Jean-François Cail

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Jean-François Cail
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Portrait de Jean-François Cail
Naissance
Chef-Boutonne
Décès (à 67 ans)
La Faye (domaine des Plans)
Nationalité Français
Pays de résidence France
Profession
entrepreneur
Activité principale
sucreries, constructions métalliques (locomotives, voies ferrées, ponts)
Autres activités
agriculture industrielle
Formation
compagnonnage en chaudronnerie
Distinctions
Chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur Red ribbon bar - general use.svg
Descendants
Alfred Cail, Adophe Cail

Compléments

Pionnier français des chemins de fer, constructeur de locomotives

Jean-François Cail est un entrepreneur industriel, constructeur mécanicien français, né le à Chef-Boutonne (Deux-Sèvres) et mort le au domaine des Plants (ou Plans) à La Faye en Charente.

Il fut l'un des pionniers de la révolution industrielle en France, devenant le premier fabricant mondial de matériel pour les sucreries et se diversifiant avec succès dans la construction métallique (locomotives, voies ferrées, ponts). Il développa aussi le concept d'agriculture industrielle avec la ferme de la Briche. Patron social, il s'impliqua dans le bien-être de ses ouvriers (caisse de sécurité sociale, constructions d'habitations et d'écoles,...).

Biographie[modifier | modifier le code]

La maison natale de J.-F. Cail à Chef-Boutonne.

Jean-François Cail nait le (18 pluviôse an XII) dans une petite maison donnant sur une venelle reliant le vieux Chef-Boutonne au château de Malesherbes, dans le département des Deux-Sèvres. C'est le troisième enfant d'une fratrie qui ira jusqu'à huit. Ses parents sont Charles Cail (1777-1854) et Marie Pinpin (1777-1839)[1] qui se sont mariés le (10 nivôse an 7) alors qu'ils avaient vingt-et-un ans tous les deux. Son père est charron et également sacristain[2].

Apprenti chaudronnier, il quitte sa ville natale à 12 ans pour son tour de France pour faire son compagnonnage[3]. À 20 ans, il arrive dans l'entreprise de Charles Derosne (1780-1846), un pharmacien et chimiste qui construit des appareils de distillation[3]. Améliorant les machines produites[3], on lui doit aussi la mise au point et la construction du premier distillateur à plateau capable de produire de l'éthanol pur : le distillateur Adam-Derosne et Cail (cet appareil sera ensuite supplanté par le distillateur Savalle qui pouvait fonctionner en continu). Derosne lui propose quelques années plus tard en 1836 de s'associer avec lui [3], c'est le lancement de la Société Ch.Derosne et Cail.

L'entreprise va avec succès participer à la fabrication de sucreries de betteraves, comme à Ruffec en Charente, ou à Étrépagny dans l'Eure, mais se lance aussi dans la production de sucre de cannes aux Antilles, fournissant machines et investissant dans les sucreries locales, la société va largement contribuer au développement économique des îles[3], mettant fin au système de l'« habitation sucrerie », modèle issu de l'esclavage[3] et elle devient le premier fabricant mondial de matériel pour sucreries.

Locomotive Crampton, sur les Champs-Élysées lors de l'exposition ferroviaire, Trains Capitale en 2003
Vue de l'Exposition universelle de 1867 à Paris avec en son centre le bâtiment construit par la société Cail

Au début des années 1840, avec l'expérience acquise dans la métallurgie, l'entreprise commence à produire des locomotives avec les débuts du chemin de fer en France[3]. Elle achète la licence de la locomotive Crampton, conçue par l'ingénieur anglais Thomas Russell Crampton, une locomotive déjà très performante mais que Cail et son équipe vont améliorer[3] (elle sera décrite à la fin du XXe comme « le TGV du XIXe siècle », car elle roulait à 120 km/h, dès 1862). Les commandes vont alors affluer[3]. Charles Derosne meurt en 1846. L'entreprise compte alors plus de 1500 employés[3] et Jean-Francois Cail reste seul aux commandes. Installée à Paris, à Chaillot, puis à Grenelle[4],[Note 1] et devenue la Société J.F Cail & Cie, elle va ouvrir des usines à Bruxelles, Denain, Amsterdam et Saint-Pétersbourg[3] et se diversifier dans les voies ferrées, les ponts métalliques et les machines-outils[3], devenant un pionnier de la révolution industrielle. Elle construira entre autres le pont de fer de Moulins, le pont d'Arcole à Paris ou le palais de l'Exposition universelle de 1867, un pavillon sphérique sur le Champ-de-Mars de 500 mètres de long sur 384 de large, couvrant avec ses annexes 15 hectares de terrain. Il était situé à l'emplacement actuel de la tour Eiffel.

Jean-François Cail va en parallèle développer le concept d'agriculture industrielle dont la ferme de la Briche à Rillé et dans les communes limitrophes d'Indre-et-Loire, une ferme de plus de 2000 hectares[3] (elle fonctionnera jusqu'en 1949). ainsi qu'une ferme en Ukraine de 18 000 hectares avec quatre sucreries[3].

Paternaliste et à la tête d'une fortune colossale il est sensible à la condition ouvrière. En 1850, il crée une caisse d'aide mutuelle à laquelle il affecte un onzième des bénéfices de son entreprise[3]. Jean-François Cail sera très impliqué dans divers projets d'amélioration de l'habitat et de la vie ouvrière[5]. Il fait ainsi construire à Paris 31 immeubles avec tout le confort de l'époque pour loger ses ouvriers[3] mais également des crèches, des écoles et un théâtre, les actuelles Bouffes du Nord[Information douteuse] [?][3].

C'est son fils cadet, Adolphe, un ingénieur qui est prévu pour lui succéder[3]. Ce dernier a initié une activité de production d'alcool de betterave dans les Deux-Sèvres, qui est à l'origine du site de l'usine Rhodia de Melle[Note 2]. Mais il meurt en 1869[3], assombrissant la fin de vie de son père[3] qui meurt deux ans plus tard, à 67 ans. C'est finalement son fils ainé, Alfred, qui prend la suite[3]. La société Cail compte alors 5000 employés[3] et la fortune familiale est estimée à 28 millions de francs-or[3]. Mais Alfred Cail est plus porté sur la vie mondaine que sur la gestion de l'entreprise, celle-ci va péricliter en dix ans[3].

Cail comme nom de société disparaitra en 1898, quand l'entreprise deviendra la Société française de constructions mécaniques, avant de reparaitre pour quelques années avec la fusion avec la société Fives-Lilles en 1958 et devenir la société Fives-Lille - Cail.

Jean-François Cail s'était fait construire dans Paris un hôtel particulier, l'hôtel Cail achevé en 1865. En 1922, sa fille le revendit à la ville et en 1926 il est devenu la mairie du 8e arrondissement.

Chronologie des différentes sociétés[modifier | modifier le code]

Plaque de constructeur du tender 23 A 168 attelé à la locomotive 230 D 116.

Après la mort de Jean-François Cail :

Constructions et locomotives encore existantes[modifier | modifier le code]

Le pont de fer ou pont noir à Moulins

Parmi les constructions de Jean-François Cail encore existantes ont peut citer :

type 040 4.853 Nord au Musée vivant du chemin de fer.

Plusieurs locomotives ont été préservées :

D'autres ponts ou locomotives sont associés au nom de Cail, mais sont postérieurs au décès de Jean-François Caille et sont principalement construits par les Anciens Établissements Cail, comme le viaduc des Fades (1909) dans le Puy-de-Dôme ou la locomotive type 130 T n°77 (1895,classé MH).

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Jean-François Cail est fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du 26 juillet 1844[6].

Son nom est inscrit sur la tour Eiffel dans la liste des soixante-douze noms de savants.

Plusieurs voies publiques et un lycée professionnel ont été nommés d'après lui :

  • la rue Cail dans le 10e arrondissement de Paris. La rue est bordée d'immeubles qu'il a construits afin de loger les ouvriers de chemin de fer de la gare du Nord toute proche.
  • La place centrale (où se dresse son buste) et le lycée professionnel de Chef-Boutonne, sa ville natale.
  • L'allée du cimetière du Père-Lachaise à Paris où est situé son monumental tombeau.
  • La principale artère de la zone industrielle Sébastopol à Luçon en Vendée, Jean-François Cail ayant travaillé dans cette ville dans ses toutes premières années.
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Jean-François Cail dans les romans de Jules Verne[modifier | modifier le code]

Les machines du Nautilus, pour partie fabriquées chez Cail et Cie.

Jules Verne, de 25 ans son cadet, mentionne les entreprises de Jean-François Cail dans plusieurs de ses romans, comme Vingt mille lieues sous les mers dans lequel le capitaine Némo explique que c'est l'entreprise Cail et Cie qui a fabriqué les réservoirs du Nautilus[7], Le Chancellor où des moulins à force centrifuge produits par Cail équipent une usine hydraulique en Caroline du Sud[8] ou Sans dessus dessous[9].

Publication[modifier | modifier le code]

  • Terre de la Briche : propriété de M.J. F. Cail / Exposition universelle de 1867, Paris, librairie agricole de la Maison rustique, , 33 (+ pl.) p. (lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul Gauguin (1848-1903), dans ses œuvres de jeunesse, peindra deux tableaux Les usines Cail et le quai de Grenelle et Le pont roulant au bord de la Seine, avec à l’arrière plan les usines Cail et le quai de Grenelle, dans une série de peintures réalisés aux abords de son domicile, au 54 rue de Chaillot.
  2. L'usine Rhodia de Melle est devenue aujourd'hui le second employeur industriel du département des Deux-Sèvres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Surville, « Jean-François Cail (généalogie de François de Surville) », sur http://gw.geneanet.org/ (consulté le 2 avril 2016).
  2. « Cail Jean François (1804-1871) : 69eme division (V, 4) », sur Amis et passionnés du Père-Lachaise, (consulté le 2 avril 2016).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Jacques-Marie Vaslin, « L'irrésistible ascension de Jean-François Cail », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. Les usines Cail à Grenelle. Résumé d'un article de Michel Debonne in Bull. Soc. hist. & arch. du XVe arrondt de Paris – No 13 & 14".
  5. Sur l'amélioration de l'habitat et de la vie ouvrière, cf. Rue des Immeubles-Industriels, la cité idéale des artisans du meuble (1873-1914), Hervé Deguine, Bonnaventure, Paris, 2015.
  6. « Décret de nomination », sur Base Léonore du ministère de la Culture (consulté le 10 décembre 2015).
  7. Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, Le Livre de poche - Hachette, , « XIII - QUELQUES CHIFFRES », p. 135.
  8. Jules Verne, Le Chancellor, Toulouse, Petite Bibliothèque Ombres, , « IV », p. 22.
  9. Jules Verne, Sans dessus dessous, Grama, , p. 94.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Thomas, Jean-François Cail : Un acteur majeur de la première révolution industrielle, Association CAIL, , 335 p. (ISBN 978-2952207003), (présentation de l'ouvrage dans les dossiers documentaires de l'espace pédagogique du patrimoine industriel de Poitou-Charente : L'ascension sociale et Les activités industrielles),
  • Jacques-Marie Vaslin (maître de conférences à l'IAE d'Amiens), « L'irrésistible ascension de Jean-François Cai », Le Monde, no supplément Économie,‎ , p. 2 (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]