Jean-Claude de Saint-Marceaux

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Jean-Claude
de Saint-Marceaux

Nom de naissance Jean-Claude Baugnies
de Paul de Saint-Marceaux
Naissance 15 septembre 1902
Cuy-Saint-Fiacre (Seine-Maritime
Décès 1er juin 1979 (à 76 ans)
Nationalité Drapeau de France Français
Activités Sculpture
Maîtres Pompon
Mouvement artistique Art animalier
Groupe des Douze

Œuvres réputées

Tapir
Calao

Jean-Claude de Saint-Marceaux est un sculpteur et résistant français, né en 1902 et mort en 1979.

Le sculpteur[modifier | modifier le code]

Jean-Claude de Saint-Marceaux, de son nom complet Jean-Claude Baugnies de Paul de Saint-Marceaux, est le petit-fils de Marguerite Jourdain et du peintre Eugène Baugnies. Veuve, Marguerite épouse en secondes noces, en 1892, le sculpteur René de Saint-Marceaux qui, en 1913, adopte les trois fils qu'elle a eus de son premier mariage. Ils ajoutent désormais à leur nom de naissance celui de leur père adoptif[1] et Jean-Claude, le fils de Jacques et d'Yvonne de Montagnac, porte donc les deux noms de son père : Baugnies de Paul de Saint-Marceaux. Il est élevé dans l'atmosphère artistique et mondaine que sa grand-mère entretient autour de son salon de musique parisien, rival de celui de la princesse de Polignac et où se rencontrent des compositeurs comme Ravel, Fauré et Debussy, des interprètes comme Arthur Rubinstein[2], mais aussi des artistes et des écrivains comme Isadora Duncan, Dumas fils, Colette ou d'Annunzio[3]. D'abord marié à une amie de Berthe Pompon, Germaine Leclerc[4], à qui Pompon dédicace son Pélican de 1924[5], Saint-Marceaux épouse en secondes noces, en 1950, Anne Marie Radwan, dite Manéta[6], actrice et chanteuse polonaise[7] qui prête ses traits à Vénus et à Ève debout, sculptures d'Auguste Zamoyski, son premier mari[8]. Ils ont une fille, Nathalie, médecin, qui meurt en 2011.

En 1931, Saint-Marceaux rejoint le groupe des Douze, qui rassemble autour de Pompon et Jane Poupelet des sculpteurs animaliers tels que Georges Hilbert, Paul Jouve, André Margat ou Georges Guyot. Le groupe expose, du 8 avril au 8 mai 1932, dans les salons de l'hôtel Ruhlmann et, une deuxième fois, du 1er au 31 mars de l'année suivante, toujours chez Ruhlmann. Mais cette deuxième fois est déjà la dernière[9] : le décès de Jane en 1932 et celui de Pompon en 1933 ont mis fin à l'association[10],[11]. Entretemps, le critique André Devaux a remarqué le Tapir que Saint-Marceaux, toujours en compagnie d'artistes animaliers, a exposé à la galerie Edgar Brandt[12].

Le résistant[modifier | modifier le code]

Après la défaite de 1940, Saint-Marceaux choisit de résister à l'occupant. Il intègre bientôt le réseau Buckmaster, section française de la Direction des opérations spéciales. Dans les années 1930, il a acquis une propriété dans le Midi, à La Ciotat[13], et en avril 1943, après l’arrestation d’Albert Arnoux, il prend la tête de la section ciotadenne du groupe Jean-Marie. Un an plus tard, en avril 1944, la Gestapo fait irruption dans sa propriété. Il parvient à s'enfuir avec sa femme. Le couple gagne la gare toute proche d'où, protégés par les cheminots, ils s'embarquent dans un wagon de marchandises et échappent aux recherches.

Saint-Marceaux est élu au conseil provisoire en août 1944 et le général de Larminat, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par le général de Gaulle, le nomme président de la délégation spéciale. Le 22 août, jour de la libération de La Ciotat, Saint-Marceaux est porté en triomphe à l'hôtel de ville. Il restera maire pendant un an.

Jean-Claude est le cousin germain de Gaston Baugnies de Saint-Marceaux (1914-1986), aviateur, capitaine commandant de la 2e escacrille du régiment de chasse « Normandie-Niemen »[14].

Hommage[modifier | modifier le code]

  • La salle associative de La Ciotat porte le nom de Jean-Claude Baugnies de Saint-Marceaux.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pyra Wise, « Sur une note de régie elliptique de Proust : Les Saint-Marceaux et les nymphéas de Monet », Item,‎ 2011 (lire en ligne).
  2. « Manéta de Saint-Marceaux et Arthur Rubinstein », Bibliothèque virtuelle Miguel de Cervantes et fondation Albéniz,‎ 1977 (consulté le 4 octobre 2013).
  3. Site de La Ciotat.
  4. M. de Saint-Marceaux, Journal, p. 1278.
  5. Jocelyn Reboul, « Pélican, 1924 (Réduction d'un grand modèle) », dans François Pompon : Un sculpteur d'avant-garde, catalogue d'exposition, 2007 (mais c'est pour René, et non pour Germaine de Saint-Marceaux, que Pompon a effectué des pratiques). (Lire en ligne. Consulté le 12 septembre 2013.)
  6. Liliane Parlier, L'Insoumis ou le Conte puritain : Mémoires d'hier et d'aujourd'hui, Paris, L'Harmattan,‎ 2012 (ISBN 978-2-296-55-755-0, lire en ligne), p. 31-33.
  7. (pl) Joanna Krasnodębska, « Angielka W Paryzu : Listy Haliny Korn-Żuławskiej do męża (maj–czerwiec 1950) [Une Anglaise à Paris : Lettres de Halina Korn Zulawska (pl) à son mari (mai-juin 1950)] », Archiwum emigracji : Studia, szkice, dokumenty, Torun, no 1-2 (16-17),‎ 2012, p. 163 (et note 32) (lire en ligne).
  8. (pl) Zofia Kossakowska-Szanajca, « August Zamoyski : Kalendarium : 1928 », Muzeum Augusta Zamoyskiego (consulté le 16 septembre 2013).
  9. André Devaux, « Exposition des Douze, galerie Ruhlmann », L'Esprit français,‎ 10 avril 1933, p. 450 (lire en ligne) :

    « C'est à la stylisation sensible qu'il faut ainsi recourir. […] Les « douze » l'ont ainsi compris. En dehors de la vitrine consacrée à l'exposition posthume de Jane Poupelet, […] citons les envois essentiels de M. Guyot […], le Calao et le Tapir de Saint-Marceaux »

  10. Direction des monnaies et médailles de France (dir.), Les Sculpteurs et l'Animal dans l'art du XXe siècle : Bugatti, César, Giacometti, Guyot, Picasso, Pompon, Monnaie de Paris,‎ 1999 (ISBN 978-2-11-091445-3).
  11. Jean-Christophe Barbou des Places, « Le Salon : Présentation et historique », Salon des artistes animaliers, de chasse et de la nature (3e édition),‎ 2013 (consulté le 16 septembre 2013).
  12. André Devaux, « Galerie Edgar Brandt : Exposition des artistes animaliers », L'Esprit français, vol. 8, no 78,‎ janvier 1933, p. 71 (lire en ligne) :

    « On remarquera tout d'abord […] le Tapir de B. de Saint-Marceaux dans sa robe de pierre qu'on dirait caoutchoutée […] »

  13. Chez les Saint-Marceaux à La Ciotat, par Jean-Claude Fourneau.
  14. Après la guerre, Gaston B. de Saint-Marceaux fut attaché de l'Air à Washington, à Moscou, en Allemagne, à Londres et à l'OTAN, chef du service de renseignement de l'état-major de l'Armée de l'air, commandeur de la Légion d'honneur, promu général de brigade en 1965. Voir Yves Donjon (préf. Joseph Risso et Roland de la Poype), Ceux de Normandie-Niemen : De septembre 1942 à juin 1945, éditions Astoure,‎ 2010, 3e éd. (1re éd. 1996), 300 p. (présentation en ligne), cité dans « Gaston de Saint-Marceaux », sur Ciel de gloire.com.