Jean-Daniel Œhlert

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Johann Daniel Œhlert
Surnom Le Grand-Pierrot
Le Grand-Allemand
Naissance 6 juillet 1765
Ostheim
Décès 5 décembre 1814 (à 49 ans)
Origine Français, Alsacien
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Grade Colonel
Années de service 1787-1803
Conflits Guerres de la Révolution
Guerre de Vendée
Chouannerie
Faits d'armes Combat de Juvigné
Combat du Bourgneuf

Johann Daniel Œhlert, dit le Grand-Pierrot ou le Grand-Allemand6 juillet 1765 Ostheim - † 5 décembre 1814 Laval), est un militaire qui s'illustra particulièrement lors de la Chouannerie en Mayenne.

La Chouannerie[modifier | modifier le code]

Né à Ostheim dans le Haut-Rhin d'une famille protestante, Johann Daniel Oehlert s'engage au régiment d'Alsace le 6 août 1787. Incorporé au 5e bataillon du Haut-Rhin, nommé capitaine le 16 septembre 1792, et après avoir pris part à 52 combats, il vient dans la Mayenne avec une compagnie franche faire la guerre aux Chouans[1].

Étranger au pays comme la plupart de ses hommes, il comprend toutefois mieux que personne la guerre de partisans à laquelle il faut faire face. Le général royaliste Claude-Augustin Tercier, qui fut presque journellement aux prises avec lui, avec des chances diverses, le reconnaît comme un adversaire redoutable et insaisissable. Mathurin Julien Dalibourg écrit le 9 février 1796 que l'intrépide capitaine allemand s'est fait jour, lui 20e à travers une bande de 600 à 800 chouans. Il se porte du reste sur tous les points du département avec une rapidité extraordinaire.

Le 26 mars 1796 à Bazougers, on le trouve au mois d'avril qui se bat à Juvigné, puis à Château-Gontier, de nouveau dans le pays de Vaiges qui lui donne le plus fort à faire au mois de mai, et le 9 juin jusqu'à Domfront pour hâter le désarmement des insurgés. Au plus fort de la lutte, Hoche, le général de division Louis François Jean Chabot[2] et la ville de Laval ne lui ménagent pas les distinctions et les témoignages dus à sa bravoure, attestée aussi sincèrement par les Chouans eux-mêmes, qui l'interprètent à leur façon[3].

La blessure du commandant Oehlert[modifier | modifier le code]

Après la pacification, Oehlert, nommé chef de bataillon le 14 septembre 1796, est appelé à Paris ; il entre dans la garde du Directoire (8 frimaire an V), est chargé d'arrêter Carnot après le Coup d'État du 18 fructidor an V, revient à Laval avec le grade de lieutenant général, réclamé par l'administration contre le nouveau soulèvement des Mécontents. Il mène la lutte avec la même activité.

Mais le 29 juillet 1799, entre Lassay et Ambrières, au Chesnay (Cigné), il tombe atteint de deux balles à la cuisse gauche et d'une troisième dans le pied. Transporté à Ambrières sur une échelle, il raconta lui-même sa mésaventure sur un ton de bonne humeur, et ses compagnons ajoutent que, gisant sur le champ de bataille, il entonna : Mourir pour la patrie ! Il demanda à rentrer à Laval dans sa famille. Toutes les administrations s'intéressèrent à son sort. Le 19 août 1799, il remercia lui-même le ministre de la guerre des soins et des félicitations qui lui avaient été prodigués.

Oléron[modifier | modifier le code]

Depuis lors chef d'escadron dans la Garde des consuls (13 nivôse an VIII), adjudant supérieur, chef de brigade (4 brumaire an IX), commandant à l'île d'Oléron, où l'abbé Jacques Fleury le vit boitant toujours, il prit sa retraite le 29 brumaire an XII. Il y organisa encore la compagnie de réserve et le service de recrutement, commanda le département pendant les dernières années de l'Empire, et mourut le 5 décembre 1814, "n'ayant plus d'ennemis", "l'un des plus braves soldats de l'armée".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Sée indique dans un commentaire sur le livre Chouans et Contre-Chouans d'Ernest Laurain qu'il marque d'abord très nettement les origines de la Chouannerie dans cette région. Parmi les troupes républicaines envoyées pour combattre la Chouannerie, figurait le bataillon de la Montagne, dont nombre des soldats le composant vendirent armes et munitions aux Chouans, certains s'engageant même dans leurs rangs. Le plus notable de ces transfuges fut un certain Denis Brice qui devint rapidement un chef de grande autorité, avant d’être guillotine en 1798. L'homme qui fit le plus pour l'extinction de la Chouannerie dans la Mayenne fut Daniel Œhlert. Il eut recours a des contre-chouans, et c'est à leur intrépidité que Laval doit son salut.
  2. Général républicain, en fonction en Mayenne de janvier 1794 au 29 janvier 1800, commandant de Laval, Mayenne et Craon. Remporte une victoire à Meslay-du-Maine le 23 janvier 1800 contre une division de l'armée royaliste de Bourmont.
  3. Cf. Souvenirs de la Chouannerie, p. 509.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

« Jean-Daniel Œhlert », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition]