Jean-François Le Grand

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Jean-François Le Grand
Jean-François Le Grand en discussion avec Danièle Polvé-Montmasson, préfète de la Manche
Jean-François Le Grand en discussion avec Danièle Polvé-Montmasson, préfète de la Manche
Fonctions
Président du conseil général de la Manche
En fonction depuis
Prédécesseur Pierre Aguiton
Successeur Philippe Bas
Conseiller général du canton de Lessay
En fonction depuis
Prédécesseur René Lecocq
Sénateur de la Manche
Groupe politique RPR (1982 - 2002)
UMP (2002-2011))
RASNAG (2011)
Successeur Philippe Bas
Maire de Lessay
Prédécesseur René Lecocq
Successeur Claude Tarin
Biographie
Date de naissance (75 ans)
Lieu de naissance Lessay, Drapeau de la France France
Parti politique RPR puis UMP
puis SE
Profession Ingénieur, Vétérinaire

Jean-François Le Grand, né le à Lessay (Manche), est un homme politique français, sénateur de 1982 à 2011 et président du conseil général de la Manche de 1998 à 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du conseiller général et maire gaulliste de Lessay, Albert Le Grand (1906-1983)[1], il suit ses études chez les oratoriens puis à l'École nationale vétérinaire de Toulouse, avant de s'installer professionnellement, en 1972, dans sa ville natale[2].

Sur les traces de son père, Jean-François Le Grand entre, sans étiquette, au conseil municipal de Lessay en 1971, est élu conseiller général pour le canton de Lessay en 1976, et devient adjoint au maire en 1977[2].

« Jeune lion »[3] du gaullisme manchois, il adhère au RPR en 1978 et s'impose progressivement comme un personnage important de la droite locale : sénateur de la Manche à partir d', après la mort d'Auguste Cousin, il devient vice-président en 1985, puis premier vice-président en 1989 du conseil général de la Manche, maire de Lessay entre 1989 et 1996 et président de la communauté de communes du canton de Lessay de 1993 à 1998[2].

Lorsque Pierre Aguiton annonce qu'il laisse la présidence de l'assemblée départementale, il annonce sa candidature, et doit faire face au député Jean-Claude Lemoine et au maire (FD) de Saint-James, Michel Thoury[4]. Après une élection interne au RPR contestée[4]. Jean-François Le Grand est élu à la présidence du conseil général en 1998, mettant fin au « règne » des Républicains indépendants et au « système Jozeau-Marigné »[3]. Il conserve son siège de sénateur malgré ses propositions lors des assises du RPR en décembre 1997, contre le cumul d'un mandat parlementaire et d'une fonction exécutive[4].

Localement et nationalement, il est reconnu pour ses compétences dans le domaine de l'environnement[5] : président de l'Union nationale des CPIE de 1993 à 1997, président fondateur du Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin et de l'Association nationale des élus des zones humides, président du Cercle français de l'eau, il est rapporteur de la loi sur le renforcement de la protection de l'environnement (1994-1995) et du projet de loi portant codification de la loi « environnement » et auteur d’un rapport d’information sénatoriale « Natura 2000 » et d'un rapport sur les « retombées économiques, pour les collectivités locales et les riverains, de l'activité aéroportuaire » (2003)[6].

À la tête du département, il a lancé une politique culturelle départementale dynamique, mis en place un développement numérique du territoire, et engagé le conseil général dans la rénovation du Marité. Il est également avec Jean Lemière, le principal artisan de la réhabilitation de l'hôpital des Armées de Cherbourg-Octeville en école de cinéma, projet dont le coût, la pertinence et les méthodes sont contestés dans la presse et par la gauche cherbourgeoise[7] et dont l'échec affaiblit la droite cherbourgeoise[8]. Autre projet controversé, il est à l'initiative, comme conseiller général du canton, de la construction du circuit automobile de Lessay « Formula Project », financé à hauteur de 11 millions de francs par le département[4].

Volontiers libre de parole, ses prises de positions locales où nationales irritent au sein de sa majorité. Ainsi, à la suite de l'investiture de Claude Gatignol par le bureau national de l'UMP, en opposition au vote des militants de la Manche, et sur fond de suspicion de détournements de fonds par le député sortant de Valognes, il se met temporairement en congé de son parti en novembre 2006, jusqu'au lendemain des élections législatives de 2007 pour lesquelles il soutient la candidature dissidente du maire de Sainte-Mère-Église, Marc Lefèvre[9], largement distancé au premier tour par Claude Gatignol (10 % contre 41 %)[10].

De même, nommé président du groupe de travail national consacré à la biodiversité pour le Grenelle Environnement en 2007, puis de la Haute autorité provisoire sur les organismes génétiquement modifiés, ses doutes vis-à-vis des OGM et du MON 810 sont critiqués en janvier 2008, et il est mis en minorité lors de la première lecture du projet de loi sur les OGM au Sénat, notamment par le rapporteur, Jean Bizet, autre sénateur UMP de la Manche[11]. À l'occasion du passage du projet de loi devant les députés, il accuse les lobbys pro-OGM d'influencer les parlementaires[12], propos condamnés par le bureau de l'Assemblée nationale[13] qui lui valent d'être quelque temps isolé au sein de son groupe au Sénat[2].

Lors de la campagne présidentielle de 1995, il prend parti pour Édouard Balladur contre Jacques Chirac[14],[4].

Il est élu, en octobre 2009, gouverneur du Conseil mondial de l'eau, une collaboration d'organisations non gouvernementales, de gouvernements et d'organisations internationales pour résoudre les problèmes liés à l'eau dans le monde.

Jean-François Le Grand est désigné tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections régionales de mars 2010 en Basse-Normandie et chef de file dans la Manche[15]. Arrivé en tête dans la Manche (32,48 %), et en seconde position en Basse-Normandie au premier tour (27,68 %), il est devancé au second par la liste unissant les forces de gauche et les écologistes tant dans la Manche, départementalement face à Jean-Pierre Godefroy (45,70 %), et régionalement face à Laurent Beauvais (42,89 %).

Le , il décide de quitter l'UMP, déplorant la « droitisation » du parti[16].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Anciens mandats

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Boivin, Les Conseillers généraux de la Manche de 1945 à nos jours, Caen, Paradigme, 1984
  2. a, b, c et d Philippe Merlant, « Jean-François Le Grand - Un sénateur sans OGM », La Vie, 28 mai 2008.
  3. a et b Éric Charon, « PME/PMI compensent la nucléaire », L'Agriculteur normand, 19 janvier 2007.
  4. a, b, c, d et e Christian Génicot, « La carte forcée », Normandie magazine no144, 1998
  5. Philippe Roger, « Jean-François Le Grand à la biodiversité », L'Usine nouvelle, 16 juillet 2007
  6. Cf. sa fiche, sur le site du Sénat.
  7. Léonard Lièvre, « École de cinéma de Cherbourg, fallait-il la financer ? » La Manche Libre, 25 avril 2004
  8. La Manche Libre, avril 2008
  9. « L’UMP veut garder le contrôle du département », Ouest France, 2007.
  10. résultats dans la 4e circonscription de la Manche, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  11. Guillaume Launay, « Les sénateurs UMP taillent un délit sur mesure aux faucheurs », Libération, 8 février 2008.
  12. Gilles van Kote, « Un sénateur UMP estime que des parlementaires pro-OPGM sont "actionnés" par les semenciers », Le Monde, 2 avril 2008
  13. Réunion du 8 octobre 2008, bureau de l'assemblée nationale
  14. Michèle Cotta, Les secrets d'une victoire, 1995
  15. http://www.ouest-france.fr/actu/actu_BN_-Le-tandem-Le-Grand-Augier-confirme-a-droite_8618-1165699_actu.Htm
  16. « Jean-François Le Grand quitte l'UMP », France 3 Normandie, 9 avril 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]