Jean-Bernard Pinatel

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Jean-Bernard Pinatel
Jean-Bernard Pinatel

Naissance (78 ans)
Biarritz (France)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de Brigade
Années de service 1958-1989
Commandement 42e Régiment d'Infanterie
SIRPA
Conflits Guerre d'Algérie

Jean-Bernard Pinatel, né le à Biarritz, est un des officiers à avoir accompli une double carrière militaire et civile de chef d’entreprise tout en effectuant parallèlement un parcours d’universitaire, d’enseignant et d’auteur. Il a d’abord passé 31 ans dans l'institution militaire, où il a alterné les postes opérationnels et les responsabilités de haut niveau proche du pouvoir politique. Il a notamment dirigé le Service d'informations et de relations publiques des armées (SIRPA), du 1er août 1985 au 20 septembre 1989. Il a quitté l'armée d'active à 50 ans, le 1er décembre 1989, et a créé une entreprise qui est devenue en 2016 LexisNexis Business Information Solutions où il travaille toujours comme Senior Advisor.

Universitaire, enseignant, auteur et chef d'entreprise [1][modifier | modifier le code]

Licencié en Sciences physique à l'Université d'Orsay [2], il se forme à la recherche au Département d’études théoriques du Laboratoire central de l’Armement (1967-1968) où il apprend la programmation informatique sur l’UNIVAC 1108 du laboratoire et réalise une étude confidentiel Défense no 36-10 /Laboratoire Central de l’Armement : « Recherche par ordinateur des conséquences de bordées nucléaires de faibles puissances ». Affecté, en septembre 1971, au groupe études du SMSR avec lequel il participe à deux campagnes de tirs à Mururoa, il réalise plusieurs études sur les problèmes de pénétrations et de prélèvements dans le nuage radioactif, de contamination des aéronefs et de sécurité radiologique des équipages.

Le 17 décembre 1971, il est admis en première année de 3e cycle d’Études politiques à l’Université de Sciences Politique de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) et entreprend une thèse sous la direction de Jacques Vernant. Il soutient sa thèse en 1973, intitulée « Les effets de la politique et des dépenses militaires, le cas français 1945-1972 » et obtient la mention très bien [3]. En 1975, il est nommé Directeur de Recherche au CEPODE [4] par Pierre Dabezies, Directeur de l’UER de Sciences politiques de Paris 1. Durant les 3 années scolaires, entre 1976-1978, il dirige un séminaire de DEA « Économie et Défense » à l’Université de Paris et codirige un séminaire « Risque politique » à HEC avec Jacqueline Grapin. Il est aussi chargé de cours à Sciences Po Paris (préparation à l’ENA). En 1976, il publie « L’Économie des forces », Cahier no 5 de la Fondation pour les Études de Défense Nationale.

Il entreprend avec Jacqueline Grapin, journaliste au Monde, l’écriture d’un livre qui sera publié sous le titre : « La guerre civile mondiale » aux éditions Calmann-Lévy, 1976. Ce livre, traduit en plusieurs langues, obtiendra un grand succès de librairie (16 000 exemplaires vendus) notamment grâce à un article signé par Michel Joubert, publié le 2 décembre 1976 en première page du Monde sous le titre « La guerre civile mondiale : un combat et un refus ». Ce livre sera lauréat du Prix Vauban, décerné par l'Association des anciens de l'IHEDN, en novembre 1977.

Il publie ensuite plusieurs articles dans la Revue Politique étrangère no 4-5, en 1974, « Politique de sécurité extérieure et développement », puis dans la Revue Défense Nationale, octobre 1974, « Politique militaire et croissance économique, le cas français 1945-1973 » et « Sécurité et développement économique : deux impératifs conciliables », en septembre 1978 ; le 1er juin 1987, il publie dans la Revue Stratégie : « Politique et gestion de crise » et « Politique militaire et développement économique » dans le Bulletin trimestriel de l’École de Guerre no 76 de l’Association des amis de L’École supérieure de Guerre, en avril 1977 ; en juillet 1977, « Les ressorts de la puissance » dans la Revue Projet no 117. Il présente une communication au Collège de France intitulée « Les effets économiques de la Recherche-développement » qui sera publiée dans le Cahier de l’ISMEA no 23 en octobre 1978. Il intervient sur le thème « L’avenir à long terme des relations internationales : les conflits locaux » au colloque « Futuribles », en décembre 1978.

Le 1er décembre 1989, Jean-Bernard Pinatel rejoint le groupe Bull où il est nommé directeur de la communication et, ensuite, délégué général (1er décembre 1989 - avril 1995). Parallèlement à ses responsabilités en entreprise, il co-écrit, avec Michel Manceau, « Les ombres japonaises », publiée par Plon en 1992 et assure, en plus, la charge de Chef de projet télémétrie dans l'équipe de Renault Sport (1992-1994)[5] ce qui lui vaut la reconnaissance de Renault Sport qui l’inclut dans l’équipe de la victoire aux championnats du Monde de F1.

En avril 1995, il fonde l'entreprise Startem[6] qui deviendra, en 2001, Datops Consulting et sera achetée par LexisNexis en décembre 2006. Il demeure le Senior Advisor de cette entreprise, rebaptisée LexisNexis Business Informations Solutions [7], devenue un des leaders mondiaux des solutions de « Risk Intelligence ». Il publie dans la Revue Défense Nationale : « La menace bioterroriste »[8] et « Intelligence économique ou renseignement »[9].

Il est élu Président de la Fédération des professionnels de l'intelligence économique (FEPIE), le 18 janvier 2007[10], et fait l'objet d'un portrait par le professeur Nicolas Moinet de l'Université de Poitiers : « Jean-Bernard Pinatel : l'instinct du signal faible »[11]. Il publie « Russie, alliance vitale », éditions Choiseul, 2011, préfacé par Alain Lamassoure, citée dans un éditorial de François d'Orcival[12] et « Carnet de guerres et de crises », éditions Lavauzelle, 2014.

Expert reconnu en « Risk Intelligence », spécialiste de la Russie et du Moyen-Orient, il anime, depuis 2011, le blog Géopolitique-Géostratégie - Analyses et débats et intervient sur les questions de défense et de géopolitique dans divers médias[13].

En 2018, il fonde Géopragma avec notamment Caroline Galactéros[14].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Jean-Bernard Pinatel est né à Biarritz, le 6 juillet 1939[1]. Il a fait ses études secondaires au Lycée de Saint-Cloud. De septembre 1957 à juin 1958, il prépare le concours de l’École Spéciale de Saint-Cyr au Lycée Hoche de Versailles. Il est reçu 275e sur 375. Il est classé 60e à la fin de la première année et est major de la 2e année.

Il suit un stage pré AFN au camp des garrigues à Nîmes, ensuite à Philippeville. Le 31 décembre 1960, il rejoint le 7e Régiment de Tirailleurs à Batna (Aurès, Sud-Est Constantinois) et est affecté comme Chef de la première section de la 6e compagnie (2e bataillon). Le 25 février 1961, il est blessé au Djebel Refaa et est cité à l’Ordre de l’Armée[15]. Il est évacué à l’hôpital Laveran de Constantine, ensuite à l’Hôpital Bégin de Paris[16]. Fin mai, il rejoint son régiment sans prendre sa permission de convalescence[17] et est titulaire d’une citation à l’ordre de la Brigade, le 11 janvier 1962 [18]. Le 18 février 1962, il est affecté à l’École d’application de l’Infanterie[19] et rejoint, le 1er juillet 1962[20], en tant que Chef de la 1re section la 3e compagnie du 1er Régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) à Montigny-lès-Metz. Il est breveté Officier parachutiste à l’ETAP[21] et Instructeur Commando au cours d’un stage au Centre National d’entrainement Commando de Collioure-Mont-Louis (CNEC), déroulé entre le 1er février au 27 mars 1965.

Le 1er septembre 1965 au 15 juin 1969, il est affecté à l’EMSST. Le 1er janvier 1967, il est nommé capitaine. Il obtient le grade de licencié en physique, option nucléaire[22], en juin 1967[23], et obtient le diplôme technique le 1er avril 1967. Il effectue un stage d’application au département Études théoriques du Laboratoire Central de l’Armement. Il suit le cours des capitaines d’infanterie à Montpellier[24], ensuite les cours de l’École d’État-major 34e promotion[25]. Le brevet technique de physique nucléaire lui est décerné le 1er juin 1969.

Il prend le commandement de la 3e compagnie du 1er RCP du 19 juin 1969[26]. Il effectue un stage de remise en condition SOCR à l’ETAP, à compter du 23 juin 1969, et est autorisé à l’issue d’effectuer des sauts à ouverture commandée, retardée avec un retard SUP 60 secondes[27]. La 3e compagnie obtient un témoignage de satisfaction du général commandant la 25e brigade aéroportée[28]. Il quitte la 3e compagnie[29] le 15 juin 1971 avec 8 ans, 1 mois et 14 jours de bonification retraite.

Il est ensuite affecté au Service Mixte de Sécurité Nucléaire (SMSR) et à l’État-major de l’Amiral Directeur des Essais Nucléaires (DIRCEN), comme Responsable de la sécurité radiologique des essais nucléaires (essais 22 à 30) [30]. Le 17 décembre 1971, il est admis en première année du 3e cycle littéraire à l’École pratique des Hautes études, VIe section Sciences économiques et sociales de la Sorbonne, par décision du directeur des études L. Velay.

En septembre 1973[31], Jean-Bernard Pinatel est admis, sans concours, à l’École de Guerre et est breveté en juin 2013. Il est nommé Chef de bataillon le 1er octobre 1974[32]. Il reçoit une lettre de félicitations du général inspecteur de l’infanterie pour sa thèse de doctorat, en date du 24 octobre 1974.

Avec deux autres officiers, il fonde le Groupe Permanent d’Évaluations des Situations (GPES) au sein du Cabinet du Général d’Armée aérienne Rhenter, secrétaire Général de la Défense Nationale, fonctions qu’il occupe jusqu’en juillet 1978.

Il est affecté au 1er Régiment d’Infanterie à Sarrebourg (Moselle), le 16 août 1978, et est nommé Lieutenant-colonel le 1er octobre 1978. Le 26 janvier 1980, il est consulté par Monsieur le député Yves Lancien, rapporteur de la Commission de la Défense nationale et des forces armées[33].

Il suit le stage de perfectionnement pour les officiers supérieurs à l’ETAP, du 27 mai au 19 juin 1980[34]. Il obtient le CAP 1 de chuteur le 23 juillet 1980.

Il devient chef du Bureau Emploi, Plan, Renseignement[35] de la 11e Division Parachutiste à Toulouse, le 18 août 1980 jusqu’au 24 août 1982.

Il prend les fonctions de Chef de corps du 42e RI à Offenburg le 1er septembre 1982. Il est promu au grade de Colonel[36] le 1er octobre 1982. Il est déclaré titulaire de la qualification Renseignement no 2. Le 2 septembre 1984, il est affecté à l’IHEDN, auditeur de la 34e session du CHEM.

Le 1er juillet 1985, il est affecté au SIRPA et est nommé chef du SIRPA le 1er août 1985, par arrêté du Ministre de la Défense du 3 juillet 1985. Il reçoit une lettre de félicitations du Ministre de la Défense, en date du 28 novembre 1985. Son portrait au SIRPA[37] est publié dans le Nouvel Observateur du 30 avril 1987. Il sert sous quatre ministres de la Défense : Charles Hernu, Paul Quilès, André Giraud et Jean-Pierre Chevènement.

Il est nommé Général de brigade le 1er mars 1988, JO no 22 du 27 janvier 1988.

Il est placé, à sa demande, en disponibilité spéciale pour une durée de 6 mois, à compter du 20 septembre 1989, son épouse étant en phase terminale d’un cancer et est admis par anticipation et à sa demande en 2e section à compter du 1er décembre 1989.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L’Économie des forces, Fondation des Études de Défense, 1976
  • La guerre civile mondiale, avec Jacqueline Grapin, Éditions Calmann-Levy, 1976
  • Les ombres japonaises », Éditions Plon, 1992
  • Russie, alliance vitale », Éditions Choiseul, 2011
  • Carnets de guerres et de crises, Éditions Lavauzelle, 2014

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Bernard Pinatel a été marié à Juliette Manceau (décédée) dont il a eu trois enfants : Sylvie, Philippe et Claire. Remarié à Anne Laffolé, en 1992, avec laquelle il a eu une fille, Laurence.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Who's Who.
  2. Certificat de licence du 4/11/1967 signé du secrétaire général de la Faculté d’Orsay J. Maynard.
  3. Attestation n°A 371 du 20 mai 1974, signée par le secrétaire général de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
  4. Centre d’Études de Politiques de Défense, association rattachée au département d’Études politiques.
  5. Cité comme membre de « l’Équipe de la victoire » dans le magazine interne Renault, « Syncro » no 57, décembre 1992.
  6. Match de l'économie 6 juillet 2000 « L'Oréal, PSA, Vivendi, La Poste, Noos paient de 150.000 à 200,000 francs par an pour s'en protéger »; Le Nouvel Économiste « Startem offre une parade aux cybercrises », 19 mai 2000; La Tribune, 24 octobre 2000, « L'économie mondiale sous l'œil de Startem ». LSA 9 mai 2001 « Les cybercrises ne sont pas encore gérées ».
  7. LexisNexis.
  8. Revue Défense Nationale.
  9. Quels points communs ? Quelles spécificités ? Quels outils ?.
  10. ''Bulletin quotidien'' du 18 janvier 2007, page 21.
  11. ''Veille Magazine,'' novembre 2007, pages 10 à 12.
  12. Valeurs actuelles : « Nos portes orientales », 06 mars 2011.
  13. Les interventions sont archivées sur le blog : Géopolitique-Géostratégie - Analyses et débats - Jean-Bernard PINATEL.
  14. http://notes-geopolitiques.com/geopolitique-pragmatique/.
  15. Décision no 16 Bulletin Officiel des Décorations, Médailles et Récompenses du 16 novembre 1961.
  16. Titulaire d’une pension définitive hors guerre no 65 913 963.
  17. Bénéficiant d’une permission de convalescence jusqu’au 8 juin 1961 avec re-hospitalisation à l’issue. Réexaminé le 23 mai à sa demande, il obtient l’autorisation de rejoindre son régiment (Certificat de visite Médecin Colonel Fabre Saint Mandé 23 mai 1961).
  18. Ordre général 326 du Général de Division Ducourneau commandant le Corps d’Armée de Constantine.
  19. Les officiers de la promotion Maréchal Bugeaud qui avaient choisi l’infanterie ont été envoyés directement en AFN, sans faire l’école d’application.
  20. Avis de mutation no 25100 du 1er août 1962 (régularisation à compter du 1er juillet).
  21. Stage d’officier parachutiste du 7 janvier 1963 au 16/3/1963. Il est autorisé, compte tenu de son expérience civile, à effectuer des sauts à ouverture retardée avec un retard maximum de 60 secondes (Autorisation donnée par École des TAP qui sera renouvelée le 22 septembre 1969 par le Colonel Merglen Commandant l’ETAP).
  22. Titulaire d’un Certificat de « Mécanique générale » passé à l’Université de Rennes en juin 1960, il suit les cours de maîtrise à l’Universitaire d’Orsay où il obtient avec mention AB les certificats de licence suivants : TMP (Technique Mathématique de la Physique et Électricité (juin 1966), Physique Nucléaire (février 1967), Optique et Physique Atomique (juin 1967).
  23. Certificat de licence du 4/11/1967 signé du secrétaire général de la Faculté d’Orsay J. MAYNARD.
  24. Note 500517/PMAT/ECO. Premier cours des capitaines d’infanterie en 1968 (6001).
  25. Du 2 septembre 1968 au 31 janvier 1969 à l’École Militaire de Paris.
  26. Les années Pinatel et obtient un témoignage de satisfaction du Général Cortadellas commandant la 25e Brigade aéroportée no 2986/25 BAP/CAB.
  27. Autorisation en exécution de la prescription de la DM No 1184/DTAI/BTAPA du 24/1/1969 signée par Colonel Merglen, commandant l’ETAP.
  28. Témoignage de satisfaction no 2986/25e BAP/CAB du 22 septembre 1969.
  29. Les années Pinatel.
  30. La dimension radiologique des essais nucléaires français en Polynésie.
  31. Note du Ministre d’État chargé de la Défense Nationale n0 6038/DE/EMAT/3/EPI/IG/CPO du 30 juin 1972.
  32. JO no 239 du 11/10/1974.
  33. Compte rendu du 30 avril du Président de la commission YL/FR -132.
  34. Cours 6623/38.PW.
  35. Ordre de mutation 156094/DEP/DPMAT.
  36. JO no 234 NC du 7/10/1982.
  37. Philippe Gavi, « Les Biffins font de la PUB », Le Nouvel Observateur, 30 avril 1987.

Liens externes[modifier | modifier le code]