Jean-Claude Schneider

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Jean-Claude Schneider, né en 1936 à Paris, est un poète et traducteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une scolarité au Lycée Condorcet, où il fait la connaissance du poète André Bellivier, son professeur de mathématiques, traducteur de Rilke et Trakl, Jean-Claude Schneider fait des études d’allemand et de linguistique à la Sorbonne, suivies d’un séjour à l’université de Heidelberg. Jusqu’en 1996, il enseigne la langue allemande.

En 1958, il publie ses premiers poèmes dans la revue Mercure de France, et se lie d'amitié avec Armel Guerne.

En 1964-1965, il travaille à des notes de lecture, des traductions, des poèmes publiés au Mercure de France (avec Claude Esteban autour d’Yves Bonnefoy et André du Bouchet). Amitié avec Roger Giroux, Henri Thomas, Georges Perros. Publications dans Preuves.

Il est chargé par Marcel Arland, de 1965 à 1972, de la recension des livres allemands à La Nouvelle Revue Française[1]. Il rencontre à plusieurs reprises Paul Celan, dont il a été un des premiers traducteurs. Il publie des poèmes en revue : Cahiers du Sud (1965), La Nouvelle Revue Française (1967, 1968, 1970) ; et Un doigt de craie dans la collection « manuscrits » d’Encres Vives.

De 1973 à 1981, il est secrétaire de rédaction de la revue Argile. Vers 1975, il a période de dix années sans écrire. Il apprend le russe et le violoncelle ; il fait plusieurs voyages dans les déserts.

À partir de 1985, il renoue avec l’écriture, publie de nombreux poèmes, traductions et essais dans les revues : Preuves, LVII, L’Éphémère, Argile, L’Ire des Vents, Poésie, Le Nouveau Recueil, Scherzo, Le Mâche-Laurier, La Rivière échappée, Limon, Théodore Balmoral, exit, Rehauts, N 47 28, Moriturus, Gare maritime, L’Atelier contemporain. Il intervient dans divers colloques : Rencontres Tal-Coat au domaine de Kerguéhennec (2011), Présence d’André du Bouchet au colloque de Cerisy (2012).

Il entretient un intime compagnonnage depuis 1965, avec le peintre Jean Bazaine et avec Claude Esteban.

Prix[modifier | modifier le code]

  • 1976 : Prix de l’Académie française pour la traduction de Kleist.
  • 2014 : Grand prix international de poésie Guillevic - Ville de Saint Malo.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Son écriture, « hantée par l’eau, le bruit d’eau des remous de la mémoire et de la langue »[2], « semble résumer toutes les tensions et tous les paradoxes sans doute jusqu’ici insuffisamment médités de notre modernité »[3] et « cherche ce qui doit se parler au plus juste, dans le frottement des mots au monde et à son époque »[4] en se concentrant sur les limites de la parole : parler de l’Horreur, qui ne peut se dire (ou de la peinture, qui se passe de langue.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Le papier, la distance, Fata Morgana, 1969
  • Un doigt de craie, collection « Manuscrits » d’Encres Vives, 1970
  • À travers la durée, Fata Morgana, 1975
  • Lamento, Flammarion, 1987
  • Là, respirant, sur le chemin qui nous reste, Atelier La Feugraie, 1987
  • Un jour, énervement, Atelier La Feugraie, 1989
  • L’effacement du nom, Hôtel Continental, 1990
  • Dans le tremblement, Flammarion, 1992
  • Bruit d’eau, Deyrolle, 1993
  • Paroles sous l’océan, Atelier La Feugraie, 1993
  • Ici : sous leurs pas, Hôtel continental, 1995
  • Membres luisant dans l’ombre, Fourbis, 1997
  • Courants, Atelier La Feugraie, 1997
  • Eux, l’horizon, La Lettre volée, 1998
  • Sentes dans le temps, Apogée 2001
  • Si je t’oublie, la terre, La Lettre volée, 2005
  • Leçons de lumière, Atelier La Feugraie, 2006
  • Corde, Apogée, 2007
  • Là qui reste, Fissile 2012
  • Vertical, La Lettre Volée, 2016

Prose et essais[modifier | modifier le code]

  • Dans le désert, des voix, Séquences, 1993
  • Habiter la lumière, Regards sur la peinture de Jean Bazaine, Deyrolle, 1994
  • Les chemins de la vue, Deyrolle, 1996
  • Ce qui bruit d’entre les mots, La Lettre volée 1998
  • Entretien sur Celan, Apogée 2002
  • La peinture et son ombre, Deyrolle, 2015

Certains de ces ouvrages ont été publiés en tant que livre d’artiste, ou avec un tirage de tête comprenant des gravures, lithographies et empreintes d’ardoise, réalisés par Jean Bazaine, Raoul Ubac, Colette Brunschwig, Maria Sepiol, Gilles du Bouchet, Sophie Curtil, Robert Maggiani, Guy Malabry, Marie Alloy, Jacky Essirard et Lawand.

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Parmi les livres traduits de l’allemand : Peter Härtling, Erich Fried, Hofmannsthal (La Lettre de Lord Chandos, Lettres du voyageur à son retour), Trakl (Œuvres complètes, en collaboration avec Marc Petit), Brentano, Arnim, Büchner, Kleist (Correspondance complète, Sur le théâtre de marionnettes, De l’élaboration progressive des pensées dans le discours), Hölderlin (La Mort d’Empédocle), Bobrowski (recueils de poèmes et récits en prose), Meister, Robert Walser (Sur quelques-uns et sur lui-même).
  • Traductions du russe : Mandelstam (Choix de poèmes avec Philippe Jaccottet, Entretien sur Dante, Le Bruit du temps, La Quatrième prose)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Loubier, Jean-Claude Schneider, in Dictionnaire de la poésie de Baudelaire à nos jours (sous la direction de M. Jarety), 2001
  • Pierre Chappuis, L’énergie de vivre, in Tracés d’incertitude, 2003
  • Florence Trocmé, Leçons de lumière de Jean-Claude Schneider, septembre 2006
  • Florence Trocmé, Anthologie permanente/lien permanent/Jean-Claude Schneider, septembre
  • Pierre Loubier, Jean-Claude Schneider, Dans le tremblement, Courrier du Centre International d’Études Poétiques no 199, 1993
  • Jean-Baptiste de Seynes, Jean-Claude Schneider, Dans le tremblement, La Rivière échappée no 4, octobre 1992
  • Patrick Kechichian, La collection de poésie chez Flammarion, Le Monde du 12 juin 1992
  • Philippe Salabreuil, Jean-Claude Schneider, Le Papier, la distance, NRF no 208, avril 1970
  • Hervé Carn, Jean-Claude Schneider, Dans le tremblement, Europe, mars 1993
  • Isabelle Lebrat, Jean-Claude Schneider, Dans le tremblement, Recueil no 23-24, septembre 1992, Habiter la lumière, Recueil no 31, juillet 1994
  • Emmanuel Laugier, dans Le Matricule des Anges, La circulation des courants, no 11, Membres luisant dans l’ombre, no 21 (nov-déc 1997), Sentes dans le temps, no 36 (sept-oct 2001), Matière de l’interlocuteur, no 40 (sept 2002), Une hache de mots, no 137 (oct 2012)
  • Pierre Loubier, Les Chemins de la vue, Recueil no 41, décembre 1996-février 1997, Courants, Recueil no 49, décembre 1996-février 1997
  • Françoise Hàn, Courants, Europe no 835-836, novembre-décembre 1998, Corde, février-mars 2008
  • Pierre Chappuis, Si je t’oublie la terre, Leçons de lumière, Europe, novembre 2006.
  • Antoine Emaz, Jean-Claude Schneider, là qui reste, Cahier Critique de Poésie, 2012

Références[modifier | modifier le code]

  1. Où se retrouvent chaque mois Guillevic, Follain, Frénaud, Grosjean, Deguy, Réda.
  2. Pierre Loubier, Recueil no 49, décembre 1996-février 1997.
  3. Michael Bishop, The French Review, mai 1993.
  4. Emmanuel Laugier, Une hache de mots, Le Matricule des Anges, octobre 2012.