personnel jeanjacquesreboux.blogspot.fr, avril 2014.
  23. Jean-Jacques Reboux, Le procès-spectacle de Henri Guaino, sur l'humanite.fr, 23 octobre 2014.
  24. Une interview sonore de Jean-Jacques Reboux présentant l'ouvrage est disponible sur le site du collectif RTO
  25. Clément Solym, Fernand Buron, victime du Casse-toi pov' con... écrit un livre, sur actualitte.com, 15 février 2011
  26. le site d'Olivier Roumieux : Dissous, ris et dégomme ! - L'incroyable polar de la cohabitation vue par Le Poulpe.
  27. Nouvelle disponible sur le site de l'Humanité Ben Laden a tué Mamie Dupré, par Jean-Jacques Reboux, lundi, 2 août, 2004.
  28. Nouvelle disponible sur le site internet des éditions Après la lune.
  29. Donnez-moi un mouchoir, je vais me reposer sur le site jeanjacquesreboux.blogspot.fr.
  30. Festival polar Mauves-en-Noir sur le site jeanjacquesreboux.blogspot.fr.
  31. Il était moins une, site des éditions SKA
  32. Cf. l'interview de Jean-Jacques Reboux du 9 septembre 2012, par Julien Vedrenne sur le site littérature.com
  33. Site Je suis partout.

Liens externes[modifier | modifier le code]