Jean-François Bodin (1766-1829)

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David d'Angers, Buste de Jean-François Bodin (1824), Angers, galerie David d'Angers.

Jean-François Bodin, né à Angers le 26 septembre 1766 et mort à Chemellier le 5 février 1829, est un écrivain, historien et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-François Bodin fit ses études à Angers et se consacra à l'architecture, où il avait acquis une habileté remarquable, Mais la Révolution française, si terrible dans ces contrées, y rendit bientôt son art inutile. Il en adopta néanmoins la cause avec beaucoup d'enthousiasme, et fut nommé, en 1792, l'un des administrateurs du district de Saint-Florent. Placé, dès l'année suivante, au commencement de la guerre civile, dans le centre des événements les plus désastreux, et forcé de renoncer à ses fonctions d'administrateur, il devint payeur de l'armée de l'Ouest, et, dans les premières défaites qu'éprouvèrent les troupes républicaines, fut exposé plusieurs fois à perdre sa caisse.

Il réussit à la sauver par sa prévoyance et par son activité. Après la pacification, il obtint divers emplois de finances et continua cependant à s'occuper d'architecture. L'Institut ayant ouvert en 1796, un concours pour un monument à élever aux armées françaises, Bodin envoya un projet d'arc triomphal qu'il plaçait à l'endroit même où l'on a établi celui de l'Etoile ; mais il fut jugé trop dispendieux. À l'époque de la Restauration, en 1814, Bodin était receveur des contributions à Saumur. Lorsque, après la bataille de Waterloo, » l'armée française se retira derrière la Loire, en juillet 1815, il y remplit momentanément les fonctions de payeur ; et, dans l'état de pénurie où se trouvait cette armée, il contribua beaucoup, par son zèle et son crédit, à y maintenir l'ordre en assurant la solde et la subsistance des troupes.

Après le licenciement, il reprit son emploi de receveur. Nommé, en 1820, membre de la chambre des députés par le département de Maine-et-Loire, et ayant pris avec les électeurs l'engagement de se ranger du parti de l'opposition, il donna sa démission d'un emploi lucratif, qui le tenait dans la dépendance du ministre des finances. Il vota toujours en conséquence contre le ministère ; mais il prit rarement la parole, se bornant à adresser chaque année à ses commettants des lettres ou il leur faisait connaître les opérations de la chambre et la marche des événements. Il fit ainsi imprimer trois Lettres en 1820, 1821 et 1822.

Il cessa, en 1825, de faire partie de la chambre des députés, et retourna dans son département, où il vécût dans ses terres, et ne parut plus occupé que de la culture, des sciences et des lettres. Il avait publié, dans les années 1812 à 1815, un ouvrage fort remarquable sous le titre de Recherches historiques sur la ville de Saumur (haut Anjou), ses monuments, et ceux de ses arrondissements, deux volumes in-8°, avec planches et une Biographie saumuroise. On y trouve quelques détails minutieux, mais intéressants, sur les mœurs des habitants de cette contrée dans les différents siècles.

Bodin publia, en 1821-1822, sur le même plan, des Recherches historiques sur l'Anjou et ses monuments, Angers et le bas Anjou, deux volumes in-8° avec planches et une Biographie angevine. Une suite a été imprimée dans le tome 3 des Mémoires de la société royale des antiquaires de France, dont Bodin était correspondant. Ces deux ouvrages le firent nommer correspondant de l'Institut. Il est mort en 1829, dans sa terre de Launay (Maine-et-Loire). On a encore de lui une Lettre à Eloi Johanneau sur la tour d'Evraud, à Fontevraud, avec planche, insérée dans le tome 5 des Mémoires de l'Académie celtique.

Sources[modifier | modifier le code]

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