Jean-Francis Laglenne

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Jean-Francis Laglenne
Naissance
Décès
(à 62 ans)
Paris
Nationalité
Drapeau : France Française
Activités
Artiste peintre, décorateur de théâtre
Autres activités
Cartonnier de tapis, designer en tissu
Formation
Lieu de travail
Mouvement

Jean-Francis Laglenne est un artiste peintre et décorateur de théâtre de l'École de Paris né le 23 juillet 1899 à Paris. Il vivait au 134, avenue de Villiers dans le 17e arrondissement, est mort le 6 janvier 1962 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est en 1916 que, sur la liste des élèves de l'École nationale supérieure des arts décoratifs, on trouve le nom de Jean-Francis Laglenne[Note 1]. Ses études étant presque immédiatement interrompues par la guerre, il ne les reprend, après avoir travaillé seul, qu'en 1919[1]. Participant aux salons parisiens dès 1920, il est ensuite introduit dans le monde du théâtre par Henri-Gabriel Ibels. Devenant décorateur et créateur de costumes, c'est une personnalité du théâtre, Lugné-Poe, qui organise sa première exposition personnelle à Paris[2].

Le dictionnaire Bénézit indique Jean-Francis Laglenne comme membre du groupe du néo-humanisme à partir de 1924, année où il participe à la première exposition de ce groupe[3] au sein duquel le rejoindront Christian Bérard (1926), Léon Zack (1930) et dont Waldemar George se fera le théoricien: il s'agit de « restaurer les valeurs spirituelles en les recentrant sur l'humanisme », ce qui se traduit en peinture par une représentation de l'homme et le refus de l'art abstrait. Notre artiste est encore un jeune peintre fort peu connu, en un Paris où il fréquente Pierre et Annette Charbonnier, René Crevel, Christian Bérard, Louis Marcoussis, Pablo Picasso, Darius Milhaud, Marcel Herrand et Claude Autant-Lara[4], lorsque, en théoricien de l'art, il écrit des articles pour les revues Choses de théâtre et Cinéa[5], pour Paris-Journal[6], puis surtout lorsqu'il signe dans la revue Cahiers du mois un article intitulé Peinture et cinéma[7] qui énonce sa singularité au sein du groupe du néo-humanisme: l'historienne Jennifer Jane Wild (Université de l'Iowa) s'appuie sur ce dernier article pour restituer un mouvement alors issu des milieux d'avant-garde et se définissant par un néologisme aujourd'hui oublié: « art cinémental »[8]. Laglenne décrit ainsi sa propre peinture - caractérisée bien plus par le mouvement que par le souci du détail, confirmera Jean-Pierre Delarge - comme s'orientant vers « des formes qui témoignent de recherches nouvelles dans les valeurs optiques », vers des « déformations » dont il ne nie pas la parenté avec « les intentions de la peinture expressionniste » et qu'il identifie comme « l'imagination cinémentale de la peinture contemporaine en ce qu'elle s'efforce d'atteindre l'esprit par l'effet de la sensibilité »[7]. Dans l'œuvre de Laglenne, notera de la sorte une jeune personne dans sa visite de 2015 à la Piscine de Roubaix, on trouve « des couleurs non réalistes et un côté déstructuré qui lui donne un aspect irréaliste »[9].

Exposant alors à la Galerie Berthe Weill, puis à la Galerie Vavin Raspail, le style de notre artiste, suggérant la filiation cubiste, fait que Maurice Raynal, fervent apôtre de ce mouvement, est le premier critique d'art à le remarquer parmi les artistes émergents de 1925 (où Raynal cite aussi Yves Alix, André Beaudin, Marcel Gromaire, André Lhote, Auguste Mambour, Roland Oudot et André Dunoyer de Segonzac[10]), tandis que Georges Charensol évoque en 1926 dans Le Soir « un charmant petit maître qui fait un art très jeune et un peu féminin, des toiles claires, lumineuses, agréables à regarder »[11].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

  • Natures mortes (sujet majeur: vases de fleurs).
  • Portraits du monde du spectacle et de la haute couture (Elsa Schiaparelli[12]).
  • Œuvres à caractère social (Les partisans de la paix à Varsovie, 1950; Le souffleur de verre travaillant au chalumeau, 1957), par quoi Denis Milhau voit « chez Jean-Francis Laglenne l'effort de structuration d'un expressionnisme de type impressionniste des hommes en action »[13].

Fresques murales[modifier | modifier le code]

Décors de théâtre[modifier | modifier le code]

Bibliophilie[modifier | modifier le code]

  • Jean Giraudoux, Le film de la Duchesse de Langeais, d'après Honoré de Balzac, frontispice en couleurs et hors-texte en noir et blanc de Jean-Francis Laglenne, Grasset, 1942.

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie Vavin Raspail, Paris, 1926.
  • Laglenne - Peintures 1920-1927, Galerie Colette Allendy, Paris, mars-avril 1927.
  • Galerie Vignon, Paris, 1931.
  • Axel, Reid & Lefebvre Gallery, Londres, 1933.
  • Œuvres décoratives et peintures de Jean-Francis Laglenne, Galerie Jeanne Bucher, 1937.
  • Pierre Cornette de Saint-Cyr, commissaire-priseur, et Jean-Pierre Camard, expert, vente de l'atelier Jean-Francis Laglenne, Hôtel Drouot, Paris, 16 novembre 1983.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Des paysages, des portraits et surtout des fleurs aux structures affirmées et cubisantes par un artiste connu pour ses décors de théâtre, pour les qualités ornementales de ses cartons de tapis et de ses projets de tissu. » - Gérald Schurr[19]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il n'est pas rare de trouver dans les notices biographiques (chez Gérald Schurr par exemple) ou dans les catalogues le nom de notre artiste assorti du prénom "Jean-François". Le prénom Jean-Francis est retenu par la Bibliothèque nationale de France pour le fonds d'archives Laglenne, par les musées nationaux dans leurs inventaires, par les dictionnaires Bénézit et Delarge, par Maurice Raynal dans son anthologie de la peinture, par Raymond Nacenta dans son livre consacré à l'École de Paris. Les écrits de notre artiste (comme ses articles dans la revue Cinea) sont de même signés Jean-Francis Laglenne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Raynal, Anthologie de la peinture en France de 1906 à nos jours, Éditions Montaigne, 1927.
  2. a b et c Raymond Nacenta, School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, 1960.
  3. a et b Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999.
  4. Georgette Camille, Présence de René Crevel, publication de Cédric Meletta, 29 juillet 2007
  5. Jean-Francis Laglenne, Le peintre au cinéma, in revue Cinéa n°25 (28 octobre 1921), n°42 (24 février 1922), n°47 (31 mars 1922.
  6. Jean-Francis Laglenne, Le cinéma, in Paris-Journal, 9 mai 1924.
  7. a et b Jean-Francis Laglenne, Peinture et cinéma, in revue Cahiers du mois, n°16/17, 1925.
  8. Jennifer Jane Wild, L'imagination cinémentale: the cinematic impression on avant-garde in France, 1913-1929, Éditions ProQuest, 2006.
  9. a et b Karolina, Week-end des musées en région lilloise: la Piscine de Roubaix, 8 septembre 2015 Voir tableau de Jean Francis Laglenne: Nature morte aux fleurs.
  10. Robert Jensen, Why the School of Paris is not French, Université du Kentucky, 2013
  11. François Buot, Crevel, Éditions Grasset Fasquelle, 1991, livre où François Buot évoque Laglenne parmi les proches amis de René Crevel.
  12. Site flickriver.com, Elsa Schiaparelli en images
  13. Denis Milhau, Présupposés théoriques et contradictions du nouveau réalisme socialiste en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, in Art et idéologies - L'art en Occident, 1945-1949, actes du colloque d'histoire de l'art contemporain, Musée d'art et d'histoire de Saint-Étienne, 18-20 novembre 1976, Éditions du Centre interdisciplinaire d'étude et de recherche pour l'expression contemporaine, Université de Saint-Étienne, 1978.
  14. Michel Corvin, Le théâtre de recherche entre les deux guerres - Le laboratoire art et action, L'âge d'homme, 1976.
  15. Fonds d'archives Jean-Francis Laglenne, Bibliothèque nationale de France.
  16. Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  17. « Exposition française du Caire, accès au catalogue en pdf »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  18. a et b University of Virginia Art Museum, La personnalité et la collection T. Catesby Jones
  19. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1996.
  20. Réunion des musées nationaux, Jean-Francis Laglenne dans les collections du Musée national d'art moderne
  21. Commentaire, de l'œuvre de Jean-Francis Laglenne dans catalogue d'exposition, Des cheminées dans la plaine - Cent ans d'industrie à Saint-Denis, 1830-1930, Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, 1998.
  22. À l'exception des collections Elsa Schiaparelli et Eduardo Arroyo, les collections sont citées par Maurice Raynal dans son Anthologie de la peinture en France de 1906 à nos jours, Éditions Montaigne, 1927.
  23. Frédérique Poissonnier, L'univers d'Elsa Schiaparelli chez Christie's (présentation du la vente du 23 janvier, collection Elsa Schiaparelli), 21 janvier 2014
  24. Collectionet, Schiaparelli in Paris - Présentation du paravent en trompe-l'œil par Laglenne, 8 janvier 2014
  25. Piasa, Paris, "De la boxe...", catalogue de la collection Eduardo Arroyo, Paris, 22 octobre 2015.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Où va la peinture moderne? Réponse de Jean-Francis Laglenne, in revue Bulletin de l'effort moderne, Paris, 1924.
  • Jean-Francis Laglenne, Peinture et cinéma, in revue Cahiers du mois, n°16/17, 1925.
  • Jean-Francis Laglenne, La peinture contre l'art moderne, in revue Les Cahiers du sud, Marseille, juin 1927.
  • Maurice Raynal, Anthologie de la peinture en France de 1906 à nos jours, Éditions Montaigne, Paris, 1927.
  • Jean Galtier-Boissière, Francis Carco, Gus Bofa, L'art français indépendant, Le Crapouillot, mars 1929.
  • Michel Georges-Michel, Les Montparnos, Éditions Eugène Fasquelle, Paris, 1929.
  • Raymond Cogniat, Décors de théâtre, Éditions des Chroniques du jour, 1930.
  • Raymond Nacenta, School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, Londres, 1960.
  • Michel Corvin, Le théâtre de recherche entre les deux guerres - Le laboratoire art et action, Éditions L'âge d'homme, 1976.
  • Pierre Cornette de Saint-Cyr et Jean-Pierre Camard, Catalogue de l'atelier Jean-Francis Laglenne, Hôtel Drouot, Paris, 16 novembre 1983.
  • Jean Cassou, Pierre Courthion, Bernard Dorival, Georges Duby, Serge Fauchereau, René Huyghe, Jean Leymarie, Jean Monneret, André Parinaud, Pierre Roumeguère et Michel Seuphor, Un siècle d'art moderne - Histoire du Salon des indépendants, Denoël, 1984.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1996.
  • Dominique Jacquet (préface de Patrick Braouezec, introduction de Sylvie Gonzalez), Des cheminées dans la plaine - Cent ans d'art et d'histoire à Saint-Denis, 1830-1930, Éditions du Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 1998.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Martin Wolpert et Jeffrey Winter, Figurative paintings: Paris and the modern spirit, Schiffer Publishing Ltd., 2006.
  • Jennifer Jane Wild, L'imagination cinémentale: the cinematic impression on avant-garde art in France, 1913-1929, Éditions ProQuest, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]