Jean-François Spricigo

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Jean-François Spricigo
2016.08.13 - JF Spricigo.tif
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Jean-François Spricigo, né le à Tournai en Belgique, est un artiste pluridisciplinaire belge. Ses langages privilégiés sont l’écriture, la photographie, le théâtre et la vidéo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-François Spricigo naît le à Tournai en Belgique, second garçon d’un père italien et d’une mère belge.

Dès l’enfance, les animaux occupent une place cardinale dans sa vie. La relation entre les humains et la nature s'impose d'ailleurs comme centrale dans son œuvre. Il considère que toute séparation / hiérarchisation du vivant est la première cause des conflits.

Il achève ses études secondaires à Saint-Luc Tournai en section photographie en 1998.

Après un an de stage sur des plateaux de cinéma, il entre à l'INSAS à Bruxelles en 1999 en section image.

Il mène l'essentiel de ses activités en Belgique et en France, où il est notamment artiste associé du CentQuatre-Paris[1].

En 2014, Isabelle Maeght lui consacre une exposition solo[2].

Filiation[modifier | modifier le code]

Jean-François Spricigo ne se réclame d'aucun mouvement politique, artistique ou religieux, sa principale inspiration est la nature et l'ensemble de ses manifestations, révélée grâce aux promenades avec le chien de sa grand-mère, Hiko, ce dernier le sauvera de ses idées noires.

Cependant plusieurs personnalités participeront activement à son éveil et à élargir ses perspectives : Jacques Brel, Henry David Thoreau, Friedrich Nietzsche, Osamu Tezuka, Pierre Desproges, David Lynch, Itsuo Tsuda, Alfred Schnittke, Eric Baret, Franz Schubert et Jiddu Krishnamurti.

S'il n'obéit donc à nulle doctrine ou règle affiliée à une quelconque mouvance, il s'inscrit, tel que rédigé dans son manifeste, dans un élan en résonance avec les auteurs cités ci-dessus.

Photographie[modifier | modifier le code]

Il quitte l'école à 16 ans pour rejoindre la section artistique en photographie à l’Institut Saint-Luc de Tournai. À 17 ans, il constate sur ses planche-contact combien les amorces de ses films sont bien plus pertinentes que l’ensemble des photographies méticuleusement cadrées en suivant les instructions scolaires. Ainsi, il prend conscience de l’importance de la disponibilité à l’événement plutôt que de vouloir le contrôler. Laisser advenir le hasard - sans prérequis - dans son travail devient l’argument même de son renouvellement.

Ses premiers encouragements viendront d'Antoine d’Agata et Christian Caujolle en France et Jean-Louis Godefroid en Belgique.

Sa première exposition personnelle a lieu en 2004 au Parvis à Tarbes, Guy Jouaville en assure le commissariat.

En 2008, sa rencontre avec Agathe Gaillard sera décisive et légitimera dès lors sa place parmi les artistes photographes à collectionner. Agathe le représente et l’expose à plusieurs reprises jusqu’à la remise de sa galerie en 2012. Pour sa dernière exposition, elle lui confie : « j’ai ouvert la galerie avec Ralph Gibson, je la clos avec toi[3] ».

Il est aujourd’hui représenté par Camera Obscura à Paris, Louis Stern Fine Arts à Los Angeles, et la A-galerie à Bruxelles.

Son œuvre est régulièrement exposée depuis 2004 à l’internationale, auprès de galeries privées et de musées et institutions publiques.

Jean-François Spricigo anime régulièrement des ateliers créatifs pour tous publics. Il a notamment enseigné dans plusieurs écoles supérieures d'arts et à l'Université de la Sorbonne.

Expositions[modifier | modifier le code]

détails sur son site

Prix[modifier | modifier le code]

À propos de ses photographies[modifier | modifier le code]

  • « (...) Elles sont là, ces belles images venues du fond de mon sommeil. Du fond de mes troubles d’adolescent, dans l’ombre de la salle, sous le faisceau de lumière tremblante où dansaient des poussières. Ils sont là mes rêves." Pierre Charras
    "J’aime beaucoup ce qu’il fait, je veux dire ce qu’il défait. Son savoir-défaire fait mieux que bien des accomplissements.(...) »
    Marcel Moreau
  • {{(...) Mais on ne peut croire aux fantômes que si on ne les voit pas, Jean-François Spricigo l’a compris, reporter de l’invisible il détient le privilège de savoir suggérer ces présences sans les démasquer, paratonnerre il attire sur lui les foudres muettes, antenne dressée face à la nuit il capte l’appel silencieux de ce qui n’est déjà plus.}} Philippe Grimbert

Réalisations vidéo[modifier | modifier le code]

À l’issue de ses études comme chef opérateur à l’INSAS, il travaille à différents postes sur le long-métrage Nuit noire d’Olivier Smolders, leur collaboration se poursuivra sur trois autres courts-métrages.

En 2012, le chanteur Albin de la Simone lui propose de réaliser le clip de son morceau La fuite. Le budget est mince, et le temps de tournage n’excède pas h 30, les dispositions favorables à l’imprévu de Jean-François et le talent d'improvisation d'Albin permettront néanmoins à la vidéo de trouver une identité propre. Ce sera aussi pour lui l’occasion de rencontrer le pianiste Alexandre Tharaud qui accompagne le chanteur.

Il a également travaillé avec Jean-Louis Murat, Dominique A, …

Clips[modifier | modifier le code]

année interprète / groupe titre
2019 Skygge Black is the color
2018 Dominique A j'avais oublié que tu m'aimais autant
2017 Balimurphy Échos
2016 Jean-Louis Murat French Lynx
2014 Alexandre Tharaud Jeunehomme (epk)
2013 Albin de la Simone Mes épaules
2012 Albin de la Simone La fuite

Films[modifier | modifier le code]

En 2014, à l’occasion de l’exposition Toujours l’aurore au CentQuatre-Paris[6], il signe le texte et la réalisation de l’essai filmique en silence je l’ai aimé, dont Alexandre Tharaud compose et interprète la musique.

En 2018, il réalise les films diffusés lors de sa première création théâtrale à l’infini nous rassembler, avec Anna Mouglalis.

Publication[modifier | modifier le code]

Ses premières publications concernent ses photographies, des catalogues d'abord, puis des monographies personnelles et collectives.

Rapidement l'écriture tiendra une place de plus en plus importante dans son œuvre, en tant que matrice d'autres formes bien sûr, mais aussi pour elle-même.

Publications personnelles[modifier | modifier le code]

Pour chacun des ouvrages, il est précisé dans ce tableau par un astérisque si l'apport de Jean-François est littéraire ou photographique.

année titre format texte photos collaboration édition
2021 oraison sauvage livre * * Marcel Moreau Le Bec en l'Air
2016 incandescence livre * Nicolas Crombez livre d'artiste
2014 toujours l'aurore livre * Dominique A

Eric Baret

Anne Biroleau

André S. Labarthe

Marcel Moreau

Josef Nadj

Alexandre Tharaud

éditions de l’œil
2014 Lettres à Quelqu'un livre * Philippe Grimbert Riveneuve
2013 artiste de la Casa de Velázquez catalogue * Xavier Canonne Casa de Velázquez
2010 pour grandir il faut... livre * Catherine Grive Rouergue
2009 anima[7] catalogue * * Anne Biroleau

Robert Delpire

Marc Ladreit de Lacharrière

Arnaud d’Hauterives

Marcel Moreau

Jean-Jacques Sempé

Revue des Deux Mondes
2009 je suis une histoire qui ne se laisse pas fixer livre * Marcel Moreau Tandem
2005 silenzio livre * Yellow Now
2004 ici, hier livre * BnF

Publications collectives[modifier | modifier le code]

détails sur son site

Réalisation radio[modifier | modifier le code]

En 2016, il écrit et réalise deux émissions pour France Culture dans le programme de création on air.

La première, l'inspiration du souffle, présente de façon poétique la relation au vent. Les prises de son seront notamment réalisées à Ouessant. L'émission connaîtra deux mixages, l'un en stéréo binaural pour être diffusée sur les ondes, et l'autre en 5.1 avec un son spatialisé en 3D disponible sur le site de Radio France.

La seconde émission, Lettres à Quelqu'un, est centrée sur l'enfance. La musique est composée et interprétée par Alexandre Tharaud. Philippe Grimbert, Eric Baret et la grand-mère de l'auteur interviendront notamment sous la forme d'entretien.

Théâtre[modifier | modifier le code]

En 2018, à l'infini nous rassembler, pour sa première création théâtrale, Jean-François assume l'écriture, la mise en scène, la réalisation des vidéos et partage le plateau avec Anna Mouglalis. Participent à cette création, le chorégraphe et danseur Josef Nadj, le réalisateur Silvano Agosti et l'illustrateur Nicolas Crombez[8].

Présenté en novembre au CentQuatre-Paris, également producteur du spectacle, la création recevra un très bon accueil critique et public.

  • « (...) Ce moment, "à l'infini nous rassembler", ne ressemble à aucun autre. On se laisse porter, on accepte les ruptures, le montage, les collages. Présence des deux interprètes, jeux avec les ombres, les films, les images séduisantes d'une nature porteuse de sortilèges. (...) » Le Figaro, Armelle Héliot[9]
  • {{(...) Qu’est-ce qu’une rencontre, une présence ? Que signifie faire corps, être ensemble, se retrouver ? Comment garder notre part d’enfance ? À partir de ces questions universelles, Jean-François Spricigo construit un dispositif sensible, hors des canons du spectacle vivant, et réfléchit sur sa pratique artistique. (...)}} L'Humanité, Sophie Joubert[10]
  • {{(...) Se dépasser. Se rendre disponible. Renoncer à la peur. Faire corps avec la nature, réceptacle de ses envies enfouies, des plus fiévreux désirs. C’est ce à quoi invite la singulière proposition artistique magnifiquement défendue par ses interprètes. (...)}} sceneweb.fr, Christophe Candoni[11]

En 2019, Usine C à Montréal reprendra pour deux dates la pièce dans le cadre du Festival International de Littérature. Le spectacle rencontre là-aussi un très bel accueil public et critique[12].

En 2022, nouvelle création au CentQuatre-Paris, si l'orage nous entend, écrit, mis en scène et interprété par Jean-François. Avec Fabrice Naud comme partenaire au plateau pour la musique, et les voix d'Anna Mouglalis, Jacques Bonnaffé, Philippe Grimbert, Edwige Baily. Musique spécialement enregistrée par Philippe Jaroussky et Bruno Helstroffer.

Résidences d'artiste[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean-François Spricigo », sur www.104.fr (consulté le )
  2. Marie Maertens, « La nature mystifiée de Jean-François Spricigo », sur Connaissance des arts,
  3. Gaillard, Agathe., Mémoires d'une galerie, Paris, Gallimard, impr. 2013, 165 p. (ISBN 978-2-07-014031-2 et 2070140318, OCLC 858200706, lire en ligne)
  4. « Jean-François Spricigo exposé à la galerie Camera Obscura », sur Revue des Deux Mondes
  5. a et b « Jean-François Spricigo, lauréat 2008 du Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts », canalacademie.com, 10 janvier 2010.
  6. Annick Colonna-Césari, « Le photographe Jean-François Spricigo préfère flouter le réel », sur L'Express
  7. L'Œil, 2009, extrait en ligne
  8. « Jean-François Spricigo - à l'infini nous rassembler », sur www.104.fr (consulté le )
  9. Armelle Héliot, « Anna Mouglalis, en quête d'expériences », sur Le grand théâtre du monde (consulté le )
  10. « Théâtre. Commune présence, entre chien et loup », sur L'Humanité, (consulté le )
  11. Christophe C et oni, « Anna Mouglalis et Jean-François Spricigo dans À l'infini nous rassembler », sur Sceneweb, (consulté le )
  12. « Usine C - à l'infini nous rassembler », sur http://usine-c.com, 28 et 29 septembre 2019 (consulté le )
  13. Finis terrae
  14. Pensamento Tropical

Liens externes[modifier | modifier le code]