Jean-Claude Éloy

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Jean-Claude Éloy
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Jean-Claude Éloy en 2015

Naissance
Mont-Saint-Aignan, Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur
Style Musique contemporaine,
Musique électroacoustique
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Darius Milhaud, Maurice Martenot, Jacques Février, Hermann Scherchen, Henri Pousseur, Pierre Boulez

Jean-Claude Éloy, né le à Mont-Saint-Aignan[1] (Seine-Maritime), est un compositeur français.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Éloy fait ses études musicales au Conservatoire de Paris, dans les classes de Darius Milhaud (composition), Maurice Martenot et Jacques Février, et obtient plusieurs prix : piano, musique de chambre, ondes Martenot, contrepoint (1957-1960). Il suit aussi à cette époque les cours d'Hermann Scherchen et d'Henri Pousseur à Darmstadt, puis ceux de Pierre Boulez à l'Académie de musique de Bâle (en composition et direction d'orchestre) de 1961 à 1963. En 1966, il est professeur d'analyse musicale à l'Université de Berkeley pendant deux ans. Dans les années 1970, il travaille à CologneKarlheinz Stockhausen l'a invité à travailler au studio électronique de la radio de Cologne (1972-1973), et où il crée Shanti, pour synthétiseurs. Il préside à partir de 1974 la section française de la SIMC, et l'année suivante, il est directeur de la musique au Festival d'automne à Paris. Il part au Japon en 1977 et créée Gaku-no-Michi au Studio électronique de la radio nippone à Tokyo, et à partir de 1978, il travaille au Centre d'Études de Mathématiques et Automatique Musicales (CEMaMu) fondé par Iannis Xenakis.

Style et influences[modifier | modifier le code]

Éloy est d'abord marqué dans sa jeunesse par la musique de Claude Debussy, puis par Olivier Messiaen et Pierre Boulez (Le Marteau sans maître). On peut à cette époque le rattacher à l'école sérielle post-wéberienne. Varèse, qu'il a connu aux États-Unis en 1964, l'influence également, notamment dans son œuvre Équivalences, pour 18 instrumentistes (1963). Si ses œuvres de jeunesse peuvent être associées au mouvement musical européen des années 1960, il est influencé par l'esthétique de la musique traditionnelle orientale dès la fin de cette décennie et au cours de la décennie suivante, notamment par ses rencontres avec des musiciens de l'Inde lors d'un séjour en Californie. À partir de Kâmakalâ (1971), Éloy tente d'effectuer la synthèse entre musique orientale et musique occidentale, mais rejette l'idée d'intégrer la première à la seconde. Il parle alors d'« hybridation », en mettant en opposition le discontinu de la musique sérielle au « sens très fort de la continuité des événements sonores » de la musique orientale[2].

Choix d'œuvres[modifier | modifier le code]

  • Trois pièces pour piano (1960), (13 min)
  • Stèle pour Omar Khayyam (1960), pour voix de soprano, piano, harpe et percussion (20 min)
  • Cinq poèmes de Saîgyo (1960), pour voix de soprano et piano (9 min)
  • Chants pour une ombre (1961), pour voix de soprano et huit instrumentistes (18 min)
  • Études I et II (1962), pour flûte, violoncelle et harpe (21 min)
  • Étude III (1962), pour orchestre (20 min)
  • Equivalences (1963), pour 18 instrumentistes (10 min)
  • Faisceaux-Diffractions (1970), pour 28 instrumentistes (25 min)
  • Kâmakalâ (1971), pour trois ensembles d’orchestre et cinq groupes de chœurs avec trois chefs (env. 32 min)
  • Shânti ("Paix", 1972-73), pour sons électroniques et concrets (1 h 45 min, WDR Elektronische Musik Studio, Cologne)
  • Fluctuante-Immuable (1977), pour grand orchestre (20 min)
  • Gaku-no-Michi ("Les Voies de la musique" ou "La Voie des sons", 1977-78), film sans images pour sons électroniques et concrets (3 h 50 min, NHK Electronic Music Studio, Tokyo)
  • Yo-In ("Réverbérations", 1980), théâtre sonore pour un rituel imaginaire en 4 actes, pour un personnage-percussionniste soliste, sons électroniques et concrets, lumières (3 h 40 min, Instituut voor Sonologie, Utrecht)
  • Étude IV (1978-80), electroacoustique, UPIC – ordinateur avec interface graphique (20 min)
  • A l'Approche du Feu Méditant (1983), pour 27 instrumentistes de l'orchestre du "Gagaku", deux chœurs de moines-chanteurs Bouddhistes écoles traditionnelles du chant "Shômyô" (sectes Tendai et Shingon), six percussionnistes, cinq danseurs du "Bugaku" (2 h 30 min)
  • Anâhata ("Vibration primordiale" ou "Vibration d'origine", 1984-86), pour cinq musiciens traditionnels du Japon (deux chanteurs de "Shômyô" et trois solistes instrumentistes de "Gagaku"), un percussionniste (avec un orchestre d'instruments à percussions), sons électroniques et concrets, lumières (3 h 45 min)
  • Butsumyôe et Sappho Hikètis ("La cérémonie du repentir" et "Sappho implorante", 1989), pour deux voix de femmes de tessitures aigües (soprano) maîtrisant diverses techniques vocales étendues (parlé-chanté, glissé-crié, diphoniques) et utilisant des instruments à percussions, partie électroacoustique fixée (orchestre modulé d'instruments à percussions métalliques), support numérique (1 h)
  • Erkos ("Chant, louange", 1990-91), pour une soliste instrumentiste et vocaliste jouant le Satsuma-Biwa, utilisant des techniques chantées étendues ("Shômyô", "Heiké-Biwa", chant de tête des musiques de Java), et pouvant jouer divers instruments à percussions, avec parties électroacoustiques fixées multipistes et interactives, (1h05', WDR Elektronische Musik Studio, Cologne)
  • Two American Women (1996), pour deux voix de femmes (techniques chantées et parlées), avec électroacoustique
  • Galaxies (Version Varsovie, 1986-1994), électroacoustique seule (env. 38 min)
    • Galaxies (Version Sigma, 1986-1996), électroacoustique et voix soliste de femme (techniques vocales variées: "Shômyô", étendu, voix naturelle, chant de tête) (env. 60 à 70 min)
    • … kono yo no hoka… ("… ce monde au-delà…", 1996), solo vocal des Galaxies (Version Sigma), pour voix solo (techniques vocales étendues, au-delà du "Shômyô") (30 min)

Musique de films[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1960 : Prix de la Fondation Copley
  • 1961- 1962 : Prix Halphen
  • 1963 : Prix de la Biennale de Paris
  • 1971 : Grand Prix de la musique de chambre de la SACEM
  • 1980 : Prix de la promotion de la musique symphonique
  • 1981 : Prix national de la musique

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Bargheon, Ludovic: Éloy, Jean-Claude, in Ludwig Finscher (Hg.), Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Personenteil Band 6, Kassel: Bärenreiter 1996, Sp. 286-287
  • Chauvin, Marie-José (1971). "Entretien avec Jean-Claude Éloy". Courrier musical de France 36 (October–December).
  • Deloche, Aimée-Catherine (1985). "Éloy, le temps revisité". Silences 1:159–67.
  • Éloy, Jean-Claude (1970). "Improvisation: Refuge, utopia or necessity?" The world of music/Die Welt der Musik/Le monde de la musique 12, no. 3:6–21. [Anglais, Allemande et Français.]
  • Éloy, Jean-Claude (1969). "Musiques d'Orient, notre univers familier". In La musique dans la vie 2 ("Rayonnement des cultures africaines, regards sur les civilisations asiatiques, quelques problèmes du monde actuel"), 183-215. Paris: ORTF.
  • Éloy, Jean-Claude (1995). "L'autre versant des sons: Vers de nouvelles frontières des territoires de la musique? " In La musique et le monde (Internationale de l'imaginaire, nouvelle série 4), édité par Françoise Gründ, 193–231. Arles, Actes Sud. ISBN 2742702806
  • (en) Felder, John (1981). "The Structural Function of Wind Role Transformations in Equivalences by J. C. Éloy." Ex Tempore: A Journal of Compositional and Theoretical Research in Music 1, no. 1:18-35
  • Fleuret, Maurice (1992). Chroniques pour la musique d'aujourd'hui. Éditions Bernard Coutaz. Recueil d'analyses de cinquante-quatre musiciens sélectionnées parmi la production journalistique de Maurice Fleuret.
  • (en) Green, Tona (1991). "Interview with Jean-Claude Éloy". Computer Music Journal 15, no. 1 (Spring): 14–19.
  • Mâche, François-Bernard (1963). "Une œuvre nouvelle de Messiaen". Mercure de France 1202 (décembre), 828–31. Réimprimé en : François-Bernard Mâche, Un demi-siècle de musique...et toujours contemporaine, Collection sémiotique et philosophie de la musique (Paris, L'Harmattan, 2000), 28–31.
  • (en) Rockwell, John (1983). "Music: Jean-Claude Éloy". The New York Times (19 November).
  • (de) Stoianova, Ivanka (1993). "Mythen der Weiblichkeit in der achtziger und neunziger Jahren: Stockhausen, Eloy", Wiederaneignung und Neubestimmung, der Fall ‘Postmoderne’ in der Musik (Studien zur Wertungsforschung), ed. par Otto Kolleritsch, 87–116. Vienna: Universal Edition.
  • Stoianova, Ivanka (1997). "Jean-Claude Éloy: à la recherche du feu méditant: portrait du compositeur". En Music and Sciences, ed. G.F. Arlandi, 196–227. Bochum.
  • (en) Stoianova, Ivanka (2001). "Éloy, Jean-Claude". The New Grove Dictionary of Music and Musicians, deuxième édition, sous la direction de Stanley Sadie et John Tyrrell. London: Macmillan Publishers.
  • (de) Stoianova, Ivanka (2003). "Produktion und Reproduktion in der elektronischen Musik am Beispiel von Jean-Claude Éloy". In Musikalische Produktion und Interpretation: Zur historischen Unaufhebbarkeit einer ästhetischen Konstellation (Studien zur Wertungsforschung 43), ed. Otto Kolleritsch, 163–75. Vienna: Universal Edition.
  • Weid, Jean-Noël von der (1997). "La cosmogonie sonore de Jean-Claude Éloy". Dissonanz, no. 51:30–32

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ou Rouen, selon les sources
  2. Dictionnaire des grands musiciens, vol.1, p. 206, Marc Vignal, Larousse, 1985

Liens externes[modifier | modifier le code]