Jean-Gabriel Périot

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Jean-Gabriel Périot
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean-Gabriel Périot en 2015.
Nom de naissance Jean-Gabriel Périot
Naissance (45 ans)
Bellac
Nationalité Drapeau de France Français
Profession réalisateur
Films notables Lumières d'été
Une jeunesse allemande
The Devil
Eût-elle été criminelle...
Site internet jgperiot.net

Jean-Gabriel Périot est un réalisateur français né le 23 avril 1974 à Bellac.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, Jean-Gabriel Périot fréquente assidûment les salles obscures. À quatorze ans, c'est le déclic, il décide que son métier sera de faire des films[1].

Son engouement pour les archives, visuelles ou sonores, et l'histoire intervient lors d'un travail accompli au Centre Georges Pompidou à la fin de ses études. Il y découvre les possibilités qu'offrent les images d'archives, un matériau riche qui permet d'élaborer de nouveaux récits visuels[1].

Cependant, avant de débuter dans le cinéma, il enseigne et propose des installations dans le domaine de l'art contemporain[2],[3].

La fiction interrogeant le documentaire[modifier | modifier le code]

Jean-Gabriel Périot a réalisé depuis 2002 une quinzaine de courts métrages en développant son propre style à partir d'archives filmiques et photographiques[4]. Son travail s'intéresse aux rapports entre la violence et l'histoire[5]. Il définit son métier de cinéaste comme un travail de recherche en cours en interrogeant notre monde et les rapports humains :

« Je fais des films parce que je ne sais pas. Je cherche. Je tente d’y voir plus clair, en m’efforçant au moins de savoir comment énoncer des questions. C’est pour moi une manière d’ouvrir un espace de réflexion, contrairement à ce qui est de l’ordre du télévisuel ou du documentaire mainstream, forclos sur lui-même et indolore pour le spectateur[6]. »

Il revendique une certaine abstraction dans ses courts-métrages que l'on peut déceler dans la plupart d'entre eux notamment dans Entre chiens et loups (2008) ou The Devil (2012), un film percutant consacré aux Black Panthers. Son film Eût-elle été criminelle..., sur les femmes tondues de la fin de la Seconde Guerre mondiale, a souvent été mobilisé dans les collèges pour débattre de la violence[6]. Ses premiers courts-métrages peuvent être vus comme des symphonies visuelles, rythmées et saccadées, agrégeant images d'actualités fixes ou animées, dans lesquelles la musique joue un grand rôle.

Son premier long métrage, Une jeunesse allemande, sorti en octobre 2015, porte sur la Fraction armée rouge (Rote Armee Fraktion ou RAF) et sa réception dans l'Allemagne de l'Ouest des années 1970. Réalisé à partir d'archives visuelles, il retrace le parcours des jeunes intellectuels de cette organisation et le basculement dans la violence terroriste justifiée comme une contre-violence étatique. Ce premier long métrage est caractéristique de son style, un montage brut et chronologique qui ne prétend pas prendre position mais faire réfléchir. Il s'explique sur le style de ce premier film : « Ni commentaires en voix off, ni interviews rétrospectives : je voulais surtout construire le film sans prescience, ni explication a posteriori de l’histoire. En la développant, dans son cours chronologique, en gardant la manière dont elle avait été vue, analysée ou racontée à l’époque, par les protagonistes ou les télévisions[6]. » Ce travail sur la RAF fait suite à son court métrage Regardez les morts (2011), une réflexion existentielle sur les suicidés de Stammheim.

Intéressé par les liens tenus et histoire, mémoire et images (fixes ou animées), son travail déconstruit l'archive officielle, bouscule la fabrication de l'histoire et interroge les enjeux mémoriels ou sociétaux[1].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

  • 2014 : Si jamais nous devons disparaitre ce sera sans inquiétude mais en combattant jusqu'à la fin
  • 2014 : We Are Become Death
  • 2013 : L'Optimisme
  • 2013 : Le jour a vaincu la nuit
  • 2012 : The Devil
  • 2012 : Nos jours, absolument, doivent être illuminés
  • 2011 : Regarder les morts / Looking at the Dead
  • 2010 : Les Barbares
  • 2009 : L'Art délicat de la matraque
  • 2008 : Entre chiens et loups
  • 2007 : Nijuman no borei (200000 fantômes)
  • 2006 : Under Twilight
  • 2006 : Eût-elle été criminelle...
  • 2005 : Dies Irae
  • 2005 : Undo
  • 2004 : We Are Winning, Don't Forget

Vidéos expérimentales[modifier | modifier le code]

  • Le temps passe
  • Nous
  • Poor Little White Girls
  • #67[7]
  • Médicalement
  • Lovers
  • Rain
  • Devil Inside
  • Et pourquoi pas : "Bodymakers", "Falbala", "Bazaar", etc. etc. ?
  • 2006 : Avant j'étais triste
  • 2006 : Journal intime
  • 2006 : Gay ?
  • Parades amoureuses
  • Désigner les ruines
  • Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux ?
  • 2002 : 21.04.02
  • Affaires classées
  • Le Travail

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • « Jean-Gabriel Périot : "C’est très petit-bourgeois de lier art et résistance" », Ballast,‎ (lire en ligne).

Prix[modifier | modifier le code]

Plusieurs de ses courts métrages ont été récompensés dans des festivals. Quelques-uns sont visibles sur sa page officielle[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Entretiens. Rencontre... avec Jean-Gabriel Périot », sur Eclairs, (consulté le 18 octobre 2015)
  2. « Entretien avec Jean-Gabriel Périot, réalisateur du film documentaire "Les barbares" », sur YouTube, (consulté le 18 octobre 2015)
  3. « Installations », sur Jean-Gabriel Périot.net (consulté le 18 octobre 2015)
  4. a et b « Courts-métrages », sur Jean-Gabriel Périot.net (consulté le 17 octobre 2015)
  5. « Jean-Gabriel Périot (Fiche) », sur Africultures (consulté le 17 octobre 2015)
  6. a b et c « “Une jeunesse allemande” ou la mémoire visuelle de la Fraction armée rouge (interview par Jacques Morice) », sur Télérama, (consulté le 17 octobre 2015)
  7. Voir sur 100jours2012.org.

Liens externes[modifier | modifier le code]