Jean-Claude Vacher

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Jean-Claude Vacher
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Biographie
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Activité

Jean-Claude Vacher, né le à Paris, est un haut fonctionnaire français.

Après s'être consacré quelques années à l'Outre-mer, il a eu un parcours en France métropolitaine dans la préfectorale. Il a eu à gérer une crise sociale liée à la fermeture du site Cellatex à Givet, dans les Ardennes.

Parcours initial[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'institut d'études politiques de Paris, Jean-Claude Vacher commence sa carrière en octobre 1962 comme inspecteur des impôts. Il devient attaché d'administration de la Ville de Paris en mars 1967.

Il rentre ensuite à l'ENA, de 1970 à 1972, promotion Charles de Gaulle.

Début dans l'Outre-mer puis la préfectorale[modifier | modifier le code]

Après son passage à l'ENA, durant lequel il rédige notamment un mémoire de stage consacré à l'immigration en Nouvelle-Calédonie, il est affecté au secrétariat général des départements d'outre-mer. Son premier ministre de l'intérieur, Raymond Marcellin, lui dit lui trouver « une gueule préfectorale » [1]. En septembre 1974, il devient sous-préfet de La Trinité, en Martinique, chargé parallèlement des fonctions de secrétaire général de la zone de défense des Antilles-Guyane.

Il devient ensuite sous-préfet de Lunéville en juin 1977, secrétaire général de la préfecture de la Savoie en mai 1979, sous-préfet de Morlaix en août 1981, directeur du cabinet du préfet de la région Midi-Pyrénées en novembre 1982, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne en juin 1985, sous-préfet de Dunkerque en décembre 1987, et secrétaire général de la préfecture de la Loire-Atlantique en novembre 1989.

A Dunkerque, il favorise l'implantation de nouvelles activités, Pechiney et Coca-Cola notamment dans une sous-préfecture touchée durement par la réduction des effectifs dans la sidérurgie et la fermeture des chantiers navals[2].

Le 13 juillet 1993, une décision du conseil des ministres le fait accéder à la fonction de préfet, sur proposition du ministre de l'intérieur[3], et il entre en fonction comme préfet de la Haute-Loire dans les semaines qui suivent. En octobre 1994, il est nommé préfet de Lot-et-Garonne, puis préfet de l'Indre en avril 1998.

Préfet des Ardennes et la grève Cellatex de 2000[modifier | modifier le code]

Nommé préfet des Ardennes en juin 2000[4], il est à peine arrivé dans ces nouvelles fonctions qu'il est confronté à une crise sociale, la fermeture du site Cellatex de Givet. Ce mouvement social va faire la Une des médias nationaux et internationaux pendant plusieurs semaines, étant marqué par l'occupation du site par les ouvriers et un chantage à la pollution chimique dans la Meuse.

L'occupation du site commence le 5 juillet 2000, alors qu'un juge du tribunal de commerce de Charleville-Mézières déclare l'entreprise Cellatex en faillite et ordonne sa liquidation judiciaire. Dès le début de l'occupation, les ouvriers menacent de faire exploser l'usine à l'aide de 46 tonnes de sulfure de carbone, produit précédemment utilisé en fabrication et présent dans les stocks. Jean-Claude Vacher s'invite dès lors directement dans les négociations compte tenu des impacts possibles et se porte garant de l'ouverture de discussions pour trouver une solution. Une équipe du GIGN est également mise à sa disposition. Lundi le 17 juillet, après une rencontre entre le préfet et les représentants des salariés, ces derniers, mécontents de l'avancement de la négociation, mettent la pression sur les pouvoirs publics en relâchant plusieurs centaines de litres d'acide sulfurique teint en rouge dans un petit affluent de la Meuse[5].

« Sur les berges, trois caméras zooment sur l'acide sagement prisonnier des barrages de sable mis en place hier par les bulldozers de la direction départementale de l'équipement et par les pompiers. «Le rouge est bien», juge un cameraman belge. Le rouge a été choisi. Au rayon des colorants, il y avait du bleu, du violet, et ce rouge vif «qui en jette», raconte un employé. Au lieu de l'acide que les salariés menaçaient de répandre, c'est même un bidon de 60 litres de colorant sans acide qui a d'abord été déversé. Et puis la vanne d'acide a été ouverte, provoquant la réaction attendue. Une fumée âcre au parfum d’œuf pourri. «Les photographes ont été appelés, la mairie de Givet a été prévenue. Et on a fermé les vannes.» L'empoisonnement de la Meuse n'a pas eu lieu, hier. Mais les ouvriers de la filature de Cellatex ont réussi une belle alchimie médiatique »

— Cédric Mathiot, Journal Libération[6]

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L'acte est blâmé par l'ensemble de la classe politique française. Mais l'écho médiatique de la lutte des ouvriers s'amplifie encore, ainsi que la pression sur les pouvoirs publics. D’autant que l'usine, qui reste occupée, contient encore quantités de produits chimiques potentiellement dangereux.

L'ultime négociation commence le 19 juillet à 17h30 à la préfecture des Ardennes. Elle réunit le préfet des Ardennes Jean-Claude Vacher, préfet, des conseillers techniques de Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, les délégués syndicaux CGT et CFDT, les représentants du personnel, et des élus locaux, soit au total une trentaine de personnes[7]. Elle dure une bonne partie de la nuit. Le lendemain, un protocole d'accord est soumis par les délégués syndicaux aux ouvriers, qui l'acceptent[8]. Un projet de reprise déposé par un groupe bavarois est abandonné. « En préambule à la réunion de mercredi soir, les représentants du ministère nous ont déclaré que ce dossier leur paraissait insuffisamment fiable », précise un porte-parole du personnel de Cellatex. Un des fleurons industriels du département des Ardennes disparaît. Mais des conditions d'accompagnement financier ont été obtenues par les anciens salariés, une dérive de la crise a pu être évitée pendant l'occupation du site. Et une cellule de reclassement a été mise en place, avec, un an après, un bilan mitigé, selon la presse[9]. Pour le préfet Jean-Claude Vacher, affecté depuis quelques semaines à peine dans le département, l'objectif a été constamment d'éviter que cette crise dégénère davantage, avec des impacts écologiques et de sécurité potentiels, de maintenir un dialogue constructif entre les salariés, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité qui s'est trouvé en prise directe avec cette affaire, les élus et d'éventuels repreneurs, et de parvenir à une solution socialement acceptable.

La situation économique du département reste une des préoccupations majeures de Jean-Claude Vacher durant ses fonctions à Charleville-Mézières. D'autres sujets récurrents l'accaparent également dont celui des crues de la Meuse, comme fin février 2002[10].

Parcours complémentaire en préfectorale[modifier | modifier le code]

Le 15 juillet 2002, il est nommé préfet de la Vendée, puis préfet de Maine-et-Loire le 10 janvier 2005. Il est admis par décret du 14 avril 2008 à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 25 mai 2008, après avoir eu la satisfaction de constater la mise en service de l'autoroute A11. La finalisation de cette autoroute a été un des dossiers majeurs de son passage dans ce département, avec plusieurs rebondissements, en particulier sur le tronçon de contournement d'Angers[11].

Dans son discours de départ, à la préfecture, il confie à son auditoire : « J'ai fait appliquer de nombreuses lois souvent contradictoires. J'ai assisté à l'arrivée de l'euro où nous avions instruction de soutenir qu'il n'aurait aucun effet inflationniste... Je me suis peu à peu pénétré d'un certain nombre de certitudes sur les incertitudes de la démocratie ». Il révèle également qu'il animait ponctuellement une émission de radio sur RCF, dédiée à la musique classique, sous un pseudonyme, Jean-Claude Tessier[1].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les nouvelles données de l'aménagement du territoire : reconversions industrielles et développement local, 1989.

Décorations[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Vacher a été élevé au grade de commandeur de l'Ordre national du Mérite le 14 novembre 2000, d'Officier de l'Ordre du Mérite maritime le 6 janvier 2005[12], et de commandeur de la Légion d'honneur en janvier 2011[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le préfet Jean-Claude Vacher dit "au revoir" à l'Anjou », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  2. Larose et al. 2001, p. 51
  3. « Conseil des ministres du 1" juillet 1993. Mesures d'ordre individuel » (consulté le 15 juillet 2012)
  4. « Conseil des ministres du 21 juin 2000. Mesures d'ordre individuel », sur Site de la direction de l'information légale et administrative (consulté le 16 juillet 2012)
  5. « Cellatex Givet », sur site de l'INA, Institut national de l'audiovisuel (consulté le 15 juillet 2012)
  6. Cédric Mathiot, « Alchimie réussie à Givet », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. « Les ouvriers de Cellatex ont gagné », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  8. Pascal Ambrosi, « Les salariés de Cellatex approuvent le protocole d'accord », Les Échos, no 18198,‎ , p. 23 (lire en ligne)
  9. Cédric Mathiot, « La vie derrière soie », Libération,‎ (lire en ligne)
  10. Gilles Grandpierre, « Les Ardennes subissent la crue de la Meuse », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  11. Arnaud Wajdzik, « Le préfet Vacher part à la retraite fin mai », sur Maville.com,, site de Cholet et sa région, (consulté le 15 juillet 2012)
  12. « Nominations Mérite maritime - Décret du 6 janvier 2005 portant promotion et nomination », sur site de la Fédération nationale du Mérite maritime et de la Médaille d'honneur des marins, (consulté le 14 juillet 2012)
  13. « Jean-Claude Vacher et Gérard Villette parmi les nouveaux promus de la Légion d’honneur », Ouest-France,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]